Archive pour la catégorie 'Afghanistan'

L’anti-terrorisme menace-t-il nos libertés ? (vidéos)

Depuis les années 1990, et surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis et les États de l’Union européenne ont multiplié les initiatives pour répondre aux menaces du « terrorisme islamiste » : durcissement des législations, renforcement de la coopération antiterroriste internationale, actions ouvertes ou clandestines violant souvent le droit international. Et les effets de sidération produits par des attentats spectaculaires et meurtriers ont largement inhibé l’attention critique des citoyens face aux autres menaces que la plupart de ces initiatives font peser sur les démocraties.C’est de ce constat qu’est né ce livre collectif, destiné à un public large. Réunissant les contributions d’une trentaine de spécialistes européens, universitaires et journalistes, il propose un ensemble sans équivalent d’informations et d’analyses. Elles montrent à quel point la lutte antiterroriste est devenue centrale dans la nouvelle géopolitique mondiale et la vie politique des États démocratiques. Et comment les acteurs en charge de cette lutte (législateurs et politiques, magistrats, services de police et de renseignements, militaires) façonnent un monde d’opérations militaires, d’extension de la surveillance, de pratiques d’exception et de désinformation.Cet ouvrage permet ainsi de mesurer le chemin parcouru par les démocraties occidentales pour limiter les libertés des uns au nom de la sécurité des autres. Un chemin aussi contestable au plan éthique et politique qu’en termes d’efficacité, puisqu’en clivant les sociétés, ces méthodes encouragent souvent la violence qu’elles prétendent combattre.

La suite de l’article et les vidéos sur le nouveau site de Mecanopolis

Afghanistan : La CIA trafique, les soldats trinquent

Après le 11 septembre 2001, Chirac et Jospin jugèrent qu’il était nécessaire d’intervenir aux cotés des USA en Afghanistan. Cette décision fut prise sous le coup de l’émotion provoquée par les attentats de New York et Washington. Une entrée en conflit peut se concevoir. Un transfert de troupes très loin du territoire national peut s’envisager mais il faut, non seulement, dans un état démocratique, avoir établi publiquement « les raisons » qui déterminent ces actions, mais aussi les rendre toujours plus transparentes pour les soumettre à la critique publique et garantir le droit d’investigation de chaque citoyen. Or, aujourd’hui en France, si un quidam quelconque s’inquiète de la cohérence ou de l’incohérence du déroulement des événements du 11/9, il devient immédiatement suspect de révisionnisme ou pire de négationnisme…

Il s’agit pourtant de la vie et de la mort de nos soldats mais aussi de la légalité d’un acte peu banal aux conséquences tragiques pour « les indigènes » : une guerre.
Concernant le 11/9 les grands esprits médiatiques de notre temps de BHL à PPDA en passant par Arditi ont établi une vérité religieuse, un dogme, un tabou : on ne cherche pas, on ne discute pas, on ne s’interroge pas sur « la vérité » assénée par l’État américain.

Les mêmes inconditionnels de l’État US s’étaient transformés en procureurs affirmant, durant la campagne d’attentats en Russie de 2003-2004 menée par les séparatistes tchétchènes, que c’étaient évidemment, sans contestation possible des agents du FSB qui en étaient les auteurs …Dans ce bas monde où l’enfer de Dante règne il ne faut s’étonner de rien mais leurs arguments étaient, pour le moins, péremptoires. Simplement, il s’agissait de la Russie et nous le savons, les russes sont des barbares. Pas l’État américain.
Racisme, superbe idiotie, haine maladive de l’éternelle Russie Orthodoxe.

Et pourtant ce sont ces mêmes russes qui les premiers ont mené une longue guerre qui a, plus sûrement, provoqué la fin de l’URSS que la chute du mur de Berlin.
Mais qui donc s’opposait aux russes en soutenant « les chefs de guerre » et leurs esclaves paysans cultivant le pavot, avec la bienveillance du Pakistan laissant des convois d’armes transiter par ses frontières sous la direction d’un certain Ben Laden ? L’État américain et leur si douce CIA.
Du passé croit-on ? Non.

Aujourd’hui, les USA et leur agence de « renseignement » sont toujours alliés aux « chefs de guerre » et leurs esclaves paysans cultivant le pavot avec la bienveillance du Pakistan laissant des convois d’armes et des produits chimiques « made in Pakistan » (pour transformer la jolie fleur en cocaïne) transiter par ses frontières sous la direction d’un certain … Michel Chossudovsky, professeur en économie politique à l’université d’Ottawa note : « L’héroïne est un commerce de plusieurs milliards de dollars supporté par des intérêts puissants, qui requiert un flux régulier et sécuritaire de la marchandise. Un des objectifs « cachés » de la guerre est justement de restaurer le trafic de la drogue, parrainé par la CIA, à ses niveaux historiques et d’exercer un contrôle direct sur les routes de la drogue.

En 2001, sous les Talibans, la production d’opiacés s’élevait à 185 tonnes, pour ensuite grimper à 3400 tonnes en 2002 sous le régime du président Hamid Karzai, marionnette des États-Unis.
Tout en soulignant la lutte patriotique de Karzai contre les Talibans, les médias omettent de mentionner qu’il a déjà collaboré avec ces derniers. Il a aussi déjà été à l’emploi d’une pétrolière des États-Unis, UNOCAL. En fait, depuis le milieu des années 1990, Hamid Karzai agissait comme consultant et lobbyiste pour UNOCAL dans ses négociations avec les Talibans.
Selon le journal saoudien Al-Watan, « Karzai était un agent en sous-main de la Central Intelligence Agency à partir des années 1980. Il collaborait avec la CIA en acheminant de l’aide américaine aux Talibans à partir de 1994, quand les Américains, secrètement et à travers les Pakistanais, supportaient les visées de pouvoir des Talibans. »

Il est pertinent de rappeler l’histoire du trafic de drogue dans le Croissant d’or, qui est intimement lié aux opérations clandestines de la CIA dans la région.

Avant la guerre soviético-afghane (1979-1989), la production d’opium en Afghanistan et au Pakistan était pratiquement inexistante. Selon Alfred McCoy, il n’y avait aucune production locale d’héroïne.

L’économie afghane de la drogue fut un projet minutieusement conçu par la CIA, avec l’assistance de la politique étrangère américaine.
Comme il a été révélé par les scandales Iran Contras et de la Banque de Commerce et de Crédit international (BCCI), les opérations clandestines de la CIA en support aux moudjahiddines avaient été financées à travers le blanchiment de l’argent de la drogue.

