Au moins 18 personnes, en majorité des soldats, ont été tuées vendredi dans un attentat à l’entrée d’une mosquée de Saada (nord-ouest), que l’armée yéménite a imputé à la rébellion chiite active dans cette région.
L’explosion, qui a fait également 45 blessés, s’est produite au moment où les fidèles quittaient après la prière la mosquée ben Salmane, située près d’un camp militaire, selon les témoins.
Une source militaire avait auparavant fait état de 13 morts et 45 blessés, précisant à l’AFP que ce bilan était provisoire. Des militaires faisant partie de la foule des fidèles ont indiqué à l’AFP qu’un minibus stationné à l’extérieur de la mosquée avait explosé. Des témoins avaient auparavant parlé d’une moto piégée. On compte parmi les morts des soldats, mais aussi des femmes et des enfants qui attendaient l’aumône aux portes de la mosquée, selon des militaires sur place. La majorité des blessés sont des militaires, selon ces sources.
Cet attentat n’a pas été revendiqué mais un responsable local a déclaré à l’AFP qu’il portait la marque des “Houtistes”, la rébellion de la minorité zaïdite. “Les terroristes criminels adeptes du terroriste Abdoul Malak al-Houti sont derrière ce crime horrible”, a dénoncé pour sa part à l’agence officielle Saba un responsable du ministère de l’Intérieur, en allusion au dirigeant sur le terrain de la rébellion chiite.
La province de Saada est le fief de cette rébellion, où des combats avec les forces gouvernementales ont fait des milliers de morts depuis 2004, dont dix soldats et huit rebelles dans des affrontements en début de semaine.
Selon des témoins, l’explosion aurait pu viser l’imam de la mosquée, qui est également un officier de l’armée et qui adhère à la tendance salafiste (rigoriste, sunnite) de l’islam. Il n’a pas été blessé, selon des témoins.
La mosquée ben Salmane, à l’instar des autres mosquées au Yémen, est fréquentée par les sunnites comme par les partisans du zaïdisme. Branche du chiisme, le zaïdisme est minoritaire au Yémen, à majorité sunnite, mais majoritaire dans le nord-ouest du pays.
La rébellion a commencé dans les environs de Saada, une région montagneuse et pauvre, et s’est poursuivie en dépit de tentatives de médiation du Qatar. Dirigés à l’origine par Hussein Badreddine al-Houti, tué par l’armée en 2004, ces “Jeunes croyants” également appelés “Houtistes” rejettent le régime du président Ali Abdallah Saleh. Ils appellent au rétablissement de l’imamat zaïdite, renversé par un coup d’Etat militaire en 1962.
Outre cette rébellion, le Yémen, où Al-Qaïda est active, a été le théâtre d’une série d’attentats ces dernières semaines. Le dernier en date remonte à mercredi à Sanaa, où la direction des douanes près de l’ambassade d’Italie a été la cible d’un double attentat à la voiture piégée, sans faire de victime. Il n’a pas été revendiqué.
L’ambassade des Etats-Unis à Sanaa avait annoncé le 8 avril avoir reçu l’ordre du département d’Etat d’évacuer son personnel non-essentiel après de récentes attaques armées dans la capitale revendiquées par le réseau d’Oussama ben Laden, dont la famille est originaire du Yémen.
Le 18 mars, un policier et une élève avaient été tués à Sanaa dans une attaque à l’explosif contre une école pour jeunes filles, non loin de l’ambassade américaine. Trois semaines plus tard, Al-Qaïda revendiquait la responsabilité de tirs de roquettes sur des villas habitées par des experts pétroliers américains à Sanaa, qui n’avaient pas fait de victimes.
Une série d’attentats visant des Occidentaux, dont de nombreux touristes, a frappé depuis 2000 le Yémen où par ailleurs la population, à structure tribale, est fortement armée. Al-Qaïda avait revendiqué l’attentat suicide d’octobre 2000 contre le navire de guerre USS Cole, dans le port d’Aden (sud), où 17 marins américains ont trouvé la mort.





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