La Résistance contrôle une grande partie de Beyrouth

Le Hezbollah a pris vendredi le contrôle d’une grande partie de Beyrouth, dont des organes de presse pro-gouvernementaux, au troisième jour d’une campagne de désobéissance qui tourne à la confrontation majeure avec le gouvernement de Fouad Siniora.
D’après des sources proches des services de sécurité, le bilan des trois jours d’affrontements entre combattants des deux camps est d’au moins dix morts et 20 blessés.
Rappelant les heures les plus sombres de la guerre civile qui a déchiré le pays de 1975 à 1990, le bruit sourd des grenades et le craquement des armes automatiques ont continué de résonner durant la nuit tandis que des groupes de jeunes gens armés de fusils d’assaut sillonnaient les rues de la capitale encombrées des carcasses noircies de voitures incendiées.
En fin de matinée, le Hezbollah et ses alliés contrôlaient la totalité de Beyrouth-Ouest à l’exception du quartier de Tarek al-Djadidi, où des combattants pro-gouvernementaux étaient cependant en discussion pour rendre les armes, a dit un responsable de la sécurité.
Dans la matinée, des hommes fidèles au Hezbollah avaient pris le contrôle de la chaîne de télévision pro-gouvernementaleÿ Future News, qui appartient au dirigeant de la coalition au pouvoir Saad al Hariri, et obtenu l’interruption de ses programmes, a déclaré à Reuters un responsable du bureau de la chaîne à Beyrouth. Des hommes en armes ont également fait irruption dans les locaux du journal Al Moustakbal, appartenant aussi à Hariri.
D’après des responsables des services de sécurité, les membres du Hezbollah, accompagnés de combattants du mouvement allié Amal, ont pris le contrôle de plusieurs bureaux du Courant du Futur de Hariri dans la partie occidentale de Beyrouth. Ils les ont remis à l’armée libanaise, qui tente de jouer un rôle neutre dans la crise.
Les combattants du Hezbollah ont également resserré leur emprise sur les axes routiers menant à l’aéroport international de Beyrouth, pratiquement paralysé depuis mercredi. La compagnie aérienne nationale Middle East Airlines a annoncé le report de tous ses vols prévus d’ici samedi.
“Le Hezbollah domine la majeure partie de Beyrouth-Ouest”, souligne Paul Salem, directeur du Carnegie Middle East Center à Beyrouth. “Cela affaiblit le gouvernement et le Courant du Futur”, ajoute-t-il.
Les violences ont débuté lorsque le gouvernement a déclaré que le réseau de communication* mis en place par le Hezbollah constituait une atteinte à la souveraineté nationale.
Jeudi, cheikh Sayyed Hassan Nasrallah, avait accusé en réponse le gouvernement de lui avoir “déclaré la guerre”. Pour le Hezbollah, unique milice à avoir été autorisée à conserver ses armes après la fin de la guerre civile pour lutter contre l’occupation israélienne dans le sud du pays, ce réseau parallèle de communications fait partie intégrante de ses structures de sécurité.
Israël s’est retiré en 2000 et le sort de l’appareil militaire du Hezbollah est depuis au coeur de la crise politique libanaise.
Saad al Hariri a répondu à Nasrallah en proposant un plan de sortie de crise qui qualifierait de “malentendu” la décision prise par le gouvernement de démanteler le réseau de communications du Hezbollah.
Le Hezbollah, selon sa chaîne de télévision Al Manar, a immédiatement rejeté cette proposition, précisant qu’il s’en tenait aux conditions fixées par Nasrallah.
A New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a lancé un appel “au calme et à la retenue” dans une déclaration politique n’ayant pas valeur contraignante. A Ryad, l’Arabie saoudite a réclamé de son côté la tenue d’une réunion d’urgence des ministres arabes des Affaires étrangères pour discuter de la crise.
(Vendredi, 09 mai 2008 – 12h30)
Pour la troisième journée consécutive, les violents affrontements ont opposé les partisans de l’opposition et ceux du gouvernement vendredi dans les rues de Beyrouth. Ces combats ont déjà fait au moins 11 morts et plus de 20 blessés, selon des représentants des autorités, alors que les miliciens de l’opposition ont pris le contrôle de plusieurs quartiers de la capitale alors que les affrontements se multipliaient dans plusieurs parties du pays.
Jeudi soir, des responsables de la sécurité libanaise avaient fait état de quatre morts et huit blessés, ce qui laisse supposer que la plupart des victimes ont été recensées au cours de la nuit. Des dizaines de magasins et de voitures ont été endommagés dans ces violents accrochages.
