« Il n’y a pas de peuple palestinien… Ce n’est pas comme si nous étions venus les mettre à la porte et leur prendre leur pays. Ils n’existent pas. »
Golda Meir. Déclaration au “Sunday Times”, 15 juin 1969.
L’idéologie sioniste repose sur un postulat très simple : il est écrit dans la Genèse (XV, 18-21) : « Le Seigneur conclut une Alliance avec Abraham en ces termes : C’est à ta descendance que je donne ce pays, du fleuve d’Égypte au grand fleuve, le fleuve Euphrate. »
A partir de là, sans se demander en quoi consiste l’Alliance, à qui a été faite la Promesse, ou si l’Élection était inconditionnelle, les dirigeants sionistes, même s’ils sont agnostiques ou athées, proclament : la Palestine nous a été donnée par Dieu.
Les statistiques, même du gouvernement israélien, montrent que 15% des Israéliens sont religieux. Ceci n’empêche pas 90% d’entre eux d’affirmer que cette terre leur a été donnée par Dieu… auquel ils ne croient pas.
L’immense majorité des Israéliens actuels ne partage ni la pratique, ni la foi, religieuses, et les différents « partis religieux » qui jouent pourtant un rôle décisif dans l’État d’Israël, ne rassemblent qu’une infime minorité des citoyens.
Cet apparent paradoxe est expliqué par Nathan Weinstock dans son livre : « Le sionisme contre Israël » (Ed. Maspéro, 1969, p. 315) « Si l’obscurantisme rabbinique triomphe en Israël, c’est parce que la mystique sioniste n’a de cohérence que par référence à la religion mosaïque. Supprimez les concepts de “Peuple élu” et de “Terre promise”, et le fondement du sionisme s’effondre. C’est pourquoi les partis religieux puisent paradoxalement leur force dans la complicité des sionistes agnostiques. La cohérence interne de la structure sioniste d’Israël a imposé à ses dirigeants le renforcement de l’autorité du clergé. C’est le parti social-démocrate “Mapaï”, sous l’impulsion de Ben Gourion, qui a inscrit les cours de religion obligatoires au programme des écoles, et non les partis confessionnels. »
« Ce pays existe comme accomplissement d’une promesse faite par Dieu lui-même. Il serait ridicule de lui demander des comptes sur sa légitimité. Tel est l’axiome de base formulé par Madame Golda Meir. »
Source : “Le Monde” du 15 octobre 1971.
« Cette terre nous a été promise et nous avons un droit sur elle. >> redit Beghin.
Source : Déclaration de Beghin à Oslo . “Davar”. 12 décembre 1978.
« Si l’on possède la Bible, si on se considère comme le peuple de la Bible, on devrait posséder également les terres bibliques, celles des Juges et des Patriarches, de Jérusalem, d’Hébron, de Jéricho, et d’autres lieux encore. »
Source : Moshé Dayan. “Jérusalem Post”. 10 août 1967.
Très significativement, Ben Gourion évoque le “précédent” américain où en effet, pendant un siècle, la frontière demeura mouvante jusqu’au Pacifique, où fut proclamée la “fermeture de la frontière” en fonction des succès de la “chasse aux Indiens” pour les refouler et s’emparer de leurs terres.
Ben Gourion dit très clairement : « Il ne s’agit pas de maintenir le statu-quo. Nous avons à créer un État dynamique, orienté vers l’expansion. »
La pratique politique correspond à cette singulière théorie : prendre la terre, et en chasser les habitants, comme le firent Moïse et son successeur Josué. Menahem Beghin, le plus profondément imbu de la tradition biblique, proclamait : « ERETZ Israël sera rendue au peuple d’Israël. Tout entière et pour toujours . »
Source : Menahem Beghin : “The revolt : story of the Irgoun”. p. 335.
Ainsi d’emblée, l’État d’Israël se place au dessus de toute loi internationale. Imposé à l’O.N.U., le 11 mai 1949 par la volonté des États-Unis, l’État d’Israël ne fut admis qu’à trois conditions :
1 – Ne pas toucher au statut de Jérusalem ;
2 – Permettre aux Arabes palestiniens de revenir chez eux ;
3 – Respecter les frontières fixées par la décision de partition.
Parlant de cette résolution des Nations Unies sur le “partage”, prise bien avant son admission, Ben Gourion déclare : « l’État d’Israël considère que la résolution des Nations Unies du 29 novembre 1947, est nulle et non avenue. »
Source : ” New York Times “, 6 décembre 1953.
Faisant écho aux thèses citées plus haut de l’américain Albright, sur le parallèle entre les expansions américaines et sionistes, le Général Moshé Dayan écrit : « Prenez la Déclaration américaine de l’Indépendance. Elle ne contient aucune mention des limites territoriales. Nous ne sommes pas obligés de fixer les limites de l’État. >>
Source : ” Jerusalem Post ” du 10 août 1967.
La politique correspond très exactement à cette loi de la jungle : la “partition” de la Palestine découlant de la résolution des Nations Unies ne fut jamais respectée.
Déjà, la résolution de partage de la Palestine, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies (composée alors d’une écrasante majorité d’États Occidentaux) le 29 novembre 1947, marque les desseins de l’Occident sur leur “bastion avancé” : à cette date les Juifs constituent 32 % de la population et possèdent 5,6 % du sol : ils reçoivent 56 % du territoire, avec les terres les plus fertiles. Ces décisions avaient été obtenues sous la pression des États-Unis.
Le Président Truman exerça une pression sans précédent sur le Département d’État. Le Sous-Secrétaire d’État Summer Welles écrit : « Par ordre direct de la Maison-Blanche les fonctionnaires américains devaient user de pressions directes ou indirectes… afin d’assurer la majorité nécessaire au vote final >>.
Source : Summer Welles, “We need not fail”. Boston, 1948. p. 63.
Le Ministre de la Défense d’alors, James Forrestal, confirme : « Les méthodes utilisées pour faire pression, et pour contraindre les autres nations au sein des Nations Unies, frôlaient le scandale. »
Source : ” Les Mémoires de Forrestal “. N.Y. The Viking Press. 1951, p. 363.
Dès 1948, même ces décisions partiales furent violées. Les Arabes protestant contre une telle injustice et la refusant, les dirigeants israéliens en profitent pour s’emparer de nouveaux territoires, notamment Jaffa et Saint Jean d’Acre, si bien qu’en 1949 les sionistes contrôlaient 80% du pays et que 770.000 Palestiniens avaient été chassés.
La deuxième partie se trouve ici





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