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Les escadrons de la mort de la CIA tuent en toute « impunité » en Afghanistan

La semaine passée, un enquêteur des Nations unies a rendu public un rapport préliminaire soulignant le grand nombre de décès parmi les civils en Afghanistan, souvent aux mains d’unités hors-la-loi dirigées par la CIA ou d’autres agences du renseignement étrangères.

Cet enquêteur est Philip Alston, un professeur de l’Université de New York agissant à titre de Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires pour le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Son rapport lève un coin du voile sur les gestes illégaux des agences du renseignement, des forces d’occupation et de la police afghane dans leur tentative de réprimer l’opposition à l’occupation menée par les Etats-Unis et au gouvernement que ces derniers soutiennent.

Un rapport plus complet sera publié plus tard cette année.

Alston s’est concentré sur les meurtres de civils par les Etats-Unis et les autres forces militaires internationales, citant 200 morts rapportées lors des quatre premiers mois de 2008. Ce chiffre, toutefois, est basé sur les données colligées par les Nations unies et d’autres organisations internationales et est sans l’ombre d’un doute une grossière sous-estimation.

En plus des civils tués dans les raids aériens – visant souvent sans discrimination des habitations civiles – Alston a fait état de « plusieurs raids pour lesquels aucun État ou commandement militaire ne reconnaît sa responsabilité ».

Dans une conférence de presse qu’il a donnée jeudi, Alston a apporté plus de précision sur ce point : « J’ai parlé à plusieurs personnes en lien avec l’activité d’unités de renseignement étrangères. Je ne veux pas les nommer, mais elles occupent les plus hauts niveaux dans les régions où j’ai mené mes enquêtes. Ces forces opèrent avec ce qui semble être une entière impunité. » Les lieux où des incidents ont été cités dans le rapport indiquent que les agences du renseignement en question comprennent la CIA ou des Forces spéciales américaines.

Le rapport signale quelques incidents comme exemple de meurtres extrajudiciaires. En janvier 2008, deux frères furent tués dans un raid sur la province de Kandahar réalisé par des « membres internationaux ». Alston a trouvé que les victimes « étaient largement réputées, même par des représentants gouvernementaux bien informés, n’avoir aucun lien avec les talibans et les circonstances entourant leur mort sont suspectes. Toutefois, non seulement n’ai-je pas pu obtenir la version des faits d’un commandant militaire international, mais je n’ai même pas pu obtenir confirmation d’un commandant militaire international qu’un de ses hommes avait été impliqué. »

D’autres incidents ont impliqué des raids par des Afghans sous la direction de « services de renseignement internationaux » non identifiés menés à partir de bases dans les provinces de Kandahar et Nangarhar.

« Il est absolument inacceptable que des membres lourdement armés d’une force internationale accompagnés de membres lourdement armés des forces afghanes puissent aller là où ils veulent pour réaliser des raids dangereux qui finissent souvent par des morts sans que personne n’en prenne la responsabilité » peut-on lire dans le rapport.

Le quotidien britannique The Independent a donné des informations supplémentaires. Il a noté : « Un responsable occidental bien informé de l’enquête a dit que les unités secrètes sont aujourd’hui encore connues comme des forces de campagne qui furent déployées alors que les Forces spéciales américaines et les espions de la CIA recrutaient des soldats afghans pour les aider à renverser les talibans lors de l’invasion de 2001 sous direction américaine. “Nous avons gardé les plus brillants et plus intelligents parmi les hommes de cette milice, a dit le responsable. Nous les avons entraînés et réarmés et ils sont toujours en action. »

Le quotidien Independent a continué en citant un incident dans lequel les forces britanniques furent impliquées. « Dans la province d’Helmand, là où se trouve la majorité des 7800 soldats britanniques, les Forces spéciales ont été accusées d’avoir tranché la gorge d’un homme dans un raid de nuit qui a mal tourné. Les sources des agences de sécurité déclarent maintenant que l’opération a été organisée par une unité spéciale d’espions. »

Alston a aussi écrit sur les actions de la police afghane. « Elles n’agissent pas en tant que forces faisant respecter la loi et l’ordre, mais en tant que défenseurs des intérêts d’une tribu ou d’un commandant », a-t-il rapporté. Il a cité un incident dans lequel la police afghane a massacré un groupe d’une tribu rivale. Il n’y a pas eu d’enquête par le gouvernement ou les forces d’occupation. Dans un autre incident, la police a tué neuf manifestants et en a blessé 42 autres à Sheberghan en mai 2007.

En général, il a trouvé qu’il y avait très peu d’intérêt parmi les responsables américains ou afghans à suivre les morts civiles. « La complaisance en réponse à ces morts est étonnamment élevée » a-t-il dit.

Lors de la conférence de presse, il a noté « Lorsque je demandais le nombre des morts civiles enregistrées au cours de l’année, je me faisais répondre que ces chiffres ne sont disponibles en Afghanistan – c’est ce que m’ont répondu plusieurs représentants seniors de l’armée – ou encore qu’ils étaient secrets et que l’on ne pouvait me les transmettre. Lorsque je demandais plus d’informations sur certains incidents, dans le but de vérifier si les personnes impliquées avaient bien été punies, on me répondait qu’une telle information n’était pas disponible en Afghanistan et que je devrais plutôt lire les journaux des pays concernés. »

Le fait que la CIA a été impliquée dans des opérations secrètes en Afghanistan n’est ni nouveau ni surprenant. Déjà dans les années 1970, la CIA a développé des liens avec des sections de la population afghane, en particulier des éléments fondamentalistes islamiques, dans sa tentative de miner le gouvernement qui était alors soutenu par l’Union soviétique. Plus tard, la CIA a été très impliquée dans le développement de liens avec les seigneurs de guerre anti-talibans avant l’invasion et l’occupation américaines en 2001.

Après l’invasion, l’Afghanistan, en particulier la base aérienne de Bagram près de Kaboul, est devenu un point de transit pour les prisonniers capturés par les Etats-Unis et que l’on voulait expédier à la prison de Guantanamo, vers des prisons secrètes de la CIA ou vers des pays alliés des Américains pratiquant la torture. Les agences de renseignement américaines auraient également été impliquées dans l’interrogation de prisonniers dans la prison d’Abou Ghraib en Irak.

En 2005, les médias américains ont écrit des reportages sur les opérations des escadrons de la mort soutenus par les Américains en Irak et qui étaient déployés pour tuer des personnes suspectées d’être des opposants à l’occupation américaine. Yasser Salihee, un correspondant spécial de l’agence de presse Knight Ridder qui enquêtait sur les escadrons de la mort, a été tué d’une balle dans la tête en juin de cette année. D’autres reportages montrent comment l’armée américaine a modelé les unités irakiennes sur les escadrons de la mort déployées en Amérique centrale durant les années 1980 pour éliminer l’opposition de gauche aux intérêts américains.

Alors que la plupart des actions de la CIA sont cachées dans une aura de secret, un contractant de la CIA a été poursuivi pour avoir torturé un prisonnier afghan à mort en 2003. Ce contractant, David Passaro, a interrogé et battu le prisonnier, Abdul Wali, pendant deux jours, le blessant si sérieusement qu’il en est mort deux jours plus tard.

Dans une autre affaire, le New York Times a écrit samedi que le Pentagone allait de l’avant avec son projet de construction d’un complexe pénitentiaire de 160.000 mètres carrés à la base militaire de Bagram. La prison actuelle, ainsi que d’autres prisons afghanes et américaines, sont apparemment insuffisantes pour détenir le grand nombre de prisonniers faits par les forces d’occupation.

La nouvelle prison pourra aussi être utilisée pour des prisonniers actuellement détenus à Guantanamo. Elle sera conçue pour détenir jusqu’à 1100 personnes.

Article original anglais paru le 19 mai 2008 sur World Socialist Web Site

Entretien avec Omar Bakri

Nous avons réalisé cette interview à Tripoli, dans les locaux de l’école ouverte par Omar Bakri. Il est intéressant d’entendre les positions d’un homme qui se pose en conciliateur de la tendance islamiste avec l’Occident. A chacun de se faire son opinion.

Alain Chevalérias : J’aimerais tout d’abord que vous vous présentiez.

Omar Bakri : Je m’appelle Omar Bakri Mohammad Foustok. Je suis Libanais par la naissance, par l’éducation et par le sang (les biographies le disent pourtant né en Syrie). Je ne suis jamais allé en Syrie, je n’y ai pas de biens, je n’y ai pas étudié et je n’y ai jamais mis les pieds de ma vie. Pour montrer comment les médias occidentaux font mal leur travail. Ils se copient les uns sur les autres sans rien vérifier. Je n’ai jamais dit que j’étais Syrien. Quand on m’interrogeait sur mes origines, je répondais que je venais de ” Bilad ach Cham “, c’est à dire la région du Liban, de la Jordanie, de la Syrie et de la Palestine. Mais personne au Liban n’appartient pas à la Grande Syrie, si on peut dire. Dans mon enfance, j’ai étudié la Charia à l’école ” Imam Ouzaï ” à Beyrouth, où j’étais interne. Puis je suis entré à ” Ibad Ar-Rahmane ” avec le cheikh Abou Omar Ad Daouq. J’ai travaillé sur la constitution islamique, le droit chafiite, les règles de la ” tarika Naqchbandi(1) etc…

A.C. : Voulez-vous dire le soufisme ?

Omar Bakri : Oui, mais les Frères Musulmans, à ” Ibad Ar Rahmane “, se sont séparés de nous. Ils ont formé le ” Jamaa Islamiyya “, avec Fathi Yagan et Fayçal Maoulaoui (2). Mais nous avons tous commencé à ” Ibad Ar-Rahmane “.

A.C. : Vous êtes soufi ?

