Des combattants islamistes somaliens ont promis vendredi de “venger la mort” du chef islamiste Moalim Aden Hashi Ayro, tué la veille dans un raid américain, et conseillé aux pays alliés aux Etats-Unis et à l’Ethiopie “de ne pas envoyer leurs ressortissants en Somalie”.
Communiqué diffusé sur le site El-Eekhlas
Le mouvement islamiste somalien a subi un coup dur jeudi avec la mort de Ayro et d’un autre responsable islamiste, le cheikh Muhyadin Omar, tués avec dix autres personnes par une attaque aérienne menée par l’armée américaine sur la localité de Dhusamareb (centre de la Somalie, 450 km au nord de Mogadiscio).
Il s’agit de la quatrième intervention militaire américaine en Somalie depuis début 2007 dans le cadre de la lutte de Washington contre le terrorisme.
“Nous appelons les gouvernements qui soutiennent l’Ethiopie et l’Amérique à maintenir leurs ressortissants hors de Somalie. Nous jurons que nous allons venger la mort de Ayro”, a réagi vendredi Cheikh Mukhtar Robow, le porte-parole des Shebabs (combattants islamistes extrémistes).
“Je peux vous assurer qu’après la mort de Ayro, nous allons redoubler la guerre sainte contre les infidèles. Par conséquent, nous appelons tous les combattants à accroître leurs attaques visant les marionnettes (gouvernement somalien) et les troupes éthiopiennes”, a-t-il menacé.
M. Ayro était, selon les autorités somaliennes, le chef du réseau terroriste Al-Qaïda en Somalie.
Les Etats-Unis l’ont désigné comme le chef des Shebabs en Somalie. Le 29 février, Washington a inscrit les “shebabs” sur sa liste des organisations terroristes, en raison de ses liens avec Al-Qaïda.
Vendredi, des villageois de Dhusamareb continuaient à explorer les décombres des maisons avoisinant celle de Ayro et également détruites dans l’attaque.
Selon des chefs coutumiers, au moins 15 personnes sont portées disparues depuis l’attaque.
“Jusqu’ici, nous avons découvert 12 corps dont ceux des chefs des Shebabs, mais les habitants disent que 15 personnes sont manquantes”, a déclaré à l’AFP Abdallahi Farah, un chef coutumier, joint par téléphone depuis Mogadiscio.
Un autre chef coutumier local, Jamal Muhamoud, a confirmé qu’au moins 15 personnes étaient portées disparues.
Les Shebabs dirigent depuis 2007 une insurrection sanglante visant en particulier le gouvernement de transition somalien et l’armée éthiopienne.
L’armée d’Addis Abeba, qui soutient le gouvernement somalien, a mis en déroute fin 2006-début 2007 les militants des tribunaux islamiques qui contrôlaient depuis plusieurs mois le centre et le sud de la Somalie, en guerre civile depuis 1991.
Selon des sources officielles, M. Ayro, qui a suivi un entraînement dans des camps d’Al-Qaïda en Afghanistan dans les années 90, avait survécu à un raid de l’armée américaine dans le sud de la Somalie en janvier 2007.
Ce raid visait au moins trois autres islamistes soupçonnés d’être impliqués dans les attentats, revendiqués par Al-Qaïda, contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998 et un hôtel à Mombasa (Kenya) en 2002.
M. Ayro a également été cité à plusieurs reprises dans des attaques contre des travailleurs humanitaires étrangers.
Depuis la mi-avril, les violences ont redoublé en Somalie entre insurgés et forces somaliennes et éthiopiennes.
Au moins 63 personnes ont été tuées à Mogadiscio autour du 20 avril dans les pires combats depuis le début de l’année dans ce pays très pauvre de la Corne de l’Afrique.
Environ 8.000 personnes ont fui les récents combats dans Mogadiscio, qui compte plus d’un million de déplacés, selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).






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