Libéré à l’issue de sa garde à vue, le journaliste Guillaume Dasquié a été mis en examen cette nuit
Le co-fondateur du site internet geopolitique.com (spécialisé dans la publication de “documents confidentiels”) est poursuivi pour “détention et divulgation au public de renseignement ou fichier ayant le caractère d’un secret de la défense nationale”.
Une infraction passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende.
L’information judiciaire a été confiée au juge antiterroriste Philippe Coirre.
Guillaume Dasquié a été placé sous contrôle judiciaire, selon une source de l’AFP. Interpellé, puis placé en garde à vue mercredi matin à son domicile parisien par six policiers de la DST qui ont aussi effectué une perquisition avant d’être libéré, il est soupçonné d’avoir publié dans un article du “Monde” du 17 avril 2007 (11 septembre 2001 : les Français en savaient long”) des éléments provenant de rapports de la DGSE (direction générale de la sécurité extérieure).
Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, avait saisi le Garde des sceaux d’une plainte contre X, après la divulgation par le quotidien de ces documents classifiés avertissant d’un détournement d’avion américain huit mois avant le 11 septembre 2001. La plainte concernait “notamment six notes classifiées de la DGSE”. Selon l’article et les documents publiés par “Le Monde“, les services de renseignements extérieurs français avaient alerté en janvier 2001, soit huit mois avant les attentats du 11 septembre, leurs homologues américains d’un projet de détournement d’avion américain par Al-Qaïda.
“Le Monde” précisait alors être en possession de 328 pages de documents de la DGSE frappés de la mention “confidentiel défense”, des “notes, rapports, synthèses, cartes, graphiques, organigrammes, photos satellite”. Le tout représentait “rien de moins que l’essentiel des rapports de la DGSE rédigés entre juillet 2000 et octobre 2001″.
Toujours selon l’AFP, il est également reproché à Guillaume Dasquié la divulgation d’un document du ministère des Affaires étrangères relatif à l’affaire Borrel (magistrat décédé dans des circonstances non élucidées à Djibouti, dont la veuve a porté plainte). Ce document avait été utilisé dans un autre article publié dans “Le Monde“, daté du 10 juin dernier.
Reporters sans frontières a dénoncé dans un communiqué “les méthodes utilisées à l’encontre de Guillaume Dasquié. ” L’association estime que l’”irruption de policiers à l’aube au domicile d’un journaliste” la perquisite et le placement engarde à vue par le contreespionnage “sont des procédés abusifs inédits en France…Guillaume Dasquié fait son métier. Il ne doit pas être traité ainsi”.
Guillaume Dasquié est un invité régulier des plateaux de télévision et d’émissions sur les sujets de défense.





