Je pensais qu’après nous avoir infligé plus d’une décennie de désinformation outrancière, et particulièrement pernicieuse, Eradicator, qui écrivait plus vite que la dictée des criminels contre l’humanité, pour altérer la vérité et couvrir les cris des suppliciés, avait enfin compris qu’il ne pouvait indéfiniment se mettre au service d’une propagande grossière, dans une guerre contre les civils qui n’a pas encore livré tous ses secrets, sans s’exposer à l’indignité et la flétrissure.
Démonter les « théories » des Qui tue quistes, pour protéger des criminels contre l’humanité, fustiger Amnesty International, les défenseurs des droits de l’Homme, les officiers de l’ANP et les ONG qui ont dénoncé la manipulation de la violence terroriste, les carnages de civils, la torture, les viols, les enlèvements et les exécutions sommaires, pour permettre aux généraux de continuer à commettre des crimes de masse, pratiquement à huis clos, n’est pas un travail de journaliste. Mais celui d’un agent infiltré ou approché par son officier encadreur du DRS.
Dans mon infinie naïveté, c’est mon pêché et ma tare, je pensais qu’Eradicator avait changé. Qu’il était revenu de son hystérie et d’une paranoïa qu’il s’était lui-même inoculées, de contre vérités qu’il avait ânonnées en son for intérieur, comme une méthode Coué, pour se donner bonne conscience et se convaincre qu’il était le héros d’une guerre contre le mal et la régression. Ce fut, certainement, le cas de nombreux journalistes qui avaient été entraînés, en toute bonne foi, dans l’infernale logique qu’il fallait faire barrage au « péril islamiste », à n’importe quel prix. N’importe quel prix !
Des démocrates sincères, des hommes et des femmes pétris de hautes valeurs humaines, et qui avaient découvert, au fil des évènements, que des crimes abominables étaient commis contre des civils, en étaient arrivés à répondre qu’on ne faisait pas la guerre avec des gants blancs. Ceux-là, dont certains sont des journalistes de valeur et de haute moralité, ont vécu une effroyable incertitude. Ils croyaient avoir choisi un moindre mal, en se mettant du côté de généraux génocidaires parce qu’ils croyaient que ces derniers étaient les sauveurs de la république. Ils s’étaient rangés derrière eux, et même parfois à leur avant-garde, parce qu’ils refusaient d’abdiquer leur vision d’une Algérie tournée vers les valeurs cardinales d’universalité et de modernité. En prêtant leurs plumes et leurs voix aux « tueurs de tangos », ils croyaient éradiquer une force mortifère qui allait précipiter leur société et l’avenir de leurs enfants dans des âges révolus. Ceux que leur promettaient, du haut de leurs chaires, des imams ignares et malsains. Ils se voyaient déjà dans une société où la flagellation, la lapidation, la prière obligatoire et la polygamie seraient dans l’ordre des choses. Mais tant va la cruche à l’eau.
Des militants des droits de l’homme, des politiciens perspicaces, des intellectuels probes, des journalistes intègres, des officiers d’honneur de l’armée algérienne et une foule de témoins parmi les victimes, finirent par faire entendre leurs voix. Malgré le tir de barrage que leur opposaient les éradicateurs de service.
Des faits troublants, pour le moins qu’on puisse dire, vinrent lézarder la façade trompeuse de généraux qui luttaient pour sauver les valeurs républicaines. Le monde entier découvrait que ceux-ci avaient eux-mêmes instrumenté la violence, qu’ils la régulaient à leur convenance, qu’ils usaient de méthodes inhumaines et que dans le même temps, ils pillaient, sans vergogne, les ressources de leur pays. Dans des proportions proprement inimaginables.
Puis, de but en blanc, le syndrome Pinochet aidant, parce que les généraux avaient compris que leurs excès risquaient de leur valoir des ennuis internationaux, mais aussi parce que leurs grosses fortunes avaient besoin d’un climat plus apaisé pour prospérer, il fut décidé de mettre en place un dispositif de « réconciliation nationale ». Ou d’auto amnistie, devrions nous dire. Pour tous les éradicateurs, ceux qui n’étaient mus que par la peur de l’intégrisme et ceux qui avaient vendus leurs plumes et leurs voix pour de l’argent et des privilèges, Ce fut la désillusion. Les généraux les laissaient en plan.
