Archive pour la catégorie 'قَاعِدَة ٱلْجِهَاد'

Antoine Sfeïr fait le lien entre les derniers attentats de Bombay, la crise financière et le 11 septembre

La présence d’Antoine Sfeïr au Forum du journal arabophone « El-Chorouk », à Alger, le 28 novembre dernier a coïncidé avec les attentats de Bombay, en Inde. Ses interlocuteurs l’ont interrogé sur sa lecture des événements.

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Une volonté délibérée de déstabiliser l’Inde

Dans sa réponse, Antoine Sfeïr n’exclut pas un lien entre les attentats de Bombay et la crise financière et économique mondiale.  Il souligne en effet que « le terrorisme n’est pas un phénomène nouveau. L’Europe l’a connu dans le 19ème et 20ème siècle. Ce fut un terrorisme nationaliste ou idéologique, puis un terrorisme identitaire et culturel. Aujourd’hui, des Puissances occidentales ont inventé ce qu’elles appellent terrorisme islamique, dont les objectifs sont sournois. Car jusque-là, personne ne parlait de terrorisme catholique ou terrorisme religieux. Pourquoi lie-t-on aujourd’hui le terrorisme à l’islam ? Moi je refuse catégoriquement l’utilisation de ce terme, et personne n’a le droit de tuer des innocents au nom de Dieu ou de la religion. A-t-on identifié les terroristes ? Sait-on d’où viennent-ils ? Quelles sont leurs revendications ? L’Inde est devenue un pays puissant, avec une population qui dépasse le milliard d’individus, et a réalisé des bonds économiques importants. Cette puissance peut désormais rivaliser avec les Puissances économiques mondiales ».

Antoine Sfeïr  affirme que « la crise a débuté dans le secteur bancaire américain en septembre 2007. Pendant un an, les Américains n’ont rien fait pour la résoudre. Courant l’été 2008, la crise a éclaté. Les grandes banques américaines, avaient beaucoup d’intérêts en Inde, en Chine et dans les pays du Golfe depuis 2001. Avec la crise, ces banques risquent l’effondrement, et ont été rachetées par les banques de second rang. Ce qui menace les fonds indiens, chinois et arabes investis ».

« l’Inde est sur le point de signer un accord nucléaire avec les Etats-Unis. Ce facteur doit être pris en compte pour comprendre les attentats de Bombay. A ces nombreuses questions, je n’ai pas de réponse , mais je pense qu’il y a une volonté délibérée de déstabiliser l’Inde, pour l’empêcher de devenir une Puissance régionale économique, humaine, et nucléaire, qui menace l’Empire américain, lequel cherche à mettre la main sur l’ensemble du monde, économiquement, stratégiquement et militairement ».

L’Iran ne veut pas d’une bombe nucléaire ou des armes de destruction massive

A propos de l’Iran, Antoine Sfeïr indique que « la première chose que ferait le président américain Barack Obama, après sa prise de fonction en janvier prochain, serait de négocier avec Téhéran. Les deux pays ont des intérêts communs. L’Iran est entouré de pays sunnites et est contraint de trouver une protection contre ce danger grâce à un accord avec Washington ». Il ajoute également, que « l’Iran ne veut pas d’une bombe nucléaire ou des armes de destruction massive. Les Iraniens sont conscients que l’accès à ces armes conduit inévitablement à une course nucléaire avec l’Arabie saoudite et l’Egypte, soutenus par leur allié américain. Pendant la guerre Iran-Irak, le monde entier a soutenu Saddam Hussein, à l’exception d’Israël. Les Arabes sont victimes, depuis 50 ans, d’alliances stratégiques qui se sont nouées dans leur dos ».

Quant au conflit israélo-arabe, il est clos selon Antoine Sfeïr. Les Palestiniens ont été forcés d’accepter une solution à minima. Le conférencier est convaincu que « la stratégie des Etats-Unis vise à détourner l’attention vers l’Asie du Sud-est. Le conflit israélo-palestinien, malgré son importance, est sur le point d’être fermé. Ce qui explique que les médias occidentaux tendent à minimiser délibérément ce qui se passe dans l’arène palestinienne. Les massacres commis contre les palestiniens sont devenus des faits divers. »

La suite sur le nouveau site de Mecanopolis

Al-Qaeda annonce une « surprise » pour le 11 septembre

As-Sahab, l’organe médiatique d’Al-Qaeda, a annoncé cet après-midi du 9 septembre 2008 sur plusieurs sites islamistes un évènement qui “devrait nous réjouir” pour le 11 septembre à venir.

(23:00) Selon le forum El-Eekhlas, il pourrait s’agir d’une nouvelle intervention vidéo d’Oussama Ben Laden qui s’exprimerait à propos de l’implication d’Al-Qaeda dans les attentats du 11 septembre et sur la situation actuelle et futur des activités de l’organisation.

(10/09 22:00) Milles rumeurs circulent sur des possibilités d’attentats sur différents sites islamistes, dont El-Eekhlas principalement. Alger semble prendre l’alerte particulièrement au sérieux (lire notre article Alger, Boumerdes et Tizi-Ouzou sous haute surveillance à la veille du 11 septembre). D’autres informations, invérifiables mais crédibles, font état d’attentats sur le sol européen, en France et en Grande-Bretagne.

La suite se trouve ici > Nouveau message vidéo d’Al-Qaeda : « Bilan de 7 années de croisade »

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Le 14 juillet, Sarkozy fera défiler à Paris des troupes d’occupation sionistes

Le fossoyeur Sarkozy ne recule devant aucune provocation. A l’occasion de la “fête nationale” du 14 juillet, il a demandé à ce que des troupes de l’Etat israélien défilent sur les Champs-Elysées. Des troupes de cet Etat, 65 fois condamné par l’ONU, raciste et colonial, qui sème la terreur au Proche-Orient depuis sa création. C’est naturellement une insulte intolérable vis à vis de tous les “patriotes” français, mais aussi de tous les résistants de la juste cause palestinienne.

Dans un cadre individuel, ou au sein de groupes de résistance organisés, tous les moyens doivent être mis en oeuvre pour manifester contre cette ignoble provocation. C’est une question de dignité mais aussi d’honneur pour ceux chez lesquels ces mots ont encore un sens.

مدينة لوس انجلوس الصهيونية في فرنسا الشريك العالم

حفار القبور فان ساركوزي لن تقف عند اي استفزاز. وفي مناسبة “اليوم الوطني” في 14 تموز / يوليو ، وطلب من الجنود ان دولة اسرائيل على Parade الابطال – elysees. قوات تلك الدولة ، وأدانت 65 مرة من قبل منظمة الامم المتحدة ، العنصري والاستعماري ، الذي زرع الرعب في الشرق الاوسط منذ بدايتها. ومن الطبيعي ان لا يطاق اهانة تجاه جميع “وطنيين” الفرنسية ، ولكن من كل من المقاومة الفلسطينية قضية عادلة.

في فرادى او في مجموعات المقاومة المنظمه ، بكل الوسائل يجب ان تنفذ للتظاهر ضد هذا الاستفزاز الغادره. انها مسألة كرامة وانما ايضا تكريما لاولئك الذين في هذه الكلمات لا تزال يكون له معنى.

Les escadrons de la mort de la CIA tuent en toute « impunité » en Afghanistan

La semaine passée, un enquêteur des Nations unies a rendu public un rapport préliminaire soulignant le grand nombre de décès parmi les civils en Afghanistan, souvent aux mains d’unités hors-la-loi dirigées par la CIA ou d’autres agences du renseignement étrangères.

Cet enquêteur est Philip Alston, un professeur de l’Université de New York agissant à titre de Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires pour le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Son rapport lève un coin du voile sur les gestes illégaux des agences du renseignement, des forces d’occupation et de la police afghane dans leur tentative de réprimer l’opposition à l’occupation menée par les Etats-Unis et au gouvernement que ces derniers soutiennent.

Un rapport plus complet sera publié plus tard cette année.

Alston s’est concentré sur les meurtres de civils par les Etats-Unis et les autres forces militaires internationales, citant 200 morts rapportées lors des quatre premiers mois de 2008. Ce chiffre, toutefois, est basé sur les données colligées par les Nations unies et d’autres organisations internationales et est sans l’ombre d’un doute une grossière sous-estimation.

En plus des civils tués dans les raids aériens – visant souvent sans discrimination des habitations civiles – Alston a fait état de « plusieurs raids pour lesquels aucun État ou commandement militaire ne reconnaît sa responsabilité ».

Dans une conférence de presse qu’il a donnée jeudi, Alston a apporté plus de précision sur ce point : « J’ai parlé à plusieurs personnes en lien avec l’activité d’unités de renseignement étrangères. Je ne veux pas les nommer, mais elles occupent les plus hauts niveaux dans les régions où j’ai mené mes enquêtes. Ces forces opèrent avec ce qui semble être une entière impunité. » Les lieux où des incidents ont été cités dans le rapport indiquent que les agences du renseignement en question comprennent la CIA ou des Forces spéciales américaines.

Le rapport signale quelques incidents comme exemple de meurtres extrajudiciaires. En janvier 2008, deux frères furent tués dans un raid sur la province de Kandahar réalisé par des « membres internationaux ». Alston a trouvé que les victimes « étaient largement réputées, même par des représentants gouvernementaux bien informés, n’avoir aucun lien avec les talibans et les circonstances entourant leur mort sont suspectes. Toutefois, non seulement n’ai-je pas pu obtenir la version des faits d’un commandant militaire international, mais je n’ai même pas pu obtenir confirmation d’un commandant militaire international qu’un de ses hommes avait été impliqué. »

D’autres incidents ont impliqué des raids par des Afghans sous la direction de « services de renseignement internationaux » non identifiés menés à partir de bases dans les provinces de Kandahar et Nangarhar.

« Il est absolument inacceptable que des membres lourdement armés d’une force internationale accompagnés de membres lourdement armés des forces afghanes puissent aller là où ils veulent pour réaliser des raids dangereux qui finissent souvent par des morts sans que personne n’en prenne la responsabilité » peut-on lire dans le rapport.

Le quotidien britannique The Independent a donné des informations supplémentaires. Il a noté : « Un responsable occidental bien informé de l’enquête a dit que les unités secrètes sont aujourd’hui encore connues comme des forces de campagne qui furent déployées alors que les Forces spéciales américaines et les espions de la CIA recrutaient des soldats afghans pour les aider à renverser les talibans lors de l’invasion de 2001 sous direction américaine. “Nous avons gardé les plus brillants et plus intelligents parmi les hommes de cette milice, a dit le responsable. Nous les avons entraînés et réarmés et ils sont toujours en action. »

Le quotidien Independent a continué en citant un incident dans lequel les forces britanniques furent impliquées. « Dans la province d’Helmand, là où se trouve la majorité des 7800 soldats britanniques, les Forces spéciales ont été accusées d’avoir tranché la gorge d’un homme dans un raid de nuit qui a mal tourné. Les sources des agences de sécurité déclarent maintenant que l’opération a été organisée par une unité spéciale d’espions. »

Alston a aussi écrit sur les actions de la police afghane. « Elles n’agissent pas en tant que forces faisant respecter la loi et l’ordre, mais en tant que défenseurs des intérêts d’une tribu ou d’un commandant », a-t-il rapporté. Il a cité un incident dans lequel la police afghane a massacré un groupe d’une tribu rivale. Il n’y a pas eu d’enquête par le gouvernement ou les forces d’occupation. Dans un autre incident, la police a tué neuf manifestants et en a blessé 42 autres à Sheberghan en mai 2007.

En général, il a trouvé qu’il y avait très peu d’intérêt parmi les responsables américains ou afghans à suivre les morts civiles. « La complaisance en réponse à ces morts est étonnamment élevée » a-t-il dit.

Lors de la conférence de presse, il a noté « Lorsque je demandais le nombre des morts civiles enregistrées au cours de l’année, je me faisais répondre que ces chiffres ne sont disponibles en Afghanistan – c’est ce que m’ont répondu plusieurs représentants seniors de l’armée – ou encore qu’ils étaient secrets et que l’on ne pouvait me les transmettre. Lorsque je demandais plus d’informations sur certains incidents, dans le but de vérifier si les personnes impliquées avaient bien été punies, on me répondait qu’une telle information n’était pas disponible en Afghanistan et que je devrais plutôt lire les journaux des pays concernés. »

Le fait que la CIA a été impliquée dans des opérations secrètes en Afghanistan n’est ni nouveau ni surprenant. Déjà dans les années 1970, la CIA a développé des liens avec des sections de la population afghane, en particulier des éléments fondamentalistes islamiques, dans sa tentative de miner le gouvernement qui était alors soutenu par l’Union soviétique. Plus tard, la CIA a été très impliquée dans le développement de liens avec les seigneurs de guerre anti-talibans avant l’invasion et l’occupation américaines en 2001.

Après l’invasion, l’Afghanistan, en particulier la base aérienne de Bagram près de Kaboul, est devenu un point de transit pour les prisonniers capturés par les Etats-Unis et que l’on voulait expédier à la prison de Guantanamo, vers des prisons secrètes de la CIA ou vers des pays alliés des Américains pratiquant la torture. Les agences de renseignement américaines auraient également été impliquées dans l’interrogation de prisonniers dans la prison d’Abou Ghraib en Irak.

En 2005, les médias américains ont écrit des reportages sur les opérations des escadrons de la mort soutenus par les Américains en Irak et qui étaient déployés pour tuer des personnes suspectées d’être des opposants à l’occupation américaine. Yasser Salihee, un correspondant spécial de l’agence de presse Knight Ridder qui enquêtait sur les escadrons de la mort, a été tué d’une balle dans la tête en juin de cette année. D’autres reportages montrent comment l’armée américaine a modelé les unités irakiennes sur les escadrons de la mort déployées en Amérique centrale durant les années 1980 pour éliminer l’opposition de gauche aux intérêts américains.

