Archive pour la catégorie 'Afghans'

L’anti-terrorisme menace-t-il nos libertés ? (vidéos)

Depuis les années 1990, et surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis et les États de l’Union européenne ont multiplié les initiatives pour répondre aux menaces du « terrorisme islamiste » : durcissement des législations, renforcement de la coopération antiterroriste internationale, actions ouvertes ou clandestines violant souvent le droit international. Et les effets de sidération produits par des attentats spectaculaires et meurtriers ont largement inhibé l’attention critique des citoyens face aux autres menaces que la plupart de ces initiatives font peser sur les démocraties.C’est de ce constat qu’est né ce livre collectif, destiné à un public large. Réunissant les contributions d’une trentaine de spécialistes européens, universitaires et journalistes, il propose un ensemble sans équivalent d’informations et d’analyses. Elles montrent à quel point la lutte antiterroriste est devenue centrale dans la nouvelle géopolitique mondiale et la vie politique des États démocratiques. Et comment les acteurs en charge de cette lutte (législateurs et politiques, magistrats, services de police et de renseignements, militaires) façonnent un monde d’opérations militaires, d’extension de la surveillance, de pratiques d’exception et de désinformation.Cet ouvrage permet ainsi de mesurer le chemin parcouru par les démocraties occidentales pour limiter les libertés des uns au nom de la sécurité des autres. Un chemin aussi contestable au plan éthique et politique qu’en termes d’efficacité, puisqu’en clivant les sociétés, ces méthodes encouragent souvent la violence qu’elles prétendent combattre.

La suite de l’article et les vidéos sur le nouveau site de Mecanopolis

Les Etats-Unis vont perdre leurs guerres en Irak et en Afghanistan

Spécialiste de la politique étrangère des Etats-Unis et co-auteur du célèbre The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy (2007), le professeur de sciences politiques à l’Université de Chicago, John Mearsheimer, analyse la politique américaine au Proche-Orient et en Afghanistan.

Al-Ahram Hebdo : Vous soutenez dans vos écrits l’idée que les Etats-Unis vont perdre leurs guerres en Iraq et en Afghanistan. Pourquoi ?

John Mearsheimer : Les Américains vont effectivement perdre leurs guerres en Iraq et en Afghanistan. En Iraq, les Etats-Unis appliquent une stratégie qui vise non seulement la diminution de la violence, mais aussi la création de conditions qui permettraient aux parties en conflit de régler leurs divergences de manière à aider à l’établissement d’un ordre politique stable. C’est à ce moment seulement que les Etats-Unis pourront quitter l’Iraq. La question principale n’est pas de savoir si les Etats-Unis, avec l’augmentation de leurs troupes, ont pu réduire la violence en Iraq. Il est normal qu’avec l’augmentation des troupes, on constate une baisse de la violence. La question centrale est de savoir s’il existe un véritable progrès sur la scène politique iraqienne dans le sens d’un règlement des différends entre les sunnites, les chiites et les Kurdes. Car c’est entre ces différentes communautés que l’on pourrait créer un ordre politique stable.

Mais si vous regardez la situation actuelle en Iraq, on constate qu’on est loin de pouvoir résoudre les divergences interethniques. Donc, il n’est plus désormais question que les troupes américaines rentrent chez elles. Il est plutôt question de garder d’importantes troupes en Iraq pour plusieurs années. L’erreur initiale et monumentale faite par les Etats-Unis était de penser qu’ils pourraient reconstruire l’Etat iraqien sur de nouvelles bases.

- Les Etats-Unis vont-ils aussi perdre, selon les mêmes raisons, leur guerre en Afghanistan ?

- Oui. Les Etats-Unis ont marqué une victoire éclatante contre les Talibans en Afghanistan fin 2001 et début 2002. Ils ont cependant décidé de maintenir d’importantes troupes pour empêcher tout retour des Talibans et créer les conditions favorables à l’établissement d’un gouvernement viable à Kaboul qui pourra administrer l’ensemble du pays.

Mais ce qui s’est passé, c’est que les Talibans sont revenus en force. Ils sont actuellement plus puissants que jamais, à tel point que les Etats-Unis sont obligés d’apporter un soutien militaire au gouvernement afghan plus important que celui prodigué au pouvoir central en Iraq, et que les commandants militaires américains parlent de la nécessité de retirer des soldats d’Iraq pour les envoyer en Afghanistan. Cela veut dire que la situation sur le terrain est de plus en plus mauvaise pour les Américains et leurs alliés en Afghanistan. Et je ne suis pas sûr si les troupes américaines pourraient régler les problèmes qui se posent en Afghanistan. Ce qui me semble plus probable est que les Etats-Unis vont perdre en Afghanistan, comme ce fut le cas pour l’ancienne Union
soviétique et, avant elle, la Grande-Bretagne. Comme en Iraq, les Américains ont pensé au début, à tort, qu’ils pourraient reconstruire l’Etat et la Nation en Afghanistan. Or, les Talibans sont toujours là et narguent le gouvernement pro-américain de Hamid Karzai.

- Pensez-vous qu’à terme, les Talibans pourraient renverser le régime actuel en Afghanistan ?

- Il y a effectivement de fortes chances que le régime afghan soit renversé. Il est évident que ce régime bénéficie de peu de soutien en dehors de la capitale Kaboul. En même temps, les Talibans se renforcent militairement et s’emploient à affaiblir le gouvernement de Karzai. Si les troupes des Etats-Unis se retirent aujourd’hui d’Afghanistan, il est évident que le gouvernement à Kaboul s’effondrera.

- Pensez-vous qu’il y aura des changements dans la politique américaine en Iraq ou en Afghanistan après une éventuelle victoire du candidat démocrate Barack Obama aux présidentielles de novembre prochain, et après le départ du groupe des néo-conservateurs qui entourent l’actuel président George W. Bush ?

- Ce ne sont pas seulement les néo-conservateurs au Parti républicain qui ont un agenda très ambitieux et belliciste. Les Démocrates le sont aussi. C’est pourquoi Barack Obama cherche à se positionner au centre. Les néo-conservateurs ne sont pas un phénomène exceptionnel aux Etats-Unis. Les Américains croient qu’ils sont supérieurs aux autres. L’élite américaine le croit. Elle croit que les Américains sont dans leur bon droit de gouverner le monde. Et Barack Obama ne conteste pas ce point de vue. Il n’a jamais rien dit contre l’avis exprimé par l’ex-secrétaire d’Etat, Madeleine Albright, lorsqu’elle a annoncé que nous, les Américains, sont plus grands et voient mieux.

Il est vrai que les Etats-Unis sont en train de payer un prix très cher en Iraq et en Afghanistan et que ce prix ira croissant. Cette réalité va pousser les Américains à reconsidérer la situation, mais ils ne le feront pas suffisamment.

Les néo-conservateurs continueront à jouer un rôle important dans les années à venir dans la détermination de la manière dont le discours politique sera formulé, et des conditions d’application des politiques. Je ne vois donc pas de grande différence entre Barack Obama et le candidat républicain John McCain. D’ailleurs, ce dernier n’est plus davantage belliciste qu’Obama sur la crise en Iraq. En plus, Obama est souvent décrit par la droite américaine comme un faible candidat. Ce qui pourrait l’inciter à prendre des mesures ou à adopter des politiques dans le but de démentir cette accusation.

- Vous soutenez qu’il n’y aura pas de solution au conflit israélo-palestinien. Quels sont vos arguments ?

- Il existe bien entendu la simple solution de deux Etats israélien et palestinien coexistant en paix côte à côte. Le gouvernement d’Israël et celui des Etats-Unis doivent travailler dans ce sens et engager de sérieuses négociations avec les parties palestiniennes qui croient en cette solution et travaillent dans le sens de créer un Etat palestinien viable. Mais ce qui s’est passé jusqu’ici montre que l’Etat hébreu n’est pas intéressé dans la solution de deux Etats.

- Mais que pensez-vous des pourparlers actuels entre Palestiniens et Israéliens pour régler les différents aspects du conflit qui les oppose et pour jeter les bases d’un éventuel Etat palestinien ?

- Je ne vois aucune solution au conflit israélo-palestinien dans un avenir prévisible. Les Israéliens vont probablement continuer à
construire des colonies et des routes en Cisjordanie et à soumettre la population palestinienne, que ce soit à la rive ouest du Jourdain, à Jérusalem ou dans la bande de Gaza. Il existe effectivement des Israéliens qui pensent que la poursuite de cette situation est désastreuse pour l’Etat juif, puisqu’elle le transforme en Etat d’apartheid. Mais aucun des dirigeants israéliens n’a été jusqu’ici capable de résoudre ce problème ou d’aller de l’avant pour créer un Etat palestinien viable.

Je pense que cela tient en la nature même du système politique d’Israël, car la fragmentation des formations politiques est telle qu’aucun grand parti ne peut prétendre à pouvoir gouverner seul. Il doit, quelle que soit son orientation politique, s’allier à des petites formations forcément ultranationalistes et religieuses. Celles-ci n’accepteront jamais la solution de deux Etats ou de céder sur des questions aussi sensibles que Jérusalem. Elles pourront à tout moment faire tomber tout gouvernement israélien qui chercherait une solution durable basée sur la création d’un Etat palestinien viable.

- Pensez-vous que la menace que représente le mouvement de la résistance islamique (le Hamas) pour Israël, son contrôle de la bande de Gaza et son éventuelle victoire électorale en cas de nouvelles élections dans les territoires palestiniens, pourraient inciter l’Etat hébreu à accepter la solution de deux Etats ?

- Le Hamas lui-même ne favorise pas la solution de deux Etats, puisqu’il parle de la destruction d’Israël. Il ne représente pas non plus une menace militaire sérieuse pour Israël. Mais il est possible que la menace que représente le Hamas devienne suffisamment sérieuse pour qu’Israël, dans l’objectif de l’éliminer, opte pour une coopération avec l’OLP en vue de créer un Etat palestinien. Mais nous n’avons pas vu jusqu’ici d’efforts israéliens en ce sens.

- Vous avez analysé, dans votre livre The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy, le pouvoir écrasant du lobby pro-israélien sur la politique étrangère américaine au Moyen-Orient. Mais d’autres auteurs américains pensent que ce pouvoir serait en déclin et qu’un lobby pro-arabe, en gestation aux Etats-Unis, pourrait entrer en compétition avec lui dans les années à venir. Qu’en pensez-vous ?

- Je ne pense pas qu’il y ait la moindre raison de penser qu’il y aurait un sérieux déclin dans le pouvoir du lobby pro-israélien aux Etats-Unis dans les dix ou quinze prochaines années. Ou de croire qu’il y aurait une diminution de l’attachement à Israël chez les jeunes ou prochaines générations des juifs américains. Ce que je crois, c’est qu’il y a de jeunes et moins jeunes juifs américains qui, ensemble, font que le lobby pro-israélien maintiendra son influence sur la politique étrangère américaine pendant de longues années.

De l’autre côté, je ne vois actuellement ou prochainement aucune possibilité d’apparition d’un sérieux contre-lobby composé de membres de la communauté arabo-islamique aux Etats-Unis. Cependant, il est tout à fait possible que dans les vingt ou vingt-cinq prochaines années, les Arabes américains, quand ils seront mieux intégrés au système politique américain, se trouvent en meilleure position pour contrer l’influence du lobby pro-Israël. Mais ils ont encore un long chemin à parcourir.