Selon LBC-TV, une chaîne pro-gouvernementale, Saad Hariri et Walid Joumblatt étaient assiégés dans leurs résidences dans l’ouest de Beyrouth et des responsables de la majorité ont appelé à une réunion d’urgence des parlementaires dans un village de la montagne au nord-est de Beyrouth. Une roquette a atterri sur la grille de la résidence fortement gardée de Saad Hariri dans le quartier de Koreitem.
Fouad Siniora serait également retranché avec plusieurs de ses ministres dans son bureau du centre de la capitale libanaise sous la protection renforcée de l’armée et de la police.
Une réunion des chefs de la diplomatie de la Ligue arabe au Caire aura lieu dans deux jours pour discuter de la crise, a annoncé Hossam Zaki, porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères.
Parallèlement, les dirigeants du Qatar et de la Syrie ont eu des entretiens à propos du Liban à Damas. Selon l’agence de presse officielle syrienne, ils sont convenus que le conflit au Pays du Cèdre était une affaire intérieure et exprimé l’espoir que les parties impliquées trouvent une solution par le biais du dialogue.
Signe de l’effondrement des organisations favorables au gouvernement de Fouad Siniora, les hommes du Hezbollah et ceux de son allié du Amal ont pris le contrôle de la chaîne “Futur” du principal leader sunnite Saad Hariri. La chaîne a cessé d’émettre dans la matinée sur ordre du Hezbollah.
Les bureaux du quotidien appartenant à Saad Hariri qui se trouvent dans la banlieue proche ont également été incendiés par des hommes de l’opposition, selon des images diffusées par la télévision. L’armée a été déployée autour des locaux du quotidien et ceux de la chaîne de télévision.
Les troupes libanaises ont évacué le personnel de la chaîne dont les locaux sont situés dans le quartier de Kantari dans l’ouest de Beyrouth tandis que des hommes armés se massaient près de la chaîne exigeant sa fermeture et en menaçant de la détruire, a déclaré un des responsables de la chaîne de Hariri.
Dans le quartier côtier de Ramlet el-Bayda, les soldats sont également intervenus dans les locaux du quotidien “al-Mustaqbal” appartenant également à Saad Hariri et où a éclaté un incendie. L’armée a bouclé le secteur pour permettre aux pompiers de circonscrire le sinistre.
(Vendredi 09 mai 2008 – 13h40)
Kouchner veut éviter l’engrenage de la guerre civile au Liban
La France “n’entend pas rester inactive” face au “drame” qui se déroule au Liban et appelle à l’arrêt des combats, a déclaré Bernard Kouchner.
Dans un communiqué, le ministre français des Affaires étrangères souligne être en contact avec toutes les composantes libanaises et vouloir coordonner son action “avec les principaux partenaires du Liban.” Parallèlement, la France “se concerte activement avec ses partenaires européens”, précise-t-il.
“Il faut éviter à tout prix le terrible engrenage de la guerre civile”, souligne Bernard Kouchner.
(Vendredi 09 mai 2008 – 13h50)
Pas d’évacuation des ressortissants français “à ce stade”, selon le Quai d’Orsay
L’évacuation par la France de ses ressortissants au Liban “n’est pas à l’ordre du jour à ce stade”, a indiqué vendredi le ministère des Affaires étrangères, déconseillant toutefois aux Français “tout déplacement” au pays du Cèdre.
“La question d’un plan de rapatriement n’est pas à l’ordre du jour à ce stade, mais nous déconseillons tout déplacement au Liban et appelons nos compatriotes présents sur place à la plus grande prudence”, a déclaré la porte-parole du Quai d’Orsay, Pascale Andreani, lors d’un briefing de presse.
“Nous suivons avec la plus grande attention l’évolution de la situation afin de prendre les mesures nécessaires à la protection de nos compatriotes”, a-t-elle ajouté.
Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a qualifié vendredi de “grave” la situation au Liban.
Appelant “chacun, chaque partie, chaque force, à cesser immédiatement les combats et à reprendre la voie du dialogue”, le ministre estime qu’”il faut éviter à tout prix le terrible engrenage de la guerre civile” et “réitère son soutien aux autorités et institutions libanaises, en premier lieu le gouvernement et l’armée”.
(Vendredi 09 mai 2008 – 15h55)
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Les acteurs régionaux se renvoient la responsabilité de la crise
Deux jours après le déclenchement du grave conflit qui oppose au Liban la majorité parlementaire à l’opposition, la crise s’est exportée, vendredi 9 mai, sur le terrain de la diplomatie, illustrant les lignes de fractures qui traversent le Moyen-Orient.