Alors que la plupart des actions de la CIA sont cachées dans une aura de secret, un contractant de la CIA a été poursuivi pour avoir torturé un prisonnier afghan à mort en 2003. Ce contractant, David Passaro, a interrogé et battu le prisonnier, Abdul Wali, pendant deux jours, le blessant si sérieusement qu’il en est mort deux jours plus tard.

Dans une autre affaire, le New York Times a écrit samedi que le Pentagone allait de l’avant avec son projet de construction d’un complexe pénitentiaire de 160.000 mètres carrés à la base militaire de Bagram. La prison actuelle, ainsi que d’autres prisons afghanes et américaines, sont apparemment insuffisantes pour détenir le grand nombre de prisonniers faits par les forces d’occupation.

La nouvelle prison pourra aussi être utilisée pour des prisonniers actuellement détenus à Guantanamo. Elle sera conçue pour détenir jusqu’à 1100 personnes.

Article original anglais paru le 19 mai 2008 sur World Socialist Web Site

« Message à la Nation Islamique », par Oussama Ben Laden (transcription en Français)

Traduction en cours

« La voie à suivre pour libérer la Palestine » par Oussama Ben Laden

Louange à Allah et encore louange à Allah, prières et salut d’Allah sur notre Prophète Muhammad ainsi que sur sa famille et ses alliés.

Ensuite :

Ma Oumma bien-aimée, le Salut d’Allah et Sa Miséricorde sur vous et Sa Bénédiction.

Je m’adresse à vous au sujet de l’embargo qui pèse sur Ghaza et la voie à suivre pour la libérer ainsi que le reste de la Palestine des mains de l’ennemi sioniste.

Pour commencer je dis :

Parmi les plus grands malheurs à la vue desquels se brisent même les cœurs des hommes les plus durs, est de voir leurs propres enfants faire l’objet d’une mort lente à cause de la malnutrition et l’absence de soins et tout cela à cause du blocus injuste.

Ma communauté Musulmane, la Palestine et ses habitants subissent ces deux choses depuis presque un siècle à présent par les mains des chrétiens et des juifs. Ces deux-là ne se sont pas emparé de la Palestine par les négociations et le dialogue mais plutôt par le Fer et le Feu (les armes) et telle est la voie pour la récupérer.

Ne repousse le Fer que le Fer, Allah nous a démontré la manière de mettre fin à la violence des mécréants en disant :

« Combats donc dans le sentier d’Allah, tu n’es responsable que de toi même, et incite les croyants (au combat) Allah arrêtera certes la violence des mécréants. Allah est plus redoutable en force et plus sévère en punition » [an-Nissa’ :84]

C’est donc par l’incitation et le combat que l’on met fin à la violence des mécréants.

Qu’est-ce qui s’interpose donc entre nous et le Jihad?

C’est la grande quantité de chaînes qu’a mis en place cette coalition croiso-sioniste en la personne des gouverneurs de la région, ceux-ci remplissant ainsi ce rôle de même que leurs savants.

Serviteurs d’Allah! L’injuste blocus sur Ghaza a attiré l’attention et confirmé que les fils de la Oumma et ses dirigeants sont acculés par l’ennemi, dénués de leur volonté et privés de leur liberté, sauf celui à qui Allah a fait miséricorde. Son impuissance est apparue clairement ainsi que sa faiblesse, comment une personne faisant elle-même l’objet d’un blocus peut-elle en libérer une autre?

Poésie :

La personne dénuée d‘une chose ne peut l’octroyer à autrui.

Cette dure réalité, il incombe de lui faire face et de s’empresser de trouver des solutions authentiques pour la résoudre, loin des idées stériles et des avis maladifs qui tournent autour de nos ennemis parmi les gouverneurs de la région.

Ma communauté Musulmane, en dépit de ce dur embargo contre toi, il y a là pour toi une occasion immense de recouvrer ta liberté et sortir de l’état de soumission et de suivi à cette coalition croiso-sioniste.

Pour ce faire, il te faut obligatoirement te défaire des liens de l’humiliation et de servilité avec lesquels nous enchaînent les garants de cette coalition que sont les gouverneurs dans nos pays et leurs auxiliaires, autant que de ceux des savants des gouverneurs. Se délier aussi des dirigeants des groupes islamiques qui incluent à présent dans leur méthodologie la reconnaissance officielle du gouverneur qui a trahi la religion et la Oumma ainsi que la participation à l’organisation politique du pays, qu’importe qu’elle soit au pouvoir ou dans l’opposition.

Ou bien encore ces autres groupes qui se sont imposé une si grande mise en garde qu’elle a atteint le niveau de peur les empêchant d’accomplir le Jihad. Le Jihad, cet acte d’adoration qu’interdisent les gouvernants et qui constitue le sommet de la religion. C‘est aussi la voie à suivre pour mettre fin à la violence des mécréants et faire sauter le blocus qui pèse sur les Musulmans.

Certains de ces groupes masquent la connivence avec les gouverneurs et l’inaccomplissement du Jihad par « le bien de la Da’wa » au point que ce slogan est devenu une idole que l’on adore en dehors d’Allah et sous sa prétention, les ordres donnés par les dirigeants de ces groupes sont entrés en confrontation avec ceux d’Allah et ceux du Messager d’Allah -pbsl- et tel est l’égarement manifeste.

Ma communauté Musulmane, il te faut te libérer de ces liens du Faux et te soumettre à Allah et n’adorer que Lui sans rien Lui associer. A ce moment là seulement, l’Homme devient libre, à ce moment là aussi il peut accourir à la libération de sa Oumma, de la Palestine et d’al-Qods. Il verra alors les portes grandes ouvertes sur la Liberté et la Dignité, sur les terrains des Hommes et des batailles, de la mort et du combat dans le sentier d’Allah comme c’est le cas en Afghanistan, au Waziristan, au Maghreb Islamique, en Somalie, au Cachemire, en Tchétchénie et au plus important et le plus nuisible pour l’ennemi, Bagdad et ses alentours, maison du Califat.

C’est dans ces endroits et à l’ombre des épées que croît l’Honneur, tout endroit où germe l’Honneur est bon et sur sa terre les cous des injustes sont frappés et les cœurs des croyants apaisés.

Ma communauté, tu n’es pas sans ignorer qu’aujourd’hui le terrain de Jihad le plus proche pour secourir la Palestine est l’Irak. Il faut donc s’en soucier, s’axer dessus et le soutenir. L’obligation de le secourir est confirmé sur les Musulmans des pays voisins tout comme il incombe aux gens du Cham tout entier, les habitants de la terre bénie de prendre conscience du bienfait immense d’Allah sur eux et qu’ils s’acquittent de l’obligation de soutien à leurs frères Moujahidines en Irak qui pèse sur eux.

C’est aussi une grande occasion et un lourd devoir pour mes frères palestiniens émigrés, ceux dont le chemin entre eux et le Qods a été obstrué, afin qu’ils les apaisent des soucis causés par les coalisés et les groupes qui ont sombré dans la tromperie qu’est la Démocratie. Qu’ils s’empressent de prendre position dans les rangs des Moujahidines sur la terre des Deux Fleuves afin qu’Allah leur accorde la victoire du fait de leur soutien et leur totale remise d’eux-mêmes à Allah.

Puis, qu’ils s’élancent vers al-Qods bénie depuis l’Irak afin que les Moujahidines de l’extérieur rencontrent leurs frères à l’intérieur et qu’ils nous fassent revivre le souvenir de Hittin et que se réjouissent les yeux des Musulmans par la victoire éclatante.

Ma communauté Musulmane, un embargo après lequel s’ensuit la mort fait partie des plus grandes injustices et des plus féroces. Ne s’y propose ni n’y participe qu’une personne dont le cœur est plus dur que la pierre ou pire encore !

Il a été rapporté un récit authentique de notre Prophète -pbsl- dans lequel il dit : « Une femme est entrée en Enfer à cause d’une chatte qu’elle a ligoté et n’a pas nourri et (qu’elle a) empêchée de se nourrir des vermines de la terre jusqu’à ce qu’elle mourût »

Si telle fût sa récompense pour une chatte, qu’en est-il de centaines de milliers d’enfants et de femmes orphelins ? C’est là un discours énorme et un crime gigantesque, mes mots ne suffisent pas à décrire ses misères et à qualifier l’énormité de ces douleurs.

Ma communauté Musulmane, ce blocus meurtrier a débuté après le soutien des arabes d’Annapolis aux américains et au lobby sioniste contre les Moujahidines en Palestine. Ceci constitue un acte annulatoire de l’Islam parmi les dix actes annulatoires, ils sont de ce fait associés à ce crime féroce. Il incombe donc aux Musulmans de les prendre en animosité et d’accourir à leur destitution tout comme il incombe de se désavouer d’eux publiquement dans la mesure du possible, sinon par le cœur.

Ce qui a amplifié ce malheur, c’est que des grands parmi ceux à qui l’on attribut la science et la prédication, se sont présentés à la Oumma dans sa dernière épreuve-ci avec des pensées égarantes lorsqu’ils sont apparus faisant l’éloge des gouverneurs, reposant l’espoir de la Oumma sur eux afin qu’ils fassent sauter le blocus alors qu’ils savent pertinemment que ces gouverneurs sont la base même de ce crime qu’est le blocus.

Poésie :

Celui qui cherche refuge auprès de la prospérité en cas de tristesse

Est semblable à celui qui se protège de l’incendie par le feu ardent

Serviteurs d’Allah, nous avons face à nous trois partis. Le premier est celui des Moujahidines et ceux qui les soutiennent, le second est celui des abstentionnistes qui se gardent bien de secourir la Palestine par le Jihad dans la voie d’Allah et ce sans excuse. Et le troisième est la coalition croiso-sioniste et ceux qui les soutiennent et en première ligne les gouverneurs de la région et les savants du Mal.

Le bienheureux est celui qui se positionne dans le premier parti, je demande à Allah de me compter et vous-même au nombre des bienheureux.

Le frustré est celui qui se trouve dans le deuxième parti qui se garde de secourir la religion et le malheureux est celui qui fait partie du troisième, qu’Allah nous en préserve ainsi que vous aussi.

En conclusion, je dis que la Palestine ne nous reviendra pas par les négociations des gouverneurs serviles et leurs stratagèmes, ni par les manifestations des prédicateurs abstentionnistes et leurs votes car ces deux-là sont deux causes du malheur de la Oumma.

Mais elle nous reviendra plutôt – avec la permission d’Allah- si nous nous réveillons de notre insouciance et si nous nous accrochons à notre religion et lui sacrifions nos personnes et nos biens.

Poésie :

Ô toi l’insouciant léthargique prends garde!

Car le pire des jours est celui où l’on repoussera le négligeant

Quelle est la valeur de la vie d’un homme s’il devient esclave ?

Sa terre gouvernée par un malheureux damné

Il y a dans ma terre de nombreuses bases pour [les forces de] la mécréance

Chaque tyran en ajoute à sa guise

Le jour où vous avez troqué le Jihad contre la négligence

Vos maîtres et vos chefs sont devenus vils

Nous voyons donc la mort comme un soulagement si…

Les Juifs et les escadrons nous ont dominés

Les terres d’al-Qods sont conquises

Ô gens où sont vos promesses et menaces?

Et un orphelin qui se tord de douleur à cause de la faim

Alors que les Riyal et les salaires coulent à flot

Ô tyrans nous sommes lassés de vos chaînes

Et sous la domination les lions dorment-ils ?

Ô fils de la Oumma levez-vous et élancez-vous!

Faites don de votre sang pour secourir la Vérité

Lorsque la croyance est menacée

N’importe quel sacrifice est bon marché excepté la mort

Je ne vis et n’offre ma vie que pour ma religion

Pour sa lanterne mon sang est un combustible

Donc, sans l’Islam c’est l’humiliation éternelle

Et les têtes seront dressées lorsqu’il l’emportera

Ô mon Seigneur, soulage nous ainsi que nos frères sous le blocus en Palestine et dans les autres terres des Musulmans.

Ô mon Seigneur, secoure les Moujahidines en Palestine, en Irak, en Afghanistan, au Maghreb Islamique, dans la Péninsule des arabes, en Somalie, en Tchétchénie et ailleurs.

Ô mon Seigneur, charges toi de nos ennemis parmi les juifs et les chrétiens et leurs alliés. Ô mon Seigneur, charges toi des tyrans arabes et étrangers et leurs alliés car tu es Capable sur eux.

Ô mon Seigneur, Ô Majestueux et Plein de Générosité, Ô Majestueux et Plein de Générosité, il n’y a de Force et de Puissance qu’en Toi.

Aie pitié de notre faiblesse, renforce notre ardeur et raffermis nos pas, raffermis nos tirs et unifie nos rangs et donne nous la victoire sur les peuples mécréants, Tu nous suffis et quel bon Garant que Toi.

Notre dernière invocation est la Louange à Allah Seigneur de l’Univers.

Source : RafidaynCenter

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L’encyclopédie du jihad de Mustafa Setmariam Nasar, alias Abu Musab al-Suri / دليل للجهاد ابو مصعب سوريا

En octobre 1989, le colonel William Lind (Corps des Marines) publiait avec trois co-auteurs, un article sur l’émergence d’une nouvelle forme de guerre appelée «guerre de la quatrième génération».

Cet article devait avoir un important retentissement dans les milieux académiques et militaires. Quinze ans plus tard, après trois ans de rédaction, le jihadiste Mustafa Setmariam Nasar, alias Abu Musab al-Suri, publiait une volumineuse encyclopédie du jihad (plus de 1 600 pages) sous le titre «L’appel à la résistance islamique globale». Dans son analyse, Al-Suri reprenait – de manière implicite – des points soulevés par Lind dans son analyse. Dans l’article ci-après publié dans le Terrorism Monitor de la Jamestown Foundation (vol. 4, numéro 18, 21 septembre 2006), Andrew Black, analyste auprès de l’Intelligence and Terrorism Analysis Group at Applied Marine Technologies Inc (AMTI), compare quelques éléments des articles de Lind et d’Al Suri. – Nous remercions ici la Jamestown Foundation d’avoir autorisé la traduction de cet article.

