
La coïncidence est troublante.
Cette semaine, Bush, Brown et Sarkozy ont, chacun dans son pays, atteint des records historiques d’impopularité.
Selon un sondage de CNN, George Bush est aujourd’hui le président le plus mal-aimé de l’histoire des Etats-Unis (avec 71% d’opinions défavorables).
Selon un sondage BVA, Nicolas Sarkozy est, lui, le chef de l’Etat français qui recueille le taux d’opinions négatives le plus élevé depuis 1981 (64%).
Quant à Gordon Brown, son parti, le Labour, a subi avant-hier sa pire défaite électorale depuis 40 ans.

Chaque cas, bien sûr, est particulier.
Bush souffre de la (désormais) très impopulaire guerre en Irak.
Sarkozy de son comportement erratique.
Et Brown de son manque de charisme.
Mais, à l’évidence, il y a des raisons communes à ces trois déroutes.
It’s economy, stupid. Dans les trois pays, la crise qui s’installe érode la popularité des gouvernants incapables jusqu’à présent de relancer la machine.
En Grande Bretagne et en France, les électeurs se sentent, en outre, grugés par des mesures fiscales qui favorisent les plus aisés.

L’extrême volatilité de l’opinion publique. Ce phénomène est particulièrement visible de part et d’autre de la Manche où Sarkozy et Brown étaient extrêmement populaires, il y a quelques mois à peine.
On se souvient que Bush aussi avait été un temps le président le plus aimé des Américains.
Mais on pressent bien qu’il y a autre chose, une autre cause - indéfinissable - à cette étrange coïncidence.
Serait-ce un désenchantement démocratique plus grave que jamais?
En tous cas, et quel que soit notre jugement sur l’un ou l’autre de ces leaders, la situation est inquiétante.
Pour la stabilité politique de chaque pays.
Pour la diplomatie occidentale aussi.
Les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France sont les trois seules démocraties occidentales membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
L’extrême impopularité de leurs gouvernants les placent en situation de faiblesse diplomatique face à la Russie et à la Chine, en pleine ascension sur la scène internationale.
A n’en pas douter, Moscou et Pékin vont essayer de profiter de cet avantage.



0 Réponses vers “Bush, Brown, Sarko: inquiétantes déroutes”