L’hebdomadaire Time révélait en 1991 que « parce que les États-Unis voulaient fournir aux rebelles moudjahiddines en Afghanistan des missiles Stinger et d’autres équipements militaires, ils avaient besoin de l’entière coopération du Pakistan. » À partir du milieu des années 1980, la présence de la CIA à Islamabad était une des plus importantes dans le monde. Un officier du renseignement américain avait confié au Time que les États-Unis fermaient alors volontairement les yeux sur le trafic de l’héroïne en Afghanistan.
L’étude d’Alfred McCoy confirme qu’en l’espace de deux ans après le déclenchement des opérations clandestines de la CIA en Afghanistan, en 1979, « les régions frontalières entre le Pakistan et l’Afghanistan devinrent la première source mondiale d’héroïne, fournissant 60 % de la demande américaine. »

Selon McCoy, ce trafic de drogue était contrôlé en sous-main par la CIA. Au fur et à mesure que les moudjahiddines gagnaient du terrain en Afghanistan, ils ordonnaient aux paysans de planter de l’opium comme une taxe révolutionnaire. À cette époque, les autorités américaines refusèrent d’enquêter sur plusieurs cas de trafic de drogue par leurs alliés afghans. En 1995, l’ancien directeur des opérations de la CIA en Afghanistan, Charles Cogan, a admis que la CIA avait en effet sacrifié la guerre contre la drogue à la Guerre froide.
Le recyclage de l’argent de la drogue par la CIA était utilisé pour financer les insurrections post-Guerre froide en Asie centrale et dans les Balkans, y compris Al QBCCIaeda.
Les revenus générés par le trafic de la drogue afghane commandité par la CIA sont considérables. Le commerce afghan des opiacés constitue une grande part des revenus annuels à l’échelle mondiale des narcotiques, estimés par les Nations unies à un montant de l’ordre de 400 ou 500 milliards. Au moment où ces chiffres de l’ONU furent rendus publics (1994), le commerce mondial estimé de la drogue était dans le même ordre de grosseur que celui du pétrole.

Selon des chiffres de 2003 publiés par The Independent, le trafic de la drogue constitue le troisième commerce le plus important en argent après le pétrole et la vente d’armes.
Il existe de puissants intérêts commerciaux et financiers derrière la drogue. De ce point de vue, le contrôle géopolitique et militaire des routes de la drogue est aussi stratégique que celui du pétrole et des oléoducs.

Cependant, ce qui distingue la drogue des commerces légaux est que les narcotiques constituent une source majeure de richesses non seulement pour le crime organisé, mais aussi pour l’appareil de renseignement américain, qui constitue de plus en plus un acteur puissant dans les sphères bancaires et de la finance.
En d’autres mots, les agences de renseignements et de puissants groupes d’affaires alliés au crime organisé se livrent une concurrence pour le contrôle stratégique des routes de l’héroïne. Les revenus de plusieurs dizaines de milliards de dollars provenant du commerce de la drogue sont déposés dans le système bancaire occidental.

Ce commerce peut seulement prospérer si les principaux acteurs impliqués dans la drogue ont des « amis politiques aux plus hauts niveaux ». Les entreprises légales et illégales sont de plus en plus imbriquées, la ligne de démarcation entre « gens d’affaires » et criminels est de plus en plus floue. En retour, les relations entre les criminels, les politiciens et des acteurs du milieu du renseignement ont teinté les structures de l’État et le rôle de ses institutions.
L’économie de la drogue en Afghanistan est « protégée ». Le commerce de l’héroïne faisait partie des plans de guerre. Ce que cette guerre aura accompli, c’est le rétablissement d’un narco-régime dirigé par un gouvernement fantoche soutenu par des États-Unis. ».

Les quelques courageux musulmans de la brigade des stupéfiants de Kaboul, Kandahar ou Jalalabad se font assassinés un à un et la drogue inonde la Russie et l’Occident via Islamabad.
Tout va bien, les trafiquants trafiquent et réinvestissent déjà l’argent sale dans des centres commerciaux mirifiques du nouveau Kaboul, des innocents hommes, femmes et enfants meurent, de jeunes soldats idéalistes bernés, américains ou européens reviennent dans des sacs poubelle…

Ben Laden ? Il s’est rasé la barbe, porte une boucle d’oreille et vend des hamburgers sur les plages californiennes.
Il a pu sauter en parachute de l’avion qui ne s’est jamais écrasé sur le Pentagone.

Jean-Marc DESANTI

Des officiers contestent la présence française en Afghanistan

A l’Elysée, comme à l’état-major ou au ministère de la Défense, certains s’alarment de la montée des critiques qui s’expriment, y compris au niveau des officiers supérieurs. Deux raisons à cette rogne inhabituelle : 1. l’opération du 18 août dernier qui s’est soldée par 10 morts et 21 blessés « en dépit du bon sens », selon la formule d’un général ; 2. les unités françaises sont « sous équipées » alors qu’elles sont désormais envoyée au front.

Dans un document en préparation titré « Interrogations suite aux combats de Surobi », dont le Canard enchaîné devrait publier un extrait dans sa prochaine livraison, des officiers critiquent l’état-major français de Kaboul, et leur reproche de s’être affranchis des informations fournies par le renseignement militaire et d’avoir envoyé des unités dans une zone dangereuse sans surveillance aérienne préalable.

Pire encore, ce document indique que « des hélicoptères SAN américains, quoique armés pour se défendre, on fait demi-tour devant le feu nourri » en abandonnant les soldats français au sort que l’on connait.

Cette réflexion collective devrait parvenir prochainement, par voie hiérarchique amicale au général commandant de la Force d’action rapide, Christian Damay, que les « contestataires croient capable de les entendre 5 sur 5.

A suivre…

Mecanopolis

 

 

Commémoration du 11 septembre : Zawahiri roule pour les américano sionistes

Une veille d’anniversaire du 11 septembre, Ayman Zawahiri, numéro deux de  l’organisation « terroriste »  d’Al-Qaeda, à l’existence surtout virtuelle, ne pouvait la rater. Pour nuire aux siens, les musulmans, et servir ses maîtres, les Américains.

Dans une vidéo diffusée lundi sur la chaîne Al-Jazeera, il s’en est pris avec une rare violence à l’Iran et au Hezbollah. Un discours haineux, sans autre consistance que de jouer les sunnites contre les chiites. Depuis septembre 2001, toutes les actions et tous les discours d’Al-Qaïda servent tellement bien les desseins des militaristes américains qu’il est devneu très clair, pour de nombreux observateurs, que cette organisation n’est qu’un agent des ennemis qu’elle se revendique. Ses violentes diatribes contre l’Iran et la résistance libanaise, incarnée par le Hezbollah, correspondent de manière flagrante à l’agenda politico-guerrier immédiat des Etats-Unis.

