Il avait été le premier à qualifier Nicolas Sarkozy de fou. Aujourd’hui, Jean-François Kahn ajoute qu’il est dépressif chronique.
Pourquoi ce «pauvre con»? Nicolas Sarkozy a-t-il pété les plombs?
Mais il dit toujours ça! Bien sûr, sa chute continuelle dans les sondages, tout le mal que l’on dit de lui au sein de l’UMP, ce n’est pas agréable à vivre et ça doit jouer sur ses nerfs. Mais, d’une façon générale, c’est sa façon de gérer, de réagir.
C’est donc le reflet de sa personnalité?
Oui. Déjà, quand il parle de ses collaborateurs, il dit toujours «le connard», «le crétin». Il les engueule sans arrêt, les traite d’imbéciles. Bizarrement, Sarkozy est fasciné par le camp d’en face, la gauche caviar, alors qu’il méprise complètement les gens de son propre camp.
Et ensuite?
Il n’a aucun sens de l’altérité. L’autre, pour lui, n’est qu’une proie, quelqu’un que l’on peut séduire, acheter, récupérer, convaincre aussi. C’est pour cela qu’il touche toujours les gens, comme pour dire: «C’est à moi, je le prends.» Mais, si on lui résiste, la réaction peut être très agressive. Lorsque je dirigeais Marianne, j’ai refusé l’invitation de Sarkozy, qui voulait que l’on se rencontre. Il s’est énervé et a lancé à mes collègues: «Vous êtes un journal d’enculés, un journal fasciste!» Il a toujours ce genre de réflexions.
Que trahissent-elles?
Peut-être une inquiétude, une angoisse, une volonté de s’affirmer ou un complexe. Et un narcissisme absolument formidable qui atteint l’hypertrophie du moi. Il a besoin de se voir dans le regard des autres, de se sentir aimé. C’est même touchant, car il est capable d’une grande générosité avec ceux qui l’aiment. Et en même temps d’une grande agressivité aussitôt qu’il a l’impression que l’autre lui échappe.
On a le sentiment qu’il parle sans réfléchir. Serait-il victime d’incontinence verbale?
C’est très bizarre. Il est très bon lorsqu’il lit ses discours et, quand il improvise, il a un sens de la repartie, du débat, absolument remarquable, mais en même temps il fait toujours une boulette.
Pourquoi?
C’est un excès de talent. Il se laisse porter par sa confiance en lui. Alors que, quand on est président de la République, il vaut mieux être moins brillant et prendre son temps, répondre calmement d’une façon peut-être un peu banale. Mais lui ne le peut pas. D’autant que son narcissisme lui dit: «Il faut que je fasse la une des journaux demain.»
Quitte à faire des bourdes…
Oui. Enfin lui croit que ce sont des choses formidables, mais des fois il sort un truc pas réfléchi, fait trop vite, et c’est à côté de la plaque. C’est le petit garçon qui a atteint le pouvoir et se dit qu’il peut faire ce qu’il veut… Il y a un côté un peu puéril chez lui, un manque de maturité, c’est vrai.
Et de la mégalomanie?
Dans son attitude, il y a un côté «je suis le premier, je suis le plus grand, jamais avant moi on n’avait fait ceci, on n’avait dit cela».
Avant son sacre dans l’article «Le vrai Sarkozy», vous parliez aussi de folie…
Oui, depuis le début, je l’ai toujours dit. Sarkozy a du talent et de l’énergie. En revanche, quelque part, il est fou. Et j’avais raison!
Et aujourd’hui il s’embourbe…
Son visage est ravagé. Il vit très mal cette période. D’autant qu’il est toujours dans l’émotion, dans la passion, donc c’est terrible pour lui.
Après l’euphorie, il vit une phase de décompensation?
Exactement, pour moi il a la tête de quelqu’un qui est en dépression. D’abord il ne quitte pas son manteau…
Pour se protéger?
Oui, comme s’il avait froid intérieurement.
Que nous réserve la suite du mandat présidentiel de Sarkozy?
De toute façon, les municipales seront mauvaises pour l’UMP. Mais, si elles ne sont pas trop catastrophiques, Sarkozy trouvera un truc pour rebondir. Si elles sont totalement catastrophiques, il y aura un putsch de François Fillon. La majorité des députés UMP vont lâcher Sarkozy et se repositionner sur Fillon. Fort de cela, il va aller voir Sarkozy et lui dire: «Maintenant tu deviens la reine d’Angleterre et tu me laisses gouverner.»
Dérapages
Le Rap du Pauvre Con
Juin 2005 Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy affirme vouloir «nettoyer au Kärcher» les quartiers difficiles, «débarrasser la France des voyous», appliquer la «tolérance zéro».
La Réunion, 16 février 2007 A propos des déclarations du député Pierre Méhaignerie sur l’impossibilité de réaliser les baisses fiscales: «Je suis entouré d’une bande de connards! Méhaignerie aurait dû se taire. Ce centriste mou parle trop! (…) Heureusement que la Ségolène est nulle et que sa campagne ne prend pas, sinon, c’est moi qui serais dans la merde aujourd’hui.»
Août 2007 Citation relevée par Yasmina Reza, dans son livre «L’aube, le soir ou la nuit»: «Qu’est-ce qu’on va foutre dans un centre opérationnel sinistre à regarder un radar? Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte!»
28 octobre 2007 Irrité par une question sur son ex-épouse, Cécilia, le président laisse en plan la journaliste de CBS Lesley Stahl, qui l’interviewait. Le président lève les yeux au ciel avant de traiter son attaché de presse d’«imbécile».
Le Guilvinec (Finistère), France, 6 novembre 2007 Insulté par certains marins, le président prend à partie une personne et réplique: «Qui est-ce qui a dit ça? C’est toi qui as dit ça? Eh ben, descends un peu le dire!»