Propos recueillis par Hicham Mourad pour Al-Ahram Hebdo (Egypte), semaine du 20 au 26 août 2008, numéro 728

Soldats français morts en Afghanistan : détails de l’opération (vidéo)

L’opération dans laquelle étaient engagés les soldats s’inscrivait dans le cadre de l’extension du mandat des troupes françaises en Afghanistan, et notamment dans la province de Kapisa, décision prise par le président Sarkozy après le sommet de l’OTAN de Bucarest début avril. Les soldats du 8e RPIMa, arrivés le 23 juillet en Afghanistan, figuraient à l’avant-garde d’un convoi, comprenant aussi des troupes de l’armée afghane et des forces spéciales de l’armée américaine, chargé de reprendre le contrôle d’une zone abandonnée aux insurgés entre les provinces de Kaboul et de Kapisa.

Au sein de l’état-major de l’OTAN, à Kaboul, on confirmait, mardi soir, que la mission de ce convoi consistait à sécuriser une route jusque-là considérée comme dangereuse et peu fréquentée entre les districts de Saroubi, appartenant à la région de Kaboul où se trouvent des troupes françaises depuis 2002, et de Tag Ab, dans la province voisine de Kapisa où a été affecté le nouveau contingent envoyé cet été par la France.

Cette route en lacet, interminable et idéale pour les embuscades, ne revêt, en soi, que peu d’intérêt stratégique, car on peut accéder à cette région, connue sous le nom de Kohistan, par d’autres voies. On note juste la présence d’un barrage dans le district de Saroubi. Cette mission consistait à faire le lien entre deux provinces désormais sous contrôle des Français.

Le chef d’état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, a décrit, lors d’une conférence de presse à Paris, ce qu’il a décrit comme “une embuscade bien montée”. “Arrivé à proximité d’un col, le chef de section a fait débarquer l’élément de tête de sa section pour aller reconnaître le site à pied.” C’est à ce moment-là que “le feu nourri” des assaillants a surpris la patrouille. “Le chef de section a été blessé à l’épaule tout de suite, ce qui a contribué à la désorganisation”, a ajouté le général Georgelin, pour lequel l’attaque a correspondu à “un schéma d’embuscade classique”. Puis s’est engagée “une série de combats qui ont duré jusque tard le soir, sur un terrain extrêmement favorable à l’ennemi”, selon le général, tandis que “les appuis aériens étaient apportés par la coalition”.

Ce récit officiel paraît toutefois fort incomplet en comparaison des témoignages de soldats français blessés dans l’embuscad.

Le nombre de victimes s’expliquerait notamment, selon ces soldats, par la lenteur de la réaction du commandement et de sérieux problèmes de coordination. L’unité de reconnaissance chargée d’approcher le col à pied est restée sous le feu ennemi “pendant près de quatre heures sans renfort”. “Nous n’avions plus de munitions pour nous défendre avec d’autres armes que nos Famas”, raconte un blessé.

Les frappes aériennes de l’OTAN censées permettre aux soldats assaillis de sortir du guet-apens ont par ailleurs, selon les blessés, raté leur cible et touché des soldats français, de même que des tirs venant des soldats afghans positionnés en aval. Les communications radio ont par ailleurs été coupées avec les unités du Régiment du marche du Tchad, créant une grande frustration parmi les soldats coincés au col.

“Lorsque nous sommes arrivés à cinquante mètres de la ligne de crête, raconte un soldat, les tirs ont commencé. Ils n’ont pas cessé pendant six heures. Parmi les attaquants, il y avait des tireurs d’élite, ils étaient plus nombreux que nous et nous attendaient. On les entendait recharger leurs armes.”

Les survivants à l’attaque s’interrogent également sur l’absence de mise en veille, comme c’est le cas pour ce type de mission à risque, d’une force d’action rapide. “Il faut près de trois heures pour arriver au col, suffisamment de temps pour que les talibans soient prévenus par des complices de notre arrivée.”

Contrairement à la version officielle, les victimes ne sont pas toutes mortes lors des premiers tirs ennemis mais, selon les soldats interrogés, au fil des affrontements.

La région de l’embuscade, située au nord de Kaboul, a longtemps été sous l’emprise du mouvement islamiste Hezb-e-Islami du chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar. Cette organisation y est toujours présente, mais l’implantation islamiste radicale s’est largement diversifiée. Hekmatyar est passé, comme Jalaluddin Haqqani dans l’est de l’Afghanistan, de la résistance à l’armée russe à la lutte aux côtés du mouvement taliban du mollah Omar.

C’est cette coalition d’insurgés, talibans afghans et combattants d’Hekmatyar, alliés aux talibans pakistanais et à Al-Qaida, qui a tendu un piège mortel aux soldats français.

Lire également le Des officiers contestent la présence française en Afghanistan

Les mensonges de Sarkozy sur l’Afghanistan :

 

« J’ai passé six ans à Guantanamo… pour rien » (vidéo)

Sami Mihiedlin El HAj, journaliste à Al-Jazira, à passé six ans et demi dans les geôles américaines de l’île de Cuba. Interview :

Parlez-nous des circonstances de votre arrestation en 2001; était-ce lié à votre travail de journaliste?

Sami Mohieldin El Haj: J’ai quitté Doha – où je travaillais pour Al-Jazira depuis deux années – en octobre 2001 afin de couvrir la guerre américano-afghane et la chute des talibans. J’ai été arrêté le 15 décembre 2001 à la frontière pakistanaise, alors que tous mes papiers étaient en règle. Les interrogateurs eux-mêmes m’ont dit que ça devait être une erreur, que je serais libéré très vite. En réalité, j’ai été arrêté et emprisonné aussi longtemps parce que je travaillais pour Al-Jazira et que les Américains n’apprécient pas la façon dont cette chaîne couvre les événements.

- Vous avez été transféré à Guantanamo en juin 2002. Quelles ont été vos conditions de détention?

- Nous étions isolés, maltraités et sans aucun droit, pas même celui de faire la grève de la faim! J’en ai fait plusieurs – la dernière a duré de janvier 2007 à mai 2008, date de ma libération – mais on m’enfilait des tuyaux dans le nez pour me forcer à ingurgiter des quantités énormes de nourriture qui provoquaient vomissements et diarrhées. Et pendant ce traitement, j’étais attaché sur une chaise, dans l’impossibilité de bouger. Sinon, ils nous empêchaient de dormir, laissaient la lumière tout le temps allumée, nous mettaient dans des cellules glacées, nous enveloppaient de drapeaux américains et israéliens, piétinaient le saint Coran, nous dénudaient ou encore nous humiliaient sexuellement.

– Vous marchez avec une canne. Est-ce dû à un mauvais traitement?

- On m’a fait sauter dans l’avion durant un transfert à la prison de Bagram. Je me suis déchiré les ligaments du genou. Les punitions – comme se tenir accroupi des heures durant – ont fait ensuite que je n’ai jamais pu guérir.

- Qu’est-ce qui vous a permis de tenir durant ces six années et demie?

- Les journalistes doivent comprendre qu’ils ont une mission. Quand je suis parti en octobre 2001 pour couvrir cette guerre, j’ai laissé mon fils d’un an et ma femme en sachant que je pouvais recevoir une balle. J’étais conscient du danger. Ensuite, en détention, je me suis dit que j’étais là comme témoin, que je devais me souvenir de tout pour ensuite pouvoir le raconter.

– Avez-vous eu des contacts avec votre famille, avec un avocat durant la détention?

- J’ai eu accès à un avocat à la mi-2005, un Britannique qui se bat énormément pour les prisonniers de Guantanamo. Quant à ma famille, j’ai eu quelques contacts grâce au CICR (Comité international de la Croix-Rouge), mais les lettres arrivaient de façon irrégulière, souvent avec six mois de retard, parfois deux ans.

– Comment expliquez-vous votre libération?

- Il y a eu une immense mobilisation d’ONG et de journalistes, une procédure en cours devant l’ONU. Cela a dû mettre la pression sur les Etats-Unis.

– Comment vivez-vous aujourd’hui?

- J’ai repris le travail à Al-Jazira. Nous avons créé un département droits humains que je dirige. Je vais aussi travailler sur un livre ou un documentaire consacré à ce que j’ai subi. Je ne pourrai oublier Guantanamo que le jour où il sera fermé. Il reste 269 personnes enfermées là-bas. Certaines sont devenues folles.

Source : Le Temps (Suisse)

Comment Ahmed Ressam a-t-il pu devenir un membre d’al-Qaeda ?

Ahmed Ressam croupit dans une prison américaine. Il s’est fourvoyé dans un complot qui ne correspond ni à sa personnalité, ni à son parcours de jeune algérien perdu dans une tempête, que les vicissitudes ont jeté sans ménagements sur des rives amères.

L’homme et son parcours:

Ahmed Ressam est né en 1967 à Bou Ismaïl, une station balnéaire située à 45 km à l’ouest d’Alger. Surnommé « The Millenium Bomber » par la presse américaine, il a été condamné, par la justice américaine, en juillet 2005, à 22 ans de prison pour avoir introduit une cinquantaine de kg d’explosif et des détonateurs dans le territoire des Etats Unis d’Amérique, en décembre 1999. Il avoua qu’il projetait de faire exploser une bombe dans l’aéroport de Los Angeles lors de la célébration du millénaire. A noter que la peine à laquelle il avait été condamné avait été négociée avec les autorités américaines, en échange de son témoignage contre son complice, Mokhtar Houari qui écopa d’une peine de 24 ans de prison.

En juillet 2007, une cour d’appel de Sa Francisco a annulé la peine de Ahmed Ressam et a demandé à une juridiction de première instance de réexaminer les circonstances de la détention des explosifs et du faux passeport du condamné. L’affaire est encore en instance de jugement.

Présumé membre d’Al Qaida et agissant pour le compte de celle-ci, les investigations du FBI ont prouvé qu’il avait suivi un entraînement « terroriste » en Afghanistan entre avril et novembre 1999.

Après avoir passé quelques semaines à Peshawar, il fut dirigé vers le camp afghan de Khladen puis vers un autre près de Jalalabad. On lui y inculqua le maniement des armes, l’utilisation des gaz, des poisons et des explosifs. Il faisait partie d’un groupe d’algériens, dont plusieurs appartenaient au GIA. Retenir cet élément. A noter également qu’il avait côtoyé, en France et au Canada, des éléments du groupe de Roubaix et des Algériens qui ont appartenu au GIA.

Comment Ahmed Ressam est-il devenu un djihadiste ? Rien, pourtant, dans son parcours de vie ne l’y prédisposait.

Fils d’ancien moudjahid, il était l’aîné de ses six frères et sœurs. Après avoir échoué au Baccalauréat, il postula de nombreuses fois pour un poste dans la police, la gendarmerie et la Sécurité militaire, entre 1988 et 1992, mais en vain. Pourtant, pendant ces années là, les corps sécuritaires recrutaient en masse, y compris des jeunes presque analphabètes. Pourquoi Ahmed Ressam, qui avait un niveau scolaire largement au dessus des critères exigés, et qui n’avait aucun passif judiciaire n’a-t-il pas pu y être admis ? Ou bien aurait-il été mis en veilleuse ? Lui aurait-on demandé d’aller attendre en Europe une mission qui lui serait confiée ultérieurement ? Noter, néanmoins, que lors de ses maintes candidatures, il avait fourni des dossiers complets. Il avait dû se résoudre, en attendant l’emploi rêvé, à travailler dans le café de son père.