Téhéran et le Hezbollah du sheikh Hassan Nasrallah, qui sont considérés par les Américains comme des entraves à leur mise au pas de la région, sont donc des « ennemis communs ». Sur quelle fibre joue le numéro deux de d’Al-Qaeda ? Sur le thème de l’opposition entre sunnites et chiites que des monarchies du Golfe ont alimentée après l’invasion de l’Irak et encore plus fortement avec l’échec de la guerre israélienne au Liban. Cette indéniable victoire politique, mais aussi militaire de la résistance libanaise reste en travers de la gorge de Zawahiri, tout autant que de celles des généraux israéliens et des Américains.

Il est incroyable de l’entendre accuser l’Iran de collusion avec les Américains en Irak, alors que la violence aveugle pratiquée par Al-Qaeda a servi à entraver les mouvements de résistance nationale irakiens authentiques. Ce sont ces actions qui ont créé une situation de défiance confessionnelle en Irak, largement utilisée par l’occupant et ses collabos. Le but étant de casser ce retour de la volonté de résister impulsé par le combat du Hezbollah contre l’agression israélienne. Les arguments de Zawahiri ne convaincront que les ignorants et les imbéciles.

Pour les Américains, Ayman Zawahiri et Oussama Ben Laden sont atouts majeurs, ceux qui légitiment les occupations et le contrôle direct sur les ressources. Tout le contraire d’un Hassan Nasrallah dont la démarche rationnelle et déterminée se base sur un discours responsable et sur une authentique organisation politique. C’est d’ailleurs cet ancrage populaire et cette responsabilité politique qui rendent le Hezbollah si dangereux aux yeux des Américains et des Israéliens. Il ne leur donne pas de prétexte facile pour occuper. Au Liban, il leur a opposé une résistance politique farouche après l’échec de l’entreprise guerrière israélienne, soutenue par les Américains.

Les outrances de Zawahiri, ses discours vindicatifs qui vont dans le sens de certains médias satellitaires arabes spécialisés dans la provocation à la haine confessionnelle, n’ont pas d’effets en dehors des illuminés et des falsificateurs qui gravitent autour d’Al-Qaeda.

Malgré l’ignoble matraquage destiné à entretenir la méfiance entre sunnites et chiites, on sait que le Hezbollah est un authentique mouvement de résistance. On sait aussi quels désastres ont été apportés par Al-Qaeda. On sait que chacun de ses messages ne sert que les desseins des militaristes et politiques de l’impérialisme américano-sioniste.

Le temps est maintenant venu, pour chacun d’entre-nous, de choisir son camp.

Mecanopolis

Al-Qaeda annonce une « surprise » pour le 11 septembre

As-Sahab, l’organe médiatique d’Al-Qaeda, a annoncé cet après-midi du 9 septembre 2008 sur plusieurs sites islamistes un évènement qui “devrait nous réjouir” pour le 11 septembre à venir.

(23:00) Selon le forum El-Eekhlas, il pourrait s’agir d’une nouvelle intervention vidéo d’Oussama Ben Laden qui s’exprimerait à propos de l’implication d’Al-Qaeda dans les attentats du 11 septembre et sur la situation actuelle et futur des activités de l’organisation.

(10/09 22:00) Milles rumeurs circulent sur des possibilités d’attentats sur différents sites islamistes, dont El-Eekhlas principalement. Alger semble prendre l’alerte particulièrement au sérieux (lire notre article Alger, Boumerdes et Tizi-Ouzou sous haute surveillance à la veille du 11 septembre). D’autres informations, invérifiables mais crédibles, font état d’attentats sur le sol européen, en France et en Grande-Bretagne.

La suite se trouve ici > Nouveau message vidéo d’Al-Qaeda : « Bilan de 7 années de croisade »

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Communiqué des Talibans à propos des blessés et des morts français à Sarubi

Dhabihullah (Moujahid) – 27/8/2008

Ces pertes si grandes et révélatrices qui ont touché les troupes françaises le 18 août 2008 à 50 km à l’est de la ville de Kaboul et à 15 km du Centre administratif de Sarubi dans les zones d’Ouzbine et de Sabirkandi qui se situent elles-mêmes dans la zone de Krouj dans la province de Laghman et la zone de Tjab dans la province de Kapisa , en contrebas d’une montagne.

Ces pertes ont été causées suite à une attaque menée par les Moujahidines, héros de l’Emirat Islamique.

Un jour après, la prétendue ISAF, qui n’est autre que le commandement des troupes étrangères coloniales dans ce pays, a déclaré à la presse que durant l’attaque meurtrière seulement 10 personnes avaient été tuées et vingt et une blessées !!!

Il lui incombait notamment de préciser que le régiment de fantassins français était constitué de 100 soldats accompagnés de 18 véhicules et engins militaires. Ils ont été surpris le Lundi après-midi dans la zone d’Ouzbine par une attaque meurtrière: une vaste embuscade menée par des centaines de Talibans.

Durant cette attaque qui a été un succès pour les Moujahidines, ceux-ci ont fait usage d’armes lourdes et légères par alternance.
Très rapidement, cinq véhicules de guerre ont été brûlés ainsi que huit engins militaires de l’ennemi.

La mort et les blessures ont touché des centaines de français à bord de ces véhicules, cinq autres de leurs véhicules sont restés intacts sur le lieu de combat.

Selon un rapport digne de confiance, seulement cinq soldats français appartenant au régiment constitué de cent soldats sont sortis indemnes du lieu de l’attaque et certains d’entre eux auraient abandonné leurs armes en chemin en proies à la peur et l’effroi, armes que les habitants de la région ont prises pour butin.

Selon des médias indépendants, il s’agit de la plus lourde perte causée aux troupes françaises coloniales en une seule attaque des Talibans depuis l’an 2002.

Cette perte causée à l’ennemi n’a pas eu pour seul effet de répandre la terreur au sein des troupes coloniales présentes dans le pays, elle a eut comme résultat notamment d’imposer au président d’un pays important – selon les dires des gens – comme la France d’effectuer un voyage en urgence et imprévu en Afghanistan pour se recueillir auprès de ses soldats morts et rendre visite aux blessés.

L’Emirat Islamique d’Afghanistan réclame en permanence à ces pays qui ont envoyé leurs soldats dans le but de satisfaire l’Amérique – contrevenants ainsi à toutes les chartes et organisations internationales tout cela dans le but d’occuper l’Afghanistan, la France en particulier – de ne pas mettre en péril son prestige national et international pour satisfaire les intérêts américains.