Source : Le Matin (Suisse)





LE « WARHOLIEN » COMPULSIF.
Publié in http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6075
http://www.rezocitoyen.org/article.php3?id_article=3934
Le vrai «maître » de Nicolas Sarkozy, au fond, ce n’est ni Charles Pasqua qui l’initia très tôt au délice des charters, ni Claude Guaino qui tente de suppléer son inculture, c’est ANDY WARHOL !
ANDY WARHOL nous avait expliqué que le commun des mortels est en recherche de son «Quart d’heure de célébrité » et cela souvent à n’importe quel prix…Le drame du petit Nicolas c’est que c’est un «WARHOLIEN COMPULSIF » qui passe d’un quart d’heure à l’autre sans même regarder l’effet du quart d’heure d’avant !
Il y en a eu des «Quart d’heure » de célébrité ! La racaille…le kärcher…Cécilia oui- Cécilia non…la pédophilie génétique…le suicide au travail aussi ! …Jaurés avec l’UMP…le travail rend libre…immigration et identité nationale mêlés…ADN pour tous…bienfaits de la colonisation…aliénation éternelle des africains à Dakar…l’instituteur au-dessous du curé…Jean Marie Bigard au Vatican…Dysneyland et Carla-si ! …Les enfants de CM2 jumelés chacun avec un fantôme de la Shoah…
Et le rythme frénétique ne s’arrête pas ; hier lors de l’inauguration de «l’historial » Charles de Gaulle “sa petitude” tentait de se couvrir du manteau trop grand pour lui, nous prenant tous pour des demeurés, mais après le coup de Jaurès et celui de Guy Môquet plus l’imposture est énorme plus elle est warholienne ! De Gaulle c’était celui qui fit aussi sortir la France du commandement de l’OTAN et exigea fermeture immédiate des bases US sur le territoire national ( construites après le débarquement de juin 44 et renforcées pendant la guerre froide) ; Nicolas c’est celui qui réintègre en notre nom et sans même un débat parlementaire l’OTAN toujours sous commandement US et engagé dans les guerres qui voudraient faire de l’Europe une force supplétive de ses ambitions impérialistes ! De Gaulle, c’est aussi celui qui le premier septembre 1966 dans son discours de Phnom Penh condamnait sans ambiguïté l’offensive et la présence US au Viêt-nam ! Nicolas c’est celui qui assure GW Bush de son soutien actuel et à venir pour ses guerres préventives ! Encore un quart d’heure de célébrité à l’ombre du «général ».
A peine passé ce quart d’heure là, qui n’a pas eu le temps d’être analysé ou commenté, un nouvel éclat avec l’exigence de passer outre l’avis du Conseil Constitutionnel pour rendre une loi sécuritaire rétroactive ! Le bouffon commence à faire peur ; l’histoire nous enseigne que beaucoup de dictateurs ont au début semblé grotesques…
Certaines stupidités insondables peuvent laisser sans voix, nous sommes tentés de penser qu’elles auraient occasionné l’élimination d’un candidat bachelier ou au jeu des mille francs, le spectacle fait rire, alors qu’elles devraient nous alarmer provenant du chef de l’exécutif dans un régime qui piétine déjà la séparation des pouvoirs.
ANDY WARHOL avait pronostiqué que «Le vide est en train de s’emparer de la planète » (1984 – journal). Il était lucidement conscient de sa propre insertion / fusion dans la «Société du spectacle ». Il savait aussi cette société dangereuse, lui qui le 3 juin 1968 fut grièvement blessé par balle par une hystérique féministe. Le délire est aussi parfois alimenté par les peurs ; peut-être pas l’angoisse d’un 3 juin mais sans doute l’effondrement de la popularité jouant comme une suprême blessure narcissique peuvent nous préparer au pire !
La presse espagnole s’intéresse au «cas » de notre président et elle à raison (1), car la presse nationale est aux ordres ou muselée par la peur. Chez nous c’est un psychiatre et psychanalyste, Hervé Hubert qui dans l’Université Paris VII (UFR de sciences humaines cliniques) ouvre un séminaire de neuf séances consacré au «cas » Sarkozy sur la base de la lecture du livre «Témoignages » publié en 2006 par celui qui «Y pensait déjà le matin en se rasant ». Il semble que les deux premières séances aient déjà contribué à identifier le thème de l’enfant martyr et mal-aimé et celui de l’obsédé masturbateur de la puissance phallique, ainsi que la quête des origines au travers de son grand-père juif de Salonique…Surtout le trait dominant que l’actualité vérifie serait que «L’action ne doit jamais cesser », l’action «vaut tout », elle «remplace l’acte, qui lui suppose un avant et un après, une réflexion sur les conséquences » …Intéressant, non ? Nous allons déjà tester dans les prochains jours les limites de la loi «autonomie des universités »…
Mais un fantôme hante les couloirs Elyséens, celui du pape du Pop ART décédé en 1987, mais qui semble devenu inspirateur posthume de la «pop POLITIQUE »…La démocratie se résume désormais à l’élection pour cinq ans d’un «sujet du peuple » pour en faire un «sujet de conversation ».
L’Art de la politique est devenu «moderne », gouverner consiste désormais à réaliser des «PERFORMANCES »…Vraiment «TOUT DEVIENT POSSIBLE ! ». Nous étions prévenus ! C’est bien le «tout » qui peut nous inquiéter, car il englobe le n’importe quoi et le pire.
(1) A propos de l’article de EL PAIS : http://socio13.wordpress.com/2008/02/23/larticle-de-el-pais-sarkozy-ce-grand-malade-qui-veut-se-debarrasser-du-president-francais/#more-1156
JACQUES RICHAUD 23 FEVRIER 2008