Archive pour la catégorie 'Afrique du Nord'

Antoine Sfeïr fait le lien entre les derniers attentats de Bombay, la crise financière et le 11 septembre

La présence d’Antoine Sfeïr au Forum du journal arabophone « El-Chorouk », à Alger, le 28 novembre dernier a coïncidé avec les attentats de Bombay, en Inde. Ses interlocuteurs l’ont interrogé sur sa lecture des événements.

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Une volonté délibérée de déstabiliser l’Inde

Dans sa réponse, Antoine Sfeïr n’exclut pas un lien entre les attentats de Bombay et la crise financière et économique mondiale.  Il souligne en effet que « le terrorisme n’est pas un phénomène nouveau. L’Europe l’a connu dans le 19ème et 20ème siècle. Ce fut un terrorisme nationaliste ou idéologique, puis un terrorisme identitaire et culturel. Aujourd’hui, des Puissances occidentales ont inventé ce qu’elles appellent terrorisme islamique, dont les objectifs sont sournois. Car jusque-là, personne ne parlait de terrorisme catholique ou terrorisme religieux. Pourquoi lie-t-on aujourd’hui le terrorisme à l’islam ? Moi je refuse catégoriquement l’utilisation de ce terme, et personne n’a le droit de tuer des innocents au nom de Dieu ou de la religion. A-t-on identifié les terroristes ? Sait-on d’où viennent-ils ? Quelles sont leurs revendications ? L’Inde est devenue un pays puissant, avec une population qui dépasse le milliard d’individus, et a réalisé des bonds économiques importants. Cette puissance peut désormais rivaliser avec les Puissances économiques mondiales ».

Antoine Sfeïr  affirme que « la crise a débuté dans le secteur bancaire américain en septembre 2007. Pendant un an, les Américains n’ont rien fait pour la résoudre. Courant l’été 2008, la crise a éclaté. Les grandes banques américaines, avaient beaucoup d’intérêts en Inde, en Chine et dans les pays du Golfe depuis 2001. Avec la crise, ces banques risquent l’effondrement, et ont été rachetées par les banques de second rang. Ce qui menace les fonds indiens, chinois et arabes investis ».

« l’Inde est sur le point de signer un accord nucléaire avec les Etats-Unis. Ce facteur doit être pris en compte pour comprendre les attentats de Bombay. A ces nombreuses questions, je n’ai pas de réponse , mais je pense qu’il y a une volonté délibérée de déstabiliser l’Inde, pour l’empêcher de devenir une Puissance régionale économique, humaine, et nucléaire, qui menace l’Empire américain, lequel cherche à mettre la main sur l’ensemble du monde, économiquement, stratégiquement et militairement ».

L’Iran ne veut pas d’une bombe nucléaire ou des armes de destruction massive

A propos de l’Iran, Antoine Sfeïr indique que « la première chose que ferait le président américain Barack Obama, après sa prise de fonction en janvier prochain, serait de négocier avec Téhéran. Les deux pays ont des intérêts communs. L’Iran est entouré de pays sunnites et est contraint de trouver une protection contre ce danger grâce à un accord avec Washington ». Il ajoute également, que « l’Iran ne veut pas d’une bombe nucléaire ou des armes de destruction massive. Les Iraniens sont conscients que l’accès à ces armes conduit inévitablement à une course nucléaire avec l’Arabie saoudite et l’Egypte, soutenus par leur allié américain. Pendant la guerre Iran-Irak, le monde entier a soutenu Saddam Hussein, à l’exception d’Israël. Les Arabes sont victimes, depuis 50 ans, d’alliances stratégiques qui se sont nouées dans leur dos ».

Quant au conflit israélo-arabe, il est clos selon Antoine Sfeïr. Les Palestiniens ont été forcés d’accepter une solution à minima. Le conférencier est convaincu que « la stratégie des Etats-Unis vise à détourner l’attention vers l’Asie du Sud-est. Le conflit israélo-palestinien, malgré son importance, est sur le point d’être fermé. Ce qui explique que les médias occidentaux tendent à minimiser délibérément ce qui se passe dans l’arène palestinienne. Les massacres commis contre les palestiniens sont devenus des faits divers. »

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L’anti-terrorisme menace-t-il nos libertés ? (vidéos)

Depuis les années 1990, et surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis et les États de l’Union européenne ont multiplié les initiatives pour répondre aux menaces du « terrorisme islamiste » : durcissement des législations, renforcement de la coopération antiterroriste internationale, actions ouvertes ou clandestines violant souvent le droit international. Et les effets de sidération produits par des attentats spectaculaires et meurtriers ont largement inhibé l’attention critique des citoyens face aux autres menaces que la plupart de ces initiatives font peser sur les démocraties.C’est de ce constat qu’est né ce livre collectif, destiné à un public large. Réunissant les contributions d’une trentaine de spécialistes européens, universitaires et journalistes, il propose un ensemble sans équivalent d’informations et d’analyses. Elles montrent à quel point la lutte antiterroriste est devenue centrale dans la nouvelle géopolitique mondiale et la vie politique des États démocratiques. Et comment les acteurs en charge de cette lutte (législateurs et politiques, magistrats, services de police et de renseignements, militaires) façonnent un monde d’opérations militaires, d’extension de la surveillance, de pratiques d’exception et de désinformation.Cet ouvrage permet ainsi de mesurer le chemin parcouru par les démocraties occidentales pour limiter les libertés des uns au nom de la sécurité des autres. Un chemin aussi contestable au plan éthique et politique qu’en termes d’efficacité, puisqu’en clivant les sociétés, ces méthodes encouragent souvent la violence qu’elles prétendent combattre.

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Report du baccalauréat pour cause de fête juive

Report du baccalauréat pour fête religieuse juive, motus et bouche cousue! Report d’un procès pour cause présumée de Ramadan, république en danger !

On fait grand bruit en ce moment autour du report d’un procès d’assises pour cause de Ramadan. Il s’agirait d’une entorse au principe de laïcité si l’on en croît Mme Fadela Amara, membre du gouvernement de M. François Fillon, ou l’association SOS Racisme qui est montée immédiatement au créneau, voyant une atteinte au principe de laïcité “si la cause du report est bien celle-là. »

Passons sur le fait que la décision de report n’est pas motivée par le Ramadan, mais par d’autres raisons au moins tout aussi sérieuses quand il s’agit d’administrer la justice, raisons dont la pertinence ne peut échapper même au plus néophyte en matière juridique.

Il reste que même si le tribunal avait décidé un report de l’affaire lié au Ramadan, ce n’aurait pas été lié au caractère religieux de la pratique du jeûne mais plus prosaïquement à la condition physique éventuelle de l’accusé. Ceci est expliqué clairement par l’avocat de l’accusé. Vraiment pas de quoi fouetter un chat : jeûner en journée ne consiste pas à se goinfrer de dinde au marron pendant les horaires de bureau, Mme Amara devrait le savoir.

Mais il est vrai que les sots ne comprendront jamais, non parce qu’ils en sont incapables mais parce qu’ils ne le veulent pas.

Sinon ces sots, qui se présentent en défenseurs de la laïcité, se livreraient à une sévère critique des élus de tous bords qui se pressent au dîner du CRIF (Conseil représentatif des Institutions Juives de France), unique organisation « ethnique » ou « ethno-religieuse, » communautaire, à coup sûr, dûment estampillée républicaine même si son ardeur est surtout mise au service de l’entité sioniste (qui est une république laïque juive comme le comprennent les mêmes sots).

D’ailleurs, l’avocat de l’accusé fait référence à des reports précédemment obtenus dans certaines affaires pour des motifs liés à des fêtes religieuses autres que musulmanes, juives notamment. Ces reports n’avaient apparemment pas soulevé de tollé chez nos défenseurs de la laïcité.

Aux juristes de fouiner à la recherche de tels cas. Il est vain d’essayer de les trouver sur internet car, sur la toile, c’est la loi du silence qui règne.

Un exemple de cette loi du silence, la non affaire des clefs casher. Un seul journal en a parlé, il s’agit du Parisien Libéré et il est impossible de trouver des informations à ce sujet sur internet, sauf à retrouver l’article du Parisien. En lisant cet article, j’ai appris que les Juifs pratiquants ne pouvaient pas utiliser les digicodes d’immeubles le jour du sabbat. Afin de résoudre ce problème, l’OPAC des Hauts-de-Seine (si ma mémoire est bonne) a fait installer à grand frais des serrures mécaniques très sophistiquées, dites « serrures casher » dans l’article. Ce sont donc les contribuables et l’ensemble les locataires de cet organisme public qui ont payé ces clefs à l’usage des résidents de confession juive.

On ne trouvera aucune trace d’indignation dans l’article du Parisien, mais plutôt de l’admiration pour la performance technique de l’entreprise qui fabrique ces serrures. Je n’ai malheureusement pas conservé cet article car, naïvement, je pensais qu’il serait largement repris par d’autres journaux, à la radio et à la télévision, que des responsables politiques s’intéressant aux dérives communautaristes dans les banlieues dénonceraient une entorse à la laïcité.

Eh bien, non ! Silence sur les ondes, stylos en panne sèche dans les journaux.

Les protestations actuelles contre le renvoi du procès «pour cause de Ramadan» m’ont remis en mémoire ce que SOS Racisme ou Mme Amara et tout ceux qui crient au loup dans cette affaire auraient donc dû qualifier de grave entorse à la laïcité, dans le secteur scolaire cette fois. Cette entorse était survenue quelques mois après l’entrée en vigueur de la fameuse loi supposée défendre la laïcité (dite loi anti foulard) et concernait les dates du baccalauréat session 2005 :

cette année, il y a eu un trou de deux jours dans le calendrier du baccalauréat: pas d’écrits le lundi 14 et le mardi 15 juin…. et savez-vous pourquoi? A cause de Shavouat!! A cause de cette fête juive toutes les épreuves écrites (excepté la philo) ont été repoussées de 2 jours, rendant les délais de correction bien plus courts pour les professeurs: les épreuves du bac général du vendredi 17 juin n’ont pu être distribuées aux professeurs que le lundi suivant, soit 4 jours de moins que les délais de l’année dernière….

L’auteur du message s’est d’ailleurs trompé de dates : c’est le lundi 13 et le mardi 14 juin qu’il n’y avait pas eu d’épreuves et je me souviens que ç’avait été un sacré bazar. Ces deux dates correspondent effectivement à celles de la fête de Chavouot en 2005. (note de Djazaïri)

Si le Ministère de l’Education Nationale prend effectivement en compte les fêtes religieuses (juives, mais aussi arméniennes, musulmanes…) et accorde des autorisations d’absence aux personnels des confessions considérées (sauf nécessité absolue de service), et tolère les absences des élèves, Shavouat ne figure pas sur la liste des fêtes juives donnant lieu à de telles autorisations.

J’ai eu à connaître à titre personnel cette session du baccalauréat et je me souviens de l’incompréhension du corps enseignant au sujet de ce report. Les cadres chargés de l’organisation du baccalauréat se sont bien entendus garder de leur fournir la clef du mystère !

La loi du silence a dans ce cas été parfaitement respectée et, à l’époque, je n’ai entendu aucune protestation de Mme Amara ou de SOS Racisme.

La loi du silence a été, dans ce cas, parfaitement respectée.

Le report des dates du baccalauréat aurait été obtenu par le Grand Rabbin Sitruk, mais c’est à vérifier car je n’en ai aucune preuve.

Il est par ailleurs intéressant d’observer que, dans le blog du Pèlerin d’où j’ai extrait l’information, un internaute répond, en défense, en citant des passages du rapport Obin, qui fut un des éléments pris en compte dans les débats sur la loi relative à la laïcité.

Je vous invite à lire le rapport de jean-Pierre Obin qui n’est pas autre chose qu’une malhonnête insulte à l’intelligence.