Le très influent et volumineux traité publié en janvier 2005 sous le titre «L’appel à la résistance islamique globale» représente le point culminant de l’œuvre de l’idéologue jihadiste Abu Musab al-Suri (alias Mustafa Setmariam Nasar). Il fournit une matrice stratégique au jihad salafiste global. Cet ouvrage, unique par son approche presque scientifique et auto-réflexive, fournit des détails sur la manière dont le jihad devrait poursuivre ultérieurement sa campagne. Sans le reconnaître explicitement, le manifeste stratégique d’Al Suri présente plusieurs doctrines identiques à celles de la guerre de la 4e génération (G4G) esquissées par l’analyste militaire William Lind. Une raison possible de l’omission de la citation des écrits de Lind réside probablement dans le fait que l’ouvrage d’Al Suri représente une étape significative dans le développement de la doctrine de la G4G.

La doctrine de la guerre de la 4e génération

Dans un numéro de la gazette du Corps des Marines publiée en 1989, William Lind et ses co-auteurs ont esquissé ce qu’ils pressentaient être la nouvelle génération de la guerre. Alors que beaucoup ont vu dans cet article une contribution fondamentale sur l’aspect changeant de la guerre, d’autres ont été frappés de voir comment elle était applicable au phénomène international du terrorisme. Lind a également vu le lien entre la G4G et le terrorisme et l’a traité exhaustivement dans l’article. Des individus comme Abu Ubayd al-Qurayshi et, plus récemment, le susmentionné Abu Musab al-Suri ont repris les doctrines discutées par Lind et ont traité la question des enseignements à en tirer pour les jihadistes dans leur soulèvement global.

Les auteurs ont observé que les terroristes efficaces ont tendance à opérer plus ou moins en accord avec les doctrines de la G4G. De manière identique à un soldat de la G4G, les terroristes sont presque totalement dépendants des pays et des sociétés de leurs ennemis alors qu’ils opèrent selon des ordres de mission larges. De plus, ils opèrent sur un champ de bataille très disséminé au sein duquel la manoeuvrabilité est décisive. C’est sur ces domaines primaires – entre autres – que les stratèges d’Al Qaida se sont concentrés à l’origine et qu’Al Suri a développé sa doctrine de la G4G.

«Nizam, al Tanzim»

Au travers de ces écrits, il devient évident qu’Al Suri vise à révolutionner le jihad salafiste global en décentralisant encore plus le mouvement et en limitant ou en supprimant tout simplement l’aspect organisationnel. Les écrits et enseignements d’Al-Suri, qui remontent à l’époque où il séjournait en Afghanistan à la fin des années 1990, présentent l’adaptation jihadiste la plus évoluée de la G4G. L’élément primaire de l’itération de la G4G par Al Suri repose dans le slogan «nizam, la tanzim» (système, mais pas organisation). Cette phrase implique un certain nombre de doctrines de la G4G et démontre une évolution significative dans l’utilisation de «l’intention du commandant», de la dissémination du champ de bataille et de la décentralisation de la logistique.

Intention du commandant

De tous les éléments primaires de la G4G développés par Al Suri, aucun n’a subi une évolution similaire à «l’intention du commandant». Dans la description de la G4G de Lind, la notion d’intention du commandant constitue une caractéristique intégrale de la dissémination du champ de bataille. Comme l’affirme Lind de manière succincte, la dissémination du champ de bataille «exigera même du plus bas niveau [de la direction stratégique] d’opérer de manière flexible sur la base de l’intention du commandant». Selon le modèle de Lind, les individus n’opérent qu’avec un semblant d’appareil de commande et de contrôle.

En comparaison, dans le système individualisé du jihad d’Al-Suri, la fonction de commande et de contrôle revient à chaque agent ou à chaque chef de cellule. En essence, il n’y a pas de hiérarchie organisationnelle de laquelle tirer une quelconque instruction au niveau opérationnel. De fait, comme éléments inhérents d’une structure disséminée et inexistante en tant qu’organisation, les individus fonctionnent de manière autonome selon le principe de l’intention du commandant.

Un autre aspect – plus évolué – réside dans le fait que, comme il n’y a pas de hiérarchie organisationnelle, la notion traditionnelle de «commandant» est légèrement modifiée: au contraire d’un groupe militaire ou terroriste conventionnel, dans lequel existe un minimum de structure organisationnelle, celle-ci est tout simplement supprimée dans le système d’al-Suri. A la place, on retrouvera un leadership idéologique qui n’est pas directement lié à des agents individuels. L’intention du commandant et la planification stratégique du mouvement seront disséminées non par des canaux structurés mais plutôt par des communiqués, des articles sur Internet et des déclarations télévisuelles. Les agents feront toujours référence à leur leadership idéologique. Il s’agit ici d’un schisme dans le jihad salafiste global entre le leadership stratégique et les agents: chacun joue son propre rôle vital dans le jihad, même les agents et le leadership stratégique ne sont plus liés par une organisation. Al-Suri a noté à plusieurs reprises que des individus comme lui qui «possèdent le talent pour réfléchir aux expériences jihadistes et en tirent des leçons pour prédire la nature et les futures confrontations et batailles» ne doivent pas s’isoler et ainsi «combler une lacune importante dans la bataille».

Dissémination du champ de bataille

Dans son article d’origine, Lind décrit la guerre de la quatrième génération comme «non-linéaire, probablement au point de ne pas présenter de champ de bataille définissable». De ce point de vue, le système d’Al Suri coincïde presque parfaitement avec le modèle de Lind, même si dans le jihad d’Al Suri, la dissémination du champ de bataille est accentuée.

Malgré son insistance sur la libération du Dar al-Islam, al-Suri exhorte tous les jihadistes à frapper l’ennemi partout. Il en appelle également à chaque musulman – indépendant du lieu où il se trouve – à se «réveiller de son sommeil» et prendre les armes du jihad. En incitant les masses à se lancer dans le jihad, al-Suri considère la planète entière comme un champ de bataille. Dans ce sens, la conception de Lind de la G4G d’agents opérant sur un champ de bataille indéfinissable a été développée par al-Suri : il inclut des agents qui proviennent directement des sociétés enemies.

Comme on l’a constaté à l’occasion de différents complots ces dernières années, les jihadistes qui sont nés et ont grandi à l’Ouest assument un rôle toujours plus important dans le jihad salafiste global.

Logistique décentralisée

Selon Lind et ses co-auteurs, la «dépendance décroissante d’une logistique centralisée» constitue l’un des aspects important de la G4G. Avec la dissémination du champ de bataille et la distension des liens organisationnels, les agents de la G4G sont – de plus en plus – responsables de leurs besoins au niveau de l’infrastructure. Selon les propos d’al Suri, les individus et les cellules qui participent au jihad global doivent devenir auto-suffisantes du fait d’une structure organisationnelle inexistante et la dissémination complète du champ de bataille. Alors que les agents de générations antérieures pouvaient compter sur leur organisation pour la logistique opérationnelle et le financement, le jihadiste en tant qu’individu constitue l’alpha et l’oméga du processus logistique dans le système d’al Suri. Ceci pourrait constituer un fardeau supplémentaire pour des jihadistes inexpérimentés et mal entraînés opérant dans un environnement hostile (et rendu encore plus hostile par l’augmentation des capacités sécuritaires des différentes institutions). Afin de compenser cela, al-Suri envisage un corps de jihadistes internationaux et itinérants chargés de fournir des fonds et une expertise si nécessaire. Cet arrangement présente cependant un désavantage implicite : si les jihadistes internationaux ne devaient pas participer à des opérations-suicides ou minimiser leurs traces opérationnelles, ceci constituerait une faiblesse importante dans le système, qui pourrait constituer une occasion pour les organes du contre-terrorisme.

Modèle pour l’avenir

Comme le complexe militaro-industriel évolue dans son adaptation et mise en pratique des écrits de Lind, le jihad salafiste global est également en évolution: alors que le processus de maturation continue, l’un des deux scénarios suivants va se réaliser. Soit le système du jihad prôné par Al-Suri va provoquer une phase de recentralisation, soit les écrits d’Al Suri vont se réaliser et on assistera à une insurrection globale autonome.

Dans le premier scénario, les insurgés, opérant sous une notion dégradée de l’intention du commandant vont dévier et modifier leur ligne de conduite stratégique. En réaction directe à l’accent mis par Al Suri sur le jihad individuel, les agents vont, de plus en plus, modifier leur interprétation des normes idéologiques acceptées. Résultat : un système de jihadistes mettant en pratique des tactiques et des stratégies très éloignées de celles adoptées par les dirigeants du jihad global et violant des doctrines idéologiques et religieuses établies depuis longtemps. Alors que ce processus nécessitera sans doute une longue période de maturation, certaines indications laissent à penser que celui-ci est déjà en route. La manifestation la plus évidente et explicite a été observée en juillet 2005 dans une lettre interceptée, addressée par Ayman al-Zawahiri à Abu Musab al-Zarqawi. Dans cette lettre, al-Zawahiri fustigeait les décapitations macabres d’al-Zarqawi et encourageait le défunt leader d’Al Qaida en Irak à «tuer par balle». En réponse à ce processus, les leaders du jihad salafiste global feront un effort accru pour réétablir le jihad sous forme d’organisation («jihad tanzim»). Ceci rendra les agents responsables vis-à-vis de l’organisation tout en améliorant les «standards d’admission» pour les aspirants jihadistes.

Selon l’autre possibilité, les jihadistes suivront les écrits d’Al Suri, opéreront selon les mêmes paramètres que leurs prédécesseurs et établiront une insurrection globale autonome. Comme présenté ci-dessus, ceci conduira à la création spontanée de cellules sur le globe sans affiliation organisationnelle. Les jihadistes apprendront les tactiques sur Internet et par la bouche des combattants revenant des scènes ouvertes du jihad comme l’Irak et l’Afghanistan.

Conclusion

Abu Musab al-Suri a développé l’interprétation la plus évoluée des principes de la doctrine de la guerre de la quatrième generation.

Al-Suri a adapté ces principes et son interprétation afin de la rendre applicable au jihad salafiste global d’une façon encore inconnue à ce jour. Même si on peut trouver des éléments comparables aux écrits d’Al Suri dans la guerre de la troisième génération, ce qui rend Al-Suri unique est son appel à la dissémination de la structure du leadership et donc de l’élément «commande et contrôle» du jihad. Cette décentralisation de l’élément de prise de décision aura un impact profond sur les cibles, les tactiques et la stratégie. Comme on a pu l’observer à Londres, Madrid, Toronto, aux Pays-Bas et ailleurs, les jihadistes dépendent de moins en moins de l’organisation d’Ousama Ben Laden pour leur ligne de conduite opérationnelle et pour leurs besoins logistique.

Entretien avec Omar Bakri

Nous avons réalisé cette interview à Tripoli, dans les locaux de l’école ouverte par Omar Bakri. Il est intéressant d’entendre les positions d’un homme qui se pose en conciliateur de la tendance islamiste avec l’Occident. A chacun de se faire son opinion.

Alain Chevalérias : J’aimerais tout d’abord que vous vous présentiez.

Omar Bakri : Je m’appelle Omar Bakri Mohammad Foustok. Je suis Libanais par la naissance, par l’éducation et par le sang (les biographies le disent pourtant né en Syrie). Je ne suis jamais allé en Syrie, je n’y ai pas de biens, je n’y ai pas étudié et je n’y ai jamais mis les pieds de ma vie. Pour montrer comment les médias occidentaux font mal leur travail. Ils se copient les uns sur les autres sans rien vérifier. Je n’ai jamais dit que j’étais Syrien. Quand on m’interrogeait sur mes origines, je répondais que je venais de ” Bilad ach Cham “, c’est à dire la région du Liban, de la Jordanie, de la Syrie et de la Palestine. Mais personne au Liban n’appartient pas à la Grande Syrie, si on peut dire. Dans mon enfance, j’ai étudié la Charia à l’école ” Imam Ouzaï ” à Beyrouth, où j’étais interne. Puis je suis entré à ” Ibad Ar-Rahmane ” avec le cheikh Abou Omar Ad Daouq. J’ai travaillé sur la constitution islamique, le droit chafiite, les règles de la ” tarika Naqchbandi(1) etc…

A.C. : Voulez-vous dire le soufisme ?

Omar Bakri : Oui, mais les Frères Musulmans, à ” Ibad Ar Rahmane “, se sont séparés de nous. Ils ont formé le ” Jamaa Islamiyya “, avec Fathi Yagan et Fayçal Maoulaoui (2). Mais nous avons tous commencé à ” Ibad Ar-Rahmane “.

A.C. : Vous êtes soufi ?

Omar Bakri : J’ai très bien étudié le soufisme, néanmoins je ne suis pas soufi mais quand on étudie l’islam, il faut s’intéresser à toutes les branches. Je suis un spécialiste des sectes et des groupes de l’islam pour les avoir pratiqués, non pas en tant que ” séculier “, mais en tant que croyant. C’est là toute la différence entre moi et Abdel Bari Atwane (3) et d’autres encore quand ils s’expriment comme experts sur ce sujet. Les ” séculiers “, quand ils parlent, expriment un point de vue politique mais ils n’intègrent pas la dimension théologique. Je ne pense pas que Abdel Bari Atwane sache ce qu’est le ” mourji’sme “, bien que le ” mourji’sme(4) soit un point de différence capital entre les ” salafistes ” et les non-salafistes (5). Après quoi, j’ai étudié à ” Al Azhar ” au Liban, du temps de cheikh Hassan Khaled, pendant environ un an. Puis, en 1978, j’ai quitté le pays après m’être marié. J’avais 17 ou 18 ans. Je ne suis revenu qu’en août 2005. A la Mecque je suis allé à Oum al Qoura, à l’école Souratiyya. Je me suis intéressé au ” déobandisme (6), au ” hanafisme (7), j’ai étudié les règles fondamentales de la jurisprudence des quatre écoles juridiques musulmanes avec les cheikh Hafez Makki, Issa Mansouri, Zahed Rachidi et Abou Ammar. Ils dirigent la madrassa Souratiyya à la Mecque.