Omar Bakri : J’ai très bien étudié le soufisme, néanmoins je ne suis pas soufi mais quand on étudie l’islam, il faut s’intéresser à toutes les branches. Je suis un spécialiste des sectes et des groupes de l’islam pour les avoir pratiqués, non pas en tant que ” séculier “, mais en tant que croyant. C’est là toute la différence entre moi et Abdel Bari Atwane (3) et d’autres encore quand ils s’expriment comme experts sur ce sujet. Les ” séculiers “, quand ils parlent, expriment un point de vue politique mais ils n’intègrent pas la dimension théologique. Je ne pense pas que Abdel Bari Atwane sache ce qu’est le ” mourji’sme “, bien que le ” mourji’sme(4) soit un point de différence capital entre les ” salafistes ” et les non-salafistes (5). Après quoi, j’ai étudié à ” Al Azhar ” au Liban, du temps de cheikh Hassan Khaled, pendant environ un an. Puis, en 1978, j’ai quitté le pays après m’être marié. J’avais 17 ou 18 ans. Je ne suis revenu qu’en août 2005. A la Mecque je suis allé à Oum al Qoura, à l’école Souratiyya. Je me suis intéressé au ” déobandisme (6), au ” hanafisme (7), j’ai étudié les règles fondamentales de la jurisprudence des quatre écoles juridiques musulmanes avec les cheikh Hafez Makki, Issa Mansouri, Zahed Rachidi et Abou Ammar. Ils dirigent la madrassa Souratiyya à la Mecque.

A.C. : Ayant étudié le ” déobandisme “, vous devez entretenir de bonnes relations avec les Pakistanais et les Afghans…

O.B. : Oui, parce que je connais le ” déobandisme “, mais aussi le soufisme (…) J’ai fondé le ” Mouvement Khilafat(8) en septembre ou octobre 1985. Puis je me suis installé en Grande Bretagne en 1986. Je suis entré avec un visa de touriste et non pas comme réfugié politique comme on l’a écrit. En Grande-Bretagne, la police ne m’a jamais interrogé. Une fois, à l’instigation d’un élu local, elle a perquisitionné chez moi mais n’a rien trouvé.

A.C. : Vous avez quand même fait parler de vous dans ce pays !

O. B. : J’ai attiré l’attention du public quand j’ai participé à une manifestation à l’occasion du ” Jour de la Terre “, la commémoration de l’agression perpétrée contre le peuple palestinien par les Israéliens. A notre très grande surprise, 15 000 personnes étaient présentes. La police a voulu parler à l’organisateur. Elle s’est adressée à moi. A l’époque, je parlais très mal l’anglais (…) En 1990, deux ou trois hommes sont venus de Jordanie. Avant cela, un autre était venu d’Allemagne, Toufic Moustafa. Ils me savaient attaché aux fondements de l’islam et m’ont donné leurs livres. J’ai été très impressionné. Après deux rencontres, nous leur avons donné l’accès aux 700 étudiants du collège islamique que j’avais créé, la ” London School of Charia “. Puis il y a eu l’affaire de la fatoua à propos de John Major. J’avais édicté une fatoua et les médias ont prétendu qu’elle appelait à tuer John Major (9), le Premier ministre. La police est venue, m’a demandé ce que j’avais dit et est repartie.

A.C. : Etait-ce une fatoua écrite ?

O. B. : Oui. Elle disait : Il n’est pas permis aux musulmans vivant en Royaume Uni de combattre ou de tuer qui que ce soit, parce qu’il leur est interdit de combattre les gens parmi lesquels ils vivent. Cela parce que le visa qui les autorise à entrer dans le pays vaut un traité de paix. Cependant, quand John Major va dans le Golfe, il peut être victime d’attaques de musulmans, parce qu’il n’y a pas de traité avec ceux de ces pays . Ce n’était pas une fatoua appelant à tuer, mais l’élaboration d’une règle islamique pour les musulmans vivant au Royaume-Uni, et non pour nos frères vivant dans les pays du Golfe. La police l’a compris, mais les médias disaient quand même : ” Omar Bakri a appelé à tuer John Major “.

A.C. : Connaissez-vous Hassan Tourabi (10) ?

O.B. : Hassan Tourabi, ce n’est pas Omar Bakri. Il y a une différence entre Hassan Tourabi et Abou Qatada (11), Abou Mohammad al Maqdessi (12) ou moi. Hassan Tourabi est un musulman délicat, doux dans ses propos. De plus, il a un visage sympathique. J’aime peut-être sa manière d’être mais je le désapprouve sur certains points. Il y a une différence entre ces gens modérés et les islamistes de conviction profonde, les islamistes par le cœur et par les actes.

A.C. : Intéressant. Continuons votre histoire.

O.B. : En 1990, le Hezb At-Tahrir (13) n’était pas un groupe. J’ai donné ce nom au mouvement Khilafat et les membres m’en ont confié la direction. C’est tout. Nous avions beaucoup d’activités sur les campus des universités parce que c’est là, qu’à mon avis, le travail doit être concentré… Avec l’aide de Dieu, j’ai réussi à prendre pied dans 57 à 58 campus à travers le pays. J’avais même pénétré la ” London School of Economics “. Il y avait en tant que mouvement estudiantin, 3 ou 4 groupes sous le contrôle d’OBM, OBM abréviation d’Omar Bakri Mohammad.

A.C. : OBM pas OBL…

O.B. : Oussama Ben Laden, entre OBM et OBL il y a quelque différence. Lui c’est un grand homme, une légende en comparaison. L’université est l’endroit idéal pour quelqu’un comme moi, parce que l’on peut y débattre. Mais je suis controversé. Je crois que, dans certains cas, pour réveiller quelqu’un, il faut le taper sur la tête. Si vous l’appelez doucement à se réveiller, il ne vous entend pas. Mes activités portent la marque de ce style percutant. Comme ” Les 19 magnifiques (14), le nom que je donne à mes conférences. Si je les appelais ” terroristes “, personne ne viendrait. Ce ne serait pas extraordinaire si je les surnommais terroristes, tout le monde l’a fait. Puis à la fin de la conférence, à propos des causes du 11 septembre et ses effets, je dis que ce qu’ont fait ces 19 garçons est indiscutablement du terrorisme. Ils sont “ les 19 magnifiques ” mais des ” terroristes “. L’islam ne nous autorise pas à tuer qui que ce soit, civils ou militaires musulmans ou non-musulmans du peuple dans lequel nous vivons. Quittant les lieux, les auditeurs se disent : “ Mon Dieu ! Après toutes les raisons de l’orateur nous a présentées, tout ce que les Etats-Unis ont fait avant le 11 septembre 2001 partout dans le monde !

A.C. : Quelles étaient les activités du Hezb At-Tahrir ?

O.B. : Quand j’étais en Grande Bretagne nous avions beaucoup d’activités dans les campus des universités parce que c’est là, qu’à mon avis, le travail doit être concentré. J’utilisais différents noms, je n’ai jamais utilisé celui de Hezb At-Tahrir ou celui de ” Al Mouhajiroun Society ” parce que le but n’était pas de recruter les gens pour ces groupes mais d’annoncer que l’Islam est la voie de la renaissance et du progrès. Ma mission est d’appeler à l’islam où que j’aille. Je travaille à l’instauration de l’ordre et de la loi islamique. Parce que je suis Omar, en Grande Bretagne, comme Moïse était en Egypte devant Pharaon (15). Je ne parle que du Pharaon du pays où je suis, pas d’un autre. Au contraire de l’opposition irakienne. Elle n’est pas respectable. Vous devez être vous même là où vous êtes. Défiez le Pharaon du pays où vous êtes. Quand je suis au Liban, je défie le Pharaon en place (…) Après le 11 septembre 2001, tout a changé. Je n’ai jamais enfreint la loi au Royaume-Uni. C’est dans les registres, Omar Bakri parle fort contre le pouvoir mais il n’a jamais enfreint la loi.

A.C. : C’est pour cela que vous n’avez pas été arrêté.

O.B. : (Avec un rire de satisfaction) Oui, voyez-vous, j’utilise la marge de la loi. Je ne me suis jamais intégré. J’étais contre l’intégration. Je ne me suis jamais isolé, je suis contre l’isolation. Je suis pour l’interactivité au sein de la société. Je vais partout, je parle aux gens et je fais l’analyse des évènements devant eux. J’ai découvert que dans les années 60 et 70 les populations des pays musulmans venaient en Grande Bretagne pour des raisons économiques. Ces gens ne demandaient qu’un toit, de la viande ” halal ” et quelques mosquées. Or, jusqu’à aujourd’hui, leurs enfants ne parlent pas anglais. Ils parlent bengali, ourdou, hindi. Savez-vous pourquoi ? Parce qu’ils se sont isolés. Puis les enfants sont venus. A la maison, le fils s’appelait Abdeljabbar mais en entrant à l’université, il est devenu ” Bobby “. Sa sœur, Khadija, va à l’école ou à l’université. Ils font la fête avec les autres, boivent et dansent avec eux.

A.C. : A partir de quand les choses changent-elles ?

O.B. : A partir des années 90. Peut-être la culture occidentale est-elle la cause de ce changement, à moins que ce ne soit une croisade lancée contre l’islam. Je dis peut-être. Peut-être aussi le racisme de l’Occident. Pas seulement contre les musulmans mais contre tous les gens de couleur. Les Blancs dansent et font la fête avec Abdeljabbar, mais ils l’appellent ” Paki ” (Pakistanais), après tout ce qu’il a fait pour se faire accepter : il a changé son nom de Abdeljabbar en Bobby, il a remisé son “sharwal-kamis(16) et s’est habillé à la John Travolta. Mais il reste le ” Paki “, un ” putain d’Arabe “. Et ma génération arrive. Elle dit, viens Bobby, tu n’es pas Bobby, mais Abdeljabbar, tu fais partie d’une grande nation, tu es musulman, tu appartiens à une civilisation vielle de 1300 ans. Il n’a plus besoin de changer son nom en Bobby, il est fier, ” je suis mollah Abdeljabbar “, dit-il. Dans les campus de l’université ils se présente comme tel, il peut enfin parler de compassion, d’amour. Il peut créer des associations islamiques.

A.C. : C’est ce que vous avez fait pour eux ?

