Le 13 mars 2008, Shimon Pérès inaugurait le Salon du livre à Paris. Avec ce sens un peu tapageur de sa promotion, l’État d’Israël était parvenu à se faire octroyer le rôle d’invité d’honneur de cet événement parisien pour le 60ème anniversaire de sa création.
États arabes et pays musulmans ont massivement boycotté le Salon. Après les bombardements de Gaza et l’attaque du Liban en juillet 2006, ils ne pouvaient pas faire moins.
On a pourtant entendu Pérès déclarer : ” Ceux qui veulent brûler les livres, boycotter la sagesse, empêcher la liber-té se condamnent eux-mêmes à être aveugles… ” Beau comme l’antique !
Bernard-Henri Lévy, étrangement sur la même ligne au mot près, déclarait sur Europe 1 : ” Il est important de refuser la logique des boycotteurs et des brûleurs de livres “. Quant au ” Monde “, lui aussi aligné, on lisait dans son éditorial : ” Boycotter les livres, voire récuser une langue, a toujours été l’arme des dictatures “.
Tout ce beau monde a oublié, le licenciement de RFI d’Alain Ménargues, en octobre 2004, pour son livre, oui un livre, ” Le Mur de Sharon “. Ce journaliste avait eu le tort de rapporter quelques vérités peu agréables sur Israël.
Reste à s’interroger sur un autre boycott auquel certains voudraient voir adhérer la France, celui des jeux olympiques en Chine.
“On ne voit pas, a écrit Bernard-Henri Lévy, comment des démocrates peuvent éviter d’appeler aujourd’hui à leur boycott“.
On a compris, il y a les mauvais boycotts, contre Israël, et les bons boycotts, contre les autres pays.
Alain Chevalerias





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