A.C. : Ayant étudié le ” déobandisme “, vous devez entretenir de bonnes relations avec les Pakistanais et les Afghans…

O.B. : Oui, parce que je connais le ” déobandisme “, mais aussi le soufisme (…) J’ai fondé le ” Mouvement Khilafat(8) en septembre ou octobre 1985. Puis je me suis installé en Grande Bretagne en 1986. Je suis entré avec un visa de touriste et non pas comme réfugié politique comme on l’a écrit. En Grande-Bretagne, la police ne m’a jamais interrogé. Une fois, à l’instigation d’un élu local, elle a perquisitionné chez moi mais n’a rien trouvé.

A.C. : Vous avez quand même fait parler de vous dans ce pays !

O. B. : J’ai attiré l’attention du public quand j’ai participé à une manifestation à l’occasion du ” Jour de la Terre “, la commémoration de l’agression perpétrée contre le peuple palestinien par les Israéliens. A notre très grande surprise, 15 000 personnes étaient présentes. La police a voulu parler à l’organisateur. Elle s’est adressée à moi. A l’époque, je parlais très mal l’anglais (…) En 1990, deux ou trois hommes sont venus de Jordanie. Avant cela, un autre était venu d’Allemagne, Toufic Moustafa. Ils me savaient attaché aux fondements de l’islam et m’ont donné leurs livres. J’ai été très impressionné. Après deux rencontres, nous leur avons donné l’accès aux 700 étudiants du collège islamique que j’avais créé, la ” London School of Charia “. Puis il y a eu l’affaire de la fatoua à propos de John Major. J’avais édicté une fatoua et les médias ont prétendu qu’elle appelait à tuer John Major (9), le Premier ministre. La police est venue, m’a demandé ce que j’avais dit et est repartie.

A.C. : Etait-ce une fatoua écrite ?

O. B. : Oui. Elle disait : Il n’est pas permis aux musulmans vivant en Royaume Uni de combattre ou de tuer qui que ce soit, parce qu’il leur est interdit de combattre les gens parmi lesquels ils vivent. Cela parce que le visa qui les autorise à entrer dans le pays vaut un traité de paix. Cependant, quand John Major va dans le Golfe, il peut être victime d’attaques de musulmans, parce qu’il n’y a pas de traité avec ceux de ces pays . Ce n’était pas une fatoua appelant à tuer, mais l’élaboration d’une règle islamique pour les musulmans vivant au Royaume-Uni, et non pour nos frères vivant dans les pays du Golfe. La police l’a compris, mais les médias disaient quand même : ” Omar Bakri a appelé à tuer John Major “.

A.C. : Connaissez-vous Hassan Tourabi (10) ?

O.B. : Hassan Tourabi, ce n’est pas Omar Bakri. Il y a une différence entre Hassan Tourabi et Abou Qatada (11), Abou Mohammad al Maqdessi (12) ou moi. Hassan Tourabi est un musulman délicat, doux dans ses propos. De plus, il a un visage sympathique. J’aime peut-être sa manière d’être mais je le désapprouve sur certains points. Il y a une différence entre ces gens modérés et les islamistes de conviction profonde, les islamistes par le cœur et par les actes.

A.C. : Intéressant. Continuons votre histoire.

O.B. : En 1990, le Hezb At-Tahrir (13) n’était pas un groupe. J’ai donné ce nom au mouvement Khilafat et les membres m’en ont confié la direction. C’est tout. Nous avions beaucoup d’activités sur les campus des universités parce que c’est là, qu’à mon avis, le travail doit être concentré… Avec l’aide de Dieu, j’ai réussi à prendre pied dans 57 à 58 campus à travers le pays. J’avais même pénétré la ” London School of Economics “. Il y avait en tant que mouvement estudiantin, 3 ou 4 groupes sous le contrôle d’OBM, OBM abréviation d’Omar Bakri Mohammad.

A.C. : OBM pas OBL…

O.B. : Oussama Ben Laden, entre OBM et OBL il y a quelque différence. Lui c’est un grand homme, une légende en comparaison. L’université est l’endroit idéal pour quelqu’un comme moi, parce que l’on peut y débattre. Mais je suis controversé. Je crois que, dans certains cas, pour réveiller quelqu’un, il faut le taper sur la tête. Si vous l’appelez doucement à se réveiller, il ne vous entend pas. Mes activités portent la marque de ce style percutant. Comme ” Les 19 magnifiques (14), le nom que je donne à mes conférences. Si je les appelais ” terroristes “, personne ne viendrait. Ce ne serait pas extraordinaire si je les surnommais terroristes, tout le monde l’a fait. Puis à la fin de la conférence, à propos des causes du 11 septembre et ses effets, je dis que ce qu’ont fait ces 19 garçons est indiscutablement du terrorisme. Ils sont “ les 19 magnifiques ” mais des ” terroristes “. L’islam ne nous autorise pas à tuer qui que ce soit, civils ou militaires musulmans ou non-musulmans du peuple dans lequel nous vivons. Quittant les lieux, les auditeurs se disent : “ Mon Dieu ! Après toutes les raisons de l’orateur nous a présentées, tout ce que les Etats-Unis ont fait avant le 11 septembre 2001 partout dans le monde !

A.C. : Quelles étaient les activités du Hezb At-Tahrir ?

O.B. : Quand j’étais en Grande Bretagne nous avions beaucoup d’activités dans les campus des universités parce que c’est là, qu’à mon avis, le travail doit être concentré. J’utilisais différents noms, je n’ai jamais utilisé celui de Hezb At-Tahrir ou celui de ” Al Mouhajiroun Society ” parce que le but n’était pas de recruter les gens pour ces groupes mais d’annoncer que l’Islam est la voie de la renaissance et du progrès. Ma mission est d’appeler à l’islam où que j’aille. Je travaille à l’instauration de l’ordre et de la loi islamique. Parce que je suis Omar, en Grande Bretagne, comme Moïse était en Egypte devant Pharaon (15). Je ne parle que du Pharaon du pays où je suis, pas d’un autre. Au contraire de l’opposition irakienne. Elle n’est pas respectable. Vous devez être vous même là où vous êtes. Défiez le Pharaon du pays où vous êtes. Quand je suis au Liban, je défie le Pharaon en place (…) Après le 11 septembre 2001, tout a changé. Je n’ai jamais enfreint la loi au Royaume-Uni. C’est dans les registres, Omar Bakri parle fort contre le pouvoir mais il n’a jamais enfreint la loi.

A.C. : C’est pour cela que vous n’avez pas été arrêté.

O.B. : (Avec un rire de satisfaction) Oui, voyez-vous, j’utilise la marge de la loi. Je ne me suis jamais intégré. J’étais contre l’intégration. Je ne me suis jamais isolé, je suis contre l’isolation. Je suis pour l’interactivité au sein de la société. Je vais partout, je parle aux gens et je fais l’analyse des évènements devant eux. J’ai découvert que dans les années 60 et 70 les populations des pays musulmans venaient en Grande Bretagne pour des raisons économiques. Ces gens ne demandaient qu’un toit, de la viande ” halal ” et quelques mosquées. Or, jusqu’à aujourd’hui, leurs enfants ne parlent pas anglais. Ils parlent bengali, ourdou, hindi. Savez-vous pourquoi ? Parce qu’ils se sont isolés. Puis les enfants sont venus. A la maison, le fils s’appelait Abdeljabbar mais en entrant à l’université, il est devenu ” Bobby “. Sa sœur, Khadija, va à l’école ou à l’université. Ils font la fête avec les autres, boivent et dansent avec eux.

A.C. : A partir de quand les choses changent-elles ?

O.B. : A partir des années 90. Peut-être la culture occidentale est-elle la cause de ce changement, à moins que ce ne soit une croisade lancée contre l’islam. Je dis peut-être. Peut-être aussi le racisme de l’Occident. Pas seulement contre les musulmans mais contre tous les gens de couleur. Les Blancs dansent et font la fête avec Abdeljabbar, mais ils l’appellent ” Paki ” (Pakistanais), après tout ce qu’il a fait pour se faire accepter : il a changé son nom de Abdeljabbar en Bobby, il a remisé son “sharwal-kamis(16) et s’est habillé à la John Travolta. Mais il reste le ” Paki “, un ” putain d’Arabe “. Et ma génération arrive. Elle dit, viens Bobby, tu n’es pas Bobby, mais Abdeljabbar, tu fais partie d’une grande nation, tu es musulman, tu appartiens à une civilisation vielle de 1300 ans. Il n’a plus besoin de changer son nom en Bobby, il est fier, ” je suis mollah Abdeljabbar “, dit-il. Dans les campus de l’université ils se présente comme tel, il peut enfin parler de compassion, d’amour. Il peut créer des associations islamiques.

A.C. : C’est ce que vous avez fait pour eux ?

O.B. : Toutes mes associations, je ne les ai pas intitulées ” islamiques “, parce que je sais qu’on a des problèmes avec ce mot. Je les appelais ” One to one society “, ” Société de la paix “, “ Association intellectuelle “, ” Comité 1924 “. Pourquoi 1924 ? C’est la date de la chute du califat (17). J’utilisais des noms non-islamiques dans les campus pour attirer les gens. Pourquoi ? Parce que l’islam n’est pas une fin en soi. Islam veut dire soumission. Quand on me demande quelle est ma religion, je réponds que je suis ” un soumis “. Que veut dire soumis ? C’est celui qui croit qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Je me soumets au Dieu Tout puissant. Le nom de ma religion en arabe est Islam, en anglais c’est ” submission (18). La soumission aux ordres de Dieu. Les gens d’habitude n’aiment pas parler de trancher la main des voleurs, de la flagellation des fornicateurs, de la lapidation à mort des adultères, de la décapitation des criminels…

A.C. : Vous me permettrez de vous faire remarquer que la lapidation des adultères n’existe pas dans le Coran. Il n’est question que de flagellation.

O.B. : C’est dans la Sunna. Mohammad, paix et bénédiction d’Allah sur lui, a fait lapider à mort la Ghamidiya. La révélation pour moi est le Coran et la Sunna (19). Par exemple, vous ne trouverez pas dans le Coran l’obligation de prier 5 fois par jour. La manière de prier n’est même pas mentionnée. La Sunna explique tout cela en détail. La Sunna est l’élaboration du Coran, les dires du prophète, ses actions, et aussi le consensus des croyants, l’” ijmaa ” en arabe (20). La société musulmane modérée n’approuve pas quand je parle des châtiments corporels, de la lapidation, de l’amputation de la main ou de la décapitation. De toute évidence, ce n’est pas si controversé et les gens veulent savoir. Ils découvrent que dans système islamique il est impossible de condamner un innocent. Regardez combien d’innocents sont condamnés en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis parce qu’ils n’ont pas le système pénal qui existe dans l’islam. Je leur démontre que pour satisfaire aux règles, avant de couper la main d’un voleur, il faut tout d’abord que la société soit islamique, ensuite que l’Etat soit islamique, enfin que la cour soit islamique. Il faut aussi que les conditions de vie de la population soient correctes et que le vol ne soit pas commis sous l’emprise de la faim. Point capital, il faut que l’accusé confesse lui-même sa faute ou que des témoins du délit déposent devant le tribunal. Sinon le châtiment ne peut pas être prononcé. Y compris si des preuves circonstancielles sont apportées. Vous savez, ce genre de preuves stupides que l’on dépose devant les tribunaux.

A.C. : Si vous voulez mais dites-moi quels sont les pays qui appliquent l’amputation de la main ?

O.B. : Le Soudan, l’Iran, l’Arabie Saoudite. Même les Taliban ont fait cela.

A.C. : Respectent-ils les principes que vous avez énumérés ?

O.B. : Non. La question est qu’ils décapitent. Ils tranchent la tête avec une épée. Ce n’est pas un nouveau phénomène, les Français utilisaient la guillotine. C’était quelque chose de civilisé.

A.C. : Pourquoi civilisé ?

O.B. : Dans le passé l’homosexualité était tabou et maintenant…

A.C. : Restons sur notre thème ou je vais m’y perdre. Vous avez présenté des conditions à remplir avant d’appliquer les châtiments en Islam. C’est vrai, ce sont les règles de l’islam. Mais qui les applique aujourd’hui ?

O.B. : Personne ne les applique complètement, d’où les injustices. C’est pourquoi nous appelons à un Etat islamique

A.C. : Même l’Iran et l’Arabie Saoudite ?

O.B. : L’Iran et l’Arabie Saoudite ne sont pas des pays islamiques, ce sont des pays corrompus.

A.C. : Pourquoi les Britanniques vous ont-ils expulsé de Grande-Bretagne ?