O.B. : Toutes mes associations, je ne les ai pas intitulées ” islamiques “, parce que je sais qu’on a des problèmes avec ce mot. Je les appelais ” One to one society “, ” Société de la paix “, “ Association intellectuelle “, ” Comité 1924 “. Pourquoi 1924 ? C’est la date de la chute du califat (17). J’utilisais des noms non-islamiques dans les campus pour attirer les gens. Pourquoi ? Parce que l’islam n’est pas une fin en soi. Islam veut dire soumission. Quand on me demande quelle est ma religion, je réponds que je suis ” un soumis “. Que veut dire soumis ? C’est celui qui croit qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Je me soumets au Dieu Tout puissant. Le nom de ma religion en arabe est Islam, en anglais c’est ” submission (18). La soumission aux ordres de Dieu. Les gens d’habitude n’aiment pas parler de trancher la main des voleurs, de la flagellation des fornicateurs, de la lapidation à mort des adultères, de la décapitation des criminels…

A.C. : Vous me permettrez de vous faire remarquer que la lapidation des adultères n’existe pas dans le Coran. Il n’est question que de flagellation.

O.B. : C’est dans la Sunna. Mohammad, paix et bénédiction d’Allah sur lui, a fait lapider à mort la Ghamidiya. La révélation pour moi est le Coran et la Sunna (19). Par exemple, vous ne trouverez pas dans le Coran l’obligation de prier 5 fois par jour. La manière de prier n’est même pas mentionnée. La Sunna explique tout cela en détail. La Sunna est l’élaboration du Coran, les dires du prophète, ses actions, et aussi le consensus des croyants, l’” ijmaa ” en arabe (20). La société musulmane modérée n’approuve pas quand je parle des châtiments corporels, de la lapidation, de l’amputation de la main ou de la décapitation. De toute évidence, ce n’est pas si controversé et les gens veulent savoir. Ils découvrent que dans système islamique il est impossible de condamner un innocent. Regardez combien d’innocents sont condamnés en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis parce qu’ils n’ont pas le système pénal qui existe dans l’islam. Je leur démontre que pour satisfaire aux règles, avant de couper la main d’un voleur, il faut tout d’abord que la société soit islamique, ensuite que l’Etat soit islamique, enfin que la cour soit islamique. Il faut aussi que les conditions de vie de la population soient correctes et que le vol ne soit pas commis sous l’emprise de la faim. Point capital, il faut que l’accusé confesse lui-même sa faute ou que des témoins du délit déposent devant le tribunal. Sinon le châtiment ne peut pas être prononcé. Y compris si des preuves circonstancielles sont apportées. Vous savez, ce genre de preuves stupides que l’on dépose devant les tribunaux.

A.C. : Si vous voulez mais dites-moi quels sont les pays qui appliquent l’amputation de la main ?

O.B. : Le Soudan, l’Iran, l’Arabie Saoudite. Même les Taliban ont fait cela.

A.C. : Respectent-ils les principes que vous avez énumérés ?

O.B. : Non. La question est qu’ils décapitent. Ils tranchent la tête avec une épée. Ce n’est pas un nouveau phénomène, les Français utilisaient la guillotine. C’était quelque chose de civilisé.

A.C. : Pourquoi civilisé ?

O.B. : Dans le passé l’homosexualité était tabou et maintenant…

A.C. : Restons sur notre thème ou je vais m’y perdre. Vous avez présenté des conditions à remplir avant d’appliquer les châtiments en Islam. C’est vrai, ce sont les règles de l’islam. Mais qui les applique aujourd’hui ?

O.B. : Personne ne les applique complètement, d’où les injustices. C’est pourquoi nous appelons à un Etat islamique

A.C. : Même l’Iran et l’Arabie Saoudite ?

O.B. : L’Iran et l’Arabie Saoudite ne sont pas des pays islamiques, ce sont des pays corrompus.

A.C. : Pourquoi les Britanniques vous ont-ils expulsé de Grande-Bretagne ?

O.B. : Ils ne m’ont pas expulsé, je suis parti de mon propre gré. Je suis toujours en avance d’un coup. J’ai dissous les Mouhajirounes en mars 2004 et cela devant des milliers de gens. Toutes leurs branches, aux Etats-Unis, au Pakistan, dans l’île Maurice, au Bangladesh, au Koweït et en Grande-Bretagne. Je les ai dissous parce que je savais qu’ils allaient être interdits. En 2005, Tony Blair pouvait bluffer en annonçant leur bannissement dans un discours en 2005, les Mouhajiroune n’existaient plus depuis 2004. Cette fois-ci encore, avant mon départ de Londres pour le Liban, j’ai donné une conférence de presse à l’hôtel Sheraton devant tous les médias, la BBC, ITV, CNN etc… Je suis l’homme des médias, je les tiens dans ma main, aujourd’hui encore. Regardez, les gens viennent de partout pour écouter Omar Bakri. Pendant la conférence, j’ai dit ne plus être autorisé à vivre au Royaume-Uni, parce que l’islam m’interdit d’habiter un pays où je ne peux pas promouvoir l’islam, que je ne peux pas y promouvoir le bien contre le mal. Si vous ne m’aimez pas, jetez moi dehors, mais ne parlez plus de liberté d’expression. J’utilise la liberté de parole qui existe. Je vais vous dire un secret que je n’ai jamais dit avant.

A.C. : Je ne le répèterai pas !

O.B. : Vous le pouvez ! Les gens se demandaient pourquoi la police ne m’avait jamais interrogé. En fait, elle l’avait fait mais Omar Bakri est différent. J’ai crée des associations islamiques et, parmi elles, une association d’avocats musulmans. Je leur ai demandé de m’expliquer comment le système fonctionnait. Quand le journaliste du Daily Star a écrit : ” Omar Bakri a appelé à tuer John Major “. Je n’ai jamais dit cela, mes propos étaient clairs, je ne suis pas fou et je mesure bien mes mots. Je disais aux musulmans vivant en Grande-Bretagne, vous pouvez dénoncer la politique étrangère britannique, parler sans concession des mauvaises actions commises au nom de la Grande-Bretagne contre le monde musulman mais il vous est interdit d’attaquer physiquement les habitants de ce pays. Dieu vous l’interdit. J’étais capable de contrôler la jeunesse. J’étais capable de canaliser la colère causée par la guerre en Bosnie, au Cachemire, en Tchétchénie, en Irak ou en Palestine. Dans les manifestations, les discussions ou les conférences, j’avais le contrôle de tout ça. Si j’avais été un jihadiste radical, cela aurait été un désastre pour la Grande-Bretagne mais je ne suis qu’un prédicateur radical. Les prédicateurs radicaux sont un gage de sécurité pour encadrer la jeunesse. Nous ne sommes pas une partie du problème mais une partie de la solution.

A.C. : Les Britanniques devraient vous remercier.

O.B. : Maintenant que j’ai quitté, il n’y a pas plus personne pour contenir la colère des jeunes. Ils n’ont plus leur Omar Bakri, leur prédicateur radical, en qui ils avaient confiance et qui leur servait de référence. Abou Hamza est en prison, Abou Qatada aussi, Omar Bakri est interdit de séjour. Je n’ai pas fait appel contre cette décision. Je n’ai même planifié de retourner en Grande-Bretagne (…)

A.C. : Les Britanniques n’ont peut-être pas envie que vous retourniez en Grande-Bretagne…

O.B. : Bien ! Voyons comment les musulmans modérés vont s’en sortir ! Ils invitaient à ne pas écouter les extrémistes. Il n’y a plus d’extrémistes, ils sont partis. Mais la jeunesse musulmane ne veut pas écouter Tony Blair, même s’il disait ” je suis le mollah Tony Blair, je suis cheikh Tony Blair, j’ai lu le Coran plusieurs fois, j’aime l’islam, j’aime les musulmans“. Vous ne pouvez pas tromper les jeunes, ils voient en vous, Tony Blair, un non-musulman. Vous n’êtes pas une référence pour eux. D’autre part, le Conseil des Musulmans en Grande-Bretagne, des modérés, s’ils disent obéissez à la reine et n’attaquez pas la police britannique, personne ne les écoutera. Mais si Omar Bakri dit : ” N’obéissez pas à la loi du pays, obéissez uniquement à la loi de Dieu. Si l’islam autorise une action, faites-la, s’il l’interdit vous ne pouvez pas le faire “. Et j’ajoute : “ L’islam vous interdit d’attaquer les gens parmi lesquels vous vivez “. Vous verrez, ils m’écouteront. Le point de vue radical s’appuie sur le Coran. Il est dit ” n’obéissez pas aux infidèles, n’obéissez pas aux hypocrites “. Les modérés disent ” Obéissez aux lois du pays “. Mais de quoi parlent-ils ? C’est l’opposé du Coran (…)

A.C. : Alors que faire, selon votre logique ?

O.B. : Je crois que j’étais un gage de stabilité et non pas d’instabilité. Vous voyez, je suis arrivé au Liban, je ne combats personne ici. J’enseigne seulement l’Islam. J’ai trouvé au Liban une liberté d’expression dont je ne jouissais plus en Grande Bretagne. Pouvez-vous croire cela ? Je peux m’exprimer ouvertement, avec force et fierté à la télévision nationale, sur la radio, dans les journaux, en tant qu’expert sur les groupes islamiques et les écoles théologiques. En tant qu’islamiste et non pas en tant que modéré. Je dis la même chose qu’en Grande-Bretagne. Je n’ai pas changé un mot mais ici il n’y a personne pour me citer en déformant mes propos (…)

A.C. : Etes-vous toujours actif dans les milieux étudiants ?