Vendredi matin, Israël a directement accusé l’Iran de fomenter, en soutenant le Hezbollah, les troubles au Liban. Dans une intervention à la radio publique, Shimon Pérès, a attribué la crise à la volonté de Téhéran de “régner sur tout le Moyen-Orient”. Pérès a souligné que cette “nouvelle tragédie” que connaît le Liban n’avait “aucun rapport avec Israël”.
L’Egypte et l’Arabie saoudite, deux acteurs régionaux de premier plan, ont également volé au secours du gouvernement de Fouad Siniora, en appelant au respect des institutions constitutionnelles. En privé, les diplomates de ces deux pays ne cachaient pas leur exaspération face la manœuvre de “sabotage” entreprise par Téhéran. Appuyés par la Jordanie, Le Caire et Riyad ont proposé la tenue d’une réunion des ministres des affaires étrangères arabes.
En réponse à ces mises en cause, l’Iran a imputé la responsabilité de la crise à Israël et aux Etats-Unis. “Les interventions aventureuses des Etats-Unis et du régime sioniste sont la principale cause de la situation chaotique au Liban”, a affirmé le porte-parole des affaires étrangères, assurant que “les efforts inlassables fournis par la République islamique d’Iran pour aider les différents groupes politiques à parvenir à un accord n’ont reçu aucune aide d’autres nations”.
Régulièrement montrée du doigt pour son rôle jugé néfaste dans les dissensions interlibanaises, la Syrie a pris les devants en assurant que la crise était “une affaire intérieure” libanaise.
De son côté, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’est dit “profondément inquiet” et a appelé l’opposition et la majorité libanaises à “faire prévaloir le dialogue” pour résoudre leurs différends. Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007, a également invité, par la voix de son porte-parole Sami Abou Zouhri, les protagonistes au Liban au dialogue, “pour couper court aux tentatives américaines de faire sombrer le Liban dans le chaos”.
Du côté des pays occidentaux, le ministre des affaires étrangères français Bernard Kouchner a promis que la France ne resterait pas “inactive face au drame” qui se déroule au Liban. “Nous invitons chacun à se mettre autour d’une table pour parvenir à un accord”, a affirmé M. Kouchner, soulignant que les responsables français étaient “prêts à faciliter leur rencontre et à prendre toutes les initiatives nécessaires”.
Le Quai d’Orsay a précisé qu’un plan de rapatriement n’était “pas à l’ordre du jour”. “Mais nous déconseillons tout déplacement au Liban et appelons nos compatriotes présents sur place à la plus grande prudence”, a déclaré la porte-parole du ministère.
Cette précision fait suite à l’annonce par l’Italie de la préparation d’un plan d’évacuation de ses citoyens désireux de quitter Beyrouth.
Jeudi, Washington avait appelé le Hezbollah à cesser immédiatement de “semer le trouble”.
(Vendredi 09 mai 2008 – 18h25)
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Le monde redoute la crise
Le Hezbollah a chassé vendredi après 48 heures de combats meurtriers ses rivaux de quartiers entiers de l’ouest de Beyrouth, où l’armée a pris position dans les rues et autour de bâtiments officiels.
“Il n’y a plus d’affrontements car personne ne fait face aux combattants de l’opposition” a déclaré un responsable de la sécurité libanaise sous couvert de l’anonymat.
Deux sympathisants de l’opposition au Liban ont été tués lors d’affrontements avec des partisans du gouvernement, dans la localité de Khaldé, au sud de Beyrouth, a déclaré une source au sein des services de sécurité.
Les affrontements ont eu lieu entre partisans de l’une des figures de l’opposition, Talal Arslane, et des sympathisants du Courant du Futur de Saad Hariri, a précisé le responsable.
Des pays arabes ont commencé à évacuer leurs ressortissants, tandis que l’Egypte et l’Arabie Saoudite affichaient leur soutien au gouvernement libanais.
Le Premier ministre français François Fillon a mis en garde vendredi à Nicosie contre les risques de guerre civile au Liban, affirmant que Paris est “extrêmement préoccupé” par les violences qui “peuvent conduire à un engrenage, engrenage qui lui-même conduirait à la guerre civile”.
“Il faut lever les barrages, il faut rouvrir les routes et l’aéroport. Comme le montre l’histoire du Liban, il n’y a pas d’autre solution politique”, a ajouté le chef du gouvernement français lors d’une conférence de presse conjointe avec le président chypriote Demetris Christofias, faisant référence au plan de la Ligue arabe sur cette question.