Ahmed Ressam n’était pas pratiquant et n’avait pas milité dans le FIS. Dragueur invétéré, c’était un bon viveur. Il faisait souvent la nouba avec ses amis, où l’alcool et le kif étaient toujours sur la table. Il s’habillait avec recherche et aimait à s’afficher en vêtements griffés. Il avait une préférence pour la marque Armani.

En 1992, il partit pour la France. Son visa ayant expiré, il y demeura pendant deux ans, entre Marseille et la Corse. Il vivait de petits boulots au noir et de petits larcins. Il circulait avec un faux passeport et finit par se faire prendre en novembre 1993, en Corse. Il devait passer en Justice en mars 1994. A noter qu’en cherchant à obtenir un faux passeport, il avait noué des relations avec des jeunes maghrébins qui naviguaient entre le Djihad et la délinquance. Plusieurs membres de ce groupe furent récupérés par le GIA.

Ahmed n’attendit pas de comparaître et décida de quitter la France pour le Canada, qui était devenu une base de repli du GIA, pour les djihadistes qui avaient maille à partir avec les polices européennes. En février 1994, il quitte la France avec un autre faux passeport français. La police canadienne de l’immigration l’arrêta à son arrivée à Montréal et le plaça en détention provisoire pour entrée illégale dans le pays et usage de faux document de voyage. Il déclara à la police qu’il avait dû fuir son pays à la suite d’arrestation arbitraire et de torture. Il déclara avoir dû quitter l’Algérie parce qu’il craignait pour sa vie. Il fut mis en liberté provisoire en attendant de comparaître un mois plus tard. Il obtint des aides financières de l’Etat canadien et put s’installer confortablement. Il commença alors à fréquenter assidûment des mosquées où se retrouvaient des djihadistes, dont des membres du GIA. Entre-temps, il avait oublié de se rendre à son procès et fut une nouvelle fois arrêté, puis relâché, dans l’attente d’une autre comparution. Mais le plus étonnant, et qui renseigne sur la personnalité du personnage, est qu’il fréquentait la mosquée en même temps qu’il se spécialisait dans les vols à l’étalage et à la tire. Il revend à un réseau de faux papiers d’identité les documents qu’il vole à ses victimes. Il fréquente assidûment les cabarets et continue de s’habiller avec recherche, toujours de vêtements Armani. Il avouera lui-même s’être spécialisé dans le vol des bagages et des passeports de touristes. Il fut arrêté et condamné à des amendes, quatre fois de suite. En 1995, il fut pris dans un magasin en flagrant délit de vol. Il avait subtilisé un costume Armani. Il fut condamné à une amende et enjoint de quitter le pays. Mais il fit appel du jugement et put rester au Canada. Mais cela ne changea rien à ses habitudes. Il avait trouvé le bon créneau. Il fut encore arrêté deux fois, puis mis en liberté provisoire, à la suite de vols. Les réseaux djihadistes qui lui achetaient les papiers d’identité volés commencèrent à l’intégrer. Entre le temps, sur demande du juge français Louis Bruguières, qui avait trouvé une connivence entre lui et le groupe de Roubaix demanda aux services canadiens de le mettre sous surveillance. Mais ceux-ci signalèrent au juge français que Ressam et ses amis semblaient plus portés vers la vie facile et la petite délinquance que vers le djihad.

En mars 1998, il quitta le Canada à destination de Francfort, en Allemagne, avec un faux passeport. De là, il se rendit à Peshawar au Pakistan où il fut pris en main par Abou Zoubeida. Il avait été recommandé par un djihadiste d’origine tunisienne, Rouf Hannachi.

Voilà à quoi se résume le portrait et le parcours du « bombardier du millénaire », le djihadiste qui a défrayé la chronique américaine et qui a failli commettre un carnage.

On pourrait penser que, comme bien d’autres jeunes qui se sont fourvoyés dans une démarche schizophrénique, Ahmed Ressam, désorienté par l’incertitude du quotidien, se serait laissé embarquer par les « gourous d’al Qaida » Cela est peut être le cas. Mais des questions de posent et un contexte s’impose !

Les questions qui se posent :

Comment ce jeune homme, qui a des goûts prononcés pour la nouba, qui a du succès avec les filles, qui a une réputation de séducteur, qui a un goût prononcé pour les vêtements de luxe, et qui n’hésite pas à se les approprier par le vol, dont les seuls revenus connus pendant des années proviennent du vol, peut-il être recruté par des milieux islamistes purs et durs. S’il est indéniable que Ahmed Ressam a fini par basculer dans une démarche extrême, et qu’il a pu être admis, par un responsable de haut niveau d’Al Qaida, Abou Zoubeida en l’occurrence, dans le camp d’entraînement parmi les plus performants de cette organisation, il serait, par contre très intéressant d’en savoir plus sur l’identité de ceux qui l’ont recommandé. Et qui connaissaient ses travers. Il faut souligner au passage, que ce camp de Khladen où il a passé six mois, a formé des dizaines d’éléments du GIA. Presque tous les « Afghans » algériens du GIA sont passés par ce camp. Retenir ce détail.

Le contexte :

Nous savons aujourd’hui, avec certitude, et sur le témoignage d’officiers supérieurs de l’armée algérienne, dont le Lieutenant Colonel Samraoui, le Capitaine Ahmed Chouchane et le Lieutenant Habib Souaidia, que le GIA a été crée par le DRS, la sécurité militaire algérienne, pour retourner l’opinion algérienne et occidentale contre les islamistes. Le GIA a été crée de toute pièce par le DRS, et instrumenté par celui-ci, pour commettre des carnages contre les populations civiles. Il a été le principal outil dans des attentats contre des étrangers, dans l’enlèvement et l’assassinat des moines trappistes de Tibhirine et très probablement dans les attentas contre le métro parisien en 1995. Pour n’évoquer que les plus connus de ces coups tordus. Nous savons avec certitude, aujourd’hui, que la plupart des « fetwas » qui servaient à permettre au GIA de commettre des carnages, étaient concoctées dans les bureaux du DRS, par des agents spécialisés dans cette activité. Nous savons aussi que si de nombreux éléments du GIA étaient manipulés à leur insu, d’autres, et notamment des émirs et des agents recruteurs, agissaient en connaissance de cause, et se considéraient comme des agents du DRS en mission. Nous savons aussi que les services français, de la DGSE notamment, coopéraient avec le DRS, et lui communiquaient régulièrement, et assidûment, des informations sur des Algériens qui activaient de près ou de loin dans les milieux intégristes en France. Sachant que Ahmed Ressam figurait dans leurs fichiers, et qu’il était connu du juge Bruguière lui-même, dans l’affaire dite du groupe de Roubaix, et sachant que des informations très détaillées étaient en possession du DRS, dans les demandes d’emploi qu’il avait formulées entre 1988 et 1992, comment ne pas envisager que Ahmed Ressam a été piloté, au mieux à son insu, depuis un QG du DRS à Alger et par l’intermédiaire de ses agents recruteurs.

Vers la fin des années 90, les relations entre le DRS et les Américains étaient loin d’être ce qu’elles sont devenues aujourd’hui. Les attentats de septembre 2001 n’avaient pas encore eu lieu. A cette période, les révélations qui avaient été faites sur la manipulation du terrorisme par les Généraux algériens, et leur implication dans des crimes contre l’humanité leur avaient valu de graves inquiétudes. Le syndrome Pinochet planait sur leurs têtes. Il était question, y compris de la part des Américains et des Français, de mener des enquêtes sur les graves accusations qui leur avaient été portées par des officiers de l’armée algérienne, des défenseurs et des ONG des droits de l’homme, et de nombreuses victimes. A ce moment là, le Président Bouteflika, qui venait d’être élu en avril 1999, s’était retourné contre les Généraux, avait outrepassé les « lignes rouges » qu’ils lui avaient fixé, et avait entrepris de débarrasser la scène politique algérienne de leur influence. Il utilisait, contre eux, de fuites organisées d’informations sur les carnages de civils, et menait contre eux, une campagne médiatique qui commençait à porter ses fruits, puisqu’il était devenu envisageable de les poursuivre devant des juridictions pénales internationales pour crimes contre l’humanité. Jamais, depuis l’interruption du processus électoral et du coup d’état de 1992, ils n’ont été si près d’être mis en accusation. Ceux qui connaissent leur mode opératoire, et qui savent qu’ils régulent l’opinion publique par la manipulation du terrorisme, comme dans le cas des attentats du métro parisien, de l’enlèvement du couple Thévenot et bien d’autres coups tordus, peuvent imaginer aisément que pour retourner l’opinion américaine en leur faveur, et donc contre les islamistes, ils aient trouvé, en Ahmed Ressam, l’outil adéquat pour arriver à leurs fins. Un attentat commis en plein aéroport américain, tout comme celui qu’il ont téléguidé dans l’aéroport d’Alger en 1992, aurait eu, selon leur terrible logique, un effet immédiat sur l’opinion des américains à leur sujet. Ils passeraient pour un rempart contre un islamisme qui les menace directement. Ils ne se trompaient pas, puisque les attentats du 11 septembre 2001 furent le gong qui les sauva de la déconfiture. Immédiatement après ces attentats, ils furent remis en selle, et le Président Bouteflika se retrouva en position de faiblesse. Ils décidèrent même de le punir en ne lui permettant pas de se représenter, et ils décidèrent de le remplacer par son chef du Gouvernement, Ali Benflis. A leur tour, ils instrumentèrent contre lui une vraie campagne de dénigrement. Le président Bouteflika ne put rentrer de nouveau dans leurs grâces, qu’en leur promettant une loi scélérate qui les absoudrait de tous les crimes qu’ils ont commis ou fait commettre. Une loi d’autoamnistie qu’il fit passer par voie référendaire, pour dire à la face du monde que c’était le peuple souverain qui avait pardonné, et que les généraux, « agents honorables » de l’état avaient sauvé la république, en réduisant le terrorisme. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Les Américains qui avaient découvert, en marchant, toute l’efficacité du DRS dans la subversion et dans la manipulation du terrorisme, pour l’agiter en épouvantail, en firent leurs principaux alliés dans leur objectif de l’Africom, qui consiste à démultiplier la nuisance supposée d’ « Al Qaida du Maghreb Islamique », pour justifier leur installation en force dans le Sahel. Mais là est une autre histoire.

Pour rester dans celle de Ahmed Ressam, tout semble indiquer que ce jeune homme a été soigneusement suivi à la trace, évalué et utilisé, peut-être à son insu, pour commettre contre le peuple américain un carnage « utile », pour reprendre la formulation du DRS. Un universitaire algérien, très bon connaisseur du régime algérien, avait attiré mon attention en me disant : « Il y a dans l’affaire Ressam un faisceau de facteurs qui interpelle. Trois d’entre eux paraissent désigner la main du DRS : Le profil de l’auteur, le contexte et le moment où cela a eu lieu… »

Les services de sécurité, français et américains sont parfaitement au fait de ces éléments. Mais toute vérité n’est pas bonne à dire. Surtout en ces temps de « Global War of Terrorism »

Djamaledine Benchenouf pour Tahia Bladi

(titre modifié par Mecanopolis)

Les escadrons de la mort de la CIA tuent en toute « impunité » en Afghanistan

La semaine passée, un enquêteur des Nations unies a rendu public un rapport préliminaire soulignant le grand nombre de décès parmi les civils en Afghanistan, souvent aux mains d’unités hors-la-loi dirigées par la CIA ou d’autres agences du renseignement étrangères.