Mounadil al-Jazaïri

Algérie: l’ex-chef du GSPC appelle Al-Qaeda au Maghreb islamique à renoncer aux armes

L’ex-chef et fondateur du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), Hassan Hattab, a appelé aujourd’hui les islamistes montés au maquis à renoncer à la lutte armée et à rendre les armes, quelques heures après une attaque suicide qui a fait ce matin 43 morts à l’est d’Alger.

“Je lance cet appel à tous ceux qui sont au maquis et aux jeunes qui désirent (y) monter en vue de participer à l’action armée. Je vous conseille de vous raviser et d’arrêter votre action et de descendre (du maquis)”, écrit Hassan Hattab dans un communiqué de presse diffusé depuis le Niger, selon Algérie Presse Service.

Au moins 43 personnes ont été tuées et et 45 blessées dans un attentat suicide perpétré ce matin devant une école de gendarmerie des Issers (est d’Alger), selon un bilan provisoire du ministère algérien de l’Intérieur.

Les moines de Tibhirine ont été tués par les militaires algériens

Après douze années un haut fonctionnaire occidental dévoile la vérité : « Un hélicoptère de l’armée algérienne mitrailla le bivouac où ils étaient retenus»

«Les sept moines Français sequestrés dans la nuit entre le 26 et le 27 mars 1996 a Tibhirine par un groupe islamique infiltré par la sécurité militaire (ndt DRS), furent tués depuis un hélicoptère de l’armée algérienne. L’engin aérien survolait la zone des reliefs montagneux de l’Altlas Tellien autour de Médéa en compagnie d’un autre hélicoptère. C’était la mi mai, après le crépuscule. L’équipage avait repéré le feu d’un campement et le chef d’escadrille en personne, un colonel, avait tiré sur le bivouac. Depuis quelques temps déjà, les forces régulières ne s’aventuraient plus sur le terrain dans cette zone impraticable, faiblement peuplée et controlée par les intégristes : elles se limitaient à faire des reconnaissances aériennes et à combattre avec l’aviation. Après l’attaque, les engins aériens atterrirent près du bivouac. Les hommes à bord comprirent vite qu’ils avaient frappée la cible erronée. Le chef d’escadrille appela le commandement de la base d’hélicoptères détaché à Blida et dit clairement : “Nous avons commis une idiotie, nous avons tués les moines”. Ce fût ainsi que se conclut le sequestre».

La personnalité qui racconte cet événement parle pendant trois heures, durant deux rencontres séparées et sans la médiation d’aucun interprète. Elle se trouve provisoirement en Finlande. C’est un haut fonctionnaire d’un gouvernement occidental qui durant ces années là travaillait à Alger, avait des relations personnelles avec des personnages locaux très importants, et qui n’avait pas de contacts avec le monde opaque des services. Elle tient à le souligner avec une fermeté éduquée. C’est une personne qui peut sans ambiguité, écrire clairement sa profession sur sa carte de visite. «Je connais certe les intrigues profondes entre la nomenklature d’Alger, entre les clans, les hauts officiers, les fonctionnaires de la toute puissante compagnie pétrolifère Sonatrach et les pays étrangers intéressés aux ressources énergétiques de cette ex-colonie (ndt française). Intéressés par conséquent à sa stabilité interne. Mais je crois que la politique ne peut descendre en deçà d’un niveau minimum de moralité. Je suis personellement obligé de respecter le secret d’Etat que chaque gouvernement impose à ses fonctionnaires. Mais de cette manière le mensonge d’Etat se perpétue, avec lequel il n’est pas facile de coexister, surtout quand il se prolonge dans le temps. Il y a quelques années, la famille du Père Lebreton, une des victimes, avait déposé une plainte afin que soit instruite une enquête en France. Je croyais sincèremement que pour elles et les autres victimes allait finalement arriver une reconstruction claire et autentique des faits. Au lieu de cela, rien n’a changé».

Cela fait douze années que la mort de ces religieux reste enveloppée dans la réticence des institutions et dans l’indolence de la justice. C’est en décembre 2002 que Abdelkader Tigha, un jeune sous-officier du Centre de Recherche et d’information de Blida (1) qui avait déjà abandonné le DRS (2) et qui s’était réfugié à l’étranger, déclara publiquement que les moines avaient été conduits la nuit même du sequestre dans sa caserne avec deux véhicules militaires. Dans l’opération les islamistes les terroristes, représentaient seulement la main d’oeuvre. Les vrais stratèges étaient des militaires «deviés». Ce fût le premier démenti précis et partiel du mensonge d’Etat. Mais sur la conclusion tragique de l’événement le mur de gomme a résisté jusqu’à aujourd’hui.

«L’hélicoptère était un MI 24, un engin aérien de fabrication soviétique, doté comme on le sait d’armements utilisés avec une grande fréquence durant la guerra en Afghanistan. C’était une machine de guerre blindée très différente des hélicoptères légers que les Français avaient vendus aux algériens et qui était dotés de rayons infrarouges et d’autres systèmes électroniques de reconnaissance. Les corps des moines étaient criblés de balles. C’est pour cela, qu’au moment des funérailles il n’y avait que les têtes qui furent déposées dans les cercueils. Les autorités algériennes quant à elles s’empressèrent de parler de “dépouilles découvertes”. Et elles auraient continué à utiliser cette formule rituelle et trompeuse si un moine, le Père Armand Veilleux, à cette époque Procureur de l’ordre des Cisterciens, n’avait insisté afin de donner l’ultime Adieu à ses confrères afin d’obtenir l’ouverture des cercueils. Avant lui, le médecin légal des français avait visité les corps, il était au courant que les dépouilles étaient imprésentables et en avait référé à ses supérieurs. Ces cadavres massacrés auraient révélés au monde entier qui avait tiré sur sept cibles sans défense. Parce que ces projectiles là ne pouvaient appartenir qu’à un arsenal d’une armée régulière et n’étaient guère en dotation aux guerriers islamiques, qui, souvent lors de leurs incursions sanguinaires recouraient à l’arme blanche, organisaient des faux barrages en utilisant les uniformes de la gendarmerie et garaient des voitures piégées dans les rues les plus fréquentées».

Après le massacre, pendant quelques journées fébriles et confuses, une version officielle des faits fut construite. Au fil des années elle a montré des failles et des contradictions. Ce sequestre au monastère avait été planifié afin de montrer le danger que représentait la déferlante islamique de manière à provoquer l’indignation internationale durant le sequestre des sept cibles humaines désarmées et qui devait se terminer avec leur libération et démontrer ainsi la fiabilité et l’efficience des autorités locales. Ce devait être la répétition à plus grande échelle, plus retentissante du faux sequestre réalisé en 1993 quand trois fonctionnaires du consulat français avaient été capturés et libérés après 72 heures sans qu’ils aient subis la moindre égratignure.

«Une semaine après l’attaque de l’hélicoptère, le communiqué numero 44 diffusé par le Gia (3), annonça que les moines avaient été tués le 21 mai. Dix jours après, les autorités colmataient le retard en déclarant que les “dépouilles” avaient étés retrouvées. Quiconque aurait analysé le message attribué aux fondamentalistes, en se consultant avec des spécialistes de l’Islam – même sans savoir ce qui s’était passé 7 jours avant autour du feu de camp du bivouac – aurait pu facilement déduire que c’était un faux document maladroitement construit par des mains militaires. Le communiqué précédent, le numéro 43 s’était révélé encore plus faux avec des citations erronées de versets coraniques. Il fût réexpédié après avoir été corrigé par les séquestreurs et transmis à la radio de Tanger (4).

Il était signé par l’émir Djamal Zitouni, un vendeur de poulets notoirement inculte, infiltré par le DRS au sein des milieux islamistes, rapidement promu aux sommets de la hiérarchie intégriste et aussitôt brusquement éliminé. Le communiqué 44 devait aux yeux des autorités algériennes dissimuler l’attaque de l’hélicoptère afin de prouver la responsabilité des islamistes. Les autorités algériennes avaient annoncé la découverte des corps le 31 mai, exactement un mois après la mort survenue pour causes naturelles du Cardinal Duval un personnage légendaire dans ce pays. C’était une coincidence manifestement suspecte. Dans leurs calculs, l’émotion suscitée par la disparition sereine et “douce” de Duval devait en quelque sorte atténuer, contenir et neutraliser l’émoi mondial suscité par l’assassinat des moines de Tiberihine et leur brutale décapitation réalisée une fois de plus à l’arme blanche. Les funérailles de fait furent célébrées à Notre Dame d’Afrique unissant en une unique cérémonie Duval et les Trappistes de l’Atlas».

De cette manière l’affaire du sequestre se concluait neuf semaines après son début avec l’exhaltation des septs martyrs chrétiens tués officiellement par les intégristes dans un pays islamique et enterrés aux contreforts de la montagne dans laquelle pendant des années ils avaient vécu, comme dans une deuxième patrie, bien intégrés avec les habitants des lieux, travaillant ensemble la terre du monastère.

Les autorités locales bénéficiaient d’au moins un soutien externe influent en la personne de l’archevêque d’Alger Mgr Henri Tessier qui cautionnait leur version des faits. Grand connaisseur du monde islamique, il avait dès le début du sequestre adopté une ligne très circonspecte et prudente sur Tibhirine. Il n’était pas d’accord sur l’ouverture des cercueils et sur la sépulture des moines dans le monastère. Il ne voulait pas détériorer les rapports construits durant tant d’années de dur et patient travail entre l’église catholique et le gouvernement algérien alors que sévissait la guerre civile qui avait éclaté en 1992. Même aux moments où le terrorisme apparaissait plus violent et acharné, sa résidence dans la colline avait toujours gardé la grille d’entrée ouverte et il n’y avait pas de militaires en uniforme à monter la garde. Pour lui, la vérité officielle ne montrait guère d’ombres allarmantes, bien au contraire, elle pouvait être acceptée sans perplexité. D’une certaine manière il était soutenu dans sa ligne de conduite par le général Rondot qui avait longtemps occupé les sommets de la hiérachie des services de sécurité français et qui durant le printemps de l’année 1996 travaillait en tant que consultant au ministère de la défense à Paris. Il avait débarqué à Alger immédiatement après le sequestre et avait assuré à l’archevêque que l’affaire serait conclue très rapidement d’une manière positive. Dès son arrivée, Rondot se rendait régulièrement chaque jour au bureau du général Smaïl Lamari, vice du DRS et ami personnel de longue date. On peut dire que l’église et l’armée partageaient publiquement le même point de vue».

Avant la tragique conclusion de cet événement, il y avait une négociation en cours pour la libération qui avait pour support une cassette qui montrait les moines encore en vie filmés à l’intérieur d’une caserne avec un journal imprimé à une date récente.
«Le 30 avril un émissaire des séquestreurs s’était présenté à l’ambassade française. Il s’était fondu dans la chaîne des Algériens qui chaque jour se présentaient pour la demande de visa. Ses preuves en tant qu’envoyé de l’émir Zitouni étaient très floues : il n’avait jamais révélé son nom et démontrait une attitude plutôt suspecte, comme s’il craignait un piège. Les Français l’avaient pris au sérieux. Il demanda, selon le scenario habituel, un échange de prisonniers, de l’argent et des papiers pour s’expatrier. Afin de le protéger les Français l’avaient fait sortir de l’ambassade dans un de leur véhicule en lui donnant quelques numéros de téléphone en guise de contact mais depuis ce jour là ils n’eurent plus de nouvelles. Ils furent vite convaincus qu’il avait été éliminé ».

A cette date précise, les militaires «déviés» ne savaient plus où se trouvaient les moines. Le faux séquestre avait déraillé. Certains officiers des services étaient convaincus depuis un certain temps, que les religieux de Tibhirine étaient restés au monastère non seulement pour continuer leur vie faite de prières et d’humble travail agricole mais surtout dans le but de fournir de temps à autre des informations aux Français sur les mouvements de la guerilla et des soldats de l’armée régulière opérant dans la zone. En somme, ces soutanes protégeraient des informateurs occasionnels. C’est une des nombreuses légendes, sans fondement en ces douze années de fuite de la vérité.