L’opposition ne lèvera pas les barrages routiers et le siège de l’aéroport que lorsque le gouvernement reviendra sur ses décisions à l’encontre du Hezbollah et reprendra le dialogue national, a déclaré vendredi un responsable de l’opposition.
“Nous ne menons pas un coup d’Etat. Tout cela est lié aux décisions du gouvernement” d’enquêter sur le réseau de communication du Hezbollah et de limoger le chef de la sécurité de l’aéroport présenté comme un proche du mouvement chiite, a affirmé ce responsable sous couvert de l’anonymat.
“Nous sommes en train de proposer un partenariat (…) et eux veulent monopoliser le pouvoir et limiter notre participation” à la prise de décisions, a ajouté ce responsable.
Des membres du Hezbollah tiraient en l’air en signe de joie dans certains quartiers, d’où ont été évincés les membres du parti du Courant du Futur, le parti de Saad Hariri.
L’armée libanaise, traditionnellement chargée au Liban du maintien de l’ordre, et les forces anti-émeutes, équipées de chars, patrouillaient les quartiers mais n’étaient pas intervenues dans les combats à l’arme automatique et aux roquettes RPG, particulièrement violents la veille, faisant au moins 11 morts et des dizaines de blessés. Les affrontements avaient baissé d’intensité en début d’après-midi avant de cesser.
Une source proche du Courant du Futur a indiqué que le parti avait confié l’ensemble de ses locaux dans les zones désormais sous contrôle du Hezbollah à l’armée et fait évacuer ses membres pour éviter davantage de confrontation.
Selon un porte-parole, l’armée est déployée en force pour protéger “le siège du gouvernement, la Banque centrale et l’entourage des résidences de M. Hariri et Walid Joumblatt” à Beyrouth. Les principaux axes routiers de Beyrouth sont aussi contrôlés par l’armée, a-t-il dit.
Le Hezbollah a aussi forcé, par des menaces, tous les médias appartenant à la famille Hariri à fermer, selon un responsable du groupe médiatique. Une roquette a même touché le mur d’enceinte de la résidence de M. Hariri, selon son entourage.
Dans le quartier de Ras al-Nabeh, des partisans de l’opposition ont fait irruption dans deux bureaux du mouvement de M. Hariri et accroché des posters du président syrien Bachar al-Assad sur les balcons.
Petit signe de détente, au nord, la route internationale reliant la ville de Tripoli a été rouverte après une fermeture de quelques heures. Dans la Békaa (est), toutes les routes ont été débloquées à l’exception de celle menant à la frontière syrienne. La route reliant Beyrouth au sud a également été rouverte.
Mais la route de l’aéroport international de Beyrouth, bloquée depuis mercredi par l’opposition, est toujours inaccessible et le trafic aérien reste quasi-paralysé. Le port de Beyrouth a aussi cessé toute activité pour le moment.
Les dernières violences au Liban avaient éclaté mercredi quand une grève sur des revendications sociales avait été transformée par le Hezbollah en un mouvement de désobéissance civile qui a dégénéré en heurts.
Ces heurts s’étaient intensifiés après un discours ed Hassan Nasrallah qui avait qualifié jeudi de “déclaration de guerre” des décisions du gouvernement à son encontre, visant notamment le réseau de télécommunications du mouvement. Il l’avait sommé de revenir sur ces décisions et d’accepter un dialogue national.
La majorité avait fait une contre-proposition qui a été rejetée par l’opposition.
M. Assad, dont le pays a contrôlé le Liban pendant près de 30 ans avant d’être contraint d’en évacuer ses troupes en 2005, a jugé la crise comme “une affaire intérieure libanaise” et appelé à un dialogue interlibanais.
L’Arabie saoudite et l’Egypte, alliés du gouvernement libanais, ont demandé une réunion arabe ministérielle d’urgence, alors qu’Israël a mis en cause l’Iran et le Hezbollah dans la responsabilité des combats. L’Iran, en revanche, a imputé la responsabilité de la crise à Israël et aux Etats-Unis.
La presse libanaise et arabe s’est alarmée du spectre d’un retour à la guerre civile qui avait dévasté le Liban de 1975 à 1990, des craintes ravivées par la grave crise politique qui sévit dans le pays depuis fin 2006, l’opposition et la majorité n’arrivant pas s’entendre sur un partage du pouvoir.
Cette crise a empêché l’élection d’un président de la République, poste vacant depuis novembre 2007.