O.B. : J’ai formé un groupe ici que j’ai appelé Majmouaat Iqra’ al Iilmiya (21). Je suis allé à l’université du Balamand (22), où je donne des conférences et des cours. J’ai des étudiants qui viennent de tous les campus du Liban. Je fais la même chose qu’en Grande-Bretagne. Cependant mes enfants et ma femme me manquent. Ils sont venus ici trois fois, mais le Liban est instable en raison des divisions religieuses. J’ai sept enfants et cinq petits-enfants. J’avais quatre mille étudiants là-bas, ils étaient tous jeunes, en moyenne de quinze ou seize ans. J’ai formé deux générations en Grande-Bretagne. Je les ai mariées, j’ai fait leurs contrats de mariage, ils voyaient en moi un père, un maître, un grand frère. Quand je suis arrivé au Liban j’ai fondé une école à Beyrouth, une grande école et j’ai appelé mes élèves à me rejoindre. Des Britanniques, des Blancs aux yeux bleus, des convertis. Quand ils sont arrivés, l’ambassade britannique est devenue comme folle. Alors les services de sécurité libanais me l’on reproché, me disant que je ne les en avais pas informé. J’ai répondu : ” Je vous avais dit que j’allais donner des cours d’arabe pour des élèves venant de l’étranger “. J’avais en fait déclaré que l’école donnerait des cours d’arabe et non pas une formation sur la charia. J’ai dû laisser partir les élèves. Cela m’a coûté beaucoup d’argent. Alors j’ai essayé de faire quelque chose sur Internet. La sécurité s’y est opposée m’accusant de vouloir communiquer avec mes élèves. Que veulent ils que je fasse ? Danseuse du ventre ?

A.C. : Que pensez vous de la relation de Zawahiri (23) avec les Iraniens ?

O.B. : Je ne pense pas qu’ils soient en relation parce qu’il existe une distance importante entre l’idéologie chiite et celle d’Al-Qaïda.

A.C. : Comment expliquez vous les nombreuses références chiites dans les discours de Zawahiri ?

O.B. : Ce ne sont pas des références chiites, la sourate qu’il avait citée, disant d’” aidez les opprimés “, pourrait l’être par n’importe qui.

A.C. : Il parle de l’Imam Hussein Ibn Ali (24), ce n’est qu’un exemple.

O.B. : Parce que Zawahiri fait la différence entre les chiites arabes et ceux d’Iran qui sont d’orientation persane. Il croit les chiites arabes influencés par les Iraniens à cause de la révolution iranienne. Pour lui, parmi les chiites arabes, il y a des gens bien.

A.C. : Vous vous souvenez sans doute de cette lettre (25) rendue célèbre par Bush lui-même. Elle était supposée adressée par Zawahiri à Zarqaoui. Vous savez le mot ” Inqelab “, en arabe, signifier coup d’Etat. En persan, il veut dire révolution. Or dans, cette fameuse lettre, il signifiait révolution, comme en persan. Autre exemple : en arabe, en français ou en anglais on dit ” j’ai quitté un parti “. En persan il y a une expression “ jouda choudan ” qui se traduirait mot à mot par ” devenir séparé “. Toujours dans la lettre, l’expression persane a été traduite mot à mot en arabe. En d’autres termes, l’idiotisme persan a été reproduit. En conclusion, la lettre n’a pas été écrite par un arabophone de naissance mais par un persanophone parlant l’arabe. Zawahiri, un Egyptien, un arabophone de naissance, ne peut donc pas en être l’auteur.

O.B. : Ce que vous dites est possible…

A.C. : Cette lettre est un faux. Ce constat soulève d’autres questions. Pourquoi Zawahiri n’a-t-il jamais dénoncé la supercherie ? Qui a pu écrire cette lettre et animé de quelles intentions ? D’autres détails sont surprenants. Les cassettes qu’il fait diffuser le montre dans des conditions de prise de vue de studio, avec un bon éclairage. Tous ces constats amènent à s’interroger sur le lieu où est Zawahiri et sur ses relations avec certains pays de la région.

O.B. : Je suis ouvert à toutes les hypothèses mais ce que je remarque c’est que Al-Qaïda est toujours libre de ses mouvements mais absent du Liban parce que les Libanais, les sunnites, rejettent les vues d’Al-Qaïda. Et puis, les gens d’Al-Qaïda sont comme des fantômes : ils vous attaquent, mais vous ne pouvez pas les attaquer parce que vous ne savez pas où ils sont. Le contraire des hommes de Fatah Al-Islam (…)

A.C. : Comment expliquez vous que Zawahiri multiplie les discours ? Cinq en un mois, au point que l’on n’y prend plus garde, alors que les apparitions de Ben Laden sont très rares…

O.B. : Ce sont de vieilles cassettes de Ben Laden qui datent de quatre ans, des montages. Si Ben Laden ne se montre pas, c’est qu’il joue à l’énigme Al-Qaïda.

A.C. : Croyez vous que Ben Laden soit toujours en vie ?

O.B. : Sans aucun doute, parce que ses partisans ont un principe qui s’appelle “ istishab al asl, istishab al hal ” qui dit qu’il y a continuité jusqu’à preuve du contraire. Si Ben Laden avait été tué, cela aurait été un honneur pour eux et une fierté pour ses partisans parce qu’il serait auréolé de la gloire du martyr. Je crois qu’il pense avoir assez chevauché et être venu le temps de céder la place.

A.C. : Il y a une contradiction dans votre discours. D’une part vous parlez favorablement de Ben Laden, de l’autre vous dénoncez le meurtre de civils. Comment pouvez vous conciliez ces deux positions ?

O.B. : C’est vrai. Je vais vous expliquer. Quand on parle de l’Irak, c’est un théâtre de guerre. Il n’y a pas de pacte. Je suis sûr maintenant que vous développez une compréhension islamique. Le point clé de toutes relations entre les musulmans et les non-musulmans repose sur ce qu’on appelle en arabe ” Al Aman wal Aahd “, la protection du pacte. En Amérique du nord, même les Peaux-rouges disaient “ Nous venons en paix “, ce qui signifie qu’il y a un pacte. Sinon, rien ne garantit la vie des gens et leur propriété. Ou bien les non-musulmans embrassent l’islam, ou bien ils concluent un pacte avec les musulmans. Aussi, quand vous combattez des salafistes, vous dénoncez le pacte conclu avec eux. Vous activez alors les règles islamiques qui disent ” votre vie et vos biens ne bénéficient plus de protection ” et cela dégénère en un conflit. Je l’ai dit aux responsables de la sécurité libanaise : les gens qui sont en face de vous ont adopté la culture salafiste-jihadiste. Si vous les attaquez dans le seul but de plaire aux Américains, vous jouez avec le feu. C’est comme si vous leur disiez il n’y a plus de pacte entre nous.

A.C. : Bien, mais dans le cas de Ben Laden…

O.B. : Quand je parle de Ben Laden, je parle de régions où il n’y a pas de pacte entre lui et ses adversaires. Ils lui font la guerre et il répond. Quand on répond, des femmes et des enfants vont être pris dans le conflit sans être des cibles. Il y a une grande différence entre viser des femmes et enfants, ce que l’islam interdit, et les tuer sans l’avoir voulu au cours des combats.

A.C. : Evidemment, mais n’étaient-ce pas des non-combattants, des civils, qui étaient dans les tours du ” Trade World Centre “, le 11 septembre à New York ?

O.B. : Cette distinction entre civils et militaires n’existe pas en islam. Seul le pacte existe.

A.C. : Ce qui à vos yeux justifie les attaques du 11 septembre quand elles émanent de musulmans venant de l’extérieur des Etats-Unis.

O.B. : Je ne justifie pas, j’explique ce que les partisans de Ben Laden croient.

A.C. : C’est à vous que je pose la question…

O.B. : je crois que le musulman, où qu’il se trouve, n’est pas autorisé à attaquer et tuer des gens innocents, des femmes et des enfants, des civils ou des militaires, parce que le pacte de sécurité l’interdit. Mais les partisans de Ben Laden font leur propre interprétation des textes. Pour eux, en absence d’un pacte, il y a état de guerre. C’est pour cela que Ben Laden n’a pas appelé les musulmans vivant en Occident à tuer les habitants de cette région du monde, en raison de cette notion de pacte. Les opérations ont été conduites par ses hommes venant d’autres pays.

A.C. : Ce sont des subtilités que vous aurez du mal à faire comprendre en Occident.

O.B. : Ben Laden justifie ses attaques par une fatoua particulière, celle qui concerne les Banou Nadhir et les Banou Qouraydhah (26). Deux hommes avaient trahi le pacte conclu entre les musulmans et ces tribus juives. Mohammad ordonna de tuer tous les hommes et prit les femmes et enfants en butin. C’est pour cela que Ben Laden a dit, ” vous les Américains si vous votez à nouveau pour Bush, ne blâmez que vous même . Dans son idée cela revenait à dénoncer la trêve qu’il avait offerte au peuple américain. En votant pour Bush, les Américains se déclaraient solidaires de sa politique. C’est un désastre. Néanmoins, Ben Laden affiche ses propres limites : il interdit de tuer des femmes, des enfants ou des prêtres. Sauf, bien sûr, s’ils sont tués pris dans la mêlée au cours d’une attaque. Il voit alors dans leur disparition des dommages collatéraux.

A.C. : A New York, il a attaqué des cibles sans précaution aucune.

O.B. : Le Pentagone est une cible militaire.

A.C. : Le Pentagone, oui mais pas les Tours jumelles, ni les avions transportant des voyageurs et qui ont servi de projectile.

O.B. : J’aurais préféré que toute l’opération n’ait jamais été menée. Mais, les Américains attaquent partout. Avant le 11 septembre, ce n’était pas très beau. Ceci dit, je pense que tuer des innocents à New York, Madrid, Londres, à Nahr el Bared, en Irak ou en Afghanistan, est totalement interdit en Islam et que nous devons le condamner. Mais quand, nous musulmans, condamnons le massacre d’innocents non-musulmans, nous aimerions entendre la même condamnation à propos de la mort de musulmans innocents, en Palestine, en Irak ou en Afghanistan

A.C. : Vous l’entendrez de moi

O.B. : Parce que vous connaissez la région.

A.C. : Parce que ce n’est pas juste. Je l’écris aussi. Je suis opposé à la politique des Israéliens et à leur manière de conduire leur guerre. Cela ne veut néanmoins pas dire que j’approuve les combattants du Hamas quand ils tuent des civils.

Omar Bakri : Tuer des civils, je veux dire des innocents, n’est pas autorisé en Islam.