O.B. : Ils ne m’ont pas expulsé, je suis parti de mon propre gré. Je suis toujours en avance d’un coup. J’ai dissous les Mouhajirounes en mars 2004 et cela devant des milliers de gens. Toutes leurs branches, aux Etats-Unis, au Pakistan, dans l’île Maurice, au Bangladesh, au Koweït et en Grande-Bretagne. Je les ai dissous parce que je savais qu’ils allaient être interdits. En 2005, Tony Blair pouvait bluffer en annonçant leur bannissement dans un discours en 2005, les Mouhajiroune n’existaient plus depuis 2004. Cette fois-ci encore, avant mon départ de Londres pour le Liban, j’ai donné une conférence de presse à l’hôtel Sheraton devant tous les médias, la BBC, ITV, CNN etc… Je suis l’homme des médias, je les tiens dans ma main, aujourd’hui encore. Regardez, les gens viennent de partout pour écouter Omar Bakri. Pendant la conférence, j’ai dit ne plus être autorisé à vivre au Royaume-Uni, parce que l’islam m’interdit d’habiter un pays où je ne peux pas promouvoir l’islam, que je ne peux pas y promouvoir le bien contre le mal. Si vous ne m’aimez pas, jetez moi dehors, mais ne parlez plus de liberté d’expression. J’utilise la liberté de parole qui existe. Je vais vous dire un secret que je n’ai jamais dit avant.

A.C. : Je ne le répèterai pas !

O.B. : Vous le pouvez ! Les gens se demandaient pourquoi la police ne m’avait jamais interrogé. En fait, elle l’avait fait mais Omar Bakri est différent. J’ai crée des associations islamiques et, parmi elles, une association d’avocats musulmans. Je leur ai demandé de m’expliquer comment le système fonctionnait. Quand le journaliste du Daily Star a écrit : ” Omar Bakri a appelé à tuer John Major “. Je n’ai jamais dit cela, mes propos étaient clairs, je ne suis pas fou et je mesure bien mes mots. Je disais aux musulmans vivant en Grande-Bretagne, vous pouvez dénoncer la politique étrangère britannique, parler sans concession des mauvaises actions commises au nom de la Grande-Bretagne contre le monde musulman mais il vous est interdit d’attaquer physiquement les habitants de ce pays. Dieu vous l’interdit. J’étais capable de contrôler la jeunesse. J’étais capable de canaliser la colère causée par la guerre en Bosnie, au Cachemire, en Tchétchénie, en Irak ou en Palestine. Dans les manifestations, les discussions ou les conférences, j’avais le contrôle de tout ça. Si j’avais été un jihadiste radical, cela aurait été un désastre pour la Grande-Bretagne mais je ne suis qu’un prédicateur radical. Les prédicateurs radicaux sont un gage de sécurité pour encadrer la jeunesse. Nous ne sommes pas une partie du problème mais une partie de la solution.

A.C. : Les Britanniques devraient vous remercier.

O.B. : Maintenant que j’ai quitté, il n’y a pas plus personne pour contenir la colère des jeunes. Ils n’ont plus leur Omar Bakri, leur prédicateur radical, en qui ils avaient confiance et qui leur servait de référence. Abou Hamza est en prison, Abou Qatada aussi, Omar Bakri est interdit de séjour. Je n’ai pas fait appel contre cette décision. Je n’ai même planifié de retourner en Grande-Bretagne (…)

A.C. : Les Britanniques n’ont peut-être pas envie que vous retourniez en Grande-Bretagne…

O.B. : Bien ! Voyons comment les musulmans modérés vont s’en sortir ! Ils invitaient à ne pas écouter les extrémistes. Il n’y a plus d’extrémistes, ils sont partis. Mais la jeunesse musulmane ne veut pas écouter Tony Blair, même s’il disait ” je suis le mollah Tony Blair, je suis cheikh Tony Blair, j’ai lu le Coran plusieurs fois, j’aime l’islam, j’aime les musulmans“. Vous ne pouvez pas tromper les jeunes, ils voient en vous, Tony Blair, un non-musulman. Vous n’êtes pas une référence pour eux. D’autre part, le Conseil des Musulmans en Grande-Bretagne, des modérés, s’ils disent obéissez à la reine et n’attaquez pas la police britannique, personne ne les écoutera. Mais si Omar Bakri dit : ” N’obéissez pas à la loi du pays, obéissez uniquement à la loi de Dieu. Si l’islam autorise une action, faites-la, s’il l’interdit vous ne pouvez pas le faire “. Et j’ajoute : “ L’islam vous interdit d’attaquer les gens parmi lesquels vous vivez “. Vous verrez, ils m’écouteront. Le point de vue radical s’appuie sur le Coran. Il est dit ” n’obéissez pas aux infidèles, n’obéissez pas aux hypocrites “. Les modérés disent ” Obéissez aux lois du pays “. Mais de quoi parlent-ils ? C’est l’opposé du Coran (…)

A.C. : Alors que faire, selon votre logique ?

O.B. : Je crois que j’étais un gage de stabilité et non pas d’instabilité. Vous voyez, je suis arrivé au Liban, je ne combats personne ici. J’enseigne seulement l’Islam. J’ai trouvé au Liban une liberté d’expression dont je ne jouissais plus en Grande Bretagne. Pouvez-vous croire cela ? Je peux m’exprimer ouvertement, avec force et fierté à la télévision nationale, sur la radio, dans les journaux, en tant qu’expert sur les groupes islamiques et les écoles théologiques. En tant qu’islamiste et non pas en tant que modéré. Je dis la même chose qu’en Grande-Bretagne. Je n’ai pas changé un mot mais ici il n’y a personne pour me citer en déformant mes propos (…)

A.C. : Etes-vous toujours actif dans les milieux étudiants ?

O.B. : J’ai formé un groupe ici que j’ai appelé Majmouaat Iqra’ al Iilmiya (21). Je suis allé à l’université du Balamand (22), où je donne des conférences et des cours. J’ai des étudiants qui viennent de tous les campus du Liban. Je fais la même chose qu’en Grande-Bretagne. Cependant mes enfants et ma femme me manquent. Ils sont venus ici trois fois, mais le Liban est instable en raison des divisions religieuses. J’ai sept enfants et cinq petits-enfants. J’avais quatre mille étudiants là-bas, ils étaient tous jeunes, en moyenne de quinze ou seize ans. J’ai formé deux générations en Grande-Bretagne. Je les ai mariées, j’ai fait leurs contrats de mariage, ils voyaient en moi un père, un maître, un grand frère. Quand je suis arrivé au Liban j’ai fondé une école à Beyrouth, une grande école et j’ai appelé mes élèves à me rejoindre. Des Britanniques, des Blancs aux yeux bleus, des convertis. Quand ils sont arrivés, l’ambassade britannique est devenue comme folle. Alors les services de sécurité libanais me l’on reproché, me disant que je ne les en avais pas informé. J’ai répondu : ” Je vous avais dit que j’allais donner des cours d’arabe pour des élèves venant de l’étranger “. J’avais en fait déclaré que l’école donnerait des cours d’arabe et non pas une formation sur la charia. J’ai dû laisser partir les élèves. Cela m’a coûté beaucoup d’argent. Alors j’ai essayé de faire quelque chose sur Internet. La sécurité s’y est opposée m’accusant de vouloir communiquer avec mes élèves. Que veulent ils que je fasse ? Danseuse du ventre ?

A.C. : Que pensez vous de la relation de Zawahiri (23) avec les Iraniens ?

O.B. : Je ne pense pas qu’ils soient en relation parce qu’il existe une distance importante entre l’idéologie chiite et celle d’Al-Qaïda.

A.C. : Comment expliquez vous les nombreuses références chiites dans les discours de Zawahiri ?

O.B. : Ce ne sont pas des références chiites, la sourate qu’il avait citée, disant d’” aidez les opprimés “, pourrait l’être par n’importe qui.

A.C. : Il parle de l’Imam Hussein Ibn Ali (24), ce n’est qu’un exemple.

O.B. : Parce que Zawahiri fait la différence entre les chiites arabes et ceux d’Iran qui sont d’orientation persane. Il croit les chiites arabes influencés par les Iraniens à cause de la révolution iranienne. Pour lui, parmi les chiites arabes, il y a des gens bien.

A.C. : Vous vous souvenez sans doute de cette lettre (25) rendue célèbre par Bush lui-même. Elle était supposée adressée par Zawahiri à Zarqaoui. Vous savez le mot ” Inqelab “, en arabe, signifier coup d’Etat. En persan, il veut dire révolution. Or dans, cette fameuse lettre, il signifiait révolution, comme en persan. Autre exemple : en arabe, en français ou en anglais on dit ” j’ai quitté un parti “. En persan il y a une expression “ jouda choudan ” qui se traduirait mot à mot par ” devenir séparé “. Toujours dans la lettre, l’expression persane a été traduite mot à mot en arabe. En d’autres termes, l’idiotisme persan a été reproduit. En conclusion, la lettre n’a pas été écrite par un arabophone de naissance mais par un persanophone parlant l’arabe. Zawahiri, un Egyptien, un arabophone de naissance, ne peut donc pas en être l’auteur.

O.B. : Ce que vous dites est possible…

A.C. : Cette lettre est un faux. Ce constat soulève d’autres questions. Pourquoi Zawahiri n’a-t-il jamais dénoncé la supercherie ? Qui a pu écrire cette lettre et animé de quelles intentions ? D’autres détails sont surprenants. Les cassettes qu’il fait diffuser le montre dans des conditions de prise de vue de studio, avec un bon éclairage. Tous ces constats amènent à s’interroger sur le lieu où est Zawahiri et sur ses relations avec certains pays de la région.

O.B. : Je suis ouvert à toutes les hypothèses mais ce que je remarque c’est que Al-Qaïda est toujours libre de ses mouvements mais absent du Liban parce que les Libanais, les sunnites, rejettent les vues d’Al-Qaïda. Et puis, les gens d’Al-Qaïda sont comme des fantômes : ils vous attaquent, mais vous ne pouvez pas les attaquer parce que vous ne savez pas où ils sont. Le contraire des hommes de Fatah Al-Islam (…)

A.C. : Comment expliquez vous que Zawahiri multiplie les discours ? Cinq en un mois, au point que l’on n’y prend plus garde, alors que les apparitions de Ben Laden sont très rares…

O.B. : Ce sont de vieilles cassettes de Ben Laden qui datent de quatre ans, des montages. Si Ben Laden ne se montre pas, c’est qu’il joue à l’énigme Al-Qaïda.

A.C. : Croyez vous que Ben Laden soit toujours en vie ?

O.B. : Sans aucun doute, parce que ses partisans ont un principe qui s’appelle “ istishab al asl, istishab al hal ” qui dit qu’il y a continuité jusqu’à preuve du contraire. Si Ben Laden avait été tué, cela aurait été un honneur pour eux et une fierté pour ses partisans parce qu’il serait auréolé de la gloire du martyr. Je crois qu’il pense avoir assez chevauché et être venu le temps de céder la place.

A.C. : Il y a une contradiction dans votre discours. D’une part vous parlez favorablement de Ben Laden, de l’autre vous dénoncez le meurtre de civils. Comment pouvez vous conciliez ces deux positions ?

O.B. : C’est vrai. Je vais vous expliquer. Quand on parle de l’Irak, c’est un théâtre de guerre. Il n’y a pas de pacte. Je suis sûr maintenant que vous développez une compréhension islamique. Le point clé de toutes relations entre les musulmans et les non-musulmans repose sur ce qu’on appelle en arabe ” Al Aman wal Aahd “, la protection du pacte. En Amérique du nord, même les Peaux-rouges disaient “ Nous venons en paix “, ce qui signifie qu’il y a un pacte. Sinon, rien ne garantit la vie des gens et leur propriété. Ou bien les non-musulmans embrassent l’islam, ou bien ils concluent un pacte avec les musulmans. Aussi, quand vous combattez des salafistes, vous dénoncez le pacte conclu avec eux. Vous activez alors les règles islamiques qui disent ” votre vie et vos biens ne bénéficient plus de protection ” et cela dégénère en un conflit. Je l’ai dit aux responsables de la sécurité libanaise : les gens qui sont en face de vous ont adopté la culture salafiste-jihadiste. Si vous les attaquez dans le seul but de plaire aux Américains, vous jouez avec le feu. C’est comme si vous leur disiez il n’y a plus de pacte entre nous.

A.C. : Bien, mais dans le cas de Ben Laden…

O.B. : Quand je parle de Ben Laden, je parle de régions où il n’y a pas de pacte entre lui et ses adversaires. Ils lui font la guerre et il répond. Quand on répond, des femmes et des enfants vont être pris dans le conflit sans être des cibles. Il y a une grande différence entre viser des femmes et enfants, ce que l’islam interdit, et les tuer sans l’avoir voulu au cours des combats.

A.C. : Evidemment, mais n’étaient-ce pas des non-combattants, des civils, qui étaient dans les tours du ” Trade World Centre “, le 11 septembre à New York ?

O.B. : Cette distinction entre civils et militaires n’existe pas en islam. Seul le pacte existe.

A.C. : Ce qui à vos yeux justifie les attaques du 11 septembre quand elles émanent de musulmans venant de l’extérieur des Etats-Unis.

O.B. : Je ne justifie pas, j’explique ce que les partisans de Ben Laden croient.

A.C. : C’est à vous que je pose la question…

O.B. : je crois que le musulman, où qu’il se trouve, n’est pas autorisé à attaquer et tuer des gens innocents, des femmes et des enfants, des civils ou des militaires, parce que le pacte de sécurité l’interdit. Mais les partisans de Ben Laden font leur propre interprétation des textes. Pour eux, en absence d’un pacte, il y a état de guerre. C’est pour cela que Ben Laden n’a pas appelé les musulmans vivant en Occident à tuer les habitants de cette région du monde, en raison de cette notion de pacte. Les opérations ont été conduites par ses hommes venant d’autres pays.

A.C. : Ce sont des subtilités que vous aurez du mal à faire comprendre en Occident.