(Vendredi 09 mai 2008 – 19h15)
Au moins 14 morts et plus de 20 blessés au troisième jour de violences à Beyrouth
Dans une violente démonstration de force du Hezbollah, les militants se sont emparés de la quasi-totalité des quartiers-ouest de Beyrouth, après trois jours d’affrontements avec les partisans du gouvernement qui ont fait au moins 14 morts et plus d’une vingtaine de blessés.
Les heurts s’étaient apaisés vendredi soir alors que l’armée libanaise commençait à se déployer dans le calme dans certaines zones abandonnées par les militants pro-gouvernementaux.
Le bilan s’est alourdi avec la mort de trois personnes, dont deux alliés druzes du Hezbollah tués dans une fusillade dans la banlieue sud-est de la capitale vendredi soir après la prise de contrôle du Hezbollah.
Un allié du Hezbollah a fait savoir que le groupe entendait se retirer, au moins partiellement, des zones occupées dans la nuit et la matinée de vendredi, laissant entendre que le mouvement ne comptait pas prendre le contrôle permanent de ces quartiers. Mais avec ces affrontements qui ont réveillé une nouvelle fois le spectre de la guerre civile au Liban, le Mouvement semble vouloir prendre l’ascendant après plusieurs mois de crise politique libanaise et de bras de fer avec le gouvernement de Fouad Siniora.
Saad Hariri et Walid Joumblatt étant assiégés dans leurs résidences dans l’ouest de Beyrouth, des responsables de la majorité ont tenu une réunion d’urgence dans une localité de la montagne au nord-est de Beyrouth, selon la chaîne pro-gouvernementale LBC TV.
Après la réunion, ils ont appelé dans un communiqué l’armée à reprendre le contrôle des rues et exhorté les pays arabes et la communauté internationale à faire pression sur les pays qui soutiennent le Hezbollah, soit l’Iran et la Syrie.
“Ce sanglant coup d’Etat vise à faire revenir la Syrie et au Liban et placer l’Iran sur la Méditerranée”, dénonce le communiqué lu par le responsable chrétien Samir Geagea. “La violence ne nous terrorisera pas mais augmentera notre détermination”, souligne le texte qui argue que la prise de contrôle du Hezbollah viole la Constitution du Pays.
Fouad Siniora serait également retranché avec plusieurs de ses ministres dans son bureau du centre de la capitale libanaise sous la protection renforcée de l’armée et de la police.
Le Hezbollah a manifesté sa puissance avec des actions d’éclat vendredi matin, ses hommes et ceux de son allié du Amal prenant le contrôle de la chaîne Future TV de Saad Hariri. La chaîne a cessé d’émettre dans la matinée sur ordre du Hezbollah.
Dans l’après-midi, un bâtiment abritant les archives de Future TV dans le quartier de Raouché (ouest) a également été attaqué. Les bureaux du quotidien appartenant à Saad Hariri qui se trouvent dans la banlieue proche ont été incendiés par des hommes de l’opposition.
Une roquette a atterri sur la grille de la résidence fortement gardée de Saad Hariri dans le quartier de Koreitem.
L’armée libanaise s’est largement tenue à l’écart des affrontements. Plus tard dans la journée, les soldats libanais ont pris position dans certains quartiers abandonnés par les groupes pro-gouvernementaux.
Les militants du Hezbollah ont célébré leurs victoires dans les rues désertées de Beyrouth. Une centaine d’entre eux, en tenue camouflage et portant des fusils d’assaut, ont descendu notamment la rue Hamra, artère chic commerçante de la capitale.
Face à l’aggravation de la situation dans le pays, une réunion des chefs de la diplomatie de la Ligue arabe au Caire aura lieu dans deux jours pour discuter de la crise, a annoncé Hossam Zaki, porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères.
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a dénoncé un “coup de force” du Hezbollah à Beyrouth-Ouest et indiqué de son côté que la France pourrait tenter avec l’Espagne et l’Italie une initiative tripartite pour ramener le calme au Liban.
Le Liban connaît une grave crise politique depuis le départ en novembre du président Emile Lahoud qui n’a pas été remplacé depuis, faute d’accord entre la majorité et l’opposition. Les derniers troubles ont éclaté après que le gouvernement de Fouad Siniora eut déclaré illégal le réseau de télécommunication militaire du Hezbollah, jugeant qu’il menaçait la sécurité de l’Etat.
(Vendredi 09 mai 2008 – 20h45)
La France craint un engrenage vers la guerre civile au Liban
Les autorités françaises se sont dites très préoccupées vendredi par les violences au Liban, qui pourraient, selon elles, conduire à une nouvelle guerre civile et se mobilisent pour trouver une solution politique.