Toutefois, si ces pays demeurent désireux de [poursuivre] cette politique inversée, les afghans sont alors contraints de tuer les troupes occupantes appartenant à n’importe quel pays que ce soit, dans des opérations similaires.

{Et quand on leur dit : “Ne semez pas la corruption sur la terre”, ils disent : “Au contraire nous ne sommes que des réformateurs! ” Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s’en rendent pas compte.} Al Baqara : 11/12


Information:
Porte-parole de l’Emirat Islamique d’Afghanistan-Taliban

Hafiz Muhammad Yussuf (Ahmadi)
Régions Sud-Ouest et Nord-Ouest du pays
Téléphone: 008821621346341
Mobile: 0700886853 – 0707163424 Dhabihullah (Moujahid)
Régions Sud-Est et Nord-Est du pays
Téléphone: 008821621360585
Mobile: 0799169794 – 0707010740

Source : Sawt al-Jihad

François Fillon en croisade contre « le monde musulman » (vidéo)

Le Premier ministre François Fillon a évoqué lundi le prochain envoi de « moyens supplémentaires » en Afghanistan, se plaçant ouvertement dans le cadre d’un combat contre « le monde musulman ».


Intervenant sur Europe 1, Fillon a déclaré : « le conflit va durer, parce que les causes de ce conflit sont très profondes. C’est l’opposition entre le monde musulman et une grande partie du reste de la planète, c’est le conflit israélo-palestinien, c’est les déséquilibres économiques et sociaux qui règnent dans le monde ».

De l’aveu même du chef du gouvernement, l’armée française est donc en croisade contre le monde musulman auxquels appartiennent aussi, faut-il le rappeler, plusieurs millions de citoyens français. Et pour que cette provocation soit complète, Fillon a choisi le premier jour du mois de ramadan pour se lâcher.

Pendant ce temps, un député afghan a accusé dimanche les troupes de l’OTAN d’avoir tué ou blessé plus de 500 civils dans un seul sous-district du sud de l’Afghanistan en l’espace d’une semaine, tandis que l’ONG Oxfam estime que la famine menace plus de 4 millions d’Afghans, du fait du chaos total régnant dans le pays.

Mecanopolis

La crise avec la Russie s’étend à l’Afghanistan

Le domaine de la crise géorgienne ne cesse de s’étendre, confirmant sa puissance et son importance, et son caractère de crise centrale. Cette crise centrale affecte désormais directement, ou absorbe la crise afghane, avec des déclarations de l’ambassadeur russe en Afghanistan faites au Times de Londres aujourd’hui. Les Russes n’ont pas perdu de temps : ils mettent directement en cause l’accord d’avril dernier entre la Russie et l’OTAN pour le transit par la Russie de ravitaillements et d’équipements de l’OTAN destinés à l’Afghanistan.

«Zamir Kabulov, the Russian Ambassador to Afghanistan, told The Times in an interview that he believed the deal was no longer valid because Russia suspended military cooperation with Nato last week over its support for Georgia. Asked if the move by Russia invalidated the agreement, he said: “Of course. Why not? If there is a suspension of military cooperation, this is military cooperation.”

»Mr Kabulov also suggested that the stand-off over Georgia could lead Russia to review agreements allowing Nato members to use Russian airspace and to maintain bases in the former Soviet Central Asian states of Uzbekistan, Kyrgyzstan and Tajikistan. “No one with common sense can expect to cooperate with Russia in one part of the world while acting against it in another,” he said.

»His remarks are likely to alarm Nato commanders because the Taleban have been targeting the supply routes of the alliance this year, mimicking tactics used against the British in 1841 and the Soviet Union two decades ago. Nato imports about 70 per cent of its food, fuel, water and equipment from Pakistan via the Khyber Pass, and flies in much of the rest through Russian airspace via bases in Central Asia. It has not started using the “northern corridor” because the deal – covering nonmilitary supplies and nonlethal military equipment – has yet to be cleared with the Central Asian states involved.

»The need for an alternative route was highlighted by recent attacks on Nato supply convoys, including one that destroyed 36 fuel tankers in a northwestern Pakistani border town in March. Four US helicopter engines worth $13 million (£7 million) went missing on the way from Kabul to Pakistan in April. Last week militants killed ten French soldiers on the same route 30 miles from Kabul.»

Cette idée de rupture de la ligne d’approvisionnement de l’Afghanistan par la Russie est aussi présente dans un excellent article de commentaire d’Anatol Lieven, dans le même Times du même jour. Lieven écrit son article du Pakistan, où il se trouve en visite, où la coalition au pouvoir vient d’éclater, ajoutant le cas de l’instabilité de la direction politique après le départ de Musharaf à l’instabilité tout court du pays: «Moscow has reminded Nato of the importance of Russian goodwill to secure the supply lines of the US-Nato operation in Afghanistan through Central Asia. Alternatively, Nato can become wholly dependent on routes through Pakistan. From where I am sitting, that does not look like a very good move – and where I am sitting at this moment is a hotel room in Peshawar, Pakistan.»

Ces interventions officialisent effectivement l’évidence, depuis le début de la crise géorgienne. La crise en Afghanistan est désormais liée à la crise centrale qui a éclaté avec la Géorgie et elle doit désormais être considérée dans ses rapports avec l’”arc de crise” du Nord (Europe, OTAN, Russie) beaucoup plus que dans ses rapports avec “l’arc de crise” du Sud qui va du Soudan au Pakistan. Hier, les services techniques de l’OTAN s’étaient réunis, sans optimisme excessif, pour examiner la situation en Afghanistan à la lumière des menaces pesant sur ce ravitaillement vers l’Afghanistan par la Russie.

Cette menace se concrétise, contre laquelle l’OTAN ne peut pas grand chose; si elle a signé cet accord avec la Russie, c’est qu’elle en a besoin, dépendant d’une quantité énorme de soutien logistique pour sa guerre en Afghanistan et ayant déjà épuisé toutes les voies naturelles mais souvent incertaines pour le faire transiter. La menace de l’ambassadeur russe met encore plus en évidence la complexité considérable de cette crise où les apparences sont très vite trompeuses, surtout lorsqu’elles se nourrissent à la dialectique virtualiste qui est notre principale activité cérébrale. L’argument occidental que la Russie s’isole avec la crise géorgienne et qu’elle a peu d’atouts dans cette crise, outre qu’il est très fortement contestable de l’aveu même des Occidentaux quand ils consentent à penser hors de leur infernale propagande, l’est stratégiquement encore plus quand on considère cette affaire.

