Entretien avec Jean-Luc Domenach. Sinologue, directeur de recherche au Ceri.
Manifester pour le Tibet au passage de la flamme, porter un badge aux Jeux, cela sert-il ?
On ne peut pas demander à des sociétés démocratiques de ne pas se comporter comme telles, face aux dénis de droit commis par des régimes autoritaires. En disant ce que nous pensons du Tibet, nous exprimons ce que nous sommes. Il faut que Pékin sache qu’il y a un monde où les Chinois ne sont pas majoritaires, malgré leur nombre, et que ce monde désapprouve leur comportement.
Soulager nos consciences, très bien. Mais les Chinois entendent-ils ?
Les Chinois sont perméables à ce genre de discours. D’abord, parce qu’ils sont entrés, économiquement, dans le monde. Ensuite, parce qu’ils comptaient sur les Jeux pour montrer, avec éclat, qu’ils y occupent un rang élevé. Mais attention ! Nous sommes les médailles d’or du baratin, de la symbolique et de l’agitation sémantique. Réagir nous engage à agir…
Et comment ?
C’est le travail de nos diplomates. Il y a des menaces à brandir, concrètes. Sur les JO, avec le boycott total ou partiel des cérémonies. Dans le domaine commercial, les fonctionnaires européens ont souvent fermé les yeux, sous prétexte que la Chine faisait des progrès. Dès lors que la Chine ne fait pas de progrès, montrons-nous tatillons sur le respect des normes et des quotas.
Les hommes d’affaires rétorquent qu’ils vont perdre des marchés…
Ne nous laissons pas embobiner : cela fait quarante ans que les Chinois protestent de leur amitié envers la France – première à reconnaître le régime communiste – sans que cela ait jamais donné la moindre prime à l’industrie française. En ce moment, nous, Européens, sommes en position de force : les Chinois ont d’autant plus besoin d’accroître leur commerce avec l’UE que le marché américain stagne.
Quel effet ont les critiques occidentales sur le Tibet ?
Pour l’instant, c’est contre-productif : cela provoque, en Chine, une lame de fond nationaliste. Au point que le gouvernement est, pour une fois, populaire.
Et à terme : les Chinois peuvent-ils risquer de gâcher les Jeux ?
La direction chinoise est divisée. À terme, notre fermeté devrait favoriser les modérés, comme le Premier ministre Wen, qui veulent aller plus loin dans le respect des normes internationales. À l’inverse, les militaires, qui ont perdu du terrain ces dernières années, pèsent pour la confrontation. Le président Hu, pour l’heure, n’a pas choisi. On peut d’ailleurs se demander s’il a décidé de quoi que ce soit au Tibet. Cela rappelle l’Algérie française, quand Alger décidait et mettait Paris devant le fait accompli. Pour l’instant, c’est Lhassa qui force la main de Pékin.
Vous croyez à une embellie d’ici aux JO ?
C’est imprévisible. Aucun spécialiste n’avait vu venir ce durcissement qui va à l’encontre de l’évolution de la Chine depuis quinze ans. La Chine va actuellement contre ses intérêts rationnels qui sont de commercer avec l’Occident.
Source : Ouest-France





Belle analyse de Jean-Luc Domenach, notamment sur le rapport de force commercial… Mais.
Mais on oublie vite dans cette affaire qu’en attaquant la flamme ou en sifflant son parcours, les manifestants extrémistes (car beaucoup se sont contentés de manifester leur opinion par des banderoles) ont envoyé un message d’agressivité au peuple Chinois et aux athlétes français. Prétendant condamner le régime chinois, ils risquent de faire croire au peuple chinois, première victime de son régime, que son aspiration à la reconnaissance de leur puissance et de leur réussite est bafouée par un occident dominateur. Et nos sportifs auront-ils envie de se démener pour l’image de la France après avoir été sifflés ? Il faut espérer de ces deux populations plus de discernement que n’en ont eu certains agités.
Je connais un peu M.Domenach, je
Si je parle de lui, c’est que je le connais relativement bien.
Dans son interview, il n’a pas attaqué la Chine comme ce qu’il a fait autrefois, même a essayé de “dire du bien pour les Chinois”, mais en général c’est pas du tout une recherche fondée et sérieuse.
Il se dit toujours “sinologue”, mais faites un sondage auprès des sinologue français (Inalco, Ehess, College de France..)pour voir combien le reconnaissent comme tel? Tout au plus, c’est une sorte de spécialiste de la Chine, un politologue sur la Chine. Il a publié ces dernières années, “Où va la Chin”, “La Chine m’imquiète”, ouvrages signés sous son nom qu’on ne sais pas coombien il avait réellement écrit. Mais le point c’est qu’il n’y a que du journalisme, que de complaisance avec les points de vue attendus par l’opinion publique.
En Chine il a dirigé une sorte de séminaire intitulé “Antenne-France”, à l’université de Qinghua à Beijing, et invitait régulièrement des dizaines d’étudiants chinois au repas. Mais ce qui est écoeurant le plus, c’est son comportempent de vantard (tout le monde sait que son cher papa a été co-fondateur de la revue ‘Esprit): il a été vice-président de Science-Po (la traduction chinoise de “Vice-président” est assez importante), il est invité au grand banquet donné chaque année aux notables chinois et étrangers à la fête nationale de Chine (1er Oct), il connait combien de personnaltés chinoises ou françaises que nous regardons à la télé ou lisent dans les livres…Heureusement qu’il a été viré de cette “antenne”.
Ce que je veux dire, c’est que certains univesitaires ne sont pas aussi respectables et sérieux qu’il veux paraître.