Elles ont réaffirmé leur soutien aux institutions libanaises et précisé qu’elles préparaient une éventuelle évacuation des Français du Liban, tout en l’excluant dans l’immédiat.
“Comment ne pas l’envisager (l’évacuation) ? Nous la préparons, nous ne la conseillons pas”, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, sur France info.
“Pour l’heure, il n’y a pas d’affolement dans la communauté française. Seuls les gens qui étaient là pour quelques jours ont été exfiltrés, ils sont partis presque tous mais la communauté reste calme pour le moment”, a-t-il ajouté.
Dans un communiqué, le ministre déclare s’être entretenu avec le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, et ses homologues italien et espagnol.
Le Premier ministre français, François Fillon, s’est dit “extrêmement préoccupé” par la situation et il a demandé la réouverture des routes et de l’aéroport.
“Nous savons que ces violences peuvent conduire à un engrenage qui lui-même conduirait à la guerre civile”, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse avec le président chypriote, Demetris Christofas, à Nicosie où il effectuait une visite de travail.
Au moins 15 personnes ont été tuées et 34 blessées ces trois derniers jours. L’opposition a pris le contrôle de Beyrouth-Ouest et annoncé qu’elle maintiendrait ses barrages jusqu’à l’obtention d’une solution à la crise politique qui paralyse le pays depuis novembre 2006.
“La France condamne ces actions de force et réaffirme, dans ces circonstances difficiles, son soutien aux institutions libanaises comme son attachement à la souveraineté, l’unité et l’indépendance du Liban”, souligne Bernard Kouchner dans son communiqué.
“La France apporte tout son soutien aux efforts de médiation de la Ligue Arabe qui tiendra une réunion ministérielle extraordinaire dimanche au Caire sur la crise libanaise”, ajoute-t-il.
Pour François Fillon, “comme le montre l’histoire du Liban, il n’y a pas d’autre solution que politique”. “Les éléments de cette solution sont connus, ce sont ceux du plan de la Ligue arabe.”
“Nous soutenons les institutions libanaises, nous soutenons le gouvernement et l’armée à qui il revient de préserver la stabilité et la sécurité du pays”, a insisté le Premier ministre.
Interrogé sur une éventuelle évacuation des Français, il a répondu que l’ambassade de France à Beyrouth était mobilisée.
“Elle nous informe en temps réel et nous sommes prêts à réagir à toute évolution de la situation”, a-t-il dit.
(Samedi 10 mai 2008 – 11h00)
Liban : 5 morts dans le nord, des combattants du Hezbollah toujours dans Beyrouth
Cinq personnes ont été tuées samedi lors de violents combats armés entre des partisans de la majorité et de l’opposition dans une ville du nord du Liban, a déclaré à l’AFP un responsable des services de sécurité.
Les affrontements avaient lieu dans la localité de Halba, chef-lieu de la région du Akkar, entre des militants du Parti social nationaliste syrien (opposition) et des partisans du Courant du Futur (majorité).
Le bilan des combats qui ont débuté mercredi au Liban s’élève à au moins 23 morts.
Le responsable des services de sécurité a indiqué qu’il y a avait des civils parmi les personnes tuées à Halba.
La crise politique qui dure au Liban depuis novembre 2006 a dégénéré cette semaine en de sanglants affrontements qui ont notamment vu les combattants du Hezbollah chasser les partisans du bloc au pouvoir des quartiers de l’ouest de Beyrouth.
Des combattants du Hezbollah étaient d’ailleurs toujours présents samedi dans l’ouest de Beyrouth, au lendemain de la prise de contrôle du secteur, dénoncée par la majorité parlementaire comme un coup d’Etat.
Samedi cependant, la vie a repris timidement après des combats de rue qui ont fait 11 morts jeudi entre des combattants du Hezbollah, seul mouvement à ne pas avoir désarmé, et des partisans de Saad Hariri, un pilier de la majorité parlementaire appuyée par l’Occident. Au total 18 personnes ont péri dans les affrontements à travers le Liban.
Ces combats, les pires depuis la guerre civile (1975-1990), ont fait craindre un nouveau conflit armé alors qu’une crise paralyse les institutions politiques depuis fin 2006, l’opposition et la majorité divergeant sur un partage du pouvoir.
Des combattants du Hezbollah et d’un autre mouvement chiite, Amal, en nombre limité, étaient toujours visibles dans le secteur d’où ils avaient chassé la veille les partisans de Saad Hariri, dont le groupe médiatique —télévisions, journal et radio— ont dû fermer après des menaces du Hezbollah.