Alain Chevalérias : Je vous remercie pour cette interview.


Entretien réalisé par Alain Chevalérias pour le site Recherche sur le Terrorisme


NOTES

(1)Le droit chafiite est l’une des quatre écoles juridiques de l’islam sunnite, la ” tarika Naqchbandi ” une voie du soufisme.
(2) La ” Jamaa Islamiyya ” est l’organisation des Frères musulmans au Liban. Fathi Yagan a pris ses distances mais Fayçal Maoulaoui en est le responsable principal.
(3) Abdel Bari Atwane est le directeur de ” Al Qods Al-Arabi “, journal arabe publié à Londres.
(4) Il s’agit d’une notion religieuse concernant le ” péché “. Pour le ” murji’isme “, de l’arabe ” irja ” ou ” remise à plus tard “, la foi compense les ” péchés “, y compris les plus graves. Il s’oppose sur ce point au ” kharijisme “, pour lequel la qualité de musulman se perd en commettant une faute grave au regard de l’islam.
(5) Les ” salafistes ” se veulent imitateurs des ” salaf ” ou compagnons du prophète Mahomet. Né au XIXème siècle, le salafisme était à l’origine un mouvement moderniste et réformateur. Aujourd’hui, autant les musulmans que les non-musulmans identifient souvent le ” salafisme ” au ” jihadisme ” ou idéologie du jihad. On peut néanmoins se demander dans quelle mesure il n’y a pas abus de langage.
(6) Doctrine religieuse pakistanaise très écoutée en Afghanistan.
(7) Le hanafisme est une école juridique de l’islam sunnite.
(8) ” Khilafat “, mouvement en faveur de la restauration du califat, en d’autre terme d’une direction politico-religieuse unique pour tous les musulmans.
(9) John Major a été Premier ministre de Grande-Bretagne de 1990 à 1997.
(10) Hassan Tourabi a été président du Parlement soudanais et faisait figure de référence de la mouvance islamiste dans les années 90.(Lire le livre d’interviews d’Hassan Tourabi réalisé par Alain Chevalérias : “Islam avenir du monde?”, éditions Lattés)
(11) Abou Qatada est un islamiste arabe de Londres.
(12) Abou Mohammad Al Maqdessi, un Jordanien, a été le chef spirituel d’Abou Moussab Al-Zarqaoui, qui s’est illustré par sa violence en Irak.
(13) Le ” Hezb At-Tahrir ” a été fondé en Palestine en 1953. C’est un parti islamiste favorable à l’instauration d’un calife pour diriger le monde musulman, à l’islamisation du monde et au démantèlement de l’Etat d’Israël. Il s’est néanmoins scindé en plusieurs mouvances et Omar Bakri n’a été le membre que de l’une de ces mouvances.
(14) Les 19 magnifiques pour désigner les 19 attaquants du 11 septembre 2001.
(15) Par référence aux défis de Moïse s’adressant, selon la Bible, au Pharaon de l’époque. Le Pharaon est devenu, dans le langage islamiste, le synonyme d’oppresseur.
(16) Le ” sharwal-kamis ” est le vêtement traditionnel du Pakistan et de l’Afghanistan, formé d’une chemise à long pans portés à l’extérieur du pantalon bouffant.
(17) Le califat, d’abord aux mains des Arabes, était tombé dans celles des Ottomans. Avec la Première Guerre mondiale et la défaite de l’empire turc, le califat, ou ” Khilafat ” s’éteignit.
(18) Soumission en français.
(19) Dans le Coran, le verset 3 de la sourate XXIV dit : “ Fustigez la fornicatrice et le fornicateur de cent coups de fouet à chacun d’eux ” dans la traduction du cheikh Si Boubakeur Hamza, ancien recteur de la mosquée de Paris (Editions Fayard-Denoël). On entend ici par fornicateur les personnes qui ont des relations sexuelles en dehors du mariage. Il est vrai, la Ghamidiya a été lapidée sur ordre de Mahomet mais à sa demande insistante. C’est le seul cas répertorié de toute la vie de Mahomet. En réalité, la lapidation était une tradition pré-islamique appliquée par les tribus du désert. Il convient aussi de préciser, qu’islamiquement parlant, le Coran, parole de Dieu pour les musulmans, a droit de préséance sur le modèle offert par le prophète, la Sunna.
(20) La Sunna est l’ensemble des comportements, des usages et des dires laissés par le prophète Mahomet (Muhammad). Elle est la seconde source de référence religieuse, après le Coran. L’ijmaa est la troisième référence, par entente consensuelle de la communauté des musulmans.
(21) ” Iqra ” pour les sciences religieuses.
(22) L’université de Balamand est une université chrétienne orthodoxe.
(23) Ayman Al-Zawahiri est considéré comme le bras droit de Ben Laden.
(24) Hussein Ibn Ali, était le second fils d’Ali et le troisième Imam chiite. Révéré par les chiites, il a été assassiné par les sunnites.
(25) Cette lettre a été rendue publique le 11 octobre 2005 par les Etats-Unis.
(26) S’installant à Médine après sa fuite de La Mecque en 622, Mahomet (Muhammad) avait conclu auparavant un pacte avec les tribus de la région, en particulier les tribus arabes juives. Toutes devaient ensuite être éliminées à la suite de disputes qui éclatèrent avec les musulmans. Les Bani Nadhir étaient accusés d’avoir fait tomber une meule d’un toit pour tuer le prophète. Les Banou Qouraydah avaient cherché à soulever les tribus arabes contre les musulmans. Les premiers furent chassés ne pouvant emporter avec eux que le chargement de leurs chameaux. Les musulmans se partagèrent leurs biens et leurs terres. Les seconds furent tous tués, les femmes et les enfants réduits à l’esclavage et partagés entre les musulmans.

L’intrumentalisation du terrorisme en Algérie

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Je pensais qu’après nous avoir infligé plus d’une décennie de désinformation outrancière, et particulièrement pernicieuse, Eradicator, qui écrivait plus vite que la dictée des criminels contre l’humanité, pour altérer la vérité et couvrir les cris des suppliciés, avait enfin compris qu’il ne pouvait indéfiniment se mettre au service d’une propagande grossière, dans une guerre contre les civils qui n’a pas encore livré tous ses secrets, sans s’exposer à l’indignité et la flétrissure.

Démonter les « théories » des Qui tue quistes, pour protéger des criminels contre l’humanité, fustiger Amnesty International, les défenseurs des droits de l’Homme, les officiers de l’ANP et les ONG qui ont dénoncé la manipulation de la violence terroriste, les carnages de civils, la torture, les viols, les enlèvements et les exécutions sommaires, pour permettre aux généraux de continuer à commettre des crimes de masse, pratiquement à huis clos, n’est pas un travail de journaliste. Mais celui d’un agent infiltré ou approché par son officier encadreur du DRS.

Dans mon infinie naïveté, c’est mon pêché et ma tare, je pensais qu’Eradicator avait changé. Qu’il était revenu de son hystérie et d’une paranoïa qu’il s’était lui-même inoculées, de contre vérités qu’il avait ânonnées en son for intérieur, comme une méthode Coué, pour se donner bonne conscience et se convaincre qu’il était le héros d’une guerre contre le mal et la régression. Ce fut, certainement, le cas de nombreux journalistes qui avaient été entraînés, en toute bonne foi, dans l’infernale logique qu’il fallait faire barrage au « péril islamiste », à n’importe quel prix. N’importe quel prix !

Des démocrates sincères, des hommes et des femmes pétris de hautes valeurs humaines, et qui avaient découvert, au fil des évènements, que des crimes abominables étaient commis contre des civils, en étaient arrivés à répondre qu’on ne faisait pas la guerre avec des gants blancs. Ceux-là, dont certains sont des journalistes de valeur et de haute moralité, ont vécu une effroyable incertitude. Ils croyaient avoir choisi un moindre mal, en se mettant du côté de généraux génocidaires parce qu’ils croyaient que ces derniers étaient les sauveurs de la république. Ils s’étaient rangés derrière eux, et même parfois à leur avant-garde, parce qu’ils refusaient d’abdiquer leur vision d’une Algérie tournée vers les valeurs cardinales d’universalité et de modernité. En prêtant leurs plumes et leurs voix aux « tueurs de tangos », ils croyaient éradiquer une force mortifère qui allait précipiter leur société et l’avenir de leurs enfants dans des âges révolus. Ceux que leur promettaient, du haut de leurs chaires, des imams ignares et malsains. Ils se voyaient déjà dans une société où la flagellation, la lapidation, la prière obligatoire et la polygamie seraient dans l’ordre des choses. Mais tant va la cruche à l’eau.

Des militants des droits de l’homme, des politiciens perspicaces, des intellectuels probes, des journalistes intègres, des officiers d’honneur de l’armée algérienne et une foule de témoins parmi les victimes, finirent par faire entendre leurs voix. Malgré le tir de barrage que leur opposaient les éradicateurs de service.

Des faits troublants, pour le moins qu’on puisse dire, vinrent lézarder la façade trompeuse de généraux qui luttaient pour sauver les valeurs républicaines. Le monde entier découvrait que ceux-ci avaient eux-mêmes instrumenté la violence, qu’ils la régulaient à leur convenance, qu’ils usaient de méthodes inhumaines et que dans le même temps, ils pillaient, sans vergogne, les ressources de leur pays. Dans des proportions proprement inimaginables.

Puis, de but en blanc, le syndrome Pinochet aidant, parce que les généraux avaient compris que leurs excès risquaient de leur valoir des ennuis internationaux, mais aussi parce que leurs grosses fortunes avaient besoin d’un climat plus apaisé pour prospérer, il fut décidé de mettre en place un dispositif de « réconciliation nationale ». Ou d’auto amnistie, devrions nous dire. Pour tous les éradicateurs, ceux qui n’étaient mus que par la peur de l’intégrisme et ceux qui avaient vendus leurs plumes et leurs voix pour de l’argent et des privilèges, Ce fut la désillusion. Les généraux les laissaient en plan.
Le Président Bouteflika qui avait proposé ce dispositif scélérat aux généraux, en échange de leur bénédiction pour se faire réélire à un deuxième mandat, avait fait passer les lois d’auto amnistie par voie référendaire. C’était le peuple souverain qui avait pardonné, claironnait-on. Oubliant en cela que les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles.