Le Président Bouteflika qui avait proposé ce dispositif scélérat aux généraux, en échange de leur bénédiction pour se faire réélire à un deuxième mandat, avait fait passer les lois d’auto amnistie par voie référendaire. C’était le peuple souverain qui avait pardonné, claironnait-on. Oubliant en cela que les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles.
Pour les « agents honorables de l’état » et les terroristes islamistes, qui avaient, ensemble et la main dans la main, massacré des populations civiles, en gros et au détail, c’était la paix des braves. Ils pouvaient, enfin, les uns et les autres, jouir paisiblement du fruit de leurs rapines et de leurs butins.
Les éradicateurs de circonstance, ceux qui se sentaient des soldats de la république, souvent la mort dans l’âme, comprirent enfin qu’ils avaient été bernés. Que la peste et le choléra c’était juste une formule de circonstance.
Les éradicateurs appointés, ceux qui assuraient une prestation monnayée, venaient de perdre leur boulot. On leur intima l’ordre de mettre un bémol et parfois même de changer de registre et de se faire les chantres de la « réconciliation nationale »
Certains parmi eux, qui se vantaient même de leurs relations galonnées, et qui en tiraient de substantiels rapports, n’en menaient pas large. Fini le temps des années vertes. Le sang où ils trempaient leurs plumes ne coulait plus avec une si belle abondance. Ils devinrent amers. Il arrivait même que dans leurs articles, qui n’étaient plus consacrés qu’à de laborieuses macérations, on devine entre les lignes, et parfois même crûment, leurs reproches d’avoir été jetés de façon si inélégante. Eux les braves d’entre les braves. Les magiciens du verbe et les bretteurs de la palinodie. Mais, comme des mulots fascinés par l’œil du serpent, ils continuaient d’observer, à l’endroit des généraux, une réserve frémissante. Malgré les innombrables scandales qui émaillent, tous les jours, la vie de ces criminels, ils restent totalement muets. Comme des mulots transis. Il leur arrive aussi, pour entretenir leurs talents, de se prêter à des règlements de compte entre clans. En prenant soin de se mettre du côté du manche.
Mais, heureusement pour eux, et malheureusement pour leurs lecteurs, bien moins nombreux qu’ils ne veulent le faire croire, ils n’allaient pas ronger leur frein bien longtemps. La situation du pays et de toute la région du Maghreb et du Sahel allait avoir besoin de leurs services.
Eradicator II allait entrer en scène.
Depuis les lois sur la « réconciliation nationale » des facteurs internationaux, liés à la politique planétaire des Américains, et qui se développaient au rythme qui leur avait été imparti, sont entrés dans une phase décisive. Les USA, pour des considérations hautement pétrolières, avaient besoin de s’installer directement dans nos contrées. Certains barons du DRS et d’autres corps de l’armée algérienne, qui s’étaient goinfrés avec des compagnies américaines, sur le dos de l’Algérie, qui avaient noué des relations très intimes avec les néo cons et avec des contacts israéliens, qui avaient même rendus quelques « petits services » aux américains, avaient été approchés par ces derniers pour mettre en place le décor nécessaire qui leur permettrait d’entrer en amis et en sauveurs, encore des sauveurs, dans la région.
Les derniers irréductibles du GSPC qui erraient comme des âmes en peine dans quelques maquis, étaient aux abois. Couverts de haillons, infestés de vermine, amaigris et découragés, ils n’avaient pas répondu aux offres d’amnistie parce que leurs émirs faisaient tuer dans d’horribles souffrances quiconque oser parler de se rendre. Ces émirs sont presque tous des agents du DRS. Le DRS avait besoin de quelques groupes armés sur le terrain pour continuer à s’imposer sur la scène politique. C’est simple à comprendre. Si la violence est totalement réduite, il ne leur resterait plus qu’à lever l’état d’urgence et à regagner leurs casernes. Ce qui est totalement exclu pour eux. Ils ne peuvent pas passer la main à ce moment précis où l’Algérie a engrangé une telle masse d’argent. Et ils ne peuvent continuer à se servir que sils gardent les mannettes. Elémentaire n’est ce pas ?