“La présence des éléments armés a diminué de manière significative et il n’y a plus de danger pour les civils”, selon un porte-parole de l’armée.
L’armée libanaise, traditionnellement chargée au Liban du maintien de l’ordre, était aussi fortement présente sur les principaux axes de la capitale, y installant des barrages. Mais les soldats avaient reçu l’ordre de ne pas intervenir dans les combats, de crainte d’une scission au sein de la seule institution encore solide et unie au Liban.
Les militaires se sont contentés notamment de protéger les institutions officielles, comme la Banque centrale ou le siège du gouvernement.
“C’est la première fois que je quitte ma maison depuis la nuit de jeudi”, dit Samia, en se dirigeant vers une banque à Hamra. “Mais je crois que c’est un calme temporaire”.
La route menant à l’aéroport international de Beyrouth, où aucun vol n’était prévu, est toujours bloquée par des pneus et des monticules de terre placées par le Hezbollah.
Quelques hommes armés se trouvaient sur cette route, selon un journaliste de l’AFP.
Les étrangers, entretemps, continuaient de quitter le pays par la route via la Syrie, alors que la Turquie et le Koweït poursuivaient l’évacuation de leurs ressortissants.
Face à l’escalade, une réunion ministérielle d’urgence des pays arabes, à l’appel de l’Egypte et de l’Arabie saoudite, se tiendra dimanche au Caire.
Le lendemain, le groupe informel des “Amis du Liban”, qui compte une quinzaine de pays et organisations internationales, a prévu une conférence téléphonique pour évaluer la situation, selon un responsable du département d’Etat américain. “Après cela, nous étudions la possibilité de consultations à New York, dans le cadre du Conseil de sécurité”, a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis ont de nouveau apporté leur soutien au gouvernement de Fouad Siniora et dit leur volonté de voir le Hezbollah “rendre des comptes”, mais sans dire comment.
Les violences au Liban avaient éclaté mercredi quand une grève sur des revendications sociales avait été transformée par le Hezbollah en un mouvement de désobéissance civile qui a dégénéré en heurts.
Ces heurts se sont intensifiés après un discours du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah qui a qualifié jeudi de “déclaration de guerre” des décisions du gouvernement liées au réseau de télécommunications du mouvement et sommé le cabinet de revenir sur ces décisions et d’accepter un dialogue national.
“Siniora reviendra-t-il sur ces décisions ou démissionnera-t-il et résoudra la crise” ? a demandé le quotidien libanais de l’opposition Ad-Diyar.
“Impasse politique et insécurité : la victoire à la Pyrrhus du Hezbollah”, écrit le quotidien francophone proche du gouvernement L’Orient Le Jour.
Cependant le ministre des Sports et de la Jeunesse Ahmed Fatfat a exclu que le gouvernement revienne sur sa décision. “Il serait plus facile pour le gouvernement de démissionner que de révoquer sa décision”, a-t-il dit.
(Samedi, 10 mai 2008 – 13h00)
Fouad Siniora ordonne à l’armée d’intervenir
Fouad Siniora a choisi samedi la fermeté face au Hezbollah en affirmant que son gouvernement tiendrait bon malgré le coup de force, et en demandant à l’armée de retirer “immédiatement” les hommes armés déployés dans les rues.
Onze personnes ont péri dans des combats et dans une fusillade au Liban, quatre jours après le début des violences entre partisans de la majorité parlementaire et de l’opposition qui ont fait au moins 29 morts.
“La démocratie a été poignardée au coeur (…) mais l’Etat libanais ne tombera pas face aux putschistes”, a affirmé Siniora dans une adresse à la nation, son premier discours depuis la prise de contrôle par le Hezbollah de Beyrouth ouest au terme de violents combats.
“Nous n’avons pas déclaré la guerre au Hezbollah et n’allons pas la déclarer. Mais ses milices et celles d’Amal ont envahi les maisons et les quartiers de Beyrouth, mais nous ne permettrons pas cela”, a-t-il ajouté.
“Je demande à l’armée d’imposer la sécurité à tous et dans toutes les régions et de retirer les hommes armés de la rue immédiatement”, a affirmé Siniora depuis le siège du gouvernement, où il a également appelé l’armée à mettre fin au sit-in de l’opposition dans le centre de Beyrouth, qui dure depuis le début de la crise libanaise, fin 2006.
Siniora a en outre mis en cause la passivité des militaires lors des combats, en estimant que l’armée devait “assumer ses responsabilités nationales sans hésitation ni délai et cela ne s’est pas produit jusqu’à présent”.