«En revanche, une autre chose est vraie : Un groupe formé d’autorités locales dont le plus actif était le préfet de Médéa était convaincu que les moines, avec leur neutralité et de par les soins prodigués à tous par le père Luc, le médecin, constituaient une présence inadéquate et dérangeante dans cette zone. Il fallait leur flanquer la peur à ces religieux étrangers et les convaincre à abandonner les lieux. Le préfet avait lourdement insisté afin qu’ils partent. L’archevêque d’Alger quand à lui non avait exercé aucune pression sur eux, cependant il leur avait offert en guise d’endroit alternatif un couvent de soeurs clarisses situé dans une autre région. Le faux séquestre afin d’effrayer les têtus religieux n’avait pas été programmé au quartier général d’Alger aux sommets de l’appareil des services mais en périphérie. Même le CTRI de Blida soutenait cette opération. Et ce n’était pas le fruit du hasard que les véhicules qui avaient prélevé les moines provenaient de ce centre et que c’était à ce même endroit qu’ils étaient revenus en tant que prisonniers le 27 mars. Pendant ce temps là à Alger, l’armée régulière – pas les services déviés – cherchaient avec vigueur les sequestrés. Quiconque passait durant les jours successifs sous le bureau du général responsable du centre opérationnnel voyait la lumière des lampes allumées : il avait donné l’assurance qu’il aurait cherché les moines avec tous les moyens et qu’il n’aurait jamais donné l’ordre de tirer».

Cette histoire est une confirmation ultérieure de la présence de deux âmes dans l’armée algérienne divisée entre la composante patriotique, nationaliste et la composante des services déviés, des généraux affairistes, liés à une gestion tortueuse du pouvoir. En 1956, l’Algérie n’était pas encore un pays indépendant, mais Abane Ramdane, l’idéologue du Front National, dénonçait déjà les chefs de la naissante armée de libération d’incompétents et d’arrivistes. Il sera assassiné un an après. Tout comme le président Boudiaf, figure historique et respectée de la guerre de libération, nommé depuis peu aux commandes du pays. De cet attentat rien ne fût jamais révélé. Trois ans plus tard, un des fondateurs du Front Islamique en exil en France, Abdelbaki Sahraoui, fût assassiné dans une mosquée de Paris. La chronique de l’Algérie indépendante est pleine d’homicides excellents, commis dans la patrie et au delà des frontières. Comme celui de Monseigneur Claverie, l’évêque d’Oran.

« Cette mort doit être considérée comme un prolongement de Tibhirine. Deux mois après les funérailles des moines, le ministre des affaires étrangères Hervé de Charette s’était rendu en Algérie. Il avait insisté pour se rendre au monastère où les moines avaient été enterrés. Les Algériens étaient furieux de cette requête renouvellée avec obstination par le ministre qu’ils considéraient une démonstration typique d’arrogance de la part des ex-colonisateurs. Ils l’avaient déclaré en public, à voix haute et sans réticence. Ce sequestre représentait encore un nerf à vif, un chapitre embarrassant dans les relations bilatérales. A la fin, ils cédèrent.

‘était le premier aoüt 1996. A cette occasion, le ministre rencontrait aussi l’évêque d’Oran Monseigneur Claverie, une personnalité ouverte, éloignée des méthodes feutrées et solennelles. Le religieux lui avait déclaré : nous connaissons les responsables de la mort des moines. Peu après Monseigneur Claverie prit un vol de ligne anticipant son départ fixé pour le jour suivant. Très peu de personnes étaient au courant de ce changement de programme à la dernière minute à part les personnes chargées du protocole, un fonctionnnaire d’Air Algérie qui avait brutalement jeté à terre un passager et les plus proches collaborateurs. A son entrée à l’évéché une bombe l’attendait lui et son chauffeur. Contre toute loi de la physique, la porte fut éjectée par le souffle de l’explosion en direction opposée à celle indiquée dans le rapport des enquêteurs locaux. Dans l’affaire de moines, l’évêque d’Oran peut être considéré comme la huitième victime».

Source : Algéria-Watch

Du GSPC à Al-Qaeda au Maghreb

Après l’arrivée de Droukdel à la tête du GSPC, les actions armées revendiquées par l’organisation « salafiste » vont se multiplier en 2005 et plus encore en 2006, atteignant un niveau sans commune mesure avec celui des années précédentes. Elles visent majoritairement les forces de sécurité, lesquelles compteront des centaines de victimes dans leurs rangs – même si s’accentue parallèlement, dans tout le pays, une « violence terroriste » frappant les civils et relevant du pur banditisme. La « lutte antiterroriste » conduite par l’armée et les forces de sécurité va également s’intensifier, marquée par de spectaculaires opérations contre les « maquis » et la liquidation de centaines de « terroristes » ; mais, curieusement, les « victoires » régulièrement saluées par des dizaines d’articles de la presse algérienne, lesquels donnent toujours le GSPC comme pratiquement « démantelé », semblent n’avoir aucun effet sur la recrudescence de ses actions armées, qui tranche nettement avec son activisme relativement limité des années 1998-2002. D’où de légitimes interrogations sur le nombre de « terroristes » présents dans les maquis : « 700 à 800 », affirme en mars 2006 le ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni, soit… le même chiffre qu’il avait donné cinq ans plus tôt[89].

Cette montée en puissance du GSPC semble bien le fruit du double objectif alors poursuivi par les chefs du DRS, les généraux Mohammed « Tewfik » Médiène et Smaïl Lamari, en poste depuis 1990. Sur le plan interne, il s’agit pour eux, comme ils l’avaient fait en 1997 en instrumentalisant les massacres commis par les GIA pour affaiblir le président Zéroual, de faire pression sur le président Abdelaziz Bouteflika : s’ils avaient permis sa réélection le 8 avril 2004 (par un scrutin truqué comme à l’habitude), c’était en effet d’abord pour que celui-ci, réputé pour son entregent international, fasse accepter le blanchiment légal des crimes contre l’humanité commis par ces généraux. Mais Bouteflika, sachant que c’est là son seul atout pour tenter d’élargir sa très maigre marge de manœuvre face aux chefs du DRS, recule sans cesse l’échéance (ce n’est qu’en septembre 2005, contraint et forcé, qu’il fera adopter par référendum sa « charte pour la paix et la réconciliation nationale » – valant amnistie des généraux criminels -, dont il retardera les décrets d’application jusqu’au 21 février 2006).

Et, sur le plan externe, l’instrumentalisation de la violence croissante du GSPC va servir aux chefs du DRS à légitimer aux yeux de la communauté internationale, et en premier lieu des États-Unis, leur rôle éminent dans la « Global War in Terror » états-unienne. Ce n’est qu’en septembre 2006, comme on va le voir, que l’un des chefs présumés d’Al-Qaida adoubera enfin le GSPC algérien. Mais au cours des années qui précèdent – surtout après l’affaire des otages du Sahara de 2003 -, les services d’action psychologique du DRS ne ménageront pas leurs efforts pour légitimer, avec succès, auprès des services et des médias occidentaux l’idée de l’allégeance du GSPC à la nébuleuse islamiste responsable des attentats du 11 septembre 2001.

Un combat d’abord cantonné à l’Algérie

Dès 1999, certains journalistes algériens évoquent des liens entre le GSPC et Al-Qaida. Ainsi, à peine le GSPC constitué, il est rapporté que Mohamed Berrached, un repenti jugé par le tribunal de Tizi-Ouzou, aurait affirmé que Ben Laden serait à l’origine de la création du GSPC de Hassan Hattab[90]. Mais le texte annonçant la création du GSPC et le pacte lui servant de programme ne mentionnent aucun lien organisationnel avec une quelconque « internationale islamiste », Al-Qaida ou autre – même si, dans les écrits du groupe, les luttes armées d’autres organisations se réclamant de l’islam sont parfois évoquées, en particulier celle des Tchétchènes.

Le communiqué publié par le GSPC peu après les attentats du 11 septembre n’a pas été repris sur le site de l’organisation, qui regroupait alors ses communiqués, des textes de fond rédigés par ses membres et des documents circulant sur de nombreux sites islamistes[91]. Pourtant, certains journalistes européens ont affirmé en 2002 que le GSPC a salué les attentats dès septembre 2001[92], alors même que la presse algérienne de l’époque ne s’en est pas fait l’écho. De fait, cette prétendue « information » se révèlera fausse, indiquant au passage que les services de renseignements occidentaux et leurs relais médiatiques ont eux aussi, avant même leurs homologues algériens, instrumentalisé l’« internationalisation islamiste » du GSPC.

En effet, ce n’est que le 11 septembre 2003 qu’un communiqué du GSPC, signé par Nabil Sahraoui (son nouvel « émir », rappelons-le, depuis le mois précédent), affirme qu’il retire son « communiqué n° 16 » daté du 19 septembre 2001 relatif aux attentats de New York et Washington, au motif qu’il comporterait des « erreurs » (selon des commentaires de presse parus plus d’un mois après, le GSPC de Hassan Hattab avait alors estimé que les attentats ne pouvaient, d’un point de vue islamique, être considérés comme des actes « légitimes »). Certains journaux algériens interprètent ce communiqué de Sahraoui comme un acte d’allégeance à Al-Qaida[93], d’autres comme l’inscription des actions du GSPC pour la première fois dans un contexte international[94]. Au moment de la publication de ce communiqué, on l’a vu, le GSPC avait fait son entrée sur la scène internationale avec l’enlèvement des touristes au Sahara début 2003.

En comparaison avec les écrits du GSPC de 2007 officialisant son allégeance à Al-Qaida, il est difficile d’interpréter ce communiqué du 11 septembre 2003 comme un signe clair de subordination à l’organisation de Ben Laden, puisque le groupe algérien se contente alors d’exprimer sa « fidélité » ou « loyauté » (wala’) « à tout musulman qui fait profession de foi, à tout combattant qui brandit l’étendard du djihad en Palestine, en Afghanistan sous l’émirat de Mulla Omar, en Tchétchénie, aux Philippines et à l’organisation Al-Qaida sous l’émirat d’Oussama Ben Laden, et à tout détenu dans les prisons des tyrans ; elle appelle tous les moudjahiddines – chacun à sa place – à l’union dans la parole et à serrer les rangs ».

Dans l’interview déjà citée de Nabil Sahraoui datée de décembre 2003 et publiée en avril 2004 dans le premier numéro de la revue du GSPC, Al-Jamaâ, celui-ci félicite Oussama Ben Laden, saluant le rôle qu’il a joué dans la lutte des Afghans contre l’armée soviétique et son soutien aux combattants arabes en Afghanistan. Questionné à propos de la relation qu’entretient la lutte du GSPC avec celle d’Al-Qaida et d’autres groupes djihadistes, il affirme qu’elle peut être qualifiée de « complémentaire », selon le « sixième objectif » énoncé dans le pacte de l’organisation salafiste algérienne : « Le GSPC est le moyen au cours d’une étape donnée pour accéder à l’édification de la juste direction de la communauté des musulmans (el-khilafa arrachida). » Et il ajoute que « la loyauté envers l’islam et la sunna doit précéder la loyauté envers tout autre cadre, quels que soient leurs rôles ou leur importance, et le musulman est le frère du musulman ; et si leurs territoires sont divisés, à chacun le droit au soutien, selon le principe 9 du pacte ».

À cette époque, le GSPC exprime donc sa proximité d’Al-Qaida, mais il ne peut être question ni d’allégeance ni de liens organiques avec l’organisation de Ben Laden. En mai 2004 – un mois avant de trouver la mort dans un accrochage avec l’armée -, l’émir national Nabil Sahraoui explique dans un nouvel entretien (qui sera publié dans la revue du GSPC en décembre) qu’il déplore la situation des musulmans dans différentes régions du monde et combat les Juifs et les chrétiens : il appelle au combat contre ces derniers, mais à aucun moment, il ne se réfère aux organisations djihadistes « internationales ». Il semble que le combat que mène le GSPC concerne exclusivement l’Algérie.

