Certains journalistes algériens, dont on ne comprend pas très bien les motivations, bien qu’on en connaisse les mentors, nous ont présenté l’ouverture du Bureau du FBI à Alger et le dispositif « stratégique » américain qui se met doucement en place dans notre région, presque comme une bénédiction pour l’Algérie.
Enfin, nous disent-ils, avec une vraie emphase, les Américains arrivent. Ils vont régler définitivement et radicalement le problème des islamistes dans notre pays. Et ils poussent même le bouchon jusqu’à nous dire que les Américains sont là pour pallier à l’inaptitude du régime algérien.
Sachant que ce régime, dont ils ont d’ailleurs couvert les crimes tout le long de la décennie rouge, a mené contre les islamistes, et même contre tous les civils, une guerre sans règles, avec des méthodes d’extermination de subversion et de manipulation qui relèvent du crime contre l’humanité, et qu’ils ont réussi à réduire au silence le courant islamiste, nous serions tentés de demander à ces admirateurs d’américains, ce que ces derniers pourraient bien faire plus que nos « services de sécurité ». Lâcher une bombe atomique sur nous ?
En fait, ce travail d’ « information » sur la capacité des Américains à vaincre l’islamisme, s’appelle de la propagande. Ces journalistes ont été chargés de déblayer le terrain pour le bulldozer qui arrive.
La stratégie américaine qui consiste à se redéployer au nord de la méditerranée et de s’implanter solidement en Afrique du Nord, au Sahel et en Afrique noire, est entrée dans sa phase de mise en œuvre, depuis des mois déjà.
Ils ont déjà mis en place tout le support logistique et politique qui doit préparer leur installation et la prise en main des politiques régionales. L’allégeance du GSPC à la Qaeda, les rébellions touarègues au sud de l’Algérie, la réactivation du terrorisme dans le Maghreb, les intrusions de l’ambassadeur américain dans les affaires du régime, l’instruction de militaires algériens par l’armée américaine, les manœuvres communes en méditerranée, l’installation d’une base d’écoute dans le Sahara, la construction de la base dont les travaux ont été arrêtés pour le moment, et le bureau du FBI à Alger, tout cela procède d’une même démarche. Les Américains s’installent chez nous !
Certains pourraient penser que rien ne pourrait nous arriver de plus grave que ce que nous endurons déjà. D’autres, épouvantés par la « menace islamiste » y voient même une protection totale contre ce péril qui menace leur vision d’une Algérie « démocratique ».
Pourtant, il suffit d’observer les pays, sous développés et dont les régimes sont despotiques, comme le nôtre, où les américains ont jeté leur dévolu ! Là où il passe, l’ « empire du bien », ne laisse que mort et dévastation.
Les Américains ne vont que là où se trouvent leurs intérêts. Tous leurs discours sur les droits de l’homme et la liberté sont des bobards. Les palestiniens le savent bien, eux !.
En Afghanistan qu’ils ont utilisé à outrance contre l’ex URSS, et où ils ont recouru sans vergogne ni retenue, au Djihad islamique pour chasser l’occupant communiste athée, ils ont battu le rappel de tous les prêcheurs les plus excessifs pour prôner ce Djihad, ils ont financé et doté les Moudjahiddines des équipements les plus sophistiqués, dont les fameux lance-missiles Stinger, ils ont prié leurs amis et associés Saoudiens, dont Ben Laden, de financer le Djihad, et ils ont mis en place, dans tout le monde musulman, un vaste réseau de sergents recruteurs, pour envoyer dans les camps d’entraînement de Peshawar, qu’ils encadraient, tous les jeunes musulmans du monde entier, qui se laissaient embarquer dans leur stratégie.
Nos propres services, et nos propres mouvements islamistes, ont puissamment contribué à cet « effort de guerre » . Je connais un haut responsable du MSP qui sillonnait le pays et qui dépensait une salive abondante pour envoyer des jeunes en Afghanistan.
Le même dit aujourd’hui, à qui veut l’entendre, que ce sont des gens dangereux et qu’il faut les surveiller, voire les interner. Ce que font systématiquement nos « services de sécurité », lorsqu’ils ne peuvent pas les retourner.
Il se passa ce qu’on sait en Afghanistan, et les Américains obtinrent le démantèlement de l’URSS. L’Afghanistan est dans une situation pire que tout ce qu’il a enduré jusque là!
Dès lors, les Américains n’avaient donc plus aucun besoin de tous ces islamistes. Ils allaient pourtant leur trouver un usage. La dynamique islamiste armée, prise en main par des illuminés sans envergure, infiltrés jusqu’au sommet par la CIA et le MOSSAD, disposant de milliers de combattants aguerris et motivés, rêvant de la restauration d’un Califat musulman idéal qui n’a jamais existé, allait pouvoir encore servir.
Les néo cons américains, dans toutes leurs obédiences, sionistes chrétiens, détenteurs de gros capitaux, et divers lobbies, avaient de leur position sur la planète, une vision mégalomaniaque. Ils avaient décidé de devenir l’Empire ! Et tous les moyens étaient bons pour y parvenir. D’autant que la Chine pointait son nez.
La violence islamiste allait servir d’épouvantail et de cheval de Troie. La menace djihadiste contre les valeurs occidentales allait servir pour rallier les plus sceptiques du camp occidental, et ouvrir des perspectives dans toutes les régions où la Qaeda jouerait le rôle qu’on attendait d’elle. Quitte à lui donner un coup de main, au besoin.
Ils déstabilisèrent l’Irak, après l’avoir utilisé contre l’Iran. Beaucoup de gens croient qu’ils ont échoué en Irak. C’est faux ! Ils sont arrivés exactement où ils voulaient. Leur prochain objectif est de détacher le Kurdistan du reste du pays, après lui avoir adjoint le maximum de champs pétrolifères et en avoir fait le principal allié d’Israël dans la sous région. Le reste sera partagé entre deux états, chiite et sunnite, vassaux des américains. Ce n’est pas fortuit, si aujourd’hui l’exploitation hydrocarbure et la « reconstruction » du pays a été raflée par des groupes appartenant à des néo cons, comme Dick Cheney.
Le nombre de morts américains, environ 4000, n’à aucune sorte d’importance dans la stratégie, si ce n’est le petit impact médiatique, très modéré par les médias acquis. D’autant que le plus grand nombre de tués, est d’origine hispanique, noire, ou d’immigrants clandestins qui s’engagent pour obtenir la Green card.
L’installation dans notre région obéit à la même démarche et ce sont les mêmes ressorts qui la sous tendent.
L’ouverture du bureau du FBI à Alger se situe dans la même logique.
Ceux qui voient dans le FBI, une sorte d’institution du bien et un moyen efficace pour lutter contre le terrorisme se trompent lourdement.
Le FBI est un outil, très efficace en effet, entre les mains de ceux qui ne nous veulent pas du bien, qui sont décidés à nous mettre sous leur contrôle et à piller nos richesses.
En Irak, dans l’affaire du massacre de populations civiles, 17 morts, en septembre dernier, par les mercenaires de BlakWater, une enquête préliminaire et de nombreux témoignages établirent que les mercenaires n’avaient pas tiré pour se défendre, mais délibérément, pour tuer des civils. C’est un réflexe sadique de tir aux pigeons. Dans une autre affaire,une vidéo filmé par le tireur lui-même, montre un mercenaire en train de tirer, depuis son véhicule, sur des automobilistes irakiens, en chantant à tue tête.
Sur l’insistance du gouvernement irakien, pourtant à la solde des américains, les contrats de Black Water furent suspendus, en attendant les conclusions d’une enquête officielle confiée au …FBI..
Celui-ci devait rendre son rapport avant une décision définitive sur BlakWater. A ma connaissance, le rapport n’a pas été rendu public. Parce que l’implication de BlackWater dans un carnage délibéré ne fait aucun doute. Sinon le FBI se serait empressé de rendre ses conclusions. Pourtant, malgré cela, BlackWater s’est réinstallée en Irak, avec les mêmes mercenaires, et a signé de nouveaux contrats qui se comptent en dizaines de millions de dollars. Récemment, un mercenaire irakien, Ala Mohamed Ali, qui s’était rendu coupable d’une agression au couteau sur un de ses collègues, a défrayé la chronique des journaux américains. Son cas est monté jusqu’aux plus hautes sphères américaines, et il a été décidé de le traduire devant une juridiction militaire américaine. On ne badine pas avec la discipline.
Surtout lorsqu’on est irakien.
Mais des massacres quotidiens de BlackWater, nul n’a cure.
Le FBI a joué le jeu.
C’est ce FBI là, qui s’installe à Alger.
Djamaledine Benchenouf pour TAHIA BLADI