Les déclarations de l’ambassadeur russe renforcent un constat désormais essentiel. La crise de l’Afghanistan, de bourbier périphérique qu’elle était devient une crise directement connectée à l’OTAN et à l’Europe, qui affecte donc désormais directement la stabilité de cet ensemble. Singulier résultat stratégique pour l’Ouest, belle perspective politique et psychologique alors que l’impopularité de la guerre est avérée dans les populations des pays européens qui y participent. Lieven recommande au ministre britannique Milibrand qui va en Ukraine, la prudence et la mesure, au nom du principe de Lord Salisbury, grand secrétaire au Foreign Office du siècle de l’Empire britannique : «Don’t pick a fight you can’t finish» (“N’engagez pas une bataille que vous ne pouvez gagner”). Mais l’Ouest est prisonnière de sa “stratégie”, qui n’est autre qu’un emprisonnement complet dans une dialectique virtualiste de moralisation humanitariste, nécessairement radicale et motrice d’une “montée aux extrêmes” totalement nihiliste. Lorsque BHL remplace à la fois Clausewitz et Lord Salisbury, la stratégie se réduit aux slogans publicitaires du domaine des salons. C’est un peu léger.

Philippe Grasset, pour Dedefensa

Lire sur le même sujet cet article du Monde

Les Etats-Unis vont perdre leurs guerres en Irak et en Afghanistan

Spécialiste de la politique étrangère des Etats-Unis et co-auteur du célèbre The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy (2007), le professeur de sciences politiques à l’Université de Chicago, John Mearsheimer, analyse la politique américaine au Proche-Orient et en Afghanistan.

Al-Ahram Hebdo : Vous soutenez dans vos écrits l’idée que les Etats-Unis vont perdre leurs guerres en Iraq et en Afghanistan. Pourquoi ?

John Mearsheimer : Les Américains vont effectivement perdre leurs guerres en Iraq et en Afghanistan. En Iraq, les Etats-Unis appliquent une stratégie qui vise non seulement la diminution de la violence, mais aussi la création de conditions qui permettraient aux parties en conflit de régler leurs divergences de manière à aider à l’établissement d’un ordre politique stable. C’est à ce moment seulement que les Etats-Unis pourront quitter l’Iraq. La question principale n’est pas de savoir si les Etats-Unis, avec l’augmentation de leurs troupes, ont pu réduire la violence en Iraq. Il est normal qu’avec l’augmentation des troupes, on constate une baisse de la violence. La question centrale est de savoir s’il existe un véritable progrès sur la scène politique iraqienne dans le sens d’un règlement des différends entre les sunnites, les chiites et les Kurdes. Car c’est entre ces différentes communautés que l’on pourrait créer un ordre politique stable.

Mais si vous regardez la situation actuelle en Iraq, on constate qu’on est loin de pouvoir résoudre les divergences interethniques. Donc, il n’est plus désormais question que les troupes américaines rentrent chez elles. Il est plutôt question de garder d’importantes troupes en Iraq pour plusieurs années. L’erreur initiale et monumentale faite par les Etats-Unis était de penser qu’ils pourraient reconstruire l’Etat iraqien sur de nouvelles bases.

- Les Etats-Unis vont-ils aussi perdre, selon les mêmes raisons, leur guerre en Afghanistan ?

- Oui. Les Etats-Unis ont marqué une victoire éclatante contre les Talibans en Afghanistan fin 2001 et début 2002. Ils ont cependant décidé de maintenir d’importantes troupes pour empêcher tout retour des Talibans et créer les conditions favorables à l’établissement d’un gouvernement viable à Kaboul qui pourra administrer l’ensemble du pays.

Mais ce qui s’est passé, c’est que les Talibans sont revenus en force. Ils sont actuellement plus puissants que jamais, à tel point que les Etats-Unis sont obligés d’apporter un soutien militaire au gouvernement afghan plus important que celui prodigué au pouvoir central en Iraq, et que les commandants militaires américains parlent de la nécessité de retirer des soldats d’Iraq pour les envoyer en Afghanistan. Cela veut dire que la situation sur le terrain est de plus en plus mauvaise pour les Américains et leurs alliés en Afghanistan. Et je ne suis pas sûr si les troupes américaines pourraient régler les problèmes qui se posent en Afghanistan. Ce qui me semble plus probable est que les Etats-Unis vont perdre en Afghanistan, comme ce fut le cas pour l’ancienne Union
soviétique et, avant elle, la Grande-Bretagne. Comme en Iraq, les Américains ont pensé au début, à tort, qu’ils pourraient reconstruire l’Etat et la Nation en Afghanistan. Or, les Talibans sont toujours là et narguent le gouvernement pro-américain de Hamid Karzai.

- Pensez-vous qu’à terme, les Talibans pourraient renverser le régime actuel en Afghanistan ?

- Il y a effectivement de fortes chances que le régime afghan soit renversé. Il est évident que ce régime bénéficie de peu de soutien en dehors de la capitale Kaboul. En même temps, les Talibans se renforcent militairement et s’emploient à affaiblir le gouvernement de Karzai. Si les troupes des Etats-Unis se retirent aujourd’hui d’Afghanistan, il est évident que le gouvernement à Kaboul s’effondrera.

- Pensez-vous qu’il y aura des changements dans la politique américaine en Iraq ou en Afghanistan après une éventuelle victoire du candidat démocrate Barack Obama aux présidentielles de novembre prochain, et après le départ du groupe des néo-conservateurs qui entourent l’actuel président George W. Bush ?

- Ce ne sont pas seulement les néo-conservateurs au Parti républicain qui ont un agenda très ambitieux et belliciste. Les Démocrates le sont aussi. C’est pourquoi Barack Obama cherche à se positionner au centre. Les néo-conservateurs ne sont pas un phénomène exceptionnel aux Etats-Unis. Les Américains croient qu’ils sont supérieurs aux autres. L’élite américaine le croit. Elle croit que les Américains sont dans leur bon droit de gouverner le monde. Et Barack Obama ne conteste pas ce point de vue. Il n’a jamais rien dit contre l’avis exprimé par l’ex-secrétaire d’Etat, Madeleine Albright, lorsqu’elle a annoncé que nous, les Américains, sont plus grands et voient mieux.

Il est vrai que les Etats-Unis sont en train de payer un prix très cher en Iraq et en Afghanistan et que ce prix ira croissant. Cette réalité va pousser les Américains à reconsidérer la situation, mais ils ne le feront pas suffisamment.

Les néo-conservateurs continueront à jouer un rôle important dans les années à venir dans la détermination de la manière dont le discours politique sera formulé, et des conditions d’application des politiques. Je ne vois donc pas de grande différence entre Barack Obama et le candidat républicain John McCain. D’ailleurs, ce dernier n’est plus davantage belliciste qu’Obama sur la crise en Iraq. En plus, Obama est souvent décrit par la droite américaine comme un faible candidat. Ce qui pourrait l’inciter à prendre des mesures ou à adopter des politiques dans le but de démentir cette accusation.