2002-2004 : les « preuves » très fragiles de l’allégeance du GSPC à Al-Qaida

Jusqu’au printemps 2004, on constate ainsi un décalage entre les trois sources principales d’informations concernant le GSPC : les journalistes algériens « sécuritaires » relais du DRS, les services de renseignements américains et le site Web du GSPC lui-même. Cet imbroglio n’est pas facile à interpréter. Une explication possible tiendrait aux intérêts respectifs des deux principaux acteurs de ce théâtre d’ombres. Le DRS, pour sa part, jouerait sur deux tableaux : consolider, en direction de l’opinion occidentale, la thèse de l’allégeance du GSPC à Al-Qaida par les écrits de ses relais dans la presse algérienne ; et valider, via la communication du GSPC (notamment sur son site Web contrôlé par le DRS), l’idée du combat nationaliste contre le « tyran » (taghout) algérien, pour faciliter le recrutement de nouveaux djihadistes. Quant aux services secrets américains, il s’agirait pour eux de valider aux yeux des médias occidentaux l’idée d’une nouvelle menace islamiste liée à Al-Qaida en Afrique, afin de légitimer la « Global War on Terror » de l’administration Bush et la présence militaire américaine dans le Sahel (ainsi, dès l’été 2001, des experts américains avaient annoncé que les intérêts des États-Unis seraient menacés par un groupe terroriste lié au GSPC et entraîné en Afghanistan par des combattants d’Al-Qaida[95]).

Curieusement, durant cette période de l’après-concorde civile, et tandis que le nombre de membres du GSPC s’étant rendus aux autorités reste faible, la presse algérienne fait de plus en plus souvent état de défections et dissidences au GSPC. Début 2002, les services secrets français auraient même annoncé la « fin prochaine du GSPC » ; « les dissensions qui ont affaibli la pyramide de commandement au sein du groupe de Hattab, ainsi que les défections enregistrées après les récentes opérations de l’armée algérienne » expliqueraient cette « prochaine éradication »[96]. Et malgré cet « affaiblissement », certains experts et la presse algérienne veulent faire croire qu’Al-Qaida aurait choisi l’Algérie comme une de ses bases arrière en s’appuyant sur le GSPC.

Pourtant à cette époque, les preuves de cette alliance entre le GSPC et Al-Qaida ou de l’implantation de cette dernière dans le pays sont difficiles à trouver. Il faut se contenter de ce genre d’assertions, parfois remises en cause par ceux-là mêmes qui les propagent. Ainsi, en février 2002, le quotidien L’Expression, l’un des plus fervents adeptes de cette thèse, rapporte des propos de Mahfoud Bennoune, ex-membre du Conseil consultatif (pseudo-Parlement créé en 1992 après la dissolution de toutes les institutions constitutionnelles), présenté comme « l’un des rares observateurs du dossier terroriste en Algérie » : « Les éléments qui indiquent les liens entre ces deux organisations ne sont pas très explicites. Hormis la dernière bande vidéo montrant les jeunes appelés algériens se faire massacrer par un des dissidents de Hattab, en l’occurrence Abderrezak El-Para, peu d’indices confirment le lien. En tout cas, cette bande vidéo a été acheminée par des éléments d’Al-Qaida et distribuée à Londres aux endroits des recrutements pour le compte de cette dernière[97]. » Une « démonstration » assurément fragile…

Mais ce qui est intéressant dans ce propos, c’est le rôle attribué à Abderrezak El-Para, présenté comme opposant à Hattab. Personnage obscur jusqu’en 2003, sa « carrière » sera en effet le plus souvent associée à Al-Qaida par les journalistes « sécuritaires » algériens. Ainsi, dès 2002, on apprendra qu’il aurait été le correspondant d’un émissaire yéménite d’Al-Qaida du nom de Mohamed Alwan Abdelwahid, alias Abou Mohamed El-Yamani, venu en Algérie en 2001 pour concrétiser la coopération entre les deux organisations et qui aurait été abattu par l’armée algérienne en septembre 2002 (ou février, selon les sources, fluctuantes, de la presse algérienne)[98]. C’est à l’époque l’élément clé présenté par l’armée algérienne pour étayer la fameuse thèse de la connexion du GSPC à Al-Qaida. Et il se trouve aussi toujours un responsable américain qui, sous couvert d’anonymat, confirme l’importance du personnage[99]. L’information se fonde également sur une cassette vidéo (ou audio, selon les sources) diffusée en octobre 2004 par le GSPC, dans laquelle cet émissaire « donne la caution d’Al-Qaida aux salafistes algériens : “J’avais dans l’idée en venant en Algérie, à partir de ce qui se diffuse comme propagande sur les salafistes algériens, de trouver des membres de At-Takfir wa Al-Hijra et des éléments des services de renseignements, ou que les salafistes ne représentaient qu’une minorité traquée dans les montagnes. [...] Mais il s’avère que ce groupe constitue une élite de salafistes après avoir été débarrassé de tous les éléments suspects qui ont préféré choisir la voie de la reddition. Lorsque notre cheikh Oussama Ben Laden verra la réalité et les nouvelles que je lui apporte, il aura une image plus claire du djihad en Algérie”, indique la voix enregistrée[100]. »

Or, le journaliste du Quotidien d’Oran qui rapporte cet extrait cite également dans le même article deux membres du GSPC arrêtés et un repenti, selon lesquels cet enregistrement était un faux, fabriqué par la cellule audiovisuelle du GSPC ! Donc, en 2004, les seuls éléments qui indiqueraient une relation avec Al-Qaida sont un cadavre, que nul n’a vu, et un faux. De plus, dans la « littérature » du GSPC des années 2002 et 2003, aucune mention n’existe de l’émissaire de Ben Laden – lequel aurait pourtant séjourné plus d’un an en Algérie, accompagné d’Abderrezak El-Para -, ni de cassettes ou d’autres prises de contact avec les responsables d’Al-Qaida.

Mais ce ne sont pas uniquement les services de renseignements algériens par médias interposés qui s’efforcent d’établir une connexion entre les deux organisations. Américains et Français, chacun pour des motifs propres, sont à l’affût de toute indication, quitte à la déformer, pour brandir la menace du terrorisme islamiste dans la région. Ainsi, en juin 2005, un article alarmiste du quotidien Le Monde indique que, selon les services de renseignements français, « le GSPC algérien menacerait la France dans le cadre du “djihad” international[101] ». Preuve avancée : le 14 octobre 2004, Abdelmalek Droukdel aurait envoyé une lettre à Abou Moussab Al-Zarkaoui, laquelle aurait été « interceptée par les services américains » ; l’émir national du GSPC y inviterait le chef d’Al-Qaida en Irak à « inclure les Français parmi les cibles des enlèvements en Irak et à les garder en otage » et « affiche [l']intention [du GSPC] d’exercer des pressions de tous ordres sur la France », du fait de son « implication dans la libération des trente-deux touristes européens enlevés dans le Sahara en 2003 » par Abderrezak El-Para. L’objet de ces « pressions » serait, selon la missive interceptée, « d’obtenir la libération » de ce dernier ainsi que d’autres cadres du GSPC détenus en Algérie.

Or, le 14 octobre 2004, date de rédaction de cette prétendue lettre, comme on l’a vu, El-Para n’était pas détenu en Algérie : il était encore entre les mains du MDJT, qui ne le livrera à Alger que treize jours plus tard (ce que le journaliste du Monde, qui reprend sans distance la thèse des services français, s’abstient d’indiquer dans son article). Quelle qu’en soit l’origine (DRS ? Services américains ou services français ?), il s’agit donc bel et bien d’une désinformation (qui sera reprise sans distance par nombre d’autres médias français)…

Juin 2005 : l’attaque par le GSPC de la caserne mauritanienne de Lemgheity

C’est justement en juin 2005 que survient une spectaculaire et fort étrange affaire, qui sera présentée par les services algériens et l’administration américaine comme une preuve beaucoup plus tangible de l’implication d’Al-Qaida, via le GSPC, en Afrique du Nord.

Le 4 juin 2005 à l’aube, un groupe de cent à cent cinquante hommes lourdement armés, circulant à bord d’une douzaine de véhicules, attaque une caserne de l’armée mauritanienne située au nord-est du pays, à Lemgheity, près des frontières algérienne et malienne. L’attaque se solde par dix-huit morts et vingt blessés parmi les soldats mauritaniens, tandis que cinq des assaillants sont tués. Immédiatement, le régime du président Ould Sid Ahmed Taya attribue l’attaque au GSPC. De fait, dès le lendemain, 5 juin, le GSPC revendique l’opération par un communiqué publié sur son site Web[102], évoquant une « revanche pour nos frères arrêtés dans la dernière série d’interpellations en Mauritanie » et une « riposte au projet Flintlock ». C’est le fameux Mokhtar Belmokhtar, émir de la « zone 9 » du GSPC (Sahara) qui aurait conduit l’opération (ce qu’il confirmera dans une interview publiée en mai 2006 dans le n° 7 de la revue du GSPC Al-Jamaâ, où il donne sa version du déroulement de l’attaque[103]). Et, comme pour faire bonne mesure, un communiqué d’Al-Qaida approuve l’opération[104].

Coïncidence remarquable, celle-ci intervient deux jours avant le début au nord du Mali et du Niger d’exercices militaires conjoints baptisés « Flintlock 2005 », organisés dans le cadre de la « Trans-Saharian Counter-Terrorism Initiative » : coordonnées par le commandement des forces américaines basé en Europe, ces manœuvres ont duré du 6 au 26 juin 2005, mobilisant 3 000 soldats de huit pays africains, dont l’Algérie et la Mauritanie, et 700 hommes des forces spéciales américaines.

Très vite, le scénario de l’affaire présenté par les autorités mauritaniennes (et donc également par le GSPC lui-même) apparaîtra invraisemblable : comment la colonne des assaillants de Lemgheity, prétendument venue d’Algérie, aurait-elle pu se déplacer en plein désert sans être repérée par les satellites espions américains ? Comment auraient-ils pu échapper à la surveillance étroite exercée par l’armée algérienne sur cette zone frontalière ? D’ailleurs, on apprendra plus tard que des hélicoptères algériens survolaient la caserne mauritanienne le jour de l’attaque, sans être intervenus[105]

De fait, quelques semaines seulement après les événements, une enquête très fouillée conduite par des opposants sous l’égide de l’Observatoire mauritanien des droits de l’homme (OMDH) explorera les zones d’ombre de l’affaire, pour conclure qu’il s’agissait d’une manipulation[106]. Selon toute vraisemblance, celle-ci a été orchestrée par les services secrets mauritaniens, en concertation avec le DRS algérien. Pour le pouvoir de Nouakchott, l’objectif poursuivi était de déconsidérer ses opposants islamistes modérés, qu’il accusait de collusion avec le GSPC. Nombre d’entre eux avaient été arrêtés quelques semaines plus tôt : « Le 25 avril 2005, explique le rapport de l’OMDH, au moment d’entamer une vaste campagne d’interpellations dans les rangs du courant réformiste musulman, la police mauritanienne annonce l’emprisonnement, une dizaine de jours plus tôt, de “sept djihadistes” locaux, membres d’un groupe composé de vingt personnes qui devaient, selon elle, “commettre des actes de violence”, après avoir suivi une formation adéquate, auprès des “camps d’entraînement” des salafistes algériens. Les communiqués suivants précisent que des “aveux spontanés” ont permis le “démantèlement de la structure, la neutralisation de ses principaux chefs et la découverte d’un vaste réseau de financement lié à Al-Qaida”. »

En fait d’« aveux spontanés », ces opposants, libérés après le coup d’État du colonel Ely Ould Mohamed Vall qui renversera le 3 août suivant le régime d’Ould Taya, accuseront ce dernier de les avoir torturés pour les arracher. Et l’enquête de l’OMDH fera état d’un « pacte de coopération » conclu le 12 janvier 2004 entre un émissaire des services secrets mauritaniens (le général à la retraite Moulaye Ould Boukhreiss, ancien chef d’état-major des armées) et Mokhtar Belmokhtar, offrant au groupe de l’émir de la zone sud du GSPC « soutien financier et assistance logistique [du gouvernement mauritanien], ainsi qu’asile à toute unité dont il attesterait l’identité ». Une collaboration qui conforte l’hypothèse de l’utilisation du GSPC par le régime d’Ould Taya, avec l’accord d’Alger, pour l’opération de Lemgheity.

