Le chiffre à lui seul provoque un choc d’une grande magnitude, à même éventuellement de fouetter la conscience bien assoupie sur les réserves de change de tous ceux qui décident aujourd’hui et demain. L’avenir d’une nation, ce sont les jeunes et les enfants, la recherche, l’éducation et les nouvelles énergies. Le nombre d’enfants qui mangent mal ou si peu doit, peut-être, tempérer les ardeurs de ceux, bien nourris, qui rédigent des communiqués redondants positivant l’ensemble des actions de tous les ministères, de tous les walis et de toutes les activités banales et courantes ailleurs dans le monde. Les dirigeants de grandes puissances disent publiquement à leur peuple les dysfonctionnements, les injustices, les réformes nécessaires, les retards scientifiques et technologiques de leur pays. Ici, c’est «tout bon» tous les jours, toute l’année, mais on met l’accent sur le respect des délais (où sont-ils affichés ?) sur la nécessité d’éviter les surcoûts (mais où a-t-on débattu des coûts ?) sur la qualité des logements (qui contrôle leur construction ?)…L’état des plus déplorables de la circulation dans toutes les villes, leurs repoussants urbanisme et saleté ne sont pas virtuels et rien n’indique d