- Vous soutenez qu’il n’y aura pas de solution au conflit israélo-palestinien. Quels sont vos arguments ?

- Il existe bien entendu la simple solution de deux Etats israélien et palestinien coexistant en paix côte à côte. Le gouvernement d’Israël et celui des Etats-Unis doivent travailler dans ce sens et engager de sérieuses négociations avec les parties palestiniennes qui croient en cette solution et travaillent dans le sens de créer un Etat palestinien viable. Mais ce qui s’est passé jusqu’ici montre que l’Etat hébreu n’est pas intéressé dans la solution de deux Etats.

- Mais que pensez-vous des pourparlers actuels entre Palestiniens et Israéliens pour régler les différents aspects du conflit qui les oppose et pour jeter les bases d’un éventuel Etat palestinien ?

- Je ne vois aucune solution au conflit israélo-palestinien dans un avenir prévisible. Les Israéliens vont probablement continuer à
construire des colonies et des routes en Cisjordanie et à soumettre la population palestinienne, que ce soit à la rive ouest du Jourdain, à Jérusalem ou dans la bande de Gaza. Il existe effectivement des Israéliens qui pensent que la poursuite de cette situation est désastreuse pour l’Etat juif, puisqu’elle le transforme en Etat d’apartheid. Mais aucun des dirigeants israéliens n’a été jusqu’ici capable de résoudre ce problème ou d’aller de l’avant pour créer un Etat palestinien viable.

Je pense que cela tient en la nature même du système politique d’Israël, car la fragmentation des formations politiques est telle qu’aucun grand parti ne peut prétendre à pouvoir gouverner seul. Il doit, quelle que soit son orientation politique, s’allier à des petites formations forcément ultranationalistes et religieuses. Celles-ci n’accepteront jamais la solution de deux Etats ou de céder sur des questions aussi sensibles que Jérusalem. Elles pourront à tout moment faire tomber tout gouvernement israélien qui chercherait une solution durable basée sur la création d’un Etat palestinien viable.

- Pensez-vous que la menace que représente le mouvement de la résistance islamique (le Hamas) pour Israël, son contrôle de la bande de Gaza et son éventuelle victoire électorale en cas de nouvelles élections dans les territoires palestiniens, pourraient inciter l’Etat hébreu à accepter la solution de deux Etats ?

- Le Hamas lui-même ne favorise pas la solution de deux Etats, puisqu’il parle de la destruction d’Israël. Il ne représente pas non plus une menace militaire sérieuse pour Israël. Mais il est possible que la menace que représente le Hamas devienne suffisamment sérieuse pour qu’Israël, dans l’objectif de l’éliminer, opte pour une coopération avec l’OLP en vue de créer un Etat palestinien. Mais nous n’avons pas vu jusqu’ici d’efforts israéliens en ce sens.

- Vous avez analysé, dans votre livre The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy, le pouvoir écrasant du lobby pro-israélien sur la politique étrangère américaine au Moyen-Orient. Mais d’autres auteurs américains pensent que ce pouvoir serait en déclin et qu’un lobby pro-arabe, en gestation aux Etats-Unis, pourrait entrer en compétition avec lui dans les années à venir. Qu’en pensez-vous ?

- Je ne pense pas qu’il y ait la moindre raison de penser qu’il y aurait un sérieux déclin dans le pouvoir du lobby pro-israélien aux Etats-Unis dans les dix ou quinze prochaines années. Ou de croire qu’il y aurait une diminution de l’attachement à Israël chez les jeunes ou prochaines générations des juifs américains. Ce que je crois, c’est qu’il y a de jeunes et moins jeunes juifs américains qui, ensemble, font que le lobby pro-israélien maintiendra son influence sur la politique étrangère américaine pendant de longues années.

De l’autre côté, je ne vois actuellement ou prochainement aucune possibilité d’apparition d’un sérieux contre-lobby composé de membres de la communauté arabo-islamique aux Etats-Unis. Cependant, il est tout à fait possible que dans les vingt ou vingt-cinq prochaines années, les Arabes américains, quand ils seront mieux intégrés au système politique américain, se trouvent en meilleure position pour contrer l’influence du lobby pro-Israël. Mais ils ont encore un long chemin à parcourir.

Propos recueillis par Hicham Mourad pour Al-Ahram Hebdo (Egypte), semaine du 20 au 26 août 2008, numéro 728

Quatre des soldats français tués en Afghanistan ont été exécutés après avoir été capturés

La guerre en Afghanistan a changé de dimension. Aux Talibans se sont ajoutés des chefs de guerre mais surtout les redoutables Mujahideens qui ont vaincu les Soviétiques. Ce sont eux qui ont tué les 10 soldats français, dont 4 d’entre eux ont été exécutés après avoir été capturés (un signal fort envoyé au gouvernement français). En Face les US/OTAN redoutent par dessus tout cette extension du champ de bataille qui rend leurs troupes plus vulnérables, et ce n’est que le commencement.

Les plans des Etats Unis de renforcer l’OTAN en Afghanistan en envoyant entre 12 000 et 15 000 soldats en plus pour faire face à l’insurrection menée par les Talibans, est également soutenu par des boîtes à penser influentes comme le Senlis Council, qui lui aussi est favorable au déploiement de plus de troupes en Afghanistan.

Pourtant, la nature de la guerre en Afghanistan change, et ce n’est pas les chiffres qui comptent. L’OTAN a approximativement 45 000 troupes dont 15 000 soldats américains, tandis que 19 000 forces opèrent séparément. On a également rapporté que le Pentagone projette de dépenser 20 billions de $ pour doubler la taille de l’armée nationale de l’Afghanistan pour la porter à 120 000 soldats.

Hormis les Talibans, des alliances locales contre l’OTAN entre des chefs de guerre et d’anciens commandants de mujahideens ont ajouté une nouvelle dimension à l’insurrection, en plus d’étendre la résistance à beaucoup de nouvelles zones en Afghanistan.

C’est l’extension du champ de bataille qui alarme l’OTAN, et son dilemme c’est que si elle déverse plus de troupes dans le pays, celles-ci devront être réparties sur un plus large territoire et donc seront sujettes à des attaques ouvertes. L’alternative c’est de céder du terrain aux groupes de résistance.

Un responsable de haut rang afghan qui a récemment été démis de son poste haut placé a dit à Asia Times Online que beaucoup des « nouveaux « insurgés sont d’anciens associés de l’ancien dirigeant des mujahideens et chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar’s Hezb-e-Islami (HI).