Cette « opération terroriste » caractérisée aura ainsi servi opportunément les trois acteurs étatiques impliqués : le régime mauritanien, qui cherchait alors à s’attirer les faveurs de Washington (ce qui n’empêchera pas toutefois sa chute peu après) ; le pouvoir algérien, qui cherchait « à se poser auprès des États-Unis comme leader régional, seul à même de combattre le terrorisme islamiste[107] » ; et, bien sûr, l’administration Bush, qui trouvera là un nouvel argument pour « sécuriser » militairement une zone stratégique, car riche en ressources pétrolières (il se trouve que Lemgheity est située au cœur du bassin de Taoudenni, une zone censée receler d’importantes réserves de pétrole et où les sociétés pétrolières se concurrencent pour l’obtention des droits d’exploitation, en particulier l’Australienne Woodside et la Française Total).

L’affiliation à Al-Qaida et la menace du GSPC contre la France

Dans les mois qui suivent, la presse algérienne continue de multiplier les articles généraux sur la « menace du GSPC au Sahel », mais l’activité terroriste du GSPC au Sahara reste relativement limitée (comme l’embuscade qui, le 7 avril 2006, coûte la vie à treize douaniers dans la région de Ménéa, revendiquée par l’organisation). Très curieusement, à l’automne 2005, quelques journalistes « sécuritaires » de la presse algérienne font état, avec force détails, de la volonté de l’émir Mokhtar Belmokhtar de « négocier » avec le pouvoir pour se rendre (« négociation » qui défraiera régulièrement la chronique au cours des deux années suivantes)[108]. Ce qui semble indiquer que les chefs du DRS, désormais assurés d’avoir convaincu l’opinion occidentale de l’implantation d’Al-Qaida au Sahel – de fait, au cours des années suivantes, cette légende sera répétée, comme un disque rayé, par les think tanks et les médias américains et européens -, ont alors décidé de « mettre sur la touche » un agent devenu inutile, et éventuellement dangereux, du fait de sa relative autonomie permise par son implication dans les trafics de contrebande avec les autres pays du Sahel, plus ou moins contrôlés par le DRS.

En revanche, dans les régions du Nord du pays, principalement la Kabylie, l’Algérois et le Constantinois, on assiste en 2006 à une véritable explosion des actions terroristes du GSPC et des affrontements de ses groupes avec les forces de sécurité. Et les journalistes « sécuritaires » multiplient alors les allusions à une « internationalisation » nord-africaine du combat du GSPC[109] et à son rapprochement avec Al-Qaida. C’est dans ce sens qu’ils justifient la sévère répression conduite au Maroc par le régime de Mohamed VI contre la « menace terroriste islamiste » (confirmée par les actions kamikazes du printemps 2007[110]) et qu’ils interprètent l’épisode obscur survenu fin décembre 2006 à Soliman, près de Tunis, où l’affrontement entre un mystérieux groupe armé et les forces de sécurité tunisiennes se soldera par une vingtaine de morts[111].

Cette internationalisation du GSPC est d’ailleurs progressivement confirmée par l’organisation elle-même et par Al-Qaida. En juillet 2005, l’enlèvement et l’assassinat de deux diplomates algériens à Bagdad seront mis sur le compte de la branche d’Al-Qaida en Irak sous la direction d’Al-Zarkaoui – lequel aurait pourtant démenti avoir kidnappé ces personnes et les avoir tuées[112]. Mais la commission chargée de la communication du GSPC publiera deux communiqués (datés des 23 et 28 juillet 2005) dans lesquels elle salue ces crimes, les justifiant par le soutien qu’apporte l’État algérien à l’occupation depuis 2003 de l’Irak par l’armée américaine et l’installation d’un gouvernement « illégitime ». Le 1er août 2005, un troisième communiqué revient longuement sur cette affaire, justifiant cet enlèvement et ces assassinats par le rôle joué par le gouvernement algérien en tant qu’« allié stratégique des États-Unis en dehors de l’OTAN », qui n’a rien fait pour soutenir le peuple irakien, n’a pas autorisé les manifestations d’opposition à l’invasion de l’Irak, n’a pas protesté contre les événements de Fallouja et d’Abou Ghraib, etc. Droukdel, lui, célèbre ces assassinats et honore Al-Zarkaoui et Ben Laden dans son entretien déjà cité d’octobre 2005.

#Le 11 septembre 2006, Ayman Al-Zawahiri, présenté comme le numéro deux d’Al-Qaida, annonce dans un message vidéo le ralliement du GSPC à Al-Qaida : « Dans son dernier message vidéo, diffusé cinq ans jour pour jour après les attentats du 11 septembre aux États-Unis, relate Le Monde, Ayman Al-Zawahiri a appelé un mouvement islamiste algérien, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), à “devenir une épine dans la gorge des croisés américains, français et de leurs alliés”[113]. » Deux jours plus tard, le 13 septembre, le GSPC publie sur son site Web un communiqué dans lequel il confirme l’information : « Nous prêtons allégeance à cheikh Oussama Ben Laden. [...] Nous poursuivrons notre djihad en Algérie. Nos soldats sont à ses ordres pour qu’il frappe par notre entremise qui il voudra et partout où il voudra[114]. »

Cette évolution préoccupe beaucoup en France, où, tout au long des années 2005 et 2006, les grands médias multiplient les articles alarmistes répercutant les très vives inquiétudes des services secrets français (DGSE, DST, RG) quant aux menaces d’actions terroristes formulées par le GSPC contre la France et aux « réseaux dormants » qu’il y entretiendrait – sans (presque) jamais formuler la moindre interrogation sur la nature du GSPC, comme s’il allait de soi, après des années de matraquage médiatique, que cette organisation nébuleuse était une réalité aux contours parfaitement identifiés[115].

Cette inquiétude sera évidemment encore avivée par la confirmation solennelle du ralliement du GSPC à Al-Qaida. Le 24 janvier 2007, en effet, celui-ci annonce qu’il change de nom. L’organisation s’appelle dorénavant « Al-Qaida au pays du Maghreb islamique » (AQMI), comme l’explique le communiqué signé par Droukdel : « Après le ralliement du GSPC à l’organisation d’Al-Qaida et après avoir prêté allégeance au lion de l’islam [...] Oussama Ben Laden, que Dieu le garde, le groupe devait changer de nom pour montrer la véracité de la liaison [...] entre les moudjahiddine en Algérie et leurs frères d’Al-Qaida. Nous étions soucieux de changer de nom dès le premier jour de notre ralliement, mais nous n’avons pu le faire avant de consulter cheikh Oussama Ben Laden, que Dieu le garde. »

Ce qui pose évidemment question dans ce ralliement, ce n’est pas la position officielle du GSPC, parfaitement cohérente avec les évolutions orchestrées par ses mentors du DRS au cours des années précédentes. C’est plutôt le soutien public que lui apportent les dirigeants d’Al-Qaida, dont il semble fort peu probable qu’ils puissent être manipulés par le DRS algérien. Certes, bien des questions se posent sur la véritable nature d’Al-Qaida, symbole même de la zone grise assez large où se mêlent confusément depuis les années 1990 les « terroristes islamistes » et les services antiterroristes occidentaux et arabes, questions que nous ne pouvons aborder ici. Mais même en admettant une parfaite autonomie des chefs d’Al-Qaida, il n’est finalement guère surprenant que ceux-ci reprennent à leur compte le discours salafiste et les actions du GSPC, tant ceux-ci ont été « formatés » dans ce but, au fil des années, par les spécialistes du DRS, experts incontestés du verbiage de l’islamisme ultra-radical.

Source : Algéria-Watch

Le «New York Times» fait de la pub à Al-Qaeda au Maghreb

Une longue interview audio, transcrite en arabe et en anglais et un très long papier de Michael Moss, aidé par une série de quatre autres correspondants, lui donne l’assurance d’un impact quasi-planétaire.

En surtitre de l’article de Michael Moss, «A threat renewed», «La menace renouvelée». Tout un programme en somme pour un pays dont le militarisme planétaire s’alimente de la menace que représenterait Al-Qaeda partout. La teneur de l’interview est d’un grand classique, très propagandiste, mais elle contient ce qui «plaît» aux Américains qui «pensent et décident»: une menace terroriste algérienne pressante, une extension du rayon d’action d’Al-Qaeda. Car dans toute l’interview de Droudkel, ce que retiendront les Américains qui lisent le «New York Times» et ses reprises dans les milliers de journaux des Etats-Unis, ce seront quelques phrases qui effraient. «Si l’administration américaine considère que sa guerre contre les musulmans est légitime, qu’est-ce qui peut faire croire que notre guerre sur son territoire n’est pas légitime?». Et pour corser la menace, le chef d’Al-Qaeda au Maghreb, énonce la sentence: «Tout le monde doit savoir que nous n’hésiterons pas à cibler les intérêts américains à chaque fois que nous le pouvons et n’importe où sur cette planète». Frayeur assurée pour l’Américain moyen, même si, à l’examen des faits, le rayon d’action d’Al-Qaeda au Maghreb est limité à quelques wilayas d’Algérie et des actions présumées en Mauritanie. Mais une interview menaçante est suffisante pour placer l’ex-GSPC comme un maillon décisif de la nébuleuse d’Al-Qaeda. Il n’y a rien de nouveau dans le domaine du terrorisme algérien qui justifierait cette importance accordée par le grand journal américain, à Al-Qaeda au Maghreb.

Il y en a si peu que vue d’Algérie, on peut admettre qu’Abdelmalek Droudkel a réalisé son plus grand coup médiatique, mais cela n’en fait pas l’évènement majeur. Car ce qui suscite le plus d’intérêt et de question, c’est bien le «New York Times». C’est lui l’évènement majeur. Son intérêt et la surface qu’il vient d’accorder au chef d’Al-Qaeda au Maghreb ne correspondent pas à une nécessité médiatique.

Car, par quel bout on le prend, ce “groupe terroriste” n’est nuisible qu’en Algérie, en dépit des lectures des «spécialistes» -chargés, en général, de redire ce que les services recommandent en «off»- qui n’arrêtent pas de prédire son débordement sur l’Europe. Avec le «New York Times», c’est un stade de plus dans le grossissement de l’importance d’Al-Qaeda au Maghreb.

Le grand journal ne semble pas s’offrir un «scoop» seulement, il met en scène une Algérie qui tangue et qui serait, comme les pays où l’on mène des guerres, une source de menaces. Et en dépit des assurances publiques que les relations sont «bonnes» et «excellentes», voire même des flatteries des officiels américains qui disent «qu’ils ont appris beaucoup de l’Algérie en matière de lutte antiterroriste», tout ne baigne pas. Que ce soit pour les hydrocarbures ou pour l’Africom, il y a des causes de divergences majeures qui font que Droudkel n’est pas l’évènement, mais bien le «New York Times». Et derrière lui, l’establishment américain. A suivre…

L’article du New-York Times

Pourquoi la France a besoin de croire au terrorisme islamiste ?

La France à besoin de croire à Al-Qaeda au Maghreb. Jean-Claude Mallet, le « père » du Livre Blanc sur la Défense est allé le dire à Washington. Ca tombe bien car c’est ce qu’ils voulaient entendre.

« Personne n’est plus concerné par Al-Qaeda Maghreb que la France, excepté peut-être l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne », a déclaré sans rire le président de la Commission du Livre blanc, faisant écho aux inquiétudes récemment exprimées par Washington vis-à-vis de cette « menace croissante ».