O.B. : Ben Laden justifie ses attaques par une fatoua particulière, celle qui concerne les Banou Nadhir et les Banou Qouraydhah (26). Deux hommes avaient trahi le pacte conclu entre les musulmans et ces tribus juives. Mohammad ordonna de tuer tous les hommes et prit les femmes et enfants en butin. C’est pour cela que Ben Laden a dit, ” vous les Américains si vous votez à nouveau pour Bush, ne blâmez que vous même . Dans son idée cela revenait à dénoncer la trêve qu’il avait offerte au peuple américain. En votant pour Bush, les Américains se déclaraient solidaires de sa politique. C’est un désastre. Néanmoins, Ben Laden affiche ses propres limites : il interdit de tuer des femmes, des enfants ou des prêtres. Sauf, bien sûr, s’ils sont tués pris dans la mêlée au cours d’une attaque. Il voit alors dans leur disparition des dommages collatéraux.

A.C. : A New York, il a attaqué des cibles sans précaution aucune.

O.B. : Le Pentagone est une cible militaire.

A.C. : Le Pentagone, oui mais pas les Tours jumelles, ni les avions transportant des voyageurs et qui ont servi de projectile.

O.B. : J’aurais préféré que toute l’opération n’ait jamais été menée. Mais, les Américains attaquent partout. Avant le 11 septembre, ce n’était pas très beau. Ceci dit, je pense que tuer des innocents à New York, Madrid, Londres, à Nahr el Bared, en Irak ou en Afghanistan, est totalement interdit en Islam et que nous devons le condamner. Mais quand, nous musulmans, condamnons le massacre d’innocents non-musulmans, nous aimerions entendre la même condamnation à propos de la mort de musulmans innocents, en Palestine, en Irak ou en Afghanistan

A.C. : Vous l’entendrez de moi

O.B. : Parce que vous connaissez la région.

A.C. : Parce que ce n’est pas juste. Je l’écris aussi. Je suis opposé à la politique des Israéliens et à leur manière de conduire leur guerre. Cela ne veut néanmoins pas dire que j’approuve les combattants du Hamas quand ils tuent des civils.

Omar Bakri : Tuer des civils, je veux dire des innocents, n’est pas autorisé en Islam.

Alain Chevalérias : Je vous remercie pour cette interview.


Entretien réalisé par Alain Chevalérias pour le site Recherche sur le Terrorisme


NOTES

(1)Le droit chafiite est l’une des quatre écoles juridiques de l’islam sunnite, la ” tarika Naqchbandi ” une voie du soufisme.
(2) La ” Jamaa Islamiyya ” est l’organisation des Frères musulmans au Liban. Fathi Yagan a pris ses distances mais Fayçal Maoulaoui en est le responsable principal.
(3) Abdel Bari Atwane est le directeur de ” Al Qods Al-Arabi “, journal arabe publié à Londres.
(4) Il s’agit d’une notion religieuse concernant le ” péché “. Pour le ” murji’isme “, de l’arabe ” irja ” ou ” remise à plus tard “, la foi compense les ” péchés “, y compris les plus graves. Il s’oppose sur ce point au ” kharijisme “, pour lequel la qualité de musulman se perd en commettant une faute grave au regard de l’islam.
(5) Les ” salafistes ” se veulent imitateurs des ” salaf ” ou compagnons du prophète Mahomet. Né au XIXème siècle, le salafisme était à l’origine un mouvement moderniste et réformateur. Aujourd’hui, autant les musulmans que les non-musulmans identifient souvent le ” salafisme ” au ” jihadisme ” ou idéologie du jihad. On peut néanmoins se demander dans quelle mesure il n’y a pas abus de langage.
(6) Doctrine religieuse pakistanaise très écoutée en Afghanistan.
(7) Le hanafisme est une école juridique de l’islam sunnite.
(8) ” Khilafat “, mouvement en faveur de la restauration du califat, en d’autre terme d’une direction politico-religieuse unique pour tous les musulmans.
(9) John Major a été Premier ministre de Grande-Bretagne de 1990 à 1997.
(10) Hassan Tourabi a été président du Parlement soudanais et faisait figure de référence de la mouvance islamiste dans les années 90.(Lire le livre d’interviews d’Hassan Tourabi réalisé par Alain Chevalérias : “Islam avenir du monde?”, éditions Lattés)
(11) Abou Qatada est un islamiste arabe de Londres.
(12) Abou Mohammad Al Maqdessi, un Jordanien, a été le chef spirituel d’Abou Moussab Al-Zarqaoui, qui s’est illustré par sa violence en Irak.
(13) Le ” Hezb At-Tahrir ” a été fondé en Palestine en 1953. C’est un parti islamiste favorable à l’instauration d’un calife pour diriger le monde musulman, à l’islamisation du monde et au démantèlement de l’Etat d’Israël. Il s’est néanmoins scindé en plusieurs mouvances et Omar Bakri n’a été le membre que de l’une de ces mouvances.
(14) Les 19 magnifiques pour désigner les 19 attaquants du 11 septembre 2001.
(15) Par référence aux défis de Moïse s’adressant, selon la Bible, au Pharaon de l’époque. Le Pharaon est devenu, dans le langage islamiste, le synonyme d’oppresseur.
(16) Le ” sharwal-kamis ” est le vêtement traditionnel du Pakistan et de l’Afghanistan, formé d’une chemise à long pans portés à l’extérieur du pantalon bouffant.
(17) Le califat, d’abord aux mains des Arabes, était tombé dans celles des Ottomans. Avec la Première Guerre mondiale et la défaite de l’empire turc, le califat, ou ” Khilafat ” s’éteignit.
(18) Soumission en français.
(19) Dans le Coran, le verset 3 de la sourate XXIV dit : “ Fustigez la fornicatrice et le fornicateur de cent coups de fouet à chacun d’eux ” dans la traduction du cheikh Si Boubakeur Hamza, ancien recteur de la mosquée de Paris (Editions Fayard-Denoël). On entend ici par fornicateur les personnes qui ont des relations sexuelles en dehors du mariage. Il est vrai, la Ghamidiya a été lapidée sur ordre de Mahomet mais à sa demande insistante. C’est le seul cas répertorié de toute la vie de Mahomet. En réalité, la lapidation était une tradition pré-islamique appliquée par les tribus du désert. Il convient aussi de préciser, qu’islamiquement parlant, le Coran, parole de Dieu pour les musulmans, a droit de préséance sur le modèle offert par le prophète, la Sunna.
(20) La Sunna est l’ensemble des comportements, des usages et des dires laissés par le prophète Mahomet (Muhammad). Elle est la seconde source de référence religieuse, après le Coran. L’ijmaa est la troisième référence, par entente consensuelle de la communauté des musulmans.
(21) ” Iqra ” pour les sciences religieuses.
(22) L’université de Balamand est une université chrétienne orthodoxe.
(23) Ayman Al-Zawahiri est considéré comme le bras droit de Ben Laden.
(24) Hussein Ibn Ali, était le second fils d’Ali et le troisième Imam chiite. Révéré par les chiites, il a été assassiné par les sunnites.
(25) Cette lettre a été rendue publique le 11 octobre 2005 par les Etats-Unis.
(26) S’installant à Médine après sa fuite de La Mecque en 622, Mahomet (Muhammad) avait conclu auparavant un pacte avec les tribus de la région, en particulier les tribus arabes juives. Toutes devaient ensuite être éliminées à la suite de disputes qui éclatèrent avec les musulmans. Les Bani Nadhir étaient accusés d’avoir fait tomber une meule d’un toit pour tuer le prophète. Les Banou Qouraydah avaient cherché à soulever les tribus arabes contre les musulmans. Les premiers furent chassés ne pouvant emporter avec eux que le chargement de leurs chameaux. Les musulmans se partagèrent leurs biens et leurs terres. Les seconds furent tous tués, les femmes et les enfants réduits à l’esclavage et partagés entre les musulmans.

Le FBI s’installe à Alger

Certains journalistes algériens, dont on ne comprend pas très bien les motivations, bien qu’on en connaisse les mentors, nous ont présenté l’ouverture du Bureau du FBI à Alger et le dispositif « stratégique » américain qui se met doucement en place dans notre région, presque comme une bénédiction pour l’Algérie.

Enfin, nous disent-ils, avec une vraie emphase, les Américains arrivent. Ils vont régler définitivement et radicalement le problème des islamistes dans notre pays. Et ils poussent même le bouchon jusqu’à nous dire que les Américains sont là pour pallier à l’inaptitude du régime algérien.

Sachant que ce régime, dont ils ont d’ailleurs couvert les crimes tout le long de la décennie rouge, a mené contre les islamistes, et même contre tous les civils, une guerre sans règles, avec des méthodes d’extermination de subversion et de manipulation qui relèvent du crime contre l’humanité, et qu’ils ont réussi à réduire au silence le courant islamiste, nous serions tentés de demander à ces admirateurs d’américains, ce que ces derniers pourraient bien faire plus que nos « services de sécurité ». Lâcher une bombe atomique sur nous ?

En fait, ce travail d’ « information » sur la capacité des Américains à vaincre l’islamisme, s’appelle de la propagande. Ces journalistes ont été chargés de déblayer le terrain pour le bulldozer qui arrive.

La stratégie américaine qui consiste à se redéployer au nord de la méditerranée et de s’implanter solidement en Afrique du Nord, au Sahel et en Afrique noire, est entrée dans sa phase de mise en œuvre, depuis des mois déjà.

Ils ont déjà mis en place tout le support logistique et politique qui doit préparer leur installation et la prise en main des politiques régionales. L’allégeance du GSPC à la Qaeda, les rébellions touarègues au sud de l’Algérie, la réactivation du terrorisme dans le Maghreb, les intrusions de l’ambassadeur américain dans les affaires du régime, l’instruction de militaires algériens par l’armée américaine, les manœuvres communes en méditerranée, l’installation d’une base d’écoute dans le Sahara, la construction de la base dont les travaux ont été arrêtés pour le moment, et le bureau du FBI à Alger, tout cela procède d’une même démarche. Les Américains s’installent chez nous !

Certains pourraient penser que rien ne pourrait nous arriver de plus grave que ce que nous endurons déjà. D’autres, épouvantés par la « menace islamiste » y voient même une protection totale contre ce péril qui menace leur vision d’une Algérie « démocratique ».

Pourtant, il suffit d’observer les pays, sous développés et dont les régimes sont despotiques, comme le nôtre, où les américains ont jeté leur dévolu ! Là où il passe, l’ « empire du bien », ne laisse que mort et dévastation.

Les Américains ne vont que là où se trouvent leurs intérêts. Tous leurs discours sur les droits de l’homme et la liberté sont des bobards. Les palestiniens le savent bien, eux !.

En Afghanistan qu’ils ont utilisé à outrance contre l’ex URSS, et où ils ont recouru sans vergogne ni retenue, au Djihad islamique pour chasser l’occupant communiste athée, ils ont battu le rappel de tous les prêcheurs les plus excessifs pour prôner ce Djihad, ils ont financé et doté les Moudjahiddines des équipements les plus sophistiqués, dont les fameux lance-missiles Stinger, ils ont prié leurs amis et associés Saoudiens, dont Ben Laden, de financer le Djihad, et ils ont mis en place, dans tout le monde musulman, un vaste réseau de sergents recruteurs, pour envoyer dans les camps d’entraînement de Peshawar, qu’ils encadraient, tous les jeunes musulmans du monde entier, qui se laissaient embarquer dans leur stratégie.

Nos propres services, et nos propres mouvements islamistes, ont puissamment contribué à cet « effort de guerre » . Je connais un haut responsable du MSP qui sillonnait le pays et qui dépensait une salive abondante pour envoyer des jeunes en Afghanistan.

Le même dit aujourd’hui, à qui veut l’entendre, que ce sont des gens dangereux et qu’il faut les surveiller, voire les interner. Ce que font systématiquement nos « services de sécurité », lorsqu’ils ne peuvent pas les retourner.

Il se passa ce qu’on sait en Afghanistan, et les Américains obtinrent le démantèlement de l’URSS. L’Afghanistan est dans une situation pire que tout ce qu’il a enduré jusque là!

Dès lors, les Américains n’avaient donc plus aucun besoin de tous ces islamistes. Ils allaient pourtant leur trouver un usage. La dynamique islamiste armée, prise en main par des illuminés sans envergure, infiltrés jusqu’au sommet par la CIA et le MOSSAD, disposant de milliers de combattants aguerris et motivés, rêvant de la restauration d’un Califat musulman idéal qui n’a jamais existé, allait pouvoir encore servir.

Les néo cons américains, dans toutes leurs obédiences, sionistes chrétiens, détenteurs de gros capitaux, et divers lobbies, avaient de leur position sur la planète, une vision mégalomaniaque. Ils avaient décidé de devenir l’Empire ! Et tous les moyens étaient bons pour y parvenir. D’autant que la Chine pointait son nez.

La violence islamiste allait servir d’épouvantail et de cheval de Troie. La menace djihadiste contre les valeurs occidentales allait servir pour rallier les plus sceptiques du camp occidental, et ouvrir des perspectives dans toutes les régions où la Qaeda jouerait le rôle qu’on attendait d’elle. Quitte à lui donner un coup de main, au besoin.

Ils déstabilisèrent l’Irak, après l’avoir utilisé contre l’Iran. Beaucoup de gens croient qu’ils ont échoué en Irak. C’est faux ! Ils sont arrivés exactement où ils voulaient. Leur prochain objectif est de détacher le Kurdistan du reste du pays, après lui avoir adjoint le maximum de champs pétrolifères et en avoir fait le principal allié d’Israël dans la sous région. Le reste sera partagé entre deux états, chiite et sunnite, vassaux des américains. Ce n’est pas fortuit, si aujourd’hui l’exploitation hydrocarbure et la « reconstruction » du pays a été raflée par des groupes appartenant à des néo cons, comme Dick Cheney.

Le nombre de morts américains, environ 4000, n’à aucune sorte d’importance dans la stratégie, si ce n’est le petit impact médiatique, très modéré par les médias acquis. D’autant que le plus grand nombre de tués, est d’origine hispanique, noire, ou d’immigrants clandestins qui s’engagent pour obtenir la Green card.