Pour les « agents honorables de l’état » et les terroristes islamistes, qui avaient, ensemble et la main dans la main, massacré des populations civiles, en gros et au détail, c’était la paix des braves. Ils pouvaient, enfin, les uns et les autres, jouir paisiblement du fruit de leurs rapines et de leurs butins.

Les éradicateurs de circonstance, ceux qui se sentaient des soldats de la république, souvent la mort dans l’âme, comprirent enfin qu’ils avaient été bernés. Que la peste et le choléra c’était juste une formule de circonstance.

Les éradicateurs appointés, ceux qui assuraient une prestation monnayée, venaient de perdre leur boulot. On leur intima l’ordre de mettre un bémol et parfois même de changer de registre et de se faire les chantres de la « réconciliation nationale »

Certains parmi eux, qui se vantaient même de leurs relations galonnées, et qui en tiraient de substantiels rapports, n’en menaient pas large. Fini le temps des années vertes. Le sang où ils trempaient leurs plumes ne coulait plus avec une si belle abondance. Ils devinrent amers. Il arrivait même que dans leurs articles, qui n’étaient plus consacrés qu’à de laborieuses macérations, on devine entre les lignes, et parfois même crûment, leurs reproches d’avoir été jetés de façon si inélégante. Eux les braves d’entre les braves. Les magiciens du verbe et les bretteurs de la palinodie. Mais, comme des mulots fascinés par l’œil du serpent, ils continuaient d’observer, à l’endroit des généraux, une réserve frémissante. Malgré les innombrables scandales qui émaillent, tous les jours, la vie de ces criminels, ils restent totalement muets. Comme des mulots transis. Il leur arrive aussi, pour entretenir leurs talents, de se prêter à des règlements de compte entre clans. En prenant soin de se mettre du côté du manche.

Mais, heureusement pour eux, et malheureusement pour leurs lecteurs, bien moins nombreux qu’ils ne veulent le faire croire, ils n’allaient pas ronger leur frein bien longtemps. La situation du pays et de toute la région du Maghreb et du Sahel allait avoir besoin de leurs services.

Eradicator II allait entrer en scène.

Depuis les lois sur la « réconciliation nationale » des facteurs internationaux, liés à la politique planétaire des Américains, et qui se développaient au rythme qui leur avait été imparti, sont entrés dans une phase décisive. Les USA, pour des considérations hautement pétrolières, avaient besoin de s’installer directement dans nos contrées. Certains barons du DRS et d’autres corps de l’armée algérienne, qui s’étaient goinfrés avec des compagnies américaines, sur le dos de l’Algérie, qui avaient noué des relations très intimes avec les néo cons et avec des contacts israéliens, qui avaient même rendus quelques « petits services » aux américains, avaient été approchés par ces derniers pour mettre en place le décor nécessaire qui leur permettrait d’entrer en amis et en sauveurs, encore des sauveurs, dans la région.

Les derniers irréductibles du GSPC qui erraient comme des âmes en peine dans quelques maquis, étaient aux abois. Couverts de haillons, infestés de vermine, amaigris et découragés, ils n’avaient pas répondu aux offres d’amnistie parce que leurs émirs faisaient tuer dans d’horribles souffrances quiconque oser parler de se rendre. Ces émirs sont presque tous des agents du DRS. Le DRS avait besoin de quelques groupes armés sur le terrain pour continuer à s’imposer sur la scène politique. C’est simple à comprendre. Si la violence est totalement réduite, il ne leur resterait plus qu’à lever l’état d’urgence et à regagner leurs casernes. Ce qui est totalement exclu pour eux. Ils ne peuvent pas passer la main à ce moment précis où l’Algérie a engrangé une telle masse d’argent. Et ils ne peuvent continuer à se servir que sils gardent les mannettes. Elémentaire n’est ce pas ?

Et donc, pendant qu’ils continuaient à se servir de la violence islamiste pour s’imposer sur le terrain, et notamment à Bouteflika qui avait tendance à les pousser doucement, mais copieusement, vers la sortie, leurs amis américains leur ont demandé s’ils ne pouvaient pas s’arranger pour qu’Al Qaida s’installe en Algérie, au Maghreb et au Sahel. Une Al Qaida qui menacerait non seulement toute la région, mais même l’Europe.
Aussitôt dit, aussitôt fait.

Du jour au lendemain, les pauvres hères du GSPC furent dotés, armés, financés et réactivés. Comme un champignon qui pousse après une nuit de pluie, le GSPC redevint un groupe de haute capacité de nuisance. Les attentas se succédaient et la peur revenait.

Puis, tout naturellement, les émirs DRS-GSPC firent allégeance à Al Qaida et demandèrent à combattre sous sa bannière. Azzawahiri n’y vit que du feu. Il sautait de joie dans son kamis. Il ne comprit pas que le DRS venait de l’infiltrer. De toute façon, il ne pouvait pas comprendre, puisqu’il était déjà infiltré par la CIA et le MOSSAD depuis des lustres. La presse algérienne sous contrôle fut « invitée » à ne plus dire GSPC, mais Al Qaida du Maghreb Islamique. Des journalistes qui s’entêtaient à garder le nom du GSPC dans leurs articles, furent admonestés.

Et voilà le travail. Mission accomplie pour les agents de la CIA et du MOSSAD dans nos institutions nationales.

Les Américains ont commencé leur danse du mâle. Ils installent un bureau du FBI à Alger. La sixième flotte a fait une manœuvre avec la marine nationale algérienne. Que c’est drôle.

Ils étoffent leur base d’écoute et d’espionnage au sein d’une caserne de l’armée algérienne près de Tamanrasset. Leur base secrète d’une capacité d’accueil de 2000 soldats est provisoirement mise en veilleuse. Parce que semble-t-il, l’initiative a été très mal accueillie par des officiers de l’armée algérienne qui refusent que les américains s’installent chez nous. Malgré les apparences, Il existe des hommes d’honneur dans l’armée algérienne, ne l’oublions pas.

Donc tout est prêt pour la phase II . Les américains n’ont pas besoin d’un deuxième Irak. Ils préfèrent s’installer en douce, en s’appuyant sur la caste des corrompus et des tueurs de civils. C’est une méthode qu’ils ont déjà éprouvée en d’autres pays.

D’autres manœuvres latérales, comme l’évangélisation, financées et pilotées par des sionistes chrétiens sont à l’œuvre.
Pour les Américains, il n’y a pas l’ombre d’un doute. Le pétrole et le gaz de nos régions leur appartiennent. Personne d’autre, et surtout pas la Chine, ne marchera sur leurs brisées.

Ils viennent chez nous avec de l’argent dans une main, pour soulager les pauvres populations du Sahel et d’Afrique, disent-ils, et un avion de combat dans l’autre main, pour nous aider à combattre la terrifiante Al Qaeda qui s’apprête à menace le monde entier depuis les dunes du Sahel.

L’opinion occidentale, ils s’en chargent. Ils la maîtrisent presque totalement.

L’opinion algérienne ? Ils mettent ERADICATOR II dans le champ des opérations.

 

Djamaledine Benchenouf pour Tahia Bladi

Nous avons pris la liberté de modifier le titre original de cet article (Le retour, ERADICATOR II) qui s’adressait plutôt à un public algérien averti.

Appel au Peuple algérien

Algériens, Algériennes,

Notre pays va mal. Notre avenir est en danger, celui de nos enfants risque d’être irrémédiablement compromis.

Un demi-siècle après une indépendance qui était censée fonder un Etat algérien social et démocratique, souverain, dans le cadre des principes islamiques, l’Algérie est aujourd’hui rongée par le despotisme, la corruption, l’injustice, la misère et le désespoir.

La racine principale du mal est connue : la confiscation du pouvoir et des richesses du pays par une poignée de généraux. Le bilan du régime en place n’est plus à faire : étouffement des libertés, exclusion politique, instrumentalisation du droit, régression économique, dislocation sociale et crise identitaire. Même sur le plan sécuritaire la situation demeure précaire, contrairement au discours officiel. Les événements tragiques que continue de connaître notre pays nous le rappellent quotidiennement, hélas, de façon sanglante.

Jusqu’à quand continuerons-nous à compter nos morts, nos disparus, nos jeunes rejetés par la mer, nos suicidés, nos drogués, nos écoliers exclus et sans avenir, nos milliards dilapidés, nos émeutes quotidiennes ?

Peuple algérien,
Le salut de notre pays exige un changement radical responsable, à la hauteur de tes convictions, aspirations et ambitions légitimes. Tu as le droit de vivre libre et digne dans un pays prospère, dans un pays de justice, un pays pour tous ses enfants.
La situation que tu vis n’est pas une fatalité. Le changement est possible. Il requiert ton adhésion et ton engagement dans un effort collectif à ta portée. Aujourd’hui tous les peuples du monde prennent leur destin en main et se libèrent de la dictature. Tu es en mesure d’en faire de même. Tes valeurs, ton histoire et ta fierté t’en rendent capable.

Peuple algérien,

Le Mouvement Rachad est né. Il sera ton instrument pour le changement que tu attends.

Rachad n’est pas un parti politique, mais une force de rassemblement visant l’établissement, par les voies non violentes, d’un Etat de droit d’où seront bannis pour toujours l’arbitraire, l’injustice et l’exclusion.
Ce Mouvement est le tien. Tu es appelé à réfléchir sur le projet de plateforme qu’il te soumet, à le débattre, l’enrichir et enfin le mettre en application.

Peuple algérien,

Œuvrer pour un changement de cette importance nécessite l’adhésion de tous et Rachad est ouvert à toute initiative qui vise à jeter des ponts entre les acteurs politiques, syndicats et personnalités d’horizons divers, à bâtir des relations de confiance entre eux et à contribuer à leur rassemblement.
Rachad appelle les agents de l’Etat algérien, civils et militaires, à se mettre au service de leur Peuple qui aspire à l’émancipation. Rachad leur tend la main dans la voie du changement qui sera pour le bien de tous. Rachad n’a d’autre ennemi que les ennemis de l’Algérie !

