Pour Abraham Foxman, acheter du gaz à l’Iran, c’est comme refouler des réfugiés juifs au temps du nazisme. Propos unanimement condamnés en Suisse.

«Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Suisse n’a peut-être pas techniquement rompu sa neutralité, mais elle a enfreint les règles de la morale. C’est une situation similaire aujourd’hui.» C’est la déclaration, hier, dans lescolonnes du quotidien la Tribune de Genève, d’Abraham Foxman, président de l’Anti-Defamation League, à propos de la Suisse et les implications de l’accord gazier signé récemment avec l’Iran. Sa comparaison ne convainc personne.
Membre de la Commission de politique extérieure du Conseil national, Luc Barthassat (PDC/GE) ne décolère pas: «Cet amalgame est scandaleux. Une fois de plus, on jalouse la Suisse, et plus particulièrement la puissance de sa place économique.» Le Genevois vise surtout les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël, «qui se sont spécialisés dans ce genre d’attaque.» André Reymond (UDC/GE), bien qu’opposé à l’accord gazier, conteste aussi la comparaison entre les deux époques.
D’un autre bord politique, le socialiste Carlo Sommaruga (GE) considère qu’«établir un tel lien est hors de propos». Tout en condamnant «fermement les déclarations de certains dirigeants iraniens souhaitant la disparition d’Israël», il considère qu’assimiler le régime des mollahs à celui de l’Allemagne nazie «passe à côté de la réalité iranienne actuelle».
Abraham Foxman est la tête de l’ADL depuis 1987, et il a fait de la défense de l’Etat d’Israël et de la lutte contre l’antisémitisme son combat quotidien.
Ses liens avec les néo-conservateurs et mouvements fondamentalistes chrétiens aux Etats-Unis sont loin de faire l’unanimité auprès de la communauté juive.
Israël et le pétrole iranien
Le mois dernier, Energia News, une publication israélienne spécialisée dans les questions énergétiques, a affirmé qu’Israël achète du pétrole iranien, via Rotterdam notamment. «Israël a besoin d’énergie le problème est différent que pour la Suisse » justifie Abraham Foxman, manifestement embarrassé par le sujet.
Réaction de la conseillère fédérale Doris Leuthard
«Nous n’avons pas compris l’ampleur des réactions en provenance des Etats-Unis, a concédé la conseillère fédérale Doris Leuthard, il s’agit d’un contrat entre une société privée suisse avec une firme privée iranienne. Et le domaine énergétique n’est pas inclu dans les sanctions de l’ONU.»





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