L’installation dans notre région obéit à la même démarche et ce sont les mêmes ressorts qui la sous tendent.

L’ouverture du bureau du FBI à Alger se situe dans la même logique.

Ceux qui voient dans le FBI, une sorte d’institution du bien et un moyen efficace pour lutter contre le terrorisme se trompent lourdement.

Le FBI est un outil, très efficace en effet, entre les mains de ceux qui ne nous veulent pas du bien, qui sont décidés à nous mettre sous leur contrôle et à piller nos richesses.

En Irak, dans l’affaire du massacre de populations civiles, 17 morts, en septembre dernier, par les mercenaires de BlakWater, une enquête préliminaire et de nombreux témoignages établirent que les mercenaires n’avaient pas tiré pour se défendre, mais délibérément, pour tuer des civils. C’est un réflexe sadique de tir aux pigeons. Dans une autre affaire,une vidéo filmé par le tireur lui-même, montre un mercenaire en train de tirer, depuis son véhicule, sur des automobilistes irakiens, en chantant à tue tête.

Sur l’insistance du gouvernement irakien, pourtant à la solde des américains, les contrats de Black Water furent suspendus, en attendant les conclusions d’une enquête officielle confiée au …FBI..

Celui-ci devait rendre son rapport avant une décision définitive sur BlakWater. A ma connaissance, le rapport n’a pas été rendu public. Parce que l’implication de BlackWater dans un carnage délibéré ne fait aucun doute. Sinon le FBI se serait empressé de rendre ses conclusions. Pourtant, malgré cela, BlackWater s’est réinstallée en Irak, avec les mêmes mercenaires, et a signé de nouveaux contrats qui se comptent en dizaines de millions de dollars. Récemment, un mercenaire irakien, Ala Mohamed Ali, qui s’était rendu coupable d’une agression au couteau sur un de ses collègues, a défrayé la chronique des journaux américains. Son cas est monté jusqu’aux plus hautes sphères américaines, et il a été décidé de le traduire devant une juridiction militaire américaine. On ne badine pas avec la discipline.

Surtout lorsqu’on est irakien.

Mais des massacres quotidiens de BlackWater, nul n’a cure.

Le FBI a joué le jeu.

C’est ce FBI là, qui s’installe à Alger.

Djamaledine Benchenouf pour TAHIA BLADI

L’intrumentalisation du terrorisme en Algérie

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Je pensais qu’après nous avoir infligé plus d’une décennie de désinformation outrancière, et particulièrement pernicieuse, Eradicator, qui écrivait plus vite que la dictée des criminels contre l’humanité, pour altérer la vérité et couvrir les cris des suppliciés, avait enfin compris qu’il ne pouvait indéfiniment se mettre au service d’une propagande grossière, dans une guerre contre les civils qui n’a pas encore livré tous ses secrets, sans s’exposer à l’indignité et la flétrissure.

Démonter les « théories » des Qui tue quistes, pour protéger des criminels contre l’humanité, fustiger Amnesty International, les défenseurs des droits de l’Homme, les officiers de l’ANP et les ONG qui ont dénoncé la manipulation de la violence terroriste, les carnages de civils, la torture, les viols, les enlèvements et les exécutions sommaires, pour permettre aux généraux de continuer à commettre des crimes de masse, pratiquement à huis clos, n’est pas un travail de journaliste. Mais celui d’un agent infiltré ou approché par son officier encadreur du DRS.

Dans mon infinie naïveté, c’est mon pêché et ma tare, je pensais qu’Eradicator avait changé. Qu’il était revenu de son hystérie et d’une paranoïa qu’il s’était lui-même inoculées, de contre vérités qu’il avait ânonnées en son for intérieur, comme une méthode Coué, pour se donner bonne conscience et se convaincre qu’il était le héros d’une guerre contre le mal et la régression. Ce fut, certainement, le cas de nombreux journalistes qui avaient été entraînés, en toute bonne foi, dans l’infernale logique qu’il fallait faire barrage au « péril islamiste », à n’importe quel prix. N’importe quel prix !

Des démocrates sincères, des hommes et des femmes pétris de hautes valeurs humaines, et qui avaient découvert, au fil des évènements, que des crimes abominables étaient commis contre des civils, en étaient arrivés à répondre qu’on ne faisait pas la guerre avec des gants blancs. Ceux-là, dont certains sont des journalistes de valeur et de haute moralité, ont vécu une effroyable incertitude. Ils croyaient avoir choisi un moindre mal, en se mettant du côté de généraux génocidaires parce qu’ils croyaient que ces derniers étaient les sauveurs de la république. Ils s’étaient rangés derrière eux, et même parfois à leur avant-garde, parce qu’ils refusaient d’abdiquer leur vision d’une Algérie tournée vers les valeurs cardinales d’universalité et de modernité. En prêtant leurs plumes et leurs voix aux « tueurs de tangos », ils croyaient éradiquer une force mortifère qui allait précipiter leur société et l’avenir de leurs enfants dans des âges révolus. Ceux que leur promettaient, du haut de leurs chaires, des imams ignares et malsains. Ils se voyaient déjà dans une société où la flagellation, la lapidation, la prière obligatoire et la polygamie seraient dans l’ordre des choses. Mais tant va la cruche à l’eau.

Des militants des droits de l’homme, des politiciens perspicaces, des intellectuels probes, des journalistes intègres, des officiers d’honneur de l’armée algérienne et une foule de témoins parmi les victimes, finirent par faire entendre leurs voix. Malgré le tir de barrage que leur opposaient les éradicateurs de service.

Des faits troublants, pour le moins qu’on puisse dire, vinrent lézarder la façade trompeuse de généraux qui luttaient pour sauver les valeurs républicaines. Le monde entier découvrait que ceux-ci avaient eux-mêmes instrumenté la violence, qu’ils la régulaient à leur convenance, qu’ils usaient de méthodes inhumaines et que dans le même temps, ils pillaient, sans vergogne, les ressources de leur pays. Dans des proportions proprement inimaginables.

Puis, de but en blanc, le syndrome Pinochet aidant, parce que les généraux avaient compris que leurs excès risquaient de leur valoir des ennuis internationaux, mais aussi parce que leurs grosses fortunes avaient besoin d’un climat plus apaisé pour prospérer, il fut décidé de mettre en place un dispositif de « réconciliation nationale ». Ou d’auto amnistie, devrions nous dire. Pour tous les éradicateurs, ceux qui n’étaient mus que par la peur de l’intégrisme et ceux qui avaient vendus leurs plumes et leurs voix pour de l’argent et des privilèges, Ce fut la désillusion. Les généraux les laissaient en plan.
Le Président Bouteflika qui avait proposé ce dispositif scélérat aux généraux, en échange de leur bénédiction pour se faire réélire à un deuxième mandat, avait fait passer les lois d’auto amnistie par voie référendaire. C’était le peuple souverain qui avait pardonné, claironnait-on. Oubliant en cela que les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles.

Pour les « agents honorables de l’état » et les terroristes islamistes, qui avaient, ensemble et la main dans la main, massacré des populations civiles, en gros et au détail, c’était la paix des braves. Ils pouvaient, enfin, les uns et les autres, jouir paisiblement du fruit de leurs rapines et de leurs butins.

Les éradicateurs de circonstance, ceux qui se sentaient des soldats de la république, souvent la mort dans l’âme, comprirent enfin qu’ils avaient été bernés. Que la peste et le choléra c’était juste une formule de circonstance.

Les éradicateurs appointés, ceux qui assuraient une prestation monnayée, venaient de perdre leur boulot. On leur intima l’ordre de mettre un bémol et parfois même de changer de registre et de se faire les chantres de la « réconciliation nationale »

Certains parmi eux, qui se vantaient même de leurs relations galonnées, et qui en tiraient de substantiels rapports, n’en menaient pas large. Fini le temps des années vertes. Le sang où ils trempaient leurs plumes ne coulait plus avec une si belle abondance. Ils devinrent amers. Il arrivait même que dans leurs articles, qui n’étaient plus consacrés qu’à de laborieuses macérations, on devine entre les lignes, et parfois même crûment, leurs reproches d’avoir été jetés de façon si inélégante. Eux les braves d’entre les braves. Les magiciens du verbe et les bretteurs de la palinodie. Mais, comme des mulots fascinés par l’œil du serpent, ils continuaient d’observer, à l’endroit des généraux, une réserve frémissante. Malgré les innombrables scandales qui émaillent, tous les jours, la vie de ces criminels, ils restent totalement muets. Comme des mulots transis. Il leur arrive aussi, pour entretenir leurs talents, de se prêter à des règlements de compte entre clans. En prenant soin de se mettre du côté du manche.

Mais, heureusement pour eux, et malheureusement pour leurs lecteurs, bien moins nombreux qu’ils ne veulent le faire croire, ils n’allaient pas ronger leur frein bien longtemps. La situation du pays et de toute la région du Maghreb et du Sahel allait avoir besoin de leurs services.

Eradicator II allait entrer en scène.

Depuis les lois sur la « réconciliation nationale » des facteurs internationaux, liés à la politique planétaire des Américains, et qui se développaient au rythme qui leur avait été imparti, sont entrés dans une phase décisive. Les USA, pour des considérations hautement pétrolières, avaient besoin de s’installer directement dans nos contrées. Certains barons du DRS et d’autres corps de l’armée algérienne, qui s’étaient goinfrés avec des compagnies américaines, sur le dos de l’Algérie, qui avaient noué des relations très intimes avec les néo cons et avec des contacts israéliens, qui avaient même rendus quelques « petits services » aux américains, avaient été approchés par ces derniers pour mettre en place le décor nécessaire qui leur permettrait d’entrer en amis et en sauveurs, encore des sauveurs, dans la région.

Les derniers irréductibles du GSPC qui erraient comme des âmes en peine dans quelques maquis, étaient aux abois. Couverts de haillons, infestés de vermine, amaigris et découragés, ils n’avaient pas répondu aux offres d’amnistie parce que leurs émirs faisaient tuer dans d’horribles souffrances quiconque oser parler de se rendre. Ces émirs sont presque tous des agents du DRS. Le DRS avait besoin de quelques groupes armés sur le terrain pour continuer à s’imposer sur la scène politique. C’est simple à comprendre. Si la violence est totalement réduite, il ne leur resterait plus qu’à lever l’état d’urgence et à regagner leurs casernes. Ce qui est totalement exclu pour eux. Ils ne peuvent pas passer la main à ce moment précis où l’Algérie a engrangé une telle masse d’argent. Et ils ne peuvent continuer à se servir que sils gardent les mannettes. Elémentaire n’est ce pas ?

Et donc, pendant qu’ils continuaient à se servir de la violence islamiste pour s’imposer sur le terrain, et notamment à Bouteflika qui avait tendance à les pousser doucement, mais copieusement, vers la sortie, leurs amis américains leur ont demandé s’ils ne pouvaient pas s’arranger pour qu’Al Qaida s’installe en Algérie, au Maghreb et au Sahel. Une Al Qaida qui menacerait non seulement toute la région, mais même l’Europe.
Aussitôt dit, aussitôt fait.

Du jour au lendemain, les pauvres hères du GSPC furent dotés, armés, financés et réactivés. Comme un champignon qui pousse après une nuit de pluie, le GSPC redevint un groupe de haute capacité de nuisance. Les attentas se succédaient et la peur revenait.

Puis, tout naturellement, les émirs DRS-GSPC firent allégeance à Al Qaida et demandèrent à combattre sous sa bannière. Azzawahiri n’y vit que du feu. Il sautait de joie dans son kamis. Il ne comprit pas que le DRS venait de l’infiltrer. De toute façon, il ne pouvait pas comprendre, puisqu’il était déjà infiltré par la CIA et le MOSSAD depuis des lustres. La presse algérienne sous contrôle fut « invitée » à ne plus dire GSPC, mais Al Qaida du Maghreb Islamique. Des journalistes qui s’entêtaient à garder le nom du GSPC dans leurs articles, furent admonestés.

Et voilà le travail. Mission accomplie pour les agents de la CIA et du MOSSAD dans nos institutions nationales.

Les Américains ont commencé leur danse du mâle. Ils installent un bureau du FBI à Alger. La sixième flotte a fait une manœuvre avec la marine nationale algérienne. Que c’est drôle.

Ils étoffent leur base d’écoute et d’espionnage au sein d’une caserne de l’armée algérienne près de Tamanrasset. Leur base secrète d’une capacité d’accueil de 2000 soldats est provisoirement mise en veilleuse. Parce que semble-t-il, l’initiative a été très mal accueillie par des officiers de l’armée algérienne qui refusent que les américains s’installent chez nous. Malgré les apparences, Il existe des hommes d’honneur dans l’armée algérienne, ne l’oublions pas.

Donc tout est prêt pour la phase II . Les américains n’ont pas besoin d’un deuxième Irak. Ils préfèrent s’installer en douce, en s’appuyant sur la caste des corrompus et des tueurs de civils. C’est une méthode qu’ils ont déjà éprouvée en d’autres pays.

D’autres manœuvres latérales, comme l’évangélisation, financées et pilotées par des sionistes chrétiens sont à l’œuvre.
Pour les Américains, il n’y a pas l’ombre d’un doute. Le pétrole et le gaz de nos régions leur appartiennent. Personne d’autre, et surtout pas la Chine, ne marchera sur leurs brisées.

Ils viennent chez nous avec de l’argent dans une main, pour soulager les pauvres populations du Sahel et d’Afrique, disent-ils, et un avion de combat dans l’autre main, pour nous aider à combattre la terrifiante Al Qaeda qui s’apprête à menace le monde entier depuis les dunes du Sahel.

L’opinion occidentale, ils s’en chargent. Ils la maîtrisent presque totalement.