Peuple algérien,

Encore une fois tu as rendez-vous avec l’Histoire. Prends ton destin en main ! Rachad fait le serment de te servir, et de t’offrir un cadre de rassemblement où s’exprimeront tes griefs, tes douleurs, tes espoirs, tes ambitions et tes actions légitimes.

Peuple algérien,

Ta victoire, celle d’une Algérie digne et juste, est possible. Lève-toi, et tu seras libre ! Lève-toi et Dieu t’aidera ! Qu’Il nous aide tous à accomplir cette mission !

Secrétariat du mouvement RACHAD, pour le changement radical et responsable en Algérie

A. Aroua, M. Dhina, R. Mesli, M. Samraoui, M. L. Zitout

Tendances et événements au Proche-Orient

Tendances et événements au Proche-Orient

 

Les rapports diplomatiques qui parviennent confidentiellement à certaines capitales arabes soulignent que le président George Bush a fixé les priorités des 18 derniers mois de son mandat : provoquer une guerre israélienne contre la Syrie, le Liban et la Bande de Gaza, et lancer des frappes aériennes contre des cibles en Iran. La source diplomatique arabe rapporte ces informations en se basant sur un rapport britannique qui précise que l’attaque contre l’Iran pourrait intervenir au début de l’année 2008. À cet effet, les satellites états-uniens auraient sélectionné et marqué 2 500 cibles en Iran qui ont été placées sur les cartes de l’état-major.
Certains spécialistes pensent que les manœuvres militaires intensives menées par l’armée israélienne s’inscrivent dans le cadre du plan que les États-uniens sont déterminés à mettre en œuvre avant que les changements des rapports de forces régionaux et internationaux ne rendent impossible l’utilisation de l’option militaire contre leurs ennemis au Moyen-Orient. Ces équilibres ont commencé à changer sérieusement depuis la défaite israélienne face à la Résistance libanaise lors de la guerre de juillet 2006. De même que la présence à la Maison-Blanche du duo Bush-Cheney, enclins à lancer leur pays dans des aventures militaires, constitue une opportunité qui pourrait ne plus se répéter avant dix ou vingt ans. En effet, l’évolution du débat à l’intérieur des États-Unis laisse croire que le pays se dirige vers une situation semblable à celle qui prévalait au lendemain de la défaite du Vietnam. De nombreux think tank critiquent ouvertement la politique étrangère US qui met en avant les priorités israéliennes au détriment des intérêts supérieurs de la nation.
Pour toutes ces raisons, l’équipe qui contrôle l’administration US estime qui lui reste peu de temps pour mener à terme ses projets. Elle veut aller vite, d’autant que les informations soulignent que le programme nucléaire iranien arrivera à maturité en 2009, une date qui va coïncider avec l’amélioration qualitative et quantitative des capacités défensives syriennes, libanaises et palestiniennes.
Un spécialiste européen avance, quant à lui, une toute autre analyse pour expliquer le cliquetis des armes au Moyen-Orient. Selon lui, ce bruit de bottes précède les grandes manœuvres en prévision des négociations pour conclure des compromis globaux entre les protagonistes. Les prochains mois pourraient connaître des surprises qui éloigneraient définitivement le spectre de la guerre, surtout après que les commissions du Congrès auront commencé leurs règlements de compte avec l’administration Bush après ses échecs et ses revers en Irak, en Afghanistan et au Liban.

 

Presse internationale

 

CBS (USA)
Le président syrien Bachar al-Assad a démenti les accusations de l’administration Bush selon lesquelles il permet aux terroristes d’utiliser la Syrie comme pays de transit vers l’Irak. Il s’est dit prêt à soutenir les États-Unis si leur réussite est susceptible de ramener la stabilité à l’Irak. « Si nous encourageons le chaos et le désordre dans ce pays, cela veut dire que notre action va à l’encontre de nos intérêts nationaux, a dit le chef de l’État syrien. C’est pour cela que nous faisons ce qui est en notre pouvoir pour contrôler nos frontières. Pour moi, la priorité va à la stabilité de l’Irak. Peu m’importe si les États-Unis vont se retirer aujourd’hui au demain. Ma priorité c’est le peuple irakien et mon pays ».

 

AL-BAYAN (QUOTIDIEN EMIRATI)
Alors que la date de la conférence de paix au Moyen-Orient convoquée par le président George Bush approche, Israël a lancé un message belliqueux aux frères syriens, en envoyant son aviation violer leur espace aérien. Cette agression n’est pas nouvelle car les avions israéliens ont pris l’habitude de violer la souveraineté syrienne. Mais généralement, cela se produisait pendant des périodes de tensions. Or cette fois, la provocation israélienne intervient alors que la région se prépare à un nouveau round de négociations de paix, et qu’un grand nombre d’émissaires internationaux ont visité la région pour calmer les esprits et promouvoir l’apaisement.
Le général Uzi Dayan, ancien chef du Conseil de sécurité israélien, a reconnu que son pays a voulu transmettre un message non seulement à la Syrie mais à d’autres États, pour leur signifier qu’il est capable d’intervenir militairement dans plusieurs endroits simultanément. Cette provocation israélienne résume la vision qu’a l’État hébreu de la solution du conflit : la suprématie militaire et sécuritaire en contrepartie de la paix, sans aucune considération pour les droits des autres parties. C’est-à-dire que les autres ne doivent pas réagir aux mouvements israéliens. Israël est sans crédibilité. Et celui qui pense le contraire n’a qu’à revoir son histoire. Il ne trouvera que des registres remplis d’agressions et de massacres.

 

WASHINGTON POST (USA)
Si George Bush compatit avec Saadeddine Ibrahim (un des défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme en Égypte) il n’a qu’à faire quelque chose pour le prouver. Mais lorsqu’il a rencontré Ibrahim en marge d’une conférence à La Haye, en juillet, Bush lui a dit qu’il se sentait, comme lui, un « président dissident », après que le Département d’État eut rejeté l’« agenda de la liberté » qu’il avait proposé.
La direction du parti au pouvoir en Égypte a demandé à ce que Saadeddine Ibrahim soit jugé à l’issue d’un article publié dans un journal de l’opposition dans lequel il dénonçait les exactions et l’emprisonnement des opposants. Certes, l’augmentation des aides états-uniennes à l’Égypte sert les intérêts des USA. Mais n’empêche que celui que se fait appeler le « président dissident » doit réclamer la remise en liberté des vrais dissidents, comme Saadeddine Ibrahim et Ayman Nour, avant de remettre le chèque à l’homme fort de l’Égypte, Mohammad Hosni Moubarak.

 

AFP (AGENCE FRANCE PRESSE)
Un juge fédéral états-unien a condamné vendredi l’Iran à verser aux familles de 241 GI’s tués en 1983 au Liban 2,65 milliards de dollars de dommages, la plus forte compensation jamais demandée par la justice US à un pays étranger.
Ces GI’s, parmi lesquels 220 Marines, ont été tués le 23 octobre 1983 dans un attentat à Beyrouth où un camion chargé de 19 tonnes d’explosifs a été lancé contre le quartier général des forces états-uniennes près de l’aéroport international de la capitale libanaise. L’attentat, le plus meurtrier contre des États-uniens avant les attaques du 11 septembre 2001, a été attribué au Hezbollah.
Le même jour, 58 parachutistes français ont été tués dans un attentat similaire à Beyrouth.
Bien que l’attentat ait eu lieu il y a 20 ans, « il est clair d’après les témoignages (…) que les immenses souffrances endurées ce jour ont eu des effets durables sur les plaignants », a conclu le juge Royce Lamberth, d’un tribunal fédéral de Washington.
« Les familles sont très satisfaites de la décision du juge », a indiqué Steven Hofman, porte-parole des plaignants qui était présent à la lecture de la décision qui a provoqué soulagements et larmes.
« Elles pensent que ce jugement est un outil supplémentaire important pour les États-Unis mais aussi pour les autres pays pour combattre et décourager le terrorisme soutenu par les États », a poursuivi M. Hofman. « Plus le coût du terrorisme d’État augmente, plus les risques qu’il arrive seront moindres », a-t-il ajouté.
Près d’un millier de parents et descendants des victimes s’étaient portés devant la justice états-unienne affirmant que la République islamique d’Iran et le ministère de l’Information et de la Sécurité iranien « étaient responsables des conséquences de l’attaque pour avoir fourni assistance et support matériel au Hezbollah qui a perpétré l’attaque ».
Le tribunal a reconnu que le montant des compensations demandées dans son jugement « pouvait être le plus important jamais exigé par un tribunal aux États-Unis contre un pays étranger ». Le juge a précisé n’avoir reçu aucune requête de l’administration US indiquant que sa décision pouvait interférer avec les affaires étrangères des États-Unis.
En 2003, le tribunal avait déjà émis un jugement reconnaissant l’Iran « légalement responsable pour avoir fourni soutien financier et matériel ayant aidé à perpétrer la tragique attaque contre les 241 soldats à Beyrouth en 1983 ».
La délégation administrative iranienne à Washington (l’Iran n’entretient plus de relations diplomatiques avec Washington depuis 1980) n’a pas fait de commentaires, de même que la représentation de l’Iran à l’Onu.
Le juge a accordé un total de 2,656944 milliards de dollars d’indemnités allant de moins d’un million de dollars à 12 millions de dollars aux épouses, enfants, frères et soeurs des victimes.
Ces sommes se basent à la fois sur le montant des salaires perdus, celui des soins encourus avant que les victimes ne décèdent mais aussi sur une évaluation financière de « la détresse émotionnelle et de la souffrance » infligées par cet attentat.
Les familles, qui entendent bien obtenir la somme allouée par le juge auprès de l’Iran, se sont rendues au Congrès immédiatement après la décision. Elles voulaient signifier leur pression pour l’adoption de deux projets de loi au Sénat et à la Chambre des représentants visant à permettre la saisie d’actifs indirectement contrôlés par les Iraniens.
« Nous sommes confiants du fait que le Congrès va adopter rapidement cette législation et que le président des États-Unis va la signer », selon M. Hofman.