Ils avaient été attirés dans le camp américain par différents pots de vin dont des emplois, de l’argent et la possibilité d’occuper des fonctions politiques. On considérait qu’il valait mieux qu’ils se battent au sein du parlement que sur le champ de bataille.

Cependant, une fois que l’insurrection des Talibans s’est enracinée fermement dans le Sud, la directive du gouvernement s’est évaporée et les paysans ont été encouragés à cultiver de l’opium. Dés 2007, une économie parallèle a fleuri et, attirer irrésistiblement par la possibilité de s’enrichir, d’anciens chefs de guerre, des chefs de tribus et d’autres segments de la société se sont rangés du côté des Talibans.

Cette narco économie des Talibans a amélioré leur influence avec une telle efficacité qu’elle a ruiné les efforts des Américains pour éradiquer l’emprise des chefs de guerre, spécialement dans et autour de Kaboul.

Actuellement, les chefs de guerre associés avec Hezb-e-Islami (Khalis group) et le HI d’Hekmatyar, sont à nouveau actifs et ils ont pratiquement assiégé Kaboul – dans la province de Wardak à l’Est, de Kapisa au Nord Est et de Sarobi au Sud.

L’attaque de lundi au cours duquel 10 soldats français ont été tués près de Sarobi (4 d’entre eux ont été exécutés après avoir été capturés) et 21 blessés, a été menée par les combattants fidèles à HI.

Intensification constante de l’action des Talibans

Après avoir été chassés par l’invasion de 2001 menée par les US, chaque printemps les Talibans ont lancé des offensives, bien que les premières aient été symboliques. Jusqu’en 2005, l’OTAN a concentré ses activités dans des poches de résistance des Talibans dans la région frontalière avec le Pakistan.

En 2006, les Talibans ont mené par surprise leur offensive ayant le mieux réussi, s’établissant ainsi comme une force à laquelle l’OTAN devait se confronter. L’OTAN a craint le pire en 2007, mais les Talibans n’ont rien entrepris de nouveau, donc on s’attendait à ce que 2008 soit une année calme.

Rien ne pouvait être moins vrai. Avec la mort de 3 soldats polonais mercredi, 181 soldats étrangers ont déjà perdu la vie en Afghanistan cette année et le nombre de mort à ce rythme là dépassera le record du nombre de soldats internationaux tués en 2007, 222 soldats.

De même, les Talibans se sont concentrés cette année sur des opérations pour couper les lignes de ravitaillement de l’OTAN dans les zones tribales au Pakistan. Certains medias occidentaux ont rapporté une nette détérioration des approvisionnements de l’OTAN, dont le carburant, des armes, et des pièces détachées. (Moscou avait proposé en début d’année de faire transité par son territoire les approvisionnements de l’OTAN mais avec la guerre en Georgie et le gel des relations OTAN/Russie décidée par Moscou, cette offre est morte née ndlt).

L’émergence des chefs de guerre, en plus de poser une menace militaire, crée des problèmes pour l’OTAN qui n’est pas préparée pour un tel développement. Pendant des années, l’OTAN et le renseignement américain se sont concentrés sur les dirigeants talibans connus, pour leur couper les ailes, ainsi qu’à leurs alliés ; maintenant, elle doit faire face à des alliances douteuses entre chefs de guerre dans de nouvelles zones du pays.

Cela va être un combat, comme la montré la récente arrestation de Shahabuddin Hekmatyar du camp de refugiés afghans dans le Peshawar au Pakistan. C’est le frère de Gulbuddin Hekmatyar, mais ce n’est pas un membre de HI et, à la différence de son frère, il n’a jamais appartenu à la résistance contre les Soviétiques.

Il semble que ce soit le Pakistan qui l’ait livré dans le cadre d’un effort désespéré de l’OTAN pour défaire les liens entre le renouveau des chefs de guerre en Afghanistan et l’insurrection des Talibans.

Tout indique que l’OTAN veut s’attaquer au problème par d’importants renforts de troupes. Cela pourrait aider à sécuriser des voies d’acheminement, mais comme les Soviétiques – qui dans les années 1980 avaient plus que doubler le nombre de troupes de l’OTAN actuellement déployés – l’ont appris, ce n’est pas le nombre qui est important.

Source : Asia Times Online

Traduction de Mireille Delamarre pour Planète non-violence

Soldats français morts en Afghanistan : détails de l’opération (vidéo)

L’opération dans laquelle étaient engagés les soldats s’inscrivait dans le cadre de l’extension du mandat des troupes françaises en Afghanistan, et notamment dans la province de Kapisa, décision prise par le président Sarkozy après le sommet de l’OTAN de Bucarest début avril. Les soldats du 8e RPIMa, arrivés le 23 juillet en Afghanistan, figuraient à l’avant-garde d’un convoi, comprenant aussi des troupes de l’armée afghane et des forces spéciales de l’armée américaine, chargé de reprendre le contrôle d’une zone abandonnée aux insurgés entre les provinces de Kaboul et de Kapisa.

Au sein de l’état-major de l’OTAN, à Kaboul, on confirmait, mardi soir, que la mission de ce convoi consistait à sécuriser une route jusque-là considérée comme dangereuse et peu fréquentée entre les districts de Saroubi, appartenant à la région de Kaboul où se trouvent des troupes françaises depuis 2002, et de Tag Ab, dans la province voisine de Kapisa où a été affecté le nouveau contingent envoyé cet été par la France.

Cette route en lacet, interminable et idéale pour les embuscades, ne revêt, en soi, que peu d’intérêt stratégique, car on peut accéder à cette région, connue sous le nom de Kohistan, par d’autres voies. On note juste la présence d’un barrage dans le district de Saroubi. Cette mission consistait à faire le lien entre deux provinces désormais sous contrôle des Français.

Le chef d’état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, a décrit, lors d’une conférence de presse à Paris, ce qu’il a décrit comme “une embuscade bien montée”. “Arrivé à proximité d’un col, le chef de section a fait débarquer l’élément de tête de sa section pour aller reconnaître le site à pied.” C’est à ce moment-là que “le feu nourri” des assaillants a surpris la patrouille. “Le chef de section a été blessé à l’épaule tout de suite, ce qui a contribué à la désorganisation”, a ajouté le général Georgelin, pour lequel l’attaque a correspondu à “un schéma d’embuscade classique”. Puis s’est engagée “une série de combats qui ont duré jusque tard le soir, sur un terrain extrêmement favorable à l’ennemi”, selon le général, tandis que “les appuis aériens étaient apportés par la coalition”.