Cet enquêteur est Philip Alston, un professeur de l’Université de New York agissant à titre de Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires pour le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Son rapport lève un coin du voile sur les gestes illégaux des agences du renseignement, des forces d’occupation et de la police afghane dans leur tentative de réprimer l’opposition à l’occupation menée par les Etats-Unis et au gouvernement que ces derniers soutiennent.

Un rapport plus complet sera publié plus tard cette année.

Alston s’est concentré sur les meurtres de civils par les Etats-Unis et les autres forces militaires internationales, citant 200 morts rapportées lors des quatre premiers mois de 2008. Ce chiffre, toutefois, est basé sur les données colligées par les Nations unies et d’autres organisations internationales et est sans l’ombre d’un doute une grossière sous-estimation.

En plus des civils tués dans les raids aériens – visant souvent sans discrimination des habitations civiles – Alston a fait état de « plusieurs raids pour lesquels aucun État ou commandement militaire ne reconnaît sa responsabilité ».

Dans une conférence de presse qu’il a donnée jeudi, Alston a apporté plus de précision sur ce point : « J’ai parlé à plusieurs personnes en lien avec l’activité d’unités de renseignement étrangères. Je ne veux pas les nommer, mais elles occupent les plus hauts niveaux dans les régions où j’ai mené mes enquêtes. Ces forces opèrent avec ce qui semble être une entière impunité. » Les lieux où des incidents ont été cités dans le rapport indiquent que les agences du renseignement en question comprennent la CIA ou des Forces spéciales américaines.

Le rapport signale quelques incidents comme exemple de meurtres extrajudiciaires. En janvier 2008, deux frères furent tués dans un raid sur la province de Kandahar réalisé par des « membres internationaux ». Alston a trouvé que les victimes « étaient largement réputées, même par des représentants gouvernementaux bien informés, n’avoir aucun lien avec les talibans et les circonstances entourant leur mort sont suspectes. Toutefois, non seulement n’ai-je pas pu obtenir la version des faits d’un commandant militaire international, mais je n’ai même pas pu obtenir confirmation d’un commandant militaire international qu’un de ses hommes avait été impliqué. »

D’autres incidents ont impliqué des raids par des Afghans sous la direction de « services de renseignement internationaux » non identifiés menés à partir de bases dans les provinces de Kandahar et Nangarhar.

« Il est absolument inacceptable que des membres lourdement armés d’une force internationale accompagnés de membres lourdement armés des forces afghanes puissent aller là où ils veulent pour réaliser des raids dangereux qui finissent souvent par des morts sans que personne n’en prenne la responsabilité » peut-on lire dans le rapport.

Le quotidien britannique The Independent a donné des informations supplémentaires. Il a noté : « Un responsable occidental bien informé de l’enquête a dit que les unités secrètes sont aujourd’hui encore connues comme des forces de campagne qui furent déployées alors que les Forces spéciales américaines et les espions de la CIA recrutaient des soldats afghans pour les aider à renverser les talibans lors de l’invasion de 2001 sous direction américaine. “Nous avons gardé les plus brillants et plus intelligents parmi les hommes de cette milice, a dit le responsable. Nous les avons entraînés et réarmés et ils sont toujours en action. »

Le quotidien Independent a continué en citant un incident dans lequel les forces britanniques furent impliquées. « Dans la province d’Helmand, là où se trouve la majorité des 7800 soldats britanniques, les Forces spéciales ont été accusées d’avoir tranché la gorge d’un homme dans un raid de nuit qui a mal tourné. Les sources des agences de sécurité déclarent maintenant que l’opération a été organisée par une unité spéciale d’espions. »

Alston a aussi écrit sur les actions de la police afghane. « Elles n’agissent pas en tant que forces faisant respecter la loi et l’ordre, mais en tant que défenseurs des intérêts d’une tribu ou d’un commandant », a-t-il rapporté. Il a cité un incident dans lequel la police afghane a massacré un groupe d’une tribu rivale. Il n’y a pas eu d’enquête par le gouvernement ou les forces d’occupation. Dans un autre incident, la police a tué neuf manifestants et en a blessé 42 autres à Sheberghan en mai 2007.

En général, il a trouvé qu’il y avait très peu d’intérêt parmi les responsables américains ou afghans à suivre les morts civiles. « La complaisance en réponse à ces morts est étonnamment élevée » a-t-il dit.

Lors de la conférence de presse, il a noté « Lorsque je demandais le nombre des morts civiles enregistrées au cours de l’année, je me faisais répondre que ces chiffres ne sont disponibles en Afghanistan – c’est ce que m’ont répondu plusieurs représentants seniors de l’armée – ou encore qu’ils étaient secrets et que l’on ne pouvait me les transmettre. Lorsque je demandais plus d’informations sur certains incidents, dans le but de vérifier si les personnes impliquées avaient bien été punies, on me répondait qu’une telle information n’était pas disponible en Afghanistan et que je devrais plutôt lire les journaux des pays concernés. »

Le fait que la CIA a été impliquée dans des opérations secrètes en Afghanistan n’est ni nouveau ni surprenant. Déjà dans les années 1970, la CIA a développé des liens avec des sections de la population afghane, en particulier des éléments fondamentalistes islamiques, dans sa tentative de miner le gouvernement qui était alors soutenu par l’Union soviétique. Plus tard, la CIA a été très impliquée dans le développement de liens avec les seigneurs de guerre anti-talibans avant l’invasion et l’occupation américaines en 2001.

Après l’invasion, l’Afghanistan, en particulier la base aérienne de Bagram près de Kaboul, est devenu un point de transit pour les prisonniers capturés par les Etats-Unis et que l’on voulait expédier à la prison de Guantanamo, vers des prisons secrètes de la CIA ou vers des pays alliés des Américains pratiquant la torture. Les agences de renseignement américaines auraient également été impliquées dans l’interrogation de prisonniers dans la prison d’Abou Ghraib en Irak.

En 2005, les médias américains ont écrit des reportages sur les opérations des escadrons de la mort soutenus par les Américains en Irak et qui étaient déployés pour tuer des personnes suspectées d’être des opposants à l’occupation américaine. Yasser Salihee, un correspondant spécial de l’agence de presse Knight Ridder qui enquêtait sur les escadrons de la mort, a été tué d’une balle dans la tête en juin de cette année. D’autres reportages montrent comment l’armée américaine a modelé les unités irakiennes sur les escadrons de la mort déployées en Amérique centrale durant les années 1980 pour éliminer l’opposition de gauche aux intérêts américains.

Alors que la plupart des actions de la CIA sont cachées dans une aura de secret, un contractant de la CIA a été poursuivi pour avoir torturé un prisonnier afghan à mort en 2003. Ce contractant, David Passaro, a interrogé et battu le prisonnier, Abdul Wali, pendant deux jours, le blessant si sérieusement qu’il en est mort deux jours plus tard.

Dans une autre affaire, le New York Times a écrit samedi que le Pentagone allait de l’avant avec son projet de construction d’un complexe pénitentiaire de 160.000 mètres carrés à la base militaire de Bagram. La prison actuelle, ainsi que d’autres prisons afghanes et américaines, sont apparemment insuffisantes pour détenir le grand nombre de prisonniers faits par les forces d’occupation.

La nouvelle prison pourra aussi être utilisée pour des prisonniers actuellement détenus à Guantanamo. Elle sera conçue pour détenir jusqu’à 1100 personnes.

Article original anglais paru le 19 mai 2008 sur World Socialist Web Site

Pour les Etats-Unis, il n’y a aucune limite à la promesse “de défendre Israël”

C’est 1939 qui recommence. Le monde attend, impuissant, le prochain acte d’agression de la part des Etats voyous. Sauf que cette fois-ci, les Etats voyous ne sont pas le Troisième Reich et l’Italie Fasciste. Ce sont les Etats-Unis et Israël.

Les futures victimes ne sont pas la Pologne et la France, mais l’Iran, la Syrie, les restes de la Cisjordanie et le Sud-Liban.

Les médias américains sont fous de joie. La couverture de la guerre attire les téléspectateurs et fait vendre de la publicité.

Les néoconservateurs sont en extase. L’hégémonie “über alles” est de retour.

L’US Air Force est impatiente “de montrer ce qu’elle est capable de faire”.

Les contractants de la défense font des profits infinis.

Sous couvert de désordre et de propagande, Israël peut accaparer les restes de la Cisjordanie et faire une autre tentative pour mettre la main sur les ressources aquifères du Sud-Liban.

Contrairement aux Etats-Unis et à Israël, l’Iran n’occupe aucun territoire étranger, ni ne menace d’envahir un autre pays. Cela n’empêche pas les bouches étasuniennes et israéliennes de débiter à une vitesse croissante leur propagande contre l’Iran. Un mensonge après l’autre roule sur la langue des dirigeants des “deux grandes démocraties”.

Le 27 avril, l’Amiral Mike Mullen, président de l’état-major interarmes, a accusé l’Iran d’avoir une “influence maléfique et de plus en plus létale” en Irak. L’Amiral Mullen a-t-il oublié que ce sont les Etats-Unis, et non pas l’Iran, qui sont responsables d’au moins un million de morts irakiens et de quatre millions de déplacés, les “dommages collatéraux” d’une “guerre facile” qui est maintenant dans sa sixième année ?

Le 26 avril, le Washington Post a rapporté que “le Pentagone prépare des actions militaires potentielles” contre l’Iran. Le conseiller à la sécurité nationale du Régime de Bush dit que l’Iran est une menace en Irak, une accusation reprise sans fin par le secrétaire à la défense Robert Gates, la secrétaire d’Etat Rice, le vice-président Cheney et le président Bush. Les Etats-Unis, qui ont 150.000 soldats en Irak ne constituent pas une menace. Les troupes américaines protègent l’Irak de l’Iran, d’al-Qaïda et des Taliban. Il suffit de demander à FOX News !

Apportant sa contribution pour pousser à la guerre contre l’Iran, l’émission d’information de la TV américaine “60 Minutes”, a donné du temps d’antenne au commandant de l’Armée de l’Air d’Israël, le Général Eliezer Shkedi, qui a déclaré dans une interview spéciale que le président iranien Ahmadinejad était le nouvel Hitler et que nous ne devons pas refaire la même erreur de ne pas croire un Hitler. Il y a de meilleurs candidats pour ce rôle qu’Ahmadinejad !

Le Général Shkedi lui-même nous rappelle Hitler accusant la Pologne d’avoir commencé la deuxième guerre mondiale. Ahmadinejad n’a attaqué aucun pays, alors qu’Israël a envahi régulièrement ses voisins et poursuit ses occupations depuis 40 ans des territoires palestinien et syrien.

Ainsi que Noam Chomsky l’a écrit, le gouvernement des Etats-Unis pense qu’il est le propriétaire du monde (Chomsky aurait pu ajouter qu’Israël pense être propriétaire du Proche-Orient et de l’Amérique). Les Américains peuvent se vautrer dans l’indignation à propos de l’occupation du Tibet par la Chine et se satisfaire pleinement de leur occupation de l’Afghanistan et de l’Irak. Israël peut disserter avec éloquence sur le “terrorisme palestinien”, tandis que son armée et ses colons sionistes terrorisent les Palestiniens.

Les Américains ne voient aucune hypocrisie lorsque “leur” gouvernement accuse la Russie de s’opposer à l’incorporation de ses anciens satellites et éléments territoriaux dans une alliance militaire étasunienne.

