L’Occident crie de peur
Quand je fais d’une boîte d’allumettes un jouet,
Alors qu’eux font de mon corps un gibet,
Prenant pour corde mes nerfs.
L’Occident panique le jour où je leur annonce
Qu’ils ont déchiré ma djellaba
Alors que c’est eux qui m’ont forcé à avoir honte de ma culture,
A clamer ma joie et mon ravissement
Quand ils me violent.
L’Occident est profondément peiné de me voir adorer
Un [seul] Dieu dans le calme de mon alcôve de prières
Alors qu’[à partir] des poils de leurs manteaux et de la poussière de leurs chaussures,
Ils pétrissent un millier d’idoles qu’ils placent au sommet de tas d’excréments,
Pour que je devienne leur esclave
Et que je m’adonne avec eux
Aux rituels des mouches.
Et lui, et eux me battront si je déclare refuser.
Si j’évoque en leur présence le parfum des fleurs et de l’herbe, ils me crucifient,
M’accusant de terrorisme !
Admirables sont toutes les actions de l’Occident, En ce qui me concerne, tant que je serai apparenté à la liberté,
Toutes mes actions seront considérées comme du terrorisme.
Ils ont détruit mon monde,
Qu’ils récoltent donc ce qu’ils ont semé !
Si sur mes lèvres et dans les cellules de mon sang,
La mondialisation de la destruction a donné des fruits,
Je le dis, je l’écris, je le dessine,
Je le grave sur le front de l’Occident
A l’aide de mon soulier de bois :
Oui, je suis un terroriste !
Un tremblement de terre a ses raisons.
Si vous les comprenez, vous comprendrez [aussi] les miennes.
Je ne porterai pas de stylo, mais [sortirai] mes griffes,
Je n’aiguiserai pas des idées, mais mes dents,
Je ne serai jamais gentil
Tant que je ne verrai pas la loi de la jungle
Et tous ses adeptes
Retourner à la jungle.
Oui, je suis un terroriste.
Dès à présent, je conseille à tout indicateur
Qui me suit en aboyant
De se revêtir d’un tank
Parce que je vais lui fracasser la tête, si jamais il frappe à ma porte.
Ahmed Matar
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