Les soldats avaient reçu l’ordre de ne pas intervenir dans les combats, de crainte d’une scission au sein de la seule institution encore solide et unie au Liban. Samedi, les militaires étaient fortement présents sur les principaux axes de la capitale. Au Liban l’armée est traditionnellement chargée du maintien de l’ordre.
(Samedi, 10 mai 2008 – 16h35)
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L’armée appelle les combattants à quitter les rues de Beyrouth et donne des gages au Hezbollah
Le commandement de l’armée a annoncé samedi dans un communiqué avoir ordonné à ses forces d’établir la sécurité dans Beyrouth, et appelle toutes les parties à retirer leurs hommes des rues et à rouvrir les routes.
Quant à la question du réseau controversé de communications du Hezbollah, à l’origine de la crise actuelle, elle sera réglée par le corps des transmissions, précise le communiqué.
Autre geste de conciliation en direction du Hezbollah, le responsable de la sécurité de l’aéroport de la capitale, limogé pour cause de liens avec le Hezbollah, sera rétabli dans ses fonctions.
Ce limogeage, et la décision prise par le gouvernement Siniora de déclaré illégal le réseau de communications du Hezbollah avaient déclenché les pires violences interconfessionnelles dans la capitale depuis la fin de la guerre civile en 1990.
(Samedi, 10 mai 2008 – 17h40)
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Le Hezbollah accepte l’appel de l’armée à quitter les rues de Beyrouth
La chaîne de télévision du Hezbollah, Al-Manar, a annoncé samedi que les forces de l’opposition allaient retirer tous leurs combattants des rues de Beyrouth, en réponse à l’appel lancé par l’armée.
Peu de temps auparavant, le commandement de l’armée avait annoncé dans un communiqué avoir ordonné à ses forces d’établir la sécurité dans Beyrouth, et appelle toutes les parties à retirer leurs hommes des rues et à rouvrir les routes.
Par ailleurs, des affrontements entre forces pro-gouvernementales, dont des hommes fidèles à Saad Hariri, et membres du Parti nationaliste social syrien, mouvement laïque allié au Hezbollah, ont fait au moins 12 morts et 20 blessés dans le nord du pays, à Halba, dans l’Akkar.
Ces nouvelles victimes portent à 37 le nombre de morts depuis mercredi.
(Samedi, 10 mai 2008 – 17h45)
L’opposition se retire de l’ouest de Beyrouth à l’appel de l’armée
Le Hezbollah et ses alliés de l’opposition ont commencé samedi à retirer leurs combattants des quartiers ouest de Beyrouth conquis la veille, obéissant aux injonctions de l’armée à qui le gouvernement s’en est remis pour rétablir “la paix civile”.
Cette mesure intervient également après que l’armée eut annoncé qu’elle gelait les récentes décisions du gouvernement contre le Hezbollah, à l’origine d’affrontements entre partisans de la majorité et de l’opposition qui ont fait depuis jeudi 34 morts, dans les pires violences depuis la fin de la guerre civile (1975-90).
“Le mouvement Amal annonce que ses partisans ont commencé à se retirer des rues de Beyrouth”, a déclaré un responsable de ce parti, allié du mouvement Hezbollah. Il a cependant ajouté que l’opposition poursuivrait son mouvement de “désobéissance civile”.
Des militants de l’opposition avaient pris vendredi des quartiers de l’ouest de Beyrouth, contrôlés jusque-là par des partisans de la majorité.
Dans une adresse à la nation samedi, M. Siniora a jugé que la démocratie avait été “poignardée au coeur” mais que l’Etat libanais ne tomberait pas “face aux putschistes”. “Je demande à l’armée d’imposer la sécurité à tous et dans toutes les régions et de retirer les hommes armés de la rue immédiatement”, a-t-il ajouté.
L’armée a ainsi demandé à l’opposition de retirer ses hommes de la capitale mais a également, par un souci d’équilibre, décidé que le chef de la sécurité de l’aéroport, Wafic Choukair, présenté comme un proche du Hezbollah et limogé mardi par le gouvernement, resterait à son poste.
M. Choukair pourra rester dans ses fonctions en attendant qu’une enquête détermine s’il était au courant des caméras de surveillance installées par le Hezbollah près de l’aéroport de Beyrouth, selon l’armée.
Par ailleurs, l’armée “se chargera d’étudier le dossier du réseau de télécommunications” mis en place par le Hezbollah, qualifié récemment par le gouvernement de “violation à la souveraineté du Liban”, et sur lequel il voulait enquêter, selon un communiqué.
(Samedi, 10 mai 2008 – 20h05)





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