Un réseau international de trafic d’organes vient d’être mis hors d’état de nuire, aux frontières algéromarocaines, par les services de la Gendarmerie nationale de Maghnia. Mercredi dernier à 17h30, dans la localité de Ouled Ben Seber, dans la banlieue de Maghnia, un jeune Marocain, la trentaine, répondant aux initiales S. M, a tenté de kidnapper un enfant de deux ans qui était dans la voiture de ses parents.

S’arrêtant devant une épicerie pour faire des courses, le père a laissé l’enfant avec sa mère à l’intérieur du véhicule, lorsque le malfaiteur a ouvert la portière et a essayé d’arracher l’enfant à sa mère. Les cris de celle-ci ont alerté une patrouille de la gendarmerie se trouvant à proximité de l’endroit où le crime a été évité de justesse. Arrêté et conduit à la brigade de la gendarmerie pour un interrogatoire, le jeune Marocain s’avère appartenir à un important réseau de trafic d’organes au Maroc, précisément dans la ville d’Oujda. Après plusieurs heures d’interrogatoire, apprend-on de source sécuritaire, le criminel est passé aux aveux et a dénoncé deux de ses complices qui sont d’origine algérienne. Le scénario tracé était de conduire l’enfant enlevé à bord d’un véhicule jusqu’aux frontières algéro-marocaines, puis d’aller à pied jusqu’à Oujda, où le chef du réseau, un certain Abdeldjalil Amar, les attendrait pour transférer l’enfant dans une clinique privée, dont le nom est tenu secret. Le criminel a avoué également qu’une somme de 450 000 DM lui est promise pour chaque enfant enlevé. Mis en garde à vue, le trafiquant n’avait aucune pièce d’identité sur lui au moment des faits.
Actuellement, une enquête est ouverte pour d’abord identifier ses complices algériens et suivre les traces de ce réseau jusqu’au Maroc. Selon la gendarmerie de Maghnia, aucune affaire de ce genre n’a été signalée auparavant dans la région et même au niveau des frontières algéro-marocaines. Le trafic d’organes prend de plus en plus d’ampleur dans les pays asiatiques et est très peu fréquent dans les pays du Bassin méditerranéen. Dans le cas de l’Algérie et du Maroc, la législation est sévère et interdit de manière formelle toute tentative de commerce d’organes. Mais, hélas avec le développement de la médecine et la transplantation d’organes, ce trafic apparaît comme un nouveau commerce que les Etats doivent combattre.
La magistrate suisse Carla del Ponte, procureur du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de 1999 à 2007, nommée en janvier dernier ambassadrice de la Confédération Hélvétique en Argentine et au Paraguay, vient de publier un livre bien peu diplomatique. Intitulé La chasse, moi et les criminels de guerre et écrit en collaboration avec le reporter du New York Times Chuck Sudetic, l’ouvrage sulfureux embarrasse même tellement le Département Fédéral des Affaires Étrangères suisse (DFAE) que celui-ci a purement et simplement mis son veto à une séance de dédicace prévue dimanche dernier à Milan pour la sortie de l’édition italienne (La Caccia, Io e i criminali di guerra, éditions Fetrinelli), et a pressé du même coup son ambassadrice de retourner illico à Buenos Aires.