Ce récit officiel paraît toutefois fort incomplet en comparaison des témoignages de soldats français blessés dans l’embuscad.

Le nombre de victimes s’expliquerait notamment, selon ces soldats, par la lenteur de la réaction du commandement et de sérieux problèmes de coordination. L’unité de reconnaissance chargée d’approcher le col à pied est restée sous le feu ennemi “pendant près de quatre heures sans renfort”. “Nous n’avions plus de munitions pour nous défendre avec d’autres armes que nos Famas”, raconte un blessé.

Les frappes aériennes de l’OTAN censées permettre aux soldats assaillis de sortir du guet-apens ont par ailleurs, selon les blessés, raté leur cible et touché des soldats français, de même que des tirs venant des soldats afghans positionnés en aval. Les communications radio ont par ailleurs été coupées avec les unités du Régiment du marche du Tchad, créant une grande frustration parmi les soldats coincés au col.

“Lorsque nous sommes arrivés à cinquante mètres de la ligne de crête, raconte un soldat, les tirs ont commencé. Ils n’ont pas cessé pendant six heures. Parmi les attaquants, il y avait des tireurs d’élite, ils étaient plus nombreux que nous et nous attendaient. On les entendait recharger leurs armes.”

Les survivants à l’attaque s’interrogent également sur l’absence de mise en veille, comme c’est le cas pour ce type de mission à risque, d’une force d’action rapide. “Il faut près de trois heures pour arriver au col, suffisamment de temps pour que les talibans soient prévenus par des complices de notre arrivée.”

Contrairement à la version officielle, les victimes ne sont pas toutes mortes lors des premiers tirs ennemis mais, selon les soldats interrogés, au fil des affrontements.

La région de l’embuscade, située au nord de Kaboul, a longtemps été sous l’emprise du mouvement islamiste Hezb-e-Islami du chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar. Cette organisation y est toujours présente, mais l’implantation islamiste radicale s’est largement diversifiée. Hekmatyar est passé, comme Jalaluddin Haqqani dans l’est de l’Afghanistan, de la résistance à l’armée russe à la lutte aux côtés du mouvement taliban du mollah Omar.

C’est cette coalition d’insurgés, talibans afghans et combattants d’Hekmatyar, alliés aux talibans pakistanais et à Al-Qaida, qui a tendu un piège mortel aux soldats français.

Lire également le Des officiers contestent la présence française en Afghanistan

Les mensonges de Sarkozy sur l’Afghanistan :

 

Gouvernements et Mafia (vidéo)

La société qui s’annonce démocratique semble être admise partout comme étant la réalisation d’une perfection fragile. De sorte qu’elle ne doit plus être exposée à des attaques, puisqu’elle est fragile ; et du reste n’est plus attaquable, puisque parfaite comme jamais société ne fut. Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi : le terrorisme. L’histoire du terrorisme est écrite par l’Etat, elle est donc éducative. Les populations ne peuvent certes pas savoir qui se cache derrière le terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique.

On se trompe chaque fois que l’on veut expliquer quelque chose en opposant la Mafia à l’Etat : ils ne sont jamais en rivalité. La théorie vérifie avec efficacité ce que toutes les rumeurs de la vie pratique avaient trop facilement montré. La Mafia n’est pas étrangère dans ce monde ; elle y est parfaitement chez elle, elle règne en fait comme le parfait modèle de toutes les entreprises commerciales avancées.

La Mafia est apparue en Sicile au début du XIXe siècle, avec l’essor du capitalisme moderne. Pour imposer son pouvoir, elle a du convaincre brutalement les populations d’accepter sa protection et son gouvernement occulte en échange de leur soumission, c’est-à-dire un système d’imposition directe et indirecte (sur toutes les transactions commerciales) lui permettant de financer son fonctionnement et son expansion. Pour cela, elle a organisé et exécuté systématiquement des attentats terroristes contre les individus et les entreprises qui refusaient sa tutelle et sa justice. C’était donc la même officine qui organisait la protection contre les attentats et les attentats pour organiser sa protection. Le recours à une autre justice que la sienne était sévèrement réprimé, de même que toute révélation intempestive sur son fonctionnement et ses opérations.

Malgré ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas la Mafia qui a subvertit l’Etat moderne, mais ce sont les Etats qui ont concocté et utilisé les méthodes de la Mafia. Tout Etat moderne contraint de défendre son existence contre des populations qui mettent en doute sa légitimité est amené à utiliser à leur encontre les méthodes les plus éprouvées de la Mafia, et à leur imposer ce choix : terrorisme ou protection de l’Etat.

Mais il n’y a rien de nouveau à tout cela. Thucydide écrivait déjà, 400 ans avant Jésus-Christ, dans “La guerre du Péloponnèse” : « Qui plus est, ceux qui y prenaient la parole étaient du complot et les discours qu’ils prononçaient avaient été soumis au préalable à l’examen de leurs amis. Aucune opposition ne se manifestait parmi le reste des citoyens, qu’effrayait le nombre des conjurés. Lorsque que quelqu’un essayait malgré tout des les contredire, on trouvait aussitôt un moyen commode des les faire mourir. Les meurtriers n’étaient pas recherchés et aucune poursuite n’était engagée contre ceux qu’on soupçonnait. Le peuple ne réagissait pas et les gens étaient tellement terrorisés qu’ils s’estimaient heureux, même en restant muet, d’échapper aux violences. Croyant les conjurés bien plus nombreux qu’ils n’étaient, ils avaient le sentiment d’une impuissance complète. La ville était trop grande et ils ne se connaissaient pas assez les uns les autres, pour qu’il leur fût possible de découvrir ce qu’il en était vraiment. Dans ces conditions, si indigné qu’on fût, on ne pouvait confier ses griefs à personne. On devait donc renoncer à engager une action contre les coupables, car il eût fallut pour cela s’adresser soit à un inconnu, soit à une personne de connaissance en qui on n’avait pas confiance. Dans le parti démocratique, les relations personnelles étaient partout empreintes de méfiance, et l’on se demandait toujours si celui auquel on avait à faire n’était pas de connivence avec les conjuré ».

Aujourd’hui, les manipulations générales en faveur de l’ordre établi sont devenues si denses qu’elles s’étalent presque au grand jour. Pourtant, les véritables influences restent cachées, et les intentions ultimes ne peuvent qu’être assez difficilement soupçonnée, presque jamais comprises.

Notre monde démocratique qui, jusqu’il y a peu, allait de succès en succès, et s’était persuadé qu’il était aimé, a du renoncer depuis lors à ces rêves ; il n’est plus que l’arme idéologique de l’impérialisme économique occidental.

MECANOPOLIS

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