Et donc, pendant qu’ils continuaient à se servir de la violence islamiste pour s’imposer sur le terrain, et notamment à Bouteflika qui avait tendance à les pousser doucement, mais copieusement, vers la sortie, leurs amis américains leur ont demandé s’ils ne pouvaient pas s’arranger pour qu’Al Qaida s’installe en Algérie, au Maghreb et au Sahel. Une Al Qaida qui menacerait non seulement toute la région, mais même l’Europe.
Aussitôt dit, aussitôt fait.
Du jour au lendemain, les pauvres hères du GSPC furent dotés, armés, financés et réactivés. Comme un champignon qui pousse après une nuit de pluie, le GSPC redevint un groupe de haute capacité de nuisance. Les attentas se succédaient et la peur revenait.
Puis, tout naturellement, les émirs DRS-GSPC firent allégeance à Al Qaida et demandèrent à combattre sous sa bannière. Azzawahiri n’y vit que du feu. Il sautait de joie dans son kamis. Il ne comprit pas que le DRS venait de l’infiltrer. De toute façon, il ne pouvait pas comprendre, puisqu’il était déjà infiltré par la CIA et le MOSSAD depuis des lustres. La presse algérienne sous contrôle fut « invitée » à ne plus dire GSPC, mais Al Qaida du Maghreb Islamique. Des journalistes qui s’entêtaient à garder le nom du GSPC dans leurs articles, furent admonestés.
Et voilà le travail. Mission accomplie pour les agents de la CIA et du MOSSAD dans nos institutions nationales.
Les Américains ont commencé leur danse du mâle. Ils installent un bureau du FBI à Alger. La sixième flotte a fait une manœuvre avec la marine nationale algérienne. Que c’est drôle.
Ils étoffent leur base d’écoute et d’espionnage au sein d’une caserne de l’armée algérienne près de Tamanrasset. Leur base secrète d’une capacité d’accueil de 2000 soldats est provisoirement mise en veilleuse. Parce que semble-t-il, l’initiative a été très mal accueillie par des officiers de l’armée algérienne qui refusent que les américains s’installent chez nous. Malgré les apparences, Il existe des hommes d’honneur dans l’armée algérienne, ne l’oublions pas.
Donc tout est prêt pour la phase II . Les américains n’ont pas besoin d’un deuxième Irak. Ils préfèrent s’installer en douce, en s’appuyant sur la caste des corrompus et des tueurs de civils. C’est une méthode qu’ils ont déjà éprouvée en d’autres pays.
D’autres manœuvres latérales, comme l’évangélisation, financées et pilotées par des sionistes chrétiens sont à l’œuvre.
Pour les Américains, il n’y a pas l’ombre d’un doute. Le pétrole et le gaz de nos régions leur appartiennent. Personne d’autre, et surtout pas la Chine, ne marchera sur leurs brisées.
Ils viennent chez nous avec de l’argent dans une main, pour soulager les pauvres populations du Sahel et d’Afrique, disent-ils, et un avion de combat dans l’autre main, pour nous aider à combattre la terrifiante Al Qaeda qui s’apprête à menace le monde entier depuis les dunes du Sahel.
L’opinion occidentale, ils s’en chargent. Ils la maîtrisent presque totalement.
L’opinion algérienne ? Ils mettent ERADICATOR II dans le champ des opérations.
Djamaledine Benchenouf pour Tahia Bladi
Nous avons pris la liberté de modifier le titre original de cet article (Le retour, ERADICATOR II) qui s’adressait plutôt à un public algérien averti.






visitez ce site pour voir des vidéos qui ont des affinités avec le contenu de cet article: http://www.youtube.com/Izuvrak
Pour ma part, je n’ai jamais cru aux mensonges du régime assassin algérien et ses amis franco-américains.JAMAIS !