«Nous sommes clairement visés par le terrorisme jihadiste », a-t-il encore assuré à quelques journalistes médusés. Le « terrorisme jihadiste », cela ne veut strictement rien dire, mais il est certain que le terme plaira aux médias, il sonne bien.

Al-Qaeda au Maghreb est assurément une nécessité pour le renseignement français. Et comme l’indique J.-C. Mallet, il est d’ors-et-déjà nécessaire de « renforcer l’arsenal de nos lois », de sorte a « investir le renseignement de nouveaux pouvoirs si nous ne voulons pas perdre la bataille du 21ème siècle». En clair, il s’agit de restreindre les libertés individuelles. Pour cette raison, quelques attentats attribués à la « nébuleuse » Al-Qaeda ne manqueront pas de se produire prochainement en France, car il est urgent de provoquer le choc émotionnel nécessaire afin de faire accepter ces lois liberticides. C’est une méthode classique, et dans le langage très spécial du renseignement cela s’appelle une « stratégie de tension ».

L’histoire du terrorisme a démontré qu’il s’agit toujours, pour une faction politique, de manipuler des groupes terroristes en vue de provoquer un revirement avantageux de l’opinion publique dont le but est de renforcer des dispositifs policiers pour contrer une agitation sociale, présente ou prévisible. Les Brigades Rouges en Italie étaient manipulées par les services secrets italiens et la CIA. On sait aujourd’hui qu’à la même époque des groupes d’élite de l’OTAN ont mené des opérations de « False Flag », c’est-à-dire actes terroristes qui ont ensuite été attribués à des activistes d’extrême gauche. Les terroristes existent, bien sûr, et il est toujours aisé de manipuler la foi ou le désir de vengeance d’un homme, qui sera opportunément présenté, le moment venu, comme un coupable à montrer sur un plateau. La tâche première des services secrets est de gérer la perception que les gens ont de la société, en maniant les émotions comme la peur, le besoin de sécurité, etc. En imposant leur représentation du monde ils entretiennent les populations dans une psychose qui permet toutes les manipulations.

Le danger qui guette les démocraties occidentales n’est pas le terrorisme islamiste. Si les services secrets ont besoin d’accroître leur capacité de contrôle c’est parce que nos systèmes économiques sont en train de s’effondrer. Les populations occidentales ne manqueront pas de se soulever quand elles auront compris que les promesses du néolibéralisme n’étaient motivées que par une volonté de domination. C’est pour prévenir les futurs soulèvements de la faillite inéluctable de nos sociétés que l’on agite sans cesse le spectre du « terrorisme islamiste » et que les services de renseignement ont urgemment besoin d’obtenir de plus larges pouvoir. La guerre contre le terrorisme n’est qu’un leurre.

Mecanopolis

Comment Ahmed Ressam a-t-il pu devenir un membre d’al-Qaeda ?

Ahmed Ressam croupit dans une prison américaine. Il s’est fourvoyé dans un complot qui ne correspond ni à sa personnalité, ni à son parcours de jeune algérien perdu dans une tempête, que les vicissitudes ont jeté sans ménagements sur des rives amères.

L’homme et son parcours:

Ahmed Ressam est né en 1967 à Bou Ismaïl, une station balnéaire située à 45 km à l’ouest d’Alger. Surnommé « The Millenium Bomber » par la presse américaine, il a été condamné, par la justice américaine, en juillet 2005, à 22 ans de prison pour avoir introduit une cinquantaine de kg d’explosif et des détonateurs dans le territoire des Etats Unis d’Amérique, en décembre 1999. Il avoua qu’il projetait de faire exploser une bombe dans l’aéroport de Los Angeles lors de la célébration du millénaire. A noter que la peine à laquelle il avait été condamné avait été négociée avec les autorités américaines, en échange de son témoignage contre son complice, Mokhtar Houari qui écopa d’une peine de 24 ans de prison.

En juillet 2007, une cour d’appel de Sa Francisco a annulé la peine de Ahmed Ressam et a demandé à une juridiction de première instance de réexaminer les circonstances de la détention des explosifs et du faux passeport du condamné. L’affaire est encore en instance de jugement.

Présumé membre d’Al Qaida et agissant pour le compte de celle-ci, les investigations du FBI ont prouvé qu’il avait suivi un entraînement « terroriste » en Afghanistan entre avril et novembre 1999.

Après avoir passé quelques semaines à Peshawar, il fut dirigé vers le camp afghan de Khladen puis vers un autre près de Jalalabad. On lui y inculqua le maniement des armes, l’utilisation des gaz, des poisons et des explosifs. Il faisait partie d’un groupe d’algériens, dont plusieurs appartenaient au GIA. Retenir cet élément. A noter également qu’il avait côtoyé, en France et au Canada, des éléments du groupe de Roubaix et des Algériens qui ont appartenu au GIA.

Comment Ahmed Ressam est-il devenu un djihadiste ? Rien, pourtant, dans son parcours de vie ne l’y prédisposait.

Fils d’ancien moudjahid, il était l’aîné de ses six frères et sœurs. Après avoir échoué au Baccalauréat, il postula de nombreuses fois pour un poste dans la police, la gendarmerie et la Sécurité militaire, entre 1988 et 1992, mais en vain. Pourtant, pendant ces années là, les corps sécuritaires recrutaient en masse, y compris des jeunes presque analphabètes. Pourquoi Ahmed Ressam, qui avait un niveau scolaire largement au dessus des critères exigés, et qui n’avait aucun passif judiciaire n’a-t-il pas pu y être admis ? Ou bien aurait-il été mis en veilleuse ? Lui aurait-on demandé d’aller attendre en Europe une mission qui lui serait confiée ultérieurement ? Noter, néanmoins, que lors de ses maintes candidatures, il avait fourni des dossiers complets. Il avait dû se résoudre, en attendant l’emploi rêvé, à travailler dans le café de son père.

Ahmed Ressam n’était pas pratiquant et n’avait pas milité dans le FIS. Dragueur invétéré, c’était un bon viveur. Il faisait souvent la nouba avec ses amis, où l’alcool et le kif étaient toujours sur la table. Il s’habillait avec recherche et aimait à s’afficher en vêtements griffés. Il avait une préférence pour la marque Armani.

En 1992, il partit pour la France. Son visa ayant expiré, il y demeura pendant deux ans, entre Marseille et la Corse. Il vivait de petits boulots au noir et de petits larcins. Il circulait avec un faux passeport et finit par se faire prendre en novembre 1993, en Corse. Il devait passer en Justice en mars 1994. A noter qu’en cherchant à obtenir un faux passeport, il avait noué des relations avec des jeunes maghrébins qui naviguaient entre le Djihad et la délinquance. Plusieurs membres de ce groupe furent récupérés par le GIA.

Ahmed n’attendit pas de comparaître et décida de quitter la France pour le Canada, qui était devenu une base de repli du GIA, pour les djihadistes qui avaient maille à partir avec les polices européennes. En février 1994, il quitte la France avec un autre faux passeport français. La police canadienne de l’immigration l’arrêta à son arrivée à Montréal et le plaça en détention provisoire pour entrée illégale dans le pays et usage de faux document de voyage. Il déclara à la police qu’il avait dû fuir son pays à la suite d’arrestation arbitraire et de torture. Il déclara avoir dû quitter l’Algérie parce qu’il craignait pour sa vie. Il fut mis en liberté provisoire en attendant de comparaître un mois plus tard. Il obtint des aides financières de l’Etat canadien et put s’installer confortablement. Il commença alors à fréquenter assidûment des mosquées où se retrouvaient des djihadistes, dont des membres du GIA. Entre-temps, il avait oublié de se rendre à son procès et fut une nouvelle fois arrêté, puis relâché, dans l’attente d’une autre comparution. Mais le plus étonnant, et qui renseigne sur la personnalité du personnage, est qu’il fréquentait la mosquée en même temps qu’il se spécialisait dans les vols à l’étalage et à la tire. Il revend à un réseau de faux papiers d’identité les documents qu’il vole à ses victimes. Il fréquente assidûment les cabarets et continue de s’habiller avec recherche, toujours de vêtements Armani. Il avouera lui-même s’être spécialisé dans le vol des bagages et des passeports de touristes. Il fut arrêté et condamné à des amendes, quatre fois de suite. En 1995, il fut pris dans un magasin en flagrant délit de vol. Il avait subtilisé un costume Armani. Il fut condamné à une amende et enjoint de quitter le pays. Mais il fit appel du jugement et put rester au Canada. Mais cela ne changea rien à ses habitudes. Il avait trouvé le bon créneau. Il fut encore arrêté deux fois, puis mis en liberté provisoire, à la suite de vols. Les réseaux djihadistes qui lui achetaient les papiers d’identité volés commencèrent à l’intégrer. Entre le temps, sur demande du juge français Louis Bruguières, qui avait trouvé une connivence entre lui et le groupe de Roubaix demanda aux services canadiens de le mettre sous surveillance. Mais ceux-ci signalèrent au juge français que Ressam et ses amis semblaient plus portés vers la vie facile et la petite délinquance que vers le djihad.

En mars 1998, il quitta le Canada à destination de Francfort, en Allemagne, avec un faux passeport. De là, il se rendit à Peshawar au Pakistan où il fut pris en main par Abou Zoubeida. Il avait été recommandé par un djihadiste d’origine tunisienne, Rouf Hannachi.

Voilà à quoi se résume le portrait et le parcours du « bombardier du millénaire », le djihadiste qui a défrayé la chronique américaine et qui a failli commettre un carnage.

On pourrait penser que, comme bien d’autres jeunes qui se sont fourvoyés dans une démarche schizophrénique, Ahmed Ressam, désorienté par l’incertitude du quotidien, se serait laissé embarquer par les « gourous d’al Qaida » Cela est peut être le cas. Mais des questions de posent et un contexte s’impose !

Les questions qui se posent :

Comment ce jeune homme, qui a des goûts prononcés pour la nouba, qui a du succès avec les filles, qui a une réputation de séducteur, qui a un goût prononcé pour les vêtements de luxe, et qui n’hésite pas à se les approprier par le vol, dont les seuls revenus connus pendant des années proviennent du vol, peut-il être recruté par des milieux islamistes purs et durs. S’il est indéniable que Ahmed Ressam a fini par basculer dans une démarche extrême, et qu’il a pu être admis, par un responsable de haut niveau d’Al Qaida, Abou Zoubeida en l’occurrence, dans le camp d’entraînement parmi les plus performants de cette organisation, il serait, par contre très intéressant d’en savoir plus sur l’identité de ceux qui l’ont recommandé. Et qui connaissaient ses travers. Il faut souligner au passage, que ce camp de Khladen où il a passé six mois, a formé des dizaines d’éléments du GIA. Presque tous les « Afghans » algériens du GIA sont passés par ce camp. Retenir ce détail.

Le contexte :

Nous savons aujourd’hui, avec certitude, et sur le témoignage d’officiers supérieurs de l’armée algérienne, dont le Lieutenant Colonel Samraoui, le Capitaine Ahmed Chouchane et le Lieutenant Habib Souaidia, que le GIA a été crée par le DRS, la sécurité militaire algérienne, pour retourner l’opinion algérienne et occidentale contre les islamistes. Le GIA a été crée de toute pièce par le DRS, et instrumenté par celui-ci, pour commettre des carnages contre les populations civiles. Il a été le principal outil dans des attentats contre des étrangers, dans l’enlèvement et l’assassinat des moines trappistes de Tibhirine et très probablement dans les attentas contre le métro parisien en 1995. Pour n’évoquer que les plus connus de ces coups tordus. Nous savons avec certitude, aujourd’hui, que la plupart des « fetwas » qui servaient à permettre au GIA de commettre des carnages, étaient concoctées dans les bureaux du DRS, par des agents spécialisés dans cette activité. Nous savons aussi que si de nombreux éléments du GIA étaient manipulés à leur insu, d’autres, et notamment des émirs et des agents recruteurs, agissaient en connaissance de cause, et se considéraient comme des agents du DRS en mission. Nous savons aussi que les services français, de la DGSE notamment, coopéraient avec le DRS, et lui communiquaient régulièrement, et assidûment, des informations sur des Algériens qui activaient de près ou de loin dans les milieux intégristes en France. Sachant que Ahmed Ressam figurait dans leurs fichiers, et qu’il était connu du juge Bruguière lui-même, dans l’affaire dite du groupe de Roubaix, et sachant que des informations très détaillées étaient en possession du DRS, dans les demandes d’emploi qu’il avait formulées entre 1988 et 1992, comment ne pas envisager que Ahmed Ressam a été piloté, au mieux à son insu, depuis un QG du DRS à Alger et par l’intermédiaire de ses agents recruteurs.