Les Américains voient un destin manifeste, pas une agression de leur part, lorsque “leur” gouvernement largue des bombes sur la Serbie, l’Irak, l’Afghanistan, le Soudan et le Pakistan. Les Américains ne pensent pas qu’il s’agisse d’une agression lorsqu’ils mettent au point des plans de guerre pour attaquer l’Iran, la Chine ou la Corée du Nord, ou qui que ce soit d’autre, ou lorsqu’ils maintiennent des centaines de bases militaires partout sur la planète. Ces mêmes Américains qui deviennent hystériques à propos de “l’influence iranienne en Irak” et des “projets d’al-Qaïda d’amener la guerre en Amérique”.

Ainsi que Chomsky le dit : le monde nous appartient. Rien d’autre ne compte, sauf Israël.

Israël compte tellement que tous les candidats présidentiels ont déclaré leur volonté de répandre tout le sang américain et l’argent nécessaires “pour protéger Israël”. Il n’y a aucune limite à la promesse “de défendre Israël”, peu importe ce qu’Israël fait, peu importe si Israël initie (encore et toujours) la guerre avec ses voisins, peu importe si Israël continue de chasser les Palestiniens de leurs maisons et de leurs villages afin de “créer un espace de vie” pour les Israéliens.

Avec cette sorte de promesse, pourquoi Israël devrait-il accepter moins que “le Grand Israël” ?

Exactement comme il a lancé son invasion illégale de l’Irak sur le dos de mensonges à propos d’armes de destruction massive et de champignons atomiques, le gouvernement étasunien prétend que s’il n’attaque pas l’Iran, l’Iran construira une arme nucléaire. Le Régime de Bush a appris à ne jamais se défaire d’un mensonge tant qu’il fonctionne.

Ce mensonge fonctionne pour le Congrès, les médias et une grande partie du public américains, mais il ne tient pas debout à l’étranger. Le 27 avril, le quotidien britannique, The Independent, répondait à la récente affirmation du gouvernement américain que l’installation attaquée en septembre dernier par Israël, dans un acte d’agression non déguisé, était un réacteur nucléaire construit par la Corée du Nord :

“Il n’y a aucun moyen indépendant de vérifier tout ceci, surtout depuis que cette installation a été détruite. Nous devons compter sur l’intégrité des services de renseignement israéliens et étasuniens. C’est là où nous rencontrons un problème. L’ancien secrétaire d’Etat Colin Powell avait présenté une preuve similaire au Conseil de Sécurité des Nations Unies en février 2003, montrant ce que l’on nous disait être une preuve sérieuse du stockage d’armes de destruction massive par l’Irak. Comme nous le savons tous, ces renseignements se sont avérés être bidons”.

Une guerre inutile, un pays détruit, tout ça pour des renseignements bidons !

Pourquoi devons-nous répéter notre crime en Iran ? Pourquoi persistons-nous dans notre crime en Irak ? Le 27 avril, McClatchy Newspapers rapportait que 50 dirigeants politiques irakiens, représentant de nombreux groupes politiques, dont des Sunnites, se sont rendus à Sadr City pour protester contre le siège par l’armée américaine. Pourquoi Sadr est-elle entièrement assiégée ?

[Muqtada al-Sadr] a appelé à l’arrêt du bain de sang entre Irakiens, à “notre libération et celle de notre terre des occupants”, à “un vrai gouvernement et à une vraie souveraineté”. Cependant, pour le Régime de Bush, la rhétorique sur “la liberté et la démocratie” n’est rien d’autre qu’un masque derrière lequel imposer un gouvernement fantoche au service des Etats-Unis. Les véritables leaders irakiens, comme al-Sadr, sont des “terroristes” qui doivent être éliminés.

Pourquoi le peuple américain et “ses” représentants au Congrès continuent-ils de tolérer un Régime Bush criminel qui se sert de mensonges et de la propagande pour masquer ses actes d’agression flagrante, des crimes de guerre selon les normes de Nuremberg ?

Pourquoi le reste du monde continue-t-il de recevoir des représentants d’un gouvernement coupable de crimes de guerre ?

Que se passerait-il si le reste du monde disait aux Américains de fermer leurs bases, leurs ambassades, leurs opérations de la CIA et de rentrer chez eux ?

Les Américains auto-satisfaits considéreraient de telles exigences comme de l’effronterie ! Le monde nous appartient.

Communiqués de l’Emirat Islamique d’Afghanistan / الافراج عن امارة افغانستان الاسلامية

Communiqués de l’Emirat Islamique d’Afghanistan

1) 12 soldats américains tués dans des explosions en province de Khost

Dhabih Allah (Moujahid) – 18/4/2008

A 12h30 aujourd’hui, douze soldats américains ont été tué dans un ancien bâtiment du district de Sabri en province de Khost, que les Moujahidines de l’Etat Islamique avaient auparavant piégé d’engins explosifs.

Les explosions ont causé d’importantes pertes à l’ennemi ainsi que la destruction de 4 tanks, puis l’ennemi a envoyé de nombreux hélicoptères dans la zone afin d’évacuer les soldats tués et blessés.

Et selon les dires des témoins: le vieux bâtiment était inoccupé depuis longtemps et n’appartenait pas aux officiers du gouvernement ou à d’autres, et lorsque les forces de l’armée américaine sont entrées à l’intérieur, les Moujahidines ont immédiatement fait exploser le bâtiment qui s’est effondré sur eux, causant d’importantes pertes à l’ennemi.

{ Et quand on leur dit : “Ne semez pas la corruption sur la terre”, ils disent : “Au contraire nous ne sommes que des réformateurs! ” Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s’en rendent pas compte.} Al-Bakara : 11/12

الله اكبر والفخر وعاد إلى الله ورسوله والمؤمنون

Front Médiatique de l’Emirat Islamique d’Afghanistan-Taliban

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2)Mort de 8 soldats hollandais dont le fils du chef des troupes hollandaises dans une série d’opérations de vengeance pour la publication du film offensant

Hafiz Muhammad Yussuf (Ahmadi) – 18/4/2008

Hier matin à 8h00 les Moujahidines de l’Emirat Islamique ont détonné un engin explosif contre un convoi des forces militaires hollandaises sur une route en région de Tarin Kot capitale de la province d’Uruzgan.

Selon les rapports reçus, l’explosion a tué huit soldats de l’occupation dont un lieutenant (Dennis van Uhm) fils du commandant des troupes néerlandaises en Afghanistan, le Général (Petron).

Le Ministère de la Défense a publié l’information de la mort du hollandais en même temps que celle d’autres soldats.

Il est à noter que l’attaque sus-mentionnée fait partie de la série d’opérations de vengeance annoncée par le commandement du Conseil Consultatif de l’Emirat Islamique d’Afghanistan dans un communiqué publié le 30 du mois dernier en réponse aux abus d’un membre du Parlement néerlandais lorsqu’il a publié un film offensant le Saint Qur’an, stipulant que les Moujahidines de l’Emirat Islamique conduiraient des représailles contre les soldats néerlandais stationnées en province d’Oruzgan.

{ Et quand on leur dit : “Ne semez pas la corruption sur la terre”, ils disent : “Au contraire nous ne sommes que des réformateurs! ” Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s’en rendent pas compte.} Al-Bakara : 11/12

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3)Mort de 15 soldats de l’armée apostate dans une embuscade en province de Farah

Hafiz Muhammad Yussuf (Ahmadi) – 18/4/2008

A environ 22h hier soir, quinze soldats de l’armée apostate ont été tués dans le sud de la zone de Shewan lorsque les Moujahidines de l’Emirat Islamique leur ont tendu une embuscade sur la route entre la ville de Farah et le district de Balablok.

Selon les informations, l’attaque a causé la destruction de trois véhicules ennemis de type pickup et les Moujahidines ont prit les armes des tués comme butin.

Durant l’attaque, qui a duré une demi-heure, aucune perte n’a été subie.

Il est à noter qu’hier soir une attaque similaire a causé la mort de 12 officiers de police dans le centre de cette même province.

{ Et quand on leur dit : “Ne semez pas la corruption sur la terre”, ils disent : “Au contraire nous ne sommes que des réformateurs! ” Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s’en rendent pas compte.} Al-Bakara : 11/12

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4) Concernant le largage d’équipement militaire par hélicoptère en province de Zabul

Date: 18/4/2008

Il y a de cela quelques jours, une quantité de matériel militaire et de denrées alimentaires venant d’hélicoptères des forces d’occupation étrangères, a atterri dans le Département d’Arghandab en province de Zabul, et est tombé entre les mains des gens de la région te des combattants.

Il est à noter que cet hélicoptère n’a pas atterri au sol et a largué les dits articles à partir des airs, et que cet incident est également le premier du genre, et que cette erreur a plusieurs possibilités.

1- Il est probable que l’ennemi ait pensé que la région dans laquelle l’hélicoptère a largué sa cargaison soit sous leur contrôle car il y a de cela quelques temps les forces ennemies étaient situées dans cette région avant d’y être récemment délogées par les Moujahidines, qui est à présent libérée.

2- Il est probable que l’hélicoptère ait été victime d’un problème technique qui l’a obligé à abandonner sa cargaison afin d’alléger le poids.

3- Il est probable que la cargaison soit tombée de l’hélicoptère sans que cela ne soit la volonté de l’ennemi, car la marchandise était suspendue à l’appareil.

4- Il existe un risque important que l’ennemi ait accompli cela de manière planifiée dans le but d’instaurer le doute et de créer des différences entre les Moujahidines et les populations locales.

5- Il est susceptible d’y avoir dans cette cargaison de dangereuses substances destinées à saboter ou à détruire les armes des Moujahidines.

6- Il se pourrait aussi que l’ennemi ait introduit dans cette cargaison du matériel aidant à détecter les repères des Moujahidines afin de pouvoir les bombarder.

L’Emirat Islamique d’Afghanistan rassure tous les Musulmans et les Moujahidines en particulier, que cette erreur n’est en aucun cas le fruit d’un lien quelconque avec un responsable des Moujahidines, et l’Emirat Islamique d’Afghanistan est très attentif à toutes les machinations de l’ennemi et qu’en tenant compte de cela nous devons rassurer tous les Musulmans afin de réfuter et faire échouer les complots et les machinations de l’ennemi.

Le commandement du Conseil Consultatif de l’Emirat Islamique d’Afghanistan

{ Et quand on leur dit : “Ne semez pas la corruption sur la terre”, ils disent : “Au contraire nous ne sommes que des réformateurs! ” Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s’en rendent pas compte.} Al-Bakara : 11/12

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Front Médiatique de l’Emirat Islamique d’Afghanistan-Taliban

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Porte-parole de l’Emirat Islamique d’Afghanistan-Taliban

Hafiz Muhammad Yussuf (Ahmadi)

pour le Sud-Ouest et le Nord-Ouest du pays

Tél:008821621346341

Dhabih Allah (Moujahid)

Pour le Sud-Est et le Nord-Est du pays

Tél:008821621360585

Emmanuel Todd : « Nicolas Sarkozy est dans une logique de guerre avec le monde musulman »

Selon Emmanuel Todd, le renforcement des troupes françaises en Afghanistan est une erreur diplomatique et stratégique, et dessine les contours d’une idéologie extrême-droitière à l’échelle mondiale. Interview.

Au Sommet de l’Otan, mercredi 2 avril, George Bush s’est dit « très heureux » du soutien de la France en Afghanistan. Mais la veille, à l’Assemblée, la première grande décision stratégique de Nicolas Sarkozy de renforcer les contingents français engagés dans le conflit afghan mettait le feu aux poudres. Les socialistes, de François Hollande à Lionel Jospin, d’Hubert Vérine à Ségolène Royal, s’opposent unanimement à une politique d’alignement sur les Etats-Unis. Ils mettent en avant l’enlisement du conflit afghan, son coût humain et dénoncent le « tournant atlantiste » de la politique française. Pour l’historien et démographe Emmanuel Todd, les dangers de cette politique sont encore plus graves. L’auteur de Après l’empire juge que cette partie est perdue d’avance et qu’elle participe d’une idéologie extrême-droitière naissante.