L’opinion algérienne ? Ils mettent ERADICATOR II dans le champ des opérations.

 

Djamaledine Benchenouf pour Tahia Bladi

Nous avons pris la liberté de modifier le titre original de cet article (Le retour, ERADICATOR II) qui s’adressait plutôt à un public algérien averti.

Transcription des nouveaux messages de Ben Laden

Message d’Oussama Ben Laden diffusé sur internet par As-Sahab sur le site Al-Ekhlas le 19 mars 2008 :

” Aux gens de bon sens dans l’Union Européenne,
Paix sur celui qui suit la bonne voie,
Après le préambule nécessaire,

Je m’adresse ici à vous à propos des caricatures offensantes et de votre hésitation, ignorant l’occasion qui s’offrait à vous d’interdire leur rediffusion.

Tout d’abord je vous dis : la belligérance entre les peuples est un phénomène ancien. Mais, les gens de bon sens, parmi les nations, ont toujours veillé, au cours des siècles, à s’imposer une certaine éthique au coeur des conflits et des combats. Ceci est salutaire pour eux car nul conflit ne dure et la victoire est tantôt dans un camp et tantôt dans l’autre.

Or, dans votre combat contre nous, vous avez oublié beaucoup de cette éthique de la guerre, tout en prétendant y rester attachés.

Ô combien nous sommes attristés quand vous bombardez ces humbles villages en terre crue qui s’effondrent sur la tête de nos femmes et de nos enfants. Vous le faites volontairement, j’en ai été personnellement témoin. Tout cela est injustifiable, mais vous agissez ainsi pour plaire à votre allié inique, celui qui est sur le point de quitter la Maison Blanche, afin de soutenir sa politique d’agression. Vous ne pouvez pas l’ignorer, ces actions barbares n’ont jamais donné la victoire. Au contraire, dans notre cas, elles nous rendent plus déterminés à défendre nos droits, venger nos parents et chasser les occupants de nos pays.

De tels massacres ne peuvent s’effacer de la mémoire des peuples et leurs conséquences ne peuvent être ignorées.

Malgré l’immensité de la catastrophe que nous endurons, quand vous tuez nos femmes et enfants, cela n’est rien comparé à l’étendue de votre impiété et à votre absence d’éthique dans les conflits et les combats. Vous avez même atteint le degré qui vous permet de publier ces caricatures offensantes. C’est le plus grand et le plus grave des crimes et la punition méritée sera à sa mesure.

J’attire votre attention ici sur un point significatif. En dépit de la publication des caricatures offensantes, vous ne verrez pas de réaction offensante émanant du milliard et demi de musulmans, contre le prophète d’Allah, Issa (NT Jésus), fils de Marie, paix et bénédictions d’Allah sur lui (1). Car, nous croyons en tous les prophètes, paix et bénédictions d’Allah sur eux. Quiconque dénigre l’un d’eux ou se moque de lui, est un impie, un apostat.

Il est judicieux de rappeler qu’il est inutile en ce lieu d’user du prétexte de la liberté d’expression et de la sacralité de vos lois en affirmant que vous ne les changerez pas. Car alors, comment expliquez-vous que les soldats américains ne soient pas soumis à votre législation dans vos pays ? Comment expliquez-vous, encore, la répression conduite contre ceux qui mettent en doute les chiffres avancés sur certains évènements de l’Histoire.

En outre, vous le savez très bien, il existe un homme qui pourrait mettre un terme à cette campagne de caricatures, s’il se sentait concerné. C’est le roi, jamais couronné, qui trône à Riyad. Lui qui avait ordonné à vos instances judiciaires de clore l’affaire des milliards détournés lors du marché Al-Yamama (2). Blair s’est exécuté, lui qui est aujourd’hui votre émissaire dans le quartette (3).

En substance, je vous le dis, ces lois dictées par les hommes, quand elles sont en contradiction avec les lois d’Allah, Le tout puissant, sont caduques, non sacralisées et ne nous concernent pas.

Surtout, votre attitude pragmatique dans l’affaire Al Yamama vous oblige à admettre qu’il y a des valeurs plus importantes à vos yeux, que celles dont vous vous prétendez les défenseurs.

En clair, je veux dire, que si la liberté de parole n’a pas de limite pour vous, alors votre esprit doit être assez ouvert pour accepter notre liberté d’action.

Il est étonnant et insultant, envers les autres, que vous parliez de tolérance et de paix quand vos soldats tuent les populations les plus vulnérables dans nos pays. Cette réédition des caricatures s’insère dans le cadre d’une nouvelle campagne croisée (4), à laquelle le Pape, au Vatican, a largement contribué.

Nous considérons tout cela comme une manifestation de votre ferme volonté de continuer la guerre et une mise à l’épreuve des musulmans dans leur foi religieuse. Le messager, paix et bénédictions d’Allah sur lui, n’est-il pas plus chérissable que leurs vies et leurs biens ?
La réponse sera ce que vous verrez et non pas ce que entendrez dire.

Que nos mères nous pleurent si nous ne portons pas secours au messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui.

La paix est sur celui qui suit la bonne voie “.

Message d’Oussama Ben Laden diffusé sur Al-Jazeera le 20 mars 2008 :

” LA VOIE POUR LE SALUT DE LA PALESTINE “

” Je vous adresse ce message à propos de Gaza et de la tactique à adopter pour la sauver des mains de l’ennemi sioniste, avec le reste de la Palestine.

Ma ” oumma ” (5) musulmane,

La Palestine et ses gens subissent une agression des plus dures, depuis presque un siècle, par la main des chrétiens et des juifs (6). Ces adversaires là, ne se sont pas emparé de la Palestine par des négociations ou le dialogue mais par le fer et le feu. Aussi est-ce le seul moyen pour les en déloger.

Quelque chose nous empêche-t-il de faire le jihad pour la cause d’Allah?

Ma ” oumma ” musulmane, malgré le dur embargo que tu subis, se présente à toi une belle occasion de regagner ta liberté, t’affranchissant de la soumission et t’écartant de l’alignement sur l’alliance sioniste-croisée.

Pour réaliser cela, il faut te libérer des chaînes de l’humiliation et de l’esclavage dans lesquelles nous retiennent les commis de cette alliance, ces gouverneurs de nos pays et leurs collaborateurs. Surtout, il faut que tu te débarrasses des chaînes des ouléma des sultans.

Il faut aussi que tu te libères des chaînes des leaders des formations islamiques, qui ont fait de la reconnaissance des gouverneurs la base de leur idéologie. Ces gouverneurs qui ont trahi la ” oumma ” et la communauté. Cette idéologie qui les a conduits à rejoindre le système politique de l’Etat. Qu’ils soient au gouvernement ou dans l’opposition, cela ne change rien.

Libères-toi aussi de ces groupes, prudents à l’excès, au point qu’ils ont abandonné le jihad, cet acte de foi, degré le plus élevé de la religion, que prohibe pourtant les gouverneurs. Car le jihad est la voie pour réduire la puissance des impies et les forcer à mettre un terme à l’embargo conduit contre les musulmans.

Certains de ces groupes vont jusqu’à admettre la vénération du gouverneur et la suspension du jihad. Ils prétendent sauvegarder ainsi les intérêts de la prédication (NT islamique). Au point que ce prétexte est devenu une idole adorée à la place d’Allah (7). Sous ce déguisement les ordres des chefs de ces groupes entrent en concurrence avec ceux d’Allah, Le tout puissant et ceux de son Messager, paix et bénédictions d’Allah sur lui. C’est cela le véritable égarement.

Ma ” oumma ” musulmane, l’embargo entraînant la mort est la plus grande et la plus laide des injustices. Ne l’entreprend ou ne le pratique que celui qui a le coeur aussi dur, et même plus dur, que la pierre. Il a été rapporté que notre Prophète, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit: ” Une femme fut envoyée en enfer pour avoir attaché un chat et l’avoir privé de nourriture jusqu’à ce qu’il en meurt de faim “. S’il en est ainsi pour un chat, ô adorateurs d’Allah, qu’en sera-t-il quand il s’agit de centaines de milliers d’orphelins et de veuves soumis à un embargo ?

Cet embargo assassin a commencé après le soutien des Arabes à la rencontre d’Annapolis (8), à l’Amérique et à l’entité sioniste contre les moujahidine en Palestine. Cela est un des dix points en contradiction avec l’islam et ceux qui ont apporté leur soutien à Annapolis se sont faits les complices de ce crime odieux.

Que de grands oulémas et prédicateurs aient diffusé dans la ” oumma ” ces idées dévoyées a encore aggravé leur faute et le crime en apparaît d’autant plus grand. Quand ils ont couvert d’éloges ces gouverneurs, appelant ainsi la ” oumma ” à leur faire confiance, ils lui ont fait croire que leurs dirigeants allaient briser l’embargo. Ils savent pourtant très bien ces derniers partie prenante dans ce crime.

En conclusion je le dis, nous ne pourrons pas récupérer la Palestine grâce aux négociations de dirigeants qui ont capitulé, avec leurs conférences, ni avec les manifestations de prédicateurs qui ont abandonné le jihad, ni par la voie des élections.

Ce sont là les visages de la catastrophe qui s’est abattue sur la ” oumma “. La Palestine ne sera récupérée, que si nous sortons de notre sommeil, nous accrochons à notre religion, sacrifions notre argent et nos vies pour elle, avec la permission d’Allah.

Ma ” oumma ” musulmane, on ne peut vous dissimuler à vos yeux que le plus proche des champs de bataille pour la délivrance de nos parents en Palestine se trouve en Irak. C’est là qu’il faut s’investir, concentrer nos forces et consolider nos positions. Le devoir d’assistance incombe en premier lieu aux musulmans des pays limitrophes. Il est du devoir des gens du Cham (9), de tout le Cham, tous les gens de cette terre bénie, de comprendre l’immensité de la bonté d’Allah envers eux. Ils doivent accomplir la mission qui leur incombe comme une obligation de soutien à leurs frères moujahidine en Irak.

C’est une occasion considérable, et un devoir immense, pour nos frères immigrés de Palestine, tenus loin des collines de Jérusalem, que de rejoindre le jihad (10). Il faut qu’ils abandonnent les chimères des partis et des groupes abusés par la farce de la démocratie ” associatrice ” (11), il faut qu’ils accourent et rejoignent leurs frères en Mésopotamie. Il leur faut s’en remettre à la bienveillance et au soutien d’Allah afin qu’Il leur apporte la victoire.

Puis ce sera la marche vers Al-Aqsa (12), les moujahidine de l’extérieur rencontreront leurs frères de l’intérieur et ainsi ils raviveront la mémoire de la bataille de Hattin (13) et les yeux des musulmans se réjouiront de leur éclatante victoire “.

 

Notes :

(1) Pour les musulmans, Jésus-Christ n’est qu’un ” prophète ” qui aurait, selon eux, annoncé l’arrivée de Mahomet.
(2) Le 14 décembre 2006, une enquête judiciaire conduite par les Britanniques contre des responsables saoudiens était suspendue. Cette décision avait été prise après l’envoi d’une lettre par Tony Blair à la Haute cour de Justice, sous le prétexte de préserver les intérêts de la Grande-Bretagne. Il s’agissait de vente d’armes et d’une affaire de corruption dans laquelle était impliquée BAE System, une entreprise britannique, et l’entreprise Al-Yamama. Avant que le Qatar et l’Arabie Saoudite ne se réconcilient récemment, Al Jazeera, la chaîne de télévision, a insisté lourdement et à plusieurs reprises sur ce dossier. Le rédacteur du texte de la cassette semble être un auditeur attentif de cette chaîne.
(3) Composé des Nations unies, des Etats-Unis, de l’Union européenne et de la Fédération de Russie, le Quartette s’est donné pour mission de favoriser le retour à la paix entre Israël et les Palestiniens. Tony Blair a été nommé ” émissaire ” du Quartette le 27 juin 2007. L’opinion arabe a très mal perçu cette décision en raison des sentiments pro-israéliens prêtés à l’ancien Premier ministre britannique.
(4) Il s’agit d’un amalgame entre les Croisades et la situation politique actuelle à des fins de propagande.
(5) La ” oumma ” ou communauté des croyants musulmans.
(6) L’auteur de la cassette oublie que la colonisation juive de la Palestine a commencé à la fin du XIXème siècle, avec l’accord de l’Empire ottoman, alors maître des lieux.
(7) Il s’agit là d’une approche typique de l’islamisme. Par un jeu rhétorique, l’auteur qualifie d’idole une pratique qu’il estime contraire à la religion musulmane. Or, l’adoration d’idole peut être punie de mort en islam. Cette approche permet de dénoncer, puis de condamner au nom des lois religieuses, toute personne qui refuse de se plier aux règles décrétées par les ouléma (docteurs de la loi) du courant islamiste.
(8) La rencontre d’Annapolis (Etats-Unis) s’est déroulée le 27 novembre 2007 à l’instigation de George W. Bush pour favoriser une relance de la paix entre Israël et les Palestiniens. L’embargo évoqué est celui mené par Israël contre Gaza.
(9) Il s’agit du territoire englobant la Palestine, le Liban et la Syrie.
(10) L’auteur de la cassette cherche à attirer en Irak les réfugiés palestiniens et les membres de leur diaspora pour combattre contre les Américains.
(11) Les mots de ” démocratie associatrice ” constituent une autre formule rhétorique utilisée par les islamistes. En islam, on appelle ” associateur “, toute personne qui ” associe ” d’autres divinités au Dieu unique. Par sa formule, l’auteur de la cassette cherche à assimiler la démocratie à une croyance impie.
(12) Al Aqsa, située sur le Mont du Temple à Jérusalem, est par le rang, la troisième mosquée de l’islam, après la Kaaba, à La Mecque, et la mosquée de Médine.
(13) Hattin est la bataille au cours de laquelle Saladin a défait les Croisés en 1187.

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