Vers la fin des années 90, les relations entre le DRS et les Américains étaient loin d’être ce qu’elles sont devenues aujourd’hui. Les attentats de septembre 2001 n’avaient pas encore eu lieu. A cette période, les révélations qui avaient été faites sur la manipulation du terrorisme par les Généraux algériens, et leur implication dans des crimes contre l’humanité leur avaient valu de graves inquiétudes. Le syndrome Pinochet planait sur leurs têtes. Il était question, y compris de la part des Américains et des Français, de mener des enquêtes sur les graves accusations qui leur avaient été portées par des officiers de l’armée algérienne, des défenseurs et des ONG des droits de l’homme, et de nombreuses victimes. A ce moment là, le Président Bouteflika, qui venait d’être élu en avril 1999, s’était retourné contre les Généraux, avait outrepassé les « lignes rouges » qu’ils lui avaient fixé, et avait entrepris de débarrasser la scène politique algérienne de leur influence. Il utilisait, contre eux, de fuites organisées d’informations sur les carnages de civils, et menait contre eux, une campagne médiatique qui commençait à porter ses fruits, puisqu’il était devenu envisageable de les poursuivre devant des juridictions pénales internationales pour crimes contre l’humanité. Jamais, depuis l’interruption du processus électoral et du coup d’état de 1992, ils n’ont été si près d’être mis en accusation. Ceux qui connaissent leur mode opératoire, et qui savent qu’ils régulent l’opinion publique par la manipulation du terrorisme, comme dans le cas des attentats du métro parisien, de l’enlèvement du couple Thévenot et bien d’autres coups tordus, peuvent imaginer aisément que pour retourner l’opinion américaine en leur faveur, et donc contre les islamistes, ils aient trouvé, en Ahmed Ressam, l’outil adéquat pour arriver à leurs fins. Un attentat commis en plein aéroport américain, tout comme celui qu’il ont téléguidé dans l’aéroport d’Alger en 1992, aurait eu, selon leur terrible logique, un effet immédiat sur l’opinion des américains à leur sujet. Ils passeraient pour un rempart contre un islamisme qui les menace directement. Ils ne se trompaient pas, puisque les attentats du 11 septembre 2001 furent le gong qui les sauva de la déconfiture. Immédiatement après ces attentats, ils furent remis en selle, et le Président Bouteflika se retrouva en position de faiblesse. Ils décidèrent même de le punir en ne lui permettant pas de se représenter, et ils décidèrent de le remplacer par son chef du Gouvernement, Ali Benflis. A leur tour, ils instrumentèrent contre lui une vraie campagne de dénigrement. Le président Bouteflika ne put rentrer de nouveau dans leurs grâces, qu’en leur promettant une loi scélérate qui les absoudrait de tous les crimes qu’ils ont commis ou fait commettre. Une loi d’autoamnistie qu’il fit passer par voie référendaire, pour dire à la face du monde que c’était le peuple souverain qui avait pardonné, et que les généraux, « agents honorables » de l’état avaient sauvé la république, en réduisant le terrorisme. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Les Américains qui avaient découvert, en marchant, toute l’efficacité du DRS dans la subversion et dans la manipulation du terrorisme, pour l’agiter en épouvantail, en firent leurs principaux alliés dans leur objectif de l’Africom, qui consiste à démultiplier la nuisance supposée d’ « Al Qaida du Maghreb Islamique », pour justifier leur installation en force dans le Sahel. Mais là est une autre histoire.

Pour rester dans celle de Ahmed Ressam, tout semble indiquer que ce jeune homme a été soigneusement suivi à la trace, évalué et utilisé, peut-être à son insu, pour commettre contre le peuple américain un carnage « utile », pour reprendre la formulation du DRS. Un universitaire algérien, très bon connaisseur du régime algérien, avait attiré mon attention en me disant : « Il y a dans l’affaire Ressam un faisceau de facteurs qui interpelle. Trois d’entre eux paraissent désigner la main du DRS : Le profil de l’auteur, le contexte et le moment où cela a eu lieu… »

Les services de sécurité, français et américains sont parfaitement au fait de ces éléments. Mais toute vérité n’est pas bonne à dire. Surtout en ces temps de « Global War of Terrorism »

Djamaledine Benchenouf pour Tahia Bladi

(titre modifié par Mecanopolis)

« Message à la Nation Islamique », par Oussama Ben Laden (transcription en Français)

Traduction en cours

>Liban : Encore un coup manqué pour les Américano-sionistes et leurs complices libanais

Ce qui vient de se passer à Beyrouth fait partie d’un plan fomenté par les américano sionistes et leurs complices au sein du gouvernement illégal de la Bande des 4, Saniora, Saad Hariri, Samir Geagea et Walid Jumblatt, pour plonger le Liban dans une nouvelle guerre civile. Les américano sionistes n’ont pas digéré la défaite de l’armée israélienne l’été dernier, contrecarrant sérieusement leur plan hégémonique au Moyen Orient et ont redoublé d’efforts depuis pour déstabiliser le Liban, car pour Tel Aviv comme pour Washington, la route de Téhéran passe toujours par Beyrouth et Damas.

D’abord il y a eu l’assassinat par le Mossad de l’un des principaux dirigeants du Hezbollah, le commandant en chef Imad Moghniyeh, en Syrie début 2008, avec notamment la complicité d’un dirigeant libanais qui, selon l’ancien chef des services secrets israéliens, Aaron Zeevi Farkash, leur a fourni une photo du vrai visage de Moghniyeh (ce dernier était connu pour adopter, par mesure de sécurité afin de déjouer toute tentative d’assassinat, de multiples déguisements et maquillages). Le garde du corps de ce dirigeant libanais avait été formé par Moghniyeh. Lorsqu’on a demandé à Farkash si c’était Jumblatt, il a répondu « pas de commentaire ». Pourtant plusieurs analystes israéliens ont parlé du rôle joué par Jumblatt dans cet assassinat, disant qu’il avait fourni à Israël des informations sur les déplacements de Moghniyeh, via un officier libanais, un de ses fidèles, employé dans un service de sécurité. Le commentateur TV israélien, expert sur le Moyen Orient, Ehud Yaari, a corroboré ce qu’a sous entendu Farkash en disant : «un parti anti-Hezbollah libanais, ainsi que le chef des forces de protection de Walid Jumblatt, Hisham Nasreddine, ont joué un rôle dans l’assassinat du commandant en chef de la Résistance libanaise, Imad Moghniyeh, Jumblatt attaquant verbalement ce dernier, 3 jours avant son assassinat par le Mossad ». Un autre expert israélien pour le Moyen Orient, Benhas Anbar, a confirmé cette information en disant : « il n’y a pas l’ombre d’un doute, le Mossad a assassiné Moghniyeh grâce à une vaste coopération de certains groupes libanais qui ont des intérêts qui rejoignent les intérêts israéliens, dont Walid Jumblatt, qui a violemment attaqué Moghniyeh. »

Ensuite, en avril 2008, plus précisément le 25 avril 2008, les Sionistes avaient prévu d’assassiner le Secrétaire Général du Hezbollah, Sayyed Hasan Nasrallah, mais cette opération, impliquant des forces spéciales libanaises et des services secrets étrangers, a été annulée à la dernière minute. Ces forces spéciales libanaises avaient pour mission de traquer et diriger des tirs israéliens aériens sur la « cible «. Un officier de haut rang israélien a confirmé que les forces aériennes de même que des unités navales anti missiles avaient reçu des ordres d’état d’alerte maximum ce 25 avril. Cette information vient confirmer ce que la chaîne de TV israélienne TV10 a révélé. Elle a dit qu’Israël a annulé au dernier moment une opération extrêmement secrète, seulement connue d’un nombre très restreint de responsables de l’armée et des services secrets. L’expert militaire israélien, Shai Hazkani, a dit à TV 10 que le Hezbollah avait eu vent de l’opération via des écoutes téléphoniques, ce qui a poussé ensuite l’armée israélienne à interdire l’utilisation de téléphones portables par les officiers et soldats israéliens. Farkash, interrogé sur l’annulation de cette opération visant à assassiner le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hasan Nasrallah, a répondu « je ne sais pas pourquoi, mais tuer Nasrallah n’était pas impossible, étant donné la présence de milliers d’informateurs libanais travaillant pour les Américains. Tout est perdu maintenant. 3 ans d’efforts par des groupes internationaux et arabes pour collecter des renseignements ont été anéantis en une nuit. La plupart des agents de renseignements ont quitté Beyrouth, et les Libanais ne sont plus en mesure de se déplacer sous couvert de leurs activités quotidiennes, chacun selon son rang, dans les services de sécurité. L’Occident a perdu énormément quand le Hezbollah a surpris leurs alliés.

Walid Jumblatt et Samir Geagea se sont rendus récemment aux Etats-Unis, ce dernier ayant été reçu en grande pompe par le lobby pro sioniste juif américain. Les « Forces Libanaises » de Geagea – qui a un long passé fasciste, lui et ses Phalanges Chrétiennes, de collaboration avec les Sionistes pendant la guerre du Liban 1982-2000, et notamment dans les massacres de Sabra et Shatila -ont été formées par l’armée israélienne, comme l’a dit l’ancien chef des renseignements israéliens Farkash, annonçant d’ailleurs ce qui s’est passé ces derniers jours « Israël a fourni aux hommes des forces Libanaises (de Samir Geagea) le meilleur entraînement qu’il soit et ils apparaîtront dans les confrontations futures. Les combattants des Forces Libanaises tiendront le plus longtemps possible face au Hezbollah, mais elles seront finalement vaincues ». Walid Jumblatt quant à lui, a participé à des rencontres secrètes à Washington avec le ministre israélien de la défense, Ehud Barak, et Moshe Kaplinski, sous chef d’état major. Lors de ces rencontres, Jumblatt s’est plaint auprès des Israéliens qu’ils n’aient pas réussi à écraser le Hezbollah lors de la guerre de l’été 2006.

Walid Jumblatt rend d’énormes services aux renseignements israéliens

Jumblatt est à la tête du parti druze libanais, le Parti Socialiste Progressif, ce qui explique le soutien dont il bénéficie de la part de l’Internationale Socialiste et des socialistes français qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez en matière de politique étrangère en ce qui concerne le Liban, comme on la vu avec les déclarations récentes de soutien à Jumblatt de Bertrand Delanoé.

Jumblatt a souvent publiquement fourni des informations sensibles concernant la Résistance Libanaise à Israël, par médias interposés. Ses discours constituent depuis longtemps une forme de collaboration ouverte avec le renseignement israélien, tant sur le plan politique que sur le plan militaire. L’étincelle qui a provoqué l’embrasement de ces derniers jours, c’est lui qui l’a allumée. Jumblatt quelques jours avant les violents accrochages à Beyrouth, a accusé la semaine dernière le Hezbollah d’avoir crée un réseau parallèle de communications, livrant des détails de ce réseau. « Des communications relient Beyrouth au Sud Liban à la Bekaa à l’Ouest et à la région de Jizzeen de même qu’à Baalbek et Hermel ». « La chose la plus dangereuse c’est que le ministre des télécommunication libanais a découvert que le Hezbollah a étendu son réseau de communications à travers le Liban pour protéger le Hezbollah des écoutes US et israélienne. » a révélé l’expert israélien sur le Moyen Orient, Oded Granot, en écho aux déclarations de Jumblatt.