 

REBELLION (REVUE FRANÇAISE)
Le célèbre journaliste d’investigations US, Seymour Hersh, a révélé que le gouvernement français a invité le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah à une conférence sur la crise libanaise, précisant toutefois qu’il ne savait pas si cette manifestation aura finalement lieu.
L’inscription du nom du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes reflète en premier lieu le point de vue états-unien. Les Britanniques, eux, ont une vision différente de la question, a-t-il par ailleurs ajouté.
Selon Seymour Hersh, quoi qu’il ait fait il y a 20 ans, il ne fait pas de doute que Hassan Nasrallah applique aujourd’hui une politique responsable. Son soutien à l’armée libanaise lors de la dernière crise (allusion à la guerre de Nahr al-Bared, ndlr), est très intéressant. Les faits parlent pour lui. Il est peut-être la personnalité la plus influente au Moyen-Orient. Tous les sondages, surtout ceux qui ont été réalisés après la guerre de l’été 2006, placent Hassan Nasrallah en tête des personnalités les plus appréciées dans le monde arabe et musulman. Le chef du Hezbollah reste une personne importante avec laquelle il faut parler. Mais il semble que les responsables, ici à Washington, ne vivent pas dans le monde réel.

 

Tendances et événements au Liban

 

Les informations contradictoires sur les positions de l’Arabie saoudite et du député Saad Hariri (chef du Courant du futur pro-saoudien) au sujet de l’initiative du président de la Chambre, Nabih Berri (Opposition), jettent une ombre sur les perspectives d’entente interlibanaise autour de l’élection présidentielle. Les signaux émis par des milieux proches du royaume évoquent la chose et son contraire :
- 1. Un accord sur le quorum parlementaire des deux tiers, ce qui ouvrirait la voie à une entente sur le nom d’un candidat consensuel, en l’occurrence le général Michel Aoun.
- 2. La poursuite des manœuvres pour gagner du temps afin d’arriver aux dix derniers jours du mandat actuel pour imposer un fait accompli en élisant un président issu des rangs du 14-mars à la majorité absolue. Cette deuxième option est défendue par le chef druze Walid Joumblatt et le leader de l’ancienne milice des Forces libanaises, Samir Geagea. Ces deux personnalités plaident même pour l’organisation de l’élection présidentielle en dehors du Parlement.
Les assises élargies du 14-mars, prévues dans les jours qui viennent, permettront de définir avec précision les réelles intentions de la coalition au pouvoir, tiraillée entre plusieurs tendances. Si le Courant du futur accepte la règle constitutionnelle du quorum des deux tiers, en vigueur depuis l’indépendance, MM. Joumblatt et Geagea refuseront d’y adhérer et exprimerons des réserves, sans toutefois parvenir à bloquer la marche vers l’entente avec l’opposition. Si, au contraire, Saad Hariri appuie l’hérésie constitutionnelle de la majorité absolue, préconisée par ses deux alliés —il s’est déjà rangé derrière eux à plusieurs reprises torpillant de nombreuses démarches, dont l’initiative de Riyad— cela signifie que le 14-mars aura laissé passer la dernière chance d’un règlement pacifique de la crise.
Pour éviter le pire, certains courants et personnalités du 14-mars proposent d’ignorer la question du quorum, qui constitue pourtant la pierre angulaire de l’initiative de Berri, et de concentrer le débat sur le profil du futur président.
Côté saoudien, rien d’encourageant. Les propos attribués à une source saoudienne selon laquelle le royaume refuse d’exercer des pressions sur ses alliés au Liban ont été interprétés comme un refus indirect du plan-Berri. Et le flou qui entoure la position états-unienne n’arrange pas les choses.
Pendant ce temps, la France a intensifié ses concertations avec les partenaires libanais et les acteurs étrangers influents au Liban pour rapprocher les points de vue. Les jours qui viennent seront décisifs.

 

Articles relatifs au Liban

 

AS-SAFIR (QUOTIDIEN SENSIBLE AUX THESES DE L’OPPOSITION)
Nabih Berry met en garde contre les dommages provoqués par le « général temps ». Pour sa part, le patriarche maronite Nasrallah Sfeir, qui se trouve au Vatican, a assuré que le Saint-Siège avait son mot à dire dans la crise libanaise. D’autre part, l’annonce du prochain retour à Beyrouth du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, traduit les inquiétudes de la France et des Européens d’un éventuel échec de l’entente entre les Libanais.

 

AL-AKHBAR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
La crise libanaise sera au centre d’une rencontre internationale qui aura lieu à New York dans les prochains jours. Le sort de l’initiative de Nabih Berri attend le retour de Nasrallah Sfeir du Vatican et l’arrivée de Bernard Kouchner à Beyrouth.

 

AL-HAYAT (QUOTIDIEN SAOUDIEN EDITE A LONDRES)
Le sort de l’élection présidentielle au Liban sera tranché à l’automne. Par ailleurs, le Premier ministre italien, Romano Prodi, est entré en contact avec le président syrien Bachar al-Assad pour l’informer que son pays s’opposait à l’exclusion de la Syrie de la conférence de paix convoquée par George Bush à l’automne, d’autant qu’elle est consacrée à l’examen de la situation au Moyen-Orient, ce qui nécessite la participation de toutes les parties concernées.

 

Audiovisuel libanais

 

AL-MANAR (HEZBOLLAH)
Émission : La discussion de l’heure
- Invité : Émir Talal Arslan, ancien ministre et député (Leader druze de l’opposition)
Si le 14-mars s’entête à élire à la présidence un des siens à la majorité absolue, il n’arrivera pas à l’installer au palais présidentiel de Baabda. Un tel président sera considéré par l’opposition comme un usurpateur.
Saad Hariri est très embarrassé après le lancement par Nabih Berri de son initiative. Il attend de connaître les positions des États-Unis, de la France et de l’Arabie saoudite avant de se prononcer.
Nous espérons que le prochain président sera fabriqué au Liban. Que le chef de l’État soit élu par le peuple (et non pas par le Parlement comme c’est le cas actuellement, ndlr). Il sera alors vraiment représentatif de la volonté de la majorité des Libanais.

 

Time Magazine avait choisi Adolf Hitler comme Homme de l’année en 1939, et Georges W. Bush en 2004

En réaction au choix par le Time Magazine du Président américain George W. Bush comme «homme de l’année», le quotidien gouvernemental égyptien Al-Akhbar a publié un éditorial intitulé «Bush, Hitler et l’homme de l’année». Voici des extraits de cet éditorial: [1]

«Le choix par la revue américaine Time Magazine du président américain, George W. Bush, comme homme de l’année 2004 fut un second coup porté au monde, qui ne s’était pas encore remis du choc provoqué par son élection à un second mandat de président.

Tandis que Washington s’apprête à célébrer le [second] mandat, des festivités qui coûteront quarante millions de dollars, une somme record dans l’histoire américaine, le Time Magazine a élaboré une liste des raisons l’ayant amené à porter son choix sur Bush comme Homme de l’année. [Les raisons] sont les suivantes: le fait qu’il ait gardé la main sur ses pistolets (littéralement et au sens figuré), le fait qu’il ait façonné les règles de la politique pour les adapter à son style de cow-boy [et] le fait qu’il ait persuadé une majorité d’électeurs qu’il méritait d’être à la Maison Blanche pour quatre années supplémentaires.

Les deux éditorialistes du magazine ont décrit leur rencontre avec Bush l’homme de l’année, celui-ci étalé dans son fauteuil préféré dans le bureau ovale de laMaison Blanche. Ils se mirent à imaginer que des faucons [2], plutôt que des colombes, avaient fait leur nid dans l’arbre de Noël après qu’il eut choisi la moitié des ministres de son Cabinet parmi les faucons.

Cela n’a absolument pas dérangé Bush que le sondage de l’opinion publique le crédite du taux de popularité le plus bas jamais atteint par un président récemment réélu et sur le point d’entamer son second mandat présidentiel. Les critiques qui lui sont adressées [ne l’ont pas dérangé non plus] dans la mesure où il répondit calmement: «Il arrive que vous soyez défini par vos critiques». Cette déclaration signifie que le Président Bush évalue ses progrès en fonction des ennemis qu’il se fait. En conséquence, il n’est pas surprenant que Bush déclare: «Ma présidence a provoqué des virulentes critiques, que ce soit sur le plan intérieur ou sur le plan international, mais je suis convaincu que les décisions que j’ai prises feront du monde un endroit meilleur [ sic ].» [3]

Le choix de personnalités figurant dans les «personnalités ayant compté en 2006» fut aussi une surprise, celle-ci comprenant Iyad Allawi, le Premier ministre intérimaire irakien, et Hamid Karzai, le premier président élu d’Afghanistan.

Il n’y a aucun doute que le monde fut surpris par le fait que le choix se soit porté sur Bush, qui au cours de son premier mandat a mené le peuple américain à deux guerres. Dieu seul sait ce qui l’attend pendant son second mandat.

Pour que Bush, Sharon et consorts ne soient pas pris de l’ivresse d’avoir été considérés comme les personnalités de l’année, nous leur rappelons à tous les deux que le Time Magazine avait choisi Adolf Hitler comme Homme de l’année en 1939, un homme qui entraîna le monde entier dans la plus grande catastrophe de l’histoire moderne.»


[1] Al-Akhbar (Egypte), 24 décembre 2004. Pour consulter l’article du Time Magazine, voir http://www.time.com/time/personoftheyear/2004/story.html

[2] Bien qu’il soit écrit dans l’article du Time «des aigles plutôt que des colombes», Al-Akhbar emploie le mot suqur (faucons).

[3] Les propos «mais je suis convaincu que les décisions que j’ai prises feront du monde un endroit meilleur» n’apparaissent pas dans l’article du Time Magazine.


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