Question : Le renforcement des troupes en Afghanistan vous paraît-il justifié ?

Emmanuel Todd : Je peux tout imaginer de Nicolas Sarkozy, même qu’il ne sache pas ou est l’Afghanistan. Mais je ne peux pas imaginer que les gens qui l’entourent ignorent ce que tout le monde anglo-saxon sait, à savoir que cette guerre est perdue.

Pour vous, cette guerre est sans espoir ?

E.Todd : L’organisation sociale des Pachtounes est faite pour la guerre, tout comme celle des clans somaliens : la guerre est l’état normal de ces sociétés, ce n’est donc pas un problème dans la durée. A partir du moment où les belligérants sont alimentés par des fournitures d’armes régulières venant de l’extérieur, il est évident que ces système sociaux vont venir à bout de quelques milliers d’hommes venus de loin et difficilement approvisionnés. On peut se demander, à la limite, si ça va se terminer par un Dien-Bien-Phû ou par un retrait paisible.

Du point de vue du gouvernement, il semble pourtant qu’il y ait des enjeux à ce conflit…

E.Todd : Pourquoi ceux qui nous gouvernent veulent-ils participer à une guerre perdue ? Voilà la vraie question. Et là, comme dans les débats sur la réintégration pleine et entière de la France à l’Otan, on touche au symbolique. Cette manœuvre a pour objectif de réaffirmer un lien avec l’Amérique. Je n’appellerai pas ça du néo-atlantisme. L’atlantisme était le lien de l’Europe occidentale avec les Etats-Unis à une époque où ils portaient les valeurs démocratiques face au totalitarisme soviétique. Ce n’était pas du goût des gaullistes, mais dans le contexte, cela pouvait se justifier. Aujourd’hui, l’Amérique est le pays du fric, du néo-libéralisme et des inégalités. Et ce qui se profile derrière cette nouvelle association, c’est de l’occidentalisme. C’est un lien fondé sur une nouvelle idéologie, une idéologie qui se construit dans le conflit avec l’islamisme.

Mais la France n’a-t-elle pas intérêt, pour des raisons de politique « réaliste », à s’associer avec les Etats-Unis plutôt que de rester repliée sur elle-même ?

E.Todd : La France n’a pas les moyens de s’engager en Afghanistan, c’est déjà un objectif démesuré pour les Etats-Unis. La France est une puissance moyenne et l’Amérique une puissance déclinante. Paris existait terriblement à l’époque de Villepin : après son discours à l’ONU contre l’engagement de la France en Irak, nous rayonnions ! Mais sous Nicolas Sarkozy, il arrive à la France ce qui est advenu de l’Angleterre sous Tony Blair : si l’on devient le caniche des Etats-Unis, on disparaît. Si on s’aligne, si on perd son indépendance, on disparaît. De Gaulle l’avait compris : la France n’existe à l’échelle mondiale, ne peut justifier son siège au conseil de sécurité de l’Onu et sa possession de l’arme nucléaire, que lorsqu’elle représente un acteur autonome. Le monde n’a rien à faire de la France de Sarkozy.

La lutte contre le terrorisme légitime aussi l’engagement du gouvernement dans ce conflit.

E.Todd : Les occidentalistes se pensent en situation de légitime défense. Le terrorisme existe, il devrait être contré par le contre-espionnage et par des forces policières, mais sûrement pas par des guerres à l’étranger. La première attaque contre l’Afghanistan était légitime, il s’agissait de déloger Ben Laden ; d’ailleurs, les Russes nous y avaient aidé. Mais l’irakisation de l’Afghanistan participe d’une agression du monde musulman par le monde occidental. L’occidentalisme est une doctrine d’extrême droite en émergence. La France va être du côté du mal : en exposant des troupes françaises et en participant aux bombardements de la population civile afghane. Et, grâce à Sarkozy, nous risquons même ce qu’ont subi la Grande-Bretagne et l’Espagne à la suite de la guerre en Irak.

Vous parlez des attentats de Londres et de Madrid qui ont eu lieu suite à l’engagement de nos voisins en Irak. Mais là, il ne s’agit que d’envoyer quelques centaines d’hommes dans un pays où la France a déjà des troupes…

E.Todd : Mais justement ! Rappeler leur faible nombre, comme le fait le gouvernement, c’est avouer qu’il s’agit bien d’une action symbolique ! Les quelques bateaux qu’on va mettre dans le golfe persique vont faire rire les Iraniens. Mais nous nous positionnons dans une construction idéologique, contre le monde musulman. Cette posture est d’ailleurs très cohérente avec le sarkozysme en politique intérieure.

Vous pensez que Nicolas Sarkozy est dans une logique de guerre avec le monde musulman ?

E.Todd : Ce qui a fait son succès dès le premier tour de l’élection présidentielle, c’est le ralliement d’une partie des électeurs du Front national. Il a pu avoir lieu à cause des émeutes en banlieues, qui ont été un facteur de traumatisme. Mais c’est Sarkozy, ministre de l’Intérieur, qui a provoqué cet évènement. Dans la logique du sarkozysme, il y a la combinaison d’une incapacité à affronter les vrais problèmes et à désigner des boucs émissaires. C’est classique : quand une société est en crise, elle a le choix entre résoudre ses problèmes économiques et ses pathologies sociales, ou créer des bouc-émissaires. Sarkozy recherche toujours un ennemi, il est dans l’agression. Cela s’observe même dans son comportement ordinaire avec les habitants de banlieue ou les marins pêcheurs.

En s’impliquant plus en Afghanistan, la France participe donc à déclencher un clash des civilisations ?

E.Todd : L’analyse d’Huntington sur le clash des civilisations est fausse, mais un gouvernement peut essayer de la rendre vraie. Je pense que les gens qui nous gouvernent seront tenus pour responsables de ce qu’ils font. La guerre, c’est la pédagogie du mal. Les peuples en paix pensent sainement. On entre parfois en guerre pour de bonnes raisons, mais peu à peu, on glisse insensiblement dans la violence pour la violence. C’est ce qui aurait pu arriver en Espagne, si les Espagnols avaient mal réagi aux attentats : ils auraient pu s’enfoncer dans le conflit des civilisations. Je crois que cette stratégie conflictuelle va échouer aussi en France. La recherche de bouc-émissaires, l’émergence d’une idéologie islamophobe et hostile aux enfants d’immigrés… ce n’est pas dans la nature de la France. Au final, les Français préfèrent toujours décapiter les nobles que les étrangers.

C’est l’impérialisme occidental qui est le problème et non pas l’Islam

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Imaginez, si vous le souhaitez, un monde sans l’Islam – une situation, il faut l’admettre, inconcevable, vu la place centrale qu’il occupe dans nos titres de nouvelles quotidiennes. L’Islam semble être derrière un large éventail de désordres internationaux: attentats suicides, voitures piégées, occupations militaires, luttes de résistance, émeutes, fatwas, jihad, opérations de guérilla, vidéos de menace et le 11-Septembre lui-même. «L’Islam» semble offrir une explication simple et instantanée, nous permettant de bien comprendre le monde convulsif d’aujourd’hui. En effet, pour quelques néoconservateurs «l’Islamofascisme» est maintenant notre ennemi juré dans une imminente «troisième guerre mondiale».
Mais permettez-moi de réfléchir un peu. Et s’il n’y avait pas une telle chose comme l’Islam? Et s’il n’y avait jamais eu de Prophète Mohammed, ni de saga de propagation de l’Islam à travers des grandes parties du Moyen-Orient, de l’Asie et de l’Afrique?
Etant donné notre actuelle focalisation sur le terrorisme, la guerre et l’antiaméricanisme rampant – l’un des sujets internationaux le plus émotionnel aujourd’hui -, il est vital de comprendre les vraies sources de ces crises. Est-ce l’Islam la source du problème, ou est-ce que cette source ne se trouve plutôt du côté de facteurs moins clairs et plus profonds?
Pour l’intérêt de l’argumentation, dans un effort d’imagination historique, faites-vous une image d’un Moyen-Orient dans lequel l’Islam n’est jamais apparu. Serions-nous alors épargnés de beaucoup des défis qui se trouvent aujourd’hui devant nous? Le Moyen-Orient serait-il plus pacifique? De combien le type des relations Est-Ouest serait-il différent? Sans l’Islam, il est sûr que l’ordre international présenterait une image très différente de celle d’aujourd’hui. Ou le ferait-il?

Si ce n’est pas l’Islam, qu’est-ce donc?

Depuis les premiers jours d’un large Moyen-Orient, l’Islam a visiblement façonné les normes culturelles voire même les préférences politiques de ses disciples. Comment pouvons-nous alors séparer l’Islam du Moyen-Orient? Comme il s’avère, ce n’est pas très difficile à imaginer.
Commençons par l’aspect ethnique. Sans l’Islam, le visage de la région va rester complexe et confus. Les groupes dominants au Moyen-Orient – Arabes, Perses, Turcs, Kurdes, Juifs, voire Berbères et Pachtounes – continueront à dominer la scène politique. Prenez les Perses à titre d’exemple: Longtemps avant l’Islam, les empires persans successifs se sont étendus jusqu’aux portes d’Athènes et étaient les rivaux perpétuels de quiconque habita l’Anatolie. Des peuples sémites contestant cette hégémonie ont combattu les Perses à travers le croissant fertile jusqu’en Irak. Et puis il y a les forces puissantes des diverses tribus et des commerçants arabes s’étendant et migrant dans d’autres régions sémites du Moyen-Orient avant l’Islam. Les Mon­goles auraient tout de même envahi et détruit les civilisations de l’Asie centrale et beaucoup du Moyen-Orient dans le XIIIe siècle. Les Turcs aurait aussi conquis l’Anatolie, les Balkans jusqu’à Vienne et une grande partie du Moyen-Orient. Ces luttes – pour le pouvoir, le territoire, l’influence et le commerce – existaient bien avant l’arrivée de l’Islam.

Cependant, c’est trop arbitraire d’exclure complètement la religion de l’équation. Si en réalité l’Islam n’a jamais émergé, la majeure partie du Moyen-Orient serait restée essentiellement chrétienne avec ses diverses sectes comme cela a été le cas à l’aube de l’Islam. En dehors de quelques Zoroastriens et un petit nombre de Juifs, pas d’autres groupes religieux d’une certaine importance n’y étaient présents.

Le monde européen à la recherche de bases économique et géopolitique

Mais est-ce que l’harmonie avec l’Ouest aurait-elle régné si le Moyen-Orient était resté chrétien? Cette idée semble être tirée par les cheveux. Nous devrions assumer que le monde européen médiéval agité et expansif n’avait pas étendu son pouvoir et son hégémonie à ses voisins de l’Est, à la recherche de bases économique et géopolitique. Après tout, qu’est-ce que ce seraient les Croisades si ce n’étaient pas une aventure occidentale menée essentiellement par des besoins politique, social et économique? La bannière du christianisme servait de symbole fort, de cri mobilisateur pour justifier les besoins profanes des Européens puissants. En effet, la religion particulière des autochtones ne figurait jamais en tête des causes de l’expansion impériale de l’Occident à travers la planète. L’Europe a prôné porter «les valeurs chrétiennes aux autochtones», mais l’objectif évident était d’établir des avant-postes coloniaux comme sources de richesse pour le pays colonisateur et des bases pour l’expansion du pouvoir occidental.

Ainsi il est improbable que les habitants chrétiens du Moyen-Orient aient bien reçu le flux des flottes européennes et leurs marchands protégés par les fusils occidentaux. L’impérialisme aurait prospéré dans le mosaïque ethnique complexe de la région – la matière brute du vieux jeu de diviser pour mieux régner. Et les Européens auraient toujours installé les mêmes dirigeants locaux serviles pour satisfaire leurs besoins.

Les Chrétiens non plus n’auraient bien accueilli les armées impériales

Avançons l’heure à l’époque du pétrole au Moyen-Orient. Les Etats du Moyen-Orient, même si chrétiens, auraient-ils bien accepté l’établissement des protectorats européens sur leur région? Certainement pas! L’Occident aurait toujours construit et contrôlé les mêmes points d’étranglement comme le canal du Suez. Ce n’était pas l’Islam qui a fait que les Etats du Moyen-Orient résistent vigoureusement aux projets coloniaux avec le nouveau traçage des frontières selon les préférences géopolitiques européennes. Non plus, ces Etats chrétiens du Moyen-Orient n’auraient-ils bien accueilli les compagnies pétrolières occidentales impériales, soutenues par des administrateurs européens, des diplomates, des agents de renseignements et des armées, pas plus que ce qu’ont fait les Musulmans. Regardez la longue histoire des réactions des Américains latins à la domination des Américains étatsuniens sur leurs pétrole, économie et politique. Le Moyen-Orient serait toujours aussi motivé pour créer des mouvements nationalistes anticolonialistes pour arracher le contrôle sur leurs terres, marchés, souveraineté et destinée de l’emprise étrangère – tout comme les luttes anticolonialistes dans l’Inde hindou, la Chine confucéenne, le Vietnam bouddhiste et l’Afrique chrétienne et animiste.

Et certainement les Français se seraient, tout aussi volontiers, étendus sur une Algérie chrétienne pour s’emparer de ses riches terres agricoles et établir une colonie. Les Italiens eux non plus ne se sont laissé gêner par le christianisme de l’Ethiopie pour transformer ce pays en une colonie violemment administrée. En bref, il n’y a pas de raison de croire que la réaction du Moyen-Orient à l’agression colonialiste européenne aurait été significativement différente de la manière dont elle s’est effectivement déroulée sous l’Islam.

L’histoire des dictatures en Europe

Mais peut-être le Moyen-Orient serait-il plus démocratique sans l’Islam? L’histoire des dictatures en Europe elle-même n’est que peu rassurante sur ce point. L’Espagne et le Portugal ont fini avec leurs violentes dictatures seulement en milieu des années 1970. La Grèce s’est libérée d’une dictature liée à l’église il y a quelques dizaines d’années. La Russie chrétienne ne s’en est toujours pas sortie. Jusqu’à récemment, l’Amérique latine accablée par les dictateurs, qui souvent régnaient avec les bénédictions des USA et avec le partenariat de l’église catholique. La plupart des nations africaines chrétiennes n’ont pas eu de meilleure réussite. Pourquoi un Moyen-Orient chrétien se présenterait-il différemment?

Et puis, il y a la Palestine. C’étaient évidemment les Chrétiens qui ont, honteusement, persécuté les Juifs durant plus d’un millénaire culminant à l’Holocauste. Ces exemples horrifiques d’antisémitisme étaient bien enracinés dans la culture et les terres chrétiennes occidentales. Les Juifs auraient donc continué à chercher une patrie en dehors de l’Europe; le mouvement sioniste aurait de toute façon vu le jour et aurait cherché une base en Palestine. Et le nouvel état juif aurait toujours déplacé les mêmes 750 milles Arabes natifs de Palestine de leurs terres même s’ils avaient été des Chrétiens – en effet une partie parmi eux étaient des Chrétiens. Et ces Arabes chrétiens n’auraient-ils pas combattu pour protéger ou regagner leur propre terre? Le problème israélo-palestinien reste au fond un conflit nationaliste, ethnique et territorial, renforcé seulement récemment par des slogans religieux. Et n’oublions pas que les Chrétiens arabes ont joué un rôle majeur dans les débuts du mouvement nationaliste arabe au Moyen-Orient; en effet, Michel Aflaq, le fondateur idéologique du premier parti panarabe Al-Baath, était un Chrétien syrien formé à la Sorbonne.

Luttes pour la domination

Mais les Chrétiens du Moyen-Orient seraient certainement prédisposés religieusement envers l’Occident? N’aurions-nous pas évité tous ces conflits religieux? En effet, le monde chrétien lui-même a été déchiré par des hérésies depuis les premiers siècles du pouvoir chrétien, des hérésies qui étaient devenues des véhicules des oppositions politiques au pouvoir romain ou byzantin. Loin d’unir sous la religion, les guerres religieuses de l’Occident cachaient toujours des luttes plus profondes, ethnique, stratégique, politique, économique et culturelle pour la domination.

En vérité cette même référence à un «Moyen-Orient chrétien» cache une animosité vilaine. Sans l’Islam, les peuples du Moyen-Orient seraient restés comme ils étaient à la naissance de l’Islam – la plupart des disciples du christianisme orthodoxe oriental. Mais c’est facile d’oublier que l’une des controverses historiques la plus violente, la plus virulente et la plus durable fut celle entre l’église catholique à Rome et le christianisme orthodoxe oriental à Constantinople – une rancune qui persiste toujours. Les Chrétiens orthodoxes orientaux n’ont jamais oublié ou pardonné le pillage de Constan­tinople la chrétienne par les croisés occidentaux en 1204. Presque 800 ans plus tard, en 1999, le pape Jean Paul II chercha à faire quelques petits pas pour cicatriser la plaie dans la première visite d’un pape catholique au monde orthodoxe en mille ans. C’était un début, mais le désaccord entre l’Orient et l’Occident dans un Moyen-Orient chrétien serait plutôt resté comme il est aujourd’hui. Prenez la Grèce par exemple: La cause orthodoxe a été un puissant mobile derrière le nationalisme et le sentiment anti-occidental là-bas, et les passions anti-occidentales dans la politique grecque, il y a seulement une dizaine d’années, résonnaient des même suspicions et vues virulentes de l’Occident que nous entendons aujourd’hui de la part de beaucoup de chefs islamistes.

La vision du monde de l’église orthodoxe

La vision du monde de l’église orthodoxe diffère nettement de la philosophie occidentale du siècle des Lumières, qui insiste sur la laïcité, le capitalisme et la primauté de l’individu. Elle a encore des peurs résiduelles à propos de l’Occident similaires dans différents aspects les incertitudes des Musulmans d’aujourd’hui: des craintes du prosélytisme missionnaire occidental, la perception de la religion comme un vecteur clé pour la protection et la préservation de leurs propres communautés et culture, et une suspicion du caractère «corrompu» et impérial de l’Occident. En effet, dans un Moyen-Orient chrétien orthodoxe, Moscou aurait joui d’une influence spéciale, même aujourd’hui, comme le dernier centre important de l’Orthodoxie orientale. Le monde orthodoxe serait resté une arène géopolitique clé pour la rivalité Est-Ouest dans la guerre froide. Après tout, Samuel Huntington, a inclu le monde chrétien orthodoxe parmi les plusieurs civilisations impliquées dans le choc culturel avec l’Occident.

L’occupation US de l’Irak ne serait mieux accueillie si les Irakiens étaient des Chrétiens

Aujourd’hui, l’occupation US de l’Irak ne serait mieux accueillie si les Irakiens étaient des Chrétiens. Les Etats-Unis n’ont pas renversé Saddam Hussein, un chef profondément laïque et nationaliste, parce qu’il était musulman. D’autres peuples arabes auraient toujours soutenu les Arabes irakiens dans leur traumatisme de l’occupation. Nulle part les gens ne se réjouissent de l’occupation et la tuerie de leurs concitoyens aux mains des troupes étrangères. En effet, des groupes menacés par de telles forces externes s’efforcent toujours de trouver des idéologies appropriées pour glorifier leur lutte de résistance. La religion en est une.

Voilà donc le portrait imaginaire d’«un monde sans Islam». C’est un Moyen-Orient dominé par le christianisme orthodoxe oriental – une église historiquement et psychologiquement méfiante de, voire hostile à, l’Occident. Même déchiré par des différences importantes ethniques, voire sectaires, ce Moyen-Orient possède un sens aigu de conscience historique et de griefs contre l’Occident. Il a été envahi à plusieurs reprises par des armés impérialistes occidentaux; ses ressources pillées; ces frontières redessinées par des décrets occidentaux en conformité avec les différents intérêts de l’Occident; et des régimes installés accommodants aux dictats occidentaux. La Palestine brûlerait toujours. L’Iran serait toujours profondément nationaliste. Nous verrions toujours les Palestiniens résister contre les Juifs, les Tchétchènes résister contre les Russes, les Iraniens résister contre les Britanniques et les Américains, les Cachemiris résister contre les Indiens, les Tamiles résister contre les Cingalais au Sri Lanka, et les Uigurs et les Tibétains résister contre les Chinois. Le Moyen-Orient aurait toujours un modèle historique glorieux – le grande empire byzantin avec plus de 2000 ans d’histoire – avec lequel il s’identifierait comme un symbole historique et religieux. Ceci, à plusieurs égards, perpétuerait le fossé Est-Ouest. Ceci ne présente pas une image réconfortante et complètement pacifique.

L’Islam comme force culturelle et morale

Evidemment, il est absurde de prétendre que l’existence de l’Islam n’a pas eu d’impact indépendant sur le Moyen-Orient ou sur les relations Est-Ouest. L’Islam a fourni une force unificatrice d’un haut niveau à travers une large région. Comme une foi universelle, elle a créé une vaste civilisation qui partage des principes communs de philosophie, arts et société; une vision d’une vie morale; un sens de justice, jurisprudence et une bonne gouvernance – le tout dans une culture raffinée profondément enracinée. Comme une culture et une force morale, l’Islam a aidé à combler les différences ethniques entre les divers peuples musulmans, les encourageant à se sentir concernés comme une part d’un plus grand projet civilisationnel musulman. Rien que cela donne à ce projet un poids important. L’Islam a également affecté la géographie politique: S’il n’y avait pas eu d’Islam, les pays musulmans de l’Asie du Sud et du Sud-Est – notamment le Pakistan, le Bangladesh, la Malaisie et l’Indonésie – seraient aujourd’hui enracinés dans le monde hindou.

La civilisation islamique fournissait un idéal commun auquel tous les Musulmans pouvaient faire appel au nom de la résistance contre l’empiètement occidental. Même si cet appel échouait à arrêter la marée impériale occidentale, il a créé une mémoire culturelle d’un destin généralement partagé qui n’a pas disparu. Les Européens étaient capables de diviser et conquérir beaucoup de peuples africains, asiens et américains latins qui sont tombés séparément devant la puissance occidentale. Une résistance transnationale unie entre ces peuples, était difficile à atteindre dans l’absence de tout symbole commun ethnique ou culturel pour la résistance.

Pourquoi les Etats-Unis sont en train de se casser les dents sur le monde musulman

Dans un monde sans Islam, l’impérialisme occidental aurait trouvé la tache de diviser, conquérir et dominer le Moyen-Orient et l’Asie, bien plus facile. Il n’y aurait pas eu de mémoire culturelle collective d’humiliation et de défaite à travers une vaste région. Cela est la raison principale qui explique pourquoi les Etats-Unis sont en train de se casser les dents sur le monde musulman. Aujourd’hui, les intercommunications globales et les images satellitaires partagées ont créé une forte auto-conscience parmi les Musulmans et un sens d’un plus grand siège impérial occidental contre une culture islamique partagée. Ce siège ne concerne pas la modernité; il concerne la quête occidentale incessante pour la domination de l’espace stratégique, les ressources et même la culture du monde musulman – le trajet pour créer un Moyen-Orient «pro-américain». Malheureusement, les Etats-Unis supposent naïvement que l’Islam est tout ce qui se met sur son chemin menant au prix à gagner.

Mais qu’en est-il du terrorisme – la question la plus urgente que l’Occident associe presque immédiatement avec l’Islam aujourd’hui? Dans une nette franchise, le 11-Septembre, aurait-il eu lieu sans l’Islam? Si les griefs du Moyen-Orient, enracinés dans des années de colère émotionnelle et politique contre les actions et la politique US, avaient été enveloppés dans une autre bannière, est-ce que le résultat serait largement différent? Encore, il est important de se rappeler combien facilement la religion peut-elle être invoquée même si d’autres rancunes de longue date sont à blâmer. Le 11-Septembre 2001 n’était pas le début de l’histoire. Pour les pirates de l’air d’al-Qaïda l’Islam jouait le rôle d’une loupe dans le soleil, rassemblant ces griefs collectifs répandus et partagés, et les concentrant dans un rayon intense, un moment de clarté de l’action envers un envahisseur étranger. [...]

Si l’Islam déteste «la modernité», pourquoi aurait-il attendu jusqu’au 11-Septembre pour lancer ces attaques? Et pourquoi des penseurs islamiques majeurs au début du XXe siècle parlèrent-ils du besoin d’adopter la modernité tout en protégeant la culture islamique? La cause d’Oussama Bin Laden dans ses premiers jours ne concernait pas la modernité du tout – il a parlé de la Palestine, des bottes américaines sur les terres de l’Arabie Saoudite, des gouverneurs saoudiens sous le contrôle des Etats-Unis, et des «croisés» modernes. Il est frappant qu’il fallait attendre aussi tard que 2001 pour voir la première grande ébullition de la colère musulmane sur le sol des Etats-Unis, en réaction à la politique US et à des événements accumulés tout autant historiques et récents. Si ce n’était pas le 11-Septembre, un événement similaire était fatalement à arriver.

Et même si l’Islam comme un vecteur de résistance n’avait jamais existé, le Marxisme l’a fait. C’est une idéologie qui a engendré un nombre incalculable de terroristes, de guérilla et des mouvements de libération nationale. Il a façonné l’ETA basque, le FARC en Colombie, le Shining Path en Pérou, et la Faction de l’Armée Rouge en Europe pour ne nommer que quelques-uns en Occident. George Habash, le fondateur du meurtrier Front Populaire de la Libération de la Palestine , était un chrétien grec orthodoxe et un marxiste qui avait étudié à l’université américaine de Beyrouth. Dans une époque où le nationalisme arabe en colère flirtait avec un marxisme violent, beaucoup de Palestiniens chrétiens ont accordé leur soutien à Habash.

Les peuples qui s’opposent à la domination étrangère

Les gens qui s’opposent aux oppresseurs étrangers cherchent des bannières pour propager et glorifier la cause de leur lutte. L’internationale lutte des classes pour la justice fournit un bon élément mobilisateur. Le nationalisme est encore mieux. Mais la religion fournit le meilleur de tous, en faisant appel aux plus hautes énergies pour défendre sa cause. Et partout, la religion peut toujours servir pour soutenir l’ethnicité et le nationalisme alors même qu’elle les transcende – notamment si l’ennemi est d’une religion différente. Dans de tels cas, la religion cesse d’être essentiellement la source d’affrontement et de confrontation mais sert plutôt de véhicule. La bannière du moment peu disparaître mais les griefs demeurent.
Nous vivons une époque où le terrorisme est l’outil de choix du faible. Il entrave déjà la puissance sans précédent des armés US en Irak, Afghanistan et ailleurs. Et c’est ainsi que Bin Laden dans beaucoup de sociétés non-musulmanes fut appelé le «prochain Che Guevara». Ce n’est rien moins que l’attrait d’une résistance réussie contre le pouvoir américain dominant, le faible contre-attaque. Un attrait qui transcende l’Islam ou la culture du Moyen-Orient.

L’impact de l’empreinte globale massive de l’unique super puissance du monde

Mais la question reste de savoir si le monde serait plus pacifique, si l’Islam n’avait pas existé. Devant ces tensions entre l’Est et l’Ouest, l’Islam ajoute incontestablement un élément supplémentaire émotionnel, une couche supplémentaire de complications pour trouver des solutions. L’Islam n’est pas la cause de tels problèmes. Cela peut paraître raffiné de chercher des passages dans le Coran qui semblent expliquer «pourquoi ils nous haïssent». Mais cela s’éloigne aveuglement de la nature du phénomène. Quelle idée confortable que d’identifier l’Islam comme la source «du problème»; c’est certainement bien plus facile que d’explorer l’impact de l’empreinte globale massive de l’unique super puissance du monde.
Un monde sans Islam verrait toujours la plupart des rivalités tenaces meurtrières dont les guerres et les malheurs dominent la scène géopolitique. Si ce n’était pas la religion, tous ces groupes auraient trouvé d’autres bannières en dessous desquelles ils exprimeraient leur nationalisme et leur quête pour l’indépendance. Bien sûr, l’histoire n’aurait pas suivi exactement le même chemin comme elle l’a fait. Mais au fond, le conflit entre l’Est et l’Ouest reste toujours à propos des grandes questions historiques et géopolitiques de l’histoire humaine: l’ethnicité, le nationalisme, l’ambition, l’avidité, les ressources, les chefs locaux, le territoire de domination, le profit financier, le pouvoir, les interventions et la haine des étrangers, des envahisseurs et des impérialistes. Confronté à des questions intemporelles comme celles-ci, comment le pouvoir de la religion pourrait-il n’être pas invoqué?

Souvenons-nous aussi que pratiquement tous les principaux horreurs du XXe siècle vinrent presque exclusivement des régimes strictement laïques: Léopold II de Belgique au Congo, Hitler, Mussolini, Lénine et Staline, Mao et Pol Pot. C’étaient les Européens qui ont imposé leurs «guerres mondiales» par deux fois au reste du monde – deux conflits globaux dévastateurs sans aucun vague parallèle dans l’histoire islamique.

Quelques-uns aujourd’hui pourraient souhaiter un «monde sans Islam» dans lequel ces problèmes n’auraient vraisemblablement jamais eu lieu. Mais, en vérité, les conflits, les rivalités et les crises d’un tel monde pourraient ne pas apparaître si largement différents de ceux que nous connaissons aujourd’hui.

Ayman al-Zawahri promet de venger Abou Laïs al-Libi (Vidéo)

Le numéro deux d’Al-Qaeda, Ayman al-Zawahri, a promis de venger la mort de l’ancien commandant en chef du groupe islamiste en Afghanistan, Abou Laïs al-Libi, dans une vidéo diffusée sur Internet. « Notre sang n’a jamais été versé sans réponse », déclare Zawahri dans ce document. Al-Libi, qui passait pour l’un des six principaux lieutenants d’Oussama Ben Laden, a été tué dans la province pakistanaise du Nord-Waziristan à la fin janvier, probablement par un tir de missile US.
« Si l’un de nos chefs meurt, un autre prend sa place », assure Zawahiri sans préciser qui est visé par ses menaces. « Alors cherchez de l’aide, ô États-uniens et agents des États-uniens (…) auprès de ceux qui cherchent une porte de sortie (…) Ils ne seront d’aucune aide pour vous », dit-il en faisant référence aux dignitaires religieux musulmans qui ont critiqué les jihadistes.

Appel au Peuple algérien

Algériens, Algériennes,

Notre pays va mal. Notre avenir est en danger, celui de nos enfants risque d’être irrémédiablement compromis.

Un demi-siècle après une indépendance qui était censée fonder un Etat algérien social et démocratique, souverain, dans le cadre des principes islamiques, l’Algérie est aujourd’hui rongée par le despotisme, la corruption, l’injustice, la misère et le désespoir.

La racine principale du mal est connue : la confiscation du pouvoir et des richesses du pays par une poignée de généraux. Le bilan du régime en place n’est plus à faire : étouffement des libertés, exclusion politique, instrumentalisation du droit, régression économique, dislocation sociale et crise identitaire. Même sur le plan sécuritaire la situation demeure précaire, contrairement au discours officiel. Les événements tragiques que continue de connaître notre pays nous le rappellent quotidiennement, hélas, de façon sanglante.

Jusqu’à quand continuerons-nous à compter nos morts, nos disparus, nos jeunes rejetés par la mer, nos suicidés, nos drogués, nos écoliers exclus et sans avenir, nos milliards dilapidés, nos émeutes quotidiennes ?

Peuple algérien,
Le salut de notre pays exige un changement radical responsable, à la hauteur de tes convictions, aspirations et ambitions légitimes. Tu as le droit de vivre libre et digne dans un pays prospère, dans un pays de justice, un pays pour tous ses enfants.
La situation que tu vis n’est pas une fatalité. Le changement est possible. Il requiert ton adhésion et ton engagement dans un effort collectif à ta portée. Aujourd’hui tous les peuples du monde prennent leur destin en main et se libèrent de la dictature. Tu es en mesure d’en faire de même. Tes valeurs, ton histoire et ta fierté t’en rendent capable.

Peuple algérien,

Le Mouvement Rachad est né. Il sera ton instrument pour le changement que tu attends.

Rachad n’est pas un parti politique, mais une force de rassemblement visant l’établissement, par les voies non violentes, d’un Etat de droit d’où seront bannis pour toujours l’arbitraire, l’injustice et l’exclusion.
Ce Mouvement est le tien. Tu es appelé à réfléchir sur le projet de plateforme qu’il te soumet, à le débattre, l’enrichir et enfin le mettre en application.

Peuple algérien,

Œuvrer pour un changement de cette importance nécessite l’adhésion de tous et Rachad est ouvert à toute initiative qui vise à jeter des ponts entre les acteurs politiques, syndicats et personnalités d’horizons divers, à bâtir des relations de confiance entre eux et à contribuer à leur rassemblement.
Rachad appelle les agents de l’Etat algérien, civils et militaires, à se mettre au service de leur Peuple qui aspire à l’émancipation. Rachad leur tend la main dans la voie du changement qui sera pour le bien de tous. Rachad n’a d’autre ennemi que les ennemis de l’Algérie !

Peuple algérien,

Encore une fois tu as rendez-vous avec l’Histoire. Prends ton destin en main ! Rachad fait le serment de te servir, et de t’offrir un cadre de rassemblement où s’exprimeront tes griefs, tes douleurs, tes espoirs, tes ambitions et tes actions légitimes.

Peuple algérien,

Ta victoire, celle d’une Algérie digne et juste, est possible. Lève-toi, et tu seras libre ! Lève-toi et Dieu t’aidera ! Qu’Il nous aide tous à accomplir cette mission !

Secrétariat du mouvement RACHAD, pour le changement radical et responsable en Algérie

A. Aroua, M. Dhina, R. Mesli, M. Samraoui, M. L. Zitout

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