Le Hezbollah considère ce réseau de communications comme une protection contre des attaques américano sionistes, notamment contre ses cadres, et comme une stratégie indispensable à la Résistance Libanaise, ce qui lui a d’ailleurs été particulièrement utile l’année dernière lors de l’attaque israélienne contre le Liban. C’est la décision du gouvernement fantoche de Saniora de déclarer ce réseau illégal, et d’exiger son démantèlement qui a déclanché les affrontements, le Secrétaire Général du Hezbollah répondant qu’il s’agissait là d’une déclaration de guerre. Le provocateur c’est bel et bien Jumblatt, c’est lui qui, en jetant de l’huile sur le feu, a suscité la réaction de ce gouvernement dont lui et Geagea tirent les ficelles en coulisse pour le compte des américano sionistes.

Une autre information que Jumblatt a fourni aux israéliens sur un plateau d’argent, concernait l’acheminement d’armes à la Résistance libanaise, via la Syrie, Jumblatt exigeant que le contrôle de la frontière entre la Syrie et le Liban passe sous contrôle international. Au cours de l’une de ses nombreuses interviews, Jumblatt s’est interrogé tout haut : « hier, quelques 20 camions remplis d’armes sont entrés au Liban. Pourquoi ses armes et munitions sont-elles envoyées au Liban via la frontière libano syrienne ? » Bien sûr les israéliens n’ont pas manqué de se saisir de cette information pour envoyer des avions de reconnaissance, un prétexte pour violer une nième fois la souveraineté aérienne du Liban, et en écho aux déclarations de Jumblatt, d’exiger plus de fermeté de la part du CSONU.

La rhétorique détaillée utilisée par Jumblatt sert de base aux discussions stratégiques militaires entre l’armée sioniste et américaine. Ainsi Jumblatt a-t-il évoqué des zones de sécurité et des points de passage entre la Bekaa et le Sud : «Le Sud est une zone, Baalbek-Hermel en est une autre, et c’est la même chose pour Jizzeen et le Mont Liban ». Le ministre des transport israélien, Shaul Mofaz, qui a été ministre de la Défense sous Ariel Sharon et avant cela chef d’état major de l’armée israélienne, a utilisé ces informations au cours de sa récente visite à Washington pour ses entretiens avec les militaires américains dans le cadre des rencontres dites de « dialogue stratégiques » qui ont lieu régulièrement.

C’est aussi Jumblatt qui a le premier attirer l’attention sur l’aéroport de Beyrouth, accusant le Hezbollah d’avoir place une caméra pour espionner la piste d’envol utilisée par les jets privés de hauts responsables, et de contrôler ainsi le trafic aérien sur cette piste, insinuant qu’il pourrait s’y produire des incidents sécuritaires voire des assassinats. Samir Geagea avait fait les mêmes allusions auparavant. Ces prophéties semble plutôt une indication que les forces étrangères avec la complicité de certains collaborateurs libanais sont de nouveau à l’œuvre pour planifier de tels actes et les exécuter en pointant un doigt accusateur en direction du Hezbollah, qui visé, pourrait être traduit devant le Tribunal International prévu pour juger l’affaire Hariri et d’autres affaires d’assassinat au Liban. Cette accusation de Jumblatt a conduit le gouvernement fantoche de Saniora à demander la révocation du brigadier général à la tête de la sécurité de l’aéroport, Wafiq Shqeir, réputé proche du Hezbollah. C’est la deuxième étincelle qui a mis le feu aux poudres et provoqué les affrontements.

Les médias ont accusé le Hezbollah d’être à l’origine de ces affrontements relayant la propagande américano sioniste, mais, si on suit la chaîne des évènements et discours des agents provocateurs libanais, Geagea et Jumblatt, et les complicités dont ils bénéficient chez leurs partenaires de la Coalition actuelle au pouvoir dite du 14 mars, Saniora et Saad Hariri, on voit qui sont les vrais responsables et coupables. Mais comme l’a dit Farkash : « nous avons conseillé la CIA de ne pas compter sur Walid Jumblatt ou Saad Hariri, parce que nous les avons testé en 2006, et ils se sont révélés incapables face au Hezbollah ». Et c’est effectivement ce qui s’est passé ces derniers jours, leur tentative pour déclancher une deuxième guerre civile au Liban, en accusant le Hezbollah d’en être responsable, a échoué.

Ce qui s’est joué sur le terrain se résume ainsi: mercredi des manifestations pour protester contre l’augmentation des prix ont dégénéré en affrontements entre factions des différents partis. Le gouvernement de Saniora en a profité pour prendre ces décisions hostiles au Hezbollah (illégalité du système téléphonique, ordre de démantèlement, et révocation du brigadier général Wafiq Shqeir). Le secrétaire général du Hezbollah a aussitôt répondu en disant qu’il s’agissait d’une déclaration de guerre. La Coalition au pouvoir du 14 mars a essayé de donner à ses affrontements un caractère ethnique, alors que les affrontements ont eu lieu principalement entre les forces armées de Saad Hariri, celles de Geagea et Jumblatt, et les combattants du Hezbollah qui ont vite pris le dessus, plus vite même que ce qu’avait prévu Farkash, laissant ensuite l’armée libanaise occuper les endroits nettoyés dans Beyrouth Ouest.

Ce « coup » raté est un échec cuisant pour le gouvernement fantoche de Saniora, incapable de diriger le Liban, seulement d’organiser des coups foireux pour obéir à ses commanditaires américano sionistes. Cela rappelle le coup raté de Mohammed Dahlan et Mahmoud Abbas de l’OLP, contre le Hamas l’année dernière à Gaza, les planificateurs étant les mêmes.

Saniora vient d’ordonner à l’armée de se déployer et de rétablir l’ordre, ce que celle-ci avait déjà entrepris de faire. L’armée libanaise, sous les ordres du général Suleiman, qui devrait normalement être élu comme président du Liban si les américano sionistes n’avaient pas jusqu’à présent empêché cette élection, a donné l’ordre aux groupes armés d’évacuer les rues et s’est déployée dans les endroits sensibles. L’armée Libanaise a révoqué les deux mesures prises par le gouvernement illégal de Saniora, rétablissant dans ses fonctions le brigadier général Wafiq Shqeir, et assurant la Résistance libanaise que son réseau de communication ne serait pas démantelé. Le général Michel Aoun, à la tête du Free Patriotic Movement, a déclaré que « ce qui s’était passé est une victoire pour le Liban et sa Constitution ». Il assuré les Libanais que personne ne serait visé «mais que certains responsables devront faire face à leurs responsabilités politiques ».

Echec américano sioniste

Ces affrontements ont eu lieu à quelques jours de la visite du président US George W. Bush au Moyen Orient. L’un des objectifs de Bush dans la région c’était de « stabiliser » la Liban. Ces deux dernières années, l’Administration Bush a dépensé 1.3 billions de dollars pour soutenir le gouvernement Saniora, dont 400 millions destinés à renforcer les forces de sécurité libanaises. Bush devait rencontrer Saniora au Caire à la fin de sa visite, mais ce n’est pas certain que cette rencontre puisse avoir lieu, Saniora n’étant pas assuré de pouvoir quitter Beyrouth, toujours pour l’instant retranché dans le « Grand Sérail ». Incapable de faire progresser la résolution du conflit israélo palestinien parce que se refusant à faire pression sur Israël, confronté à son échec en Irak, et ce « coup » raté au Liban, avec en plus un pétrole à 126 dollars le baril, c’est un échec cuisant pour l’Administration Bush.

Côté israélien, le premier ministre Ehud Olmert est sur le point d’être inculpé pour des malversations financières, il est peut probable que des élections anticipées puissent avoir lieu, car les différents partis au pouvoir et dans l’opposition ne sont pas prêts à affronter le verdict des urnes.

Les deux administrations, américaine et israélienne, sont aux abois, donc dangereuses, car elles peuvent choisir la fuite en avant en s’engageant dans une guerre avec l’Iran qui embraserait toute la région et aurait des conséquences mondiales. Les médias avertissent déjà les opinions publiques mondiales en pronostiquant un baril de pétrole à 200 dollars, simple mise en condition mentale.

Le Magazine Américan Conservative vient de publier un cours article de Philip Giraldi intitulé « la guerre contre l’Iran pourrait être plus proche que ce que vous pensez » et avertit que le Conseil de Sécurité Nationale US a donné son accord de principe pour mettre à exécution un plan d’attaque d’un camp iranien dirigé par les forces armées iraniennes Al Qods, près de Téhéran. Le seul haut responsable US à s’être opposé à cette décision dans l’immédiat c’est l’actuel secrétaire à la défense US, Robert Gates. Selon cet article, la décision de lancer cette attaque serait liée à la dégradation de la situation au Liban, l’Administration Bush craignant que le Hezbollah ait main mise sur la situation politique suite aux évènements de ces derniers jours. Cette attaque devrait être aussi ciblée et précise que possible, visant essentiellement Al Qods. La décision d’exécution du plan d’attaque n’est pas définitive, le président doit encore en donner l’ordre, après la fin de tous les préparatifs.

La presse israélienne (Jérusalem Post), elle, fait état du feu vert donné par George Bush au gouvernement israélien, pour lancer une grande offensive contre le Hamas à Gaza, une fois son voyage au Moyen Orient terminé.

Planete non-violence

Nicolas Sarkozy, Israël et les Arabes

Nicolas Sarkozy célèbre en mai 2008 le premier anniversaire de son mandat présidentiel auquel il souhaite donner un éclat particulier en jumelant cet évènement avec un voyage officiel en Israël à l’occasion du 60eme anniversaire de la déclaration d’indépendance de l’Etat hébreu.

6 Mai – Interview à la revue bimestrielle Sarkophage

Le sarkozysme marque la défaite du gaullisme et le triomphe du néo-pétainisme dont les deux plus beaux fleurons sont Rachida Dati et Rama Yade, les cautions exogènes des lois répressives du pistage génétique, de l’immigration choisie et de l’exclusion malodorante. Le délire narcissique dans lequel la France a baigné pendant un an débouche brutalement sur la plus grande mystification politique de l’Histoire de la V me République. Les slogans de campagne se sont révélés être des «leurres» tant sur le plan interne que sur le plan externe.

Sarkophage est dirigée par le philosophe Paul Ariès, animateur d’un mouvement refondateur de la gauche alternative à la social-démocratie du Parti socialiste français. La Revue sera mise en vente le 17 mai.

15 Mai – Nicolas Sarkozy, Israël et les Arabes

Le voyage d’un «sang mêlé» dans son pays de prédilection

Que l’on ne s’y méprenne pas. L’animosité particulière dont gratifient les Arabes Nicolas Sarkozy tient non à ses inclinaisons politiques et affectives, mais à sa propension à l’outrage. Ses prédécesseurs pratiquaient une politique duale, une politique d’ouverture à l’égard des marchés arabes, sur le plan international, une politique de fermeture, sur le plan domestique, à l’encontre de la composante de la population issue de l’immigration.

Nicolas Sarkozy se distinguera de cette duplicité par une stigmatisation permanente unilatérale et continue de l’altérité: Karcher, Racaille, égorgeant «des moutons dans les baignoires» resteront à jamais gravé dans les mémoires comme la face hideuse d’une xénophobie institutionnelle véhiculée au plus haut niveau de l’Etat par un homme en charge de symboliser la concorde nationale. Le malaise est patent, le mal irrémédiable, l’activisme présidentiel inopérant quand bien même il est enrobé d’une diplomatie nucléaire.

http://renenaba.blog.fr consacre son agenda diplomatique de mai 2008 à un «dossier spécial Sarkozy» où figure un bilan de la première année de la mandature présidentielle ainsi que le point des relations entre la France, Israël et les Arabes sous la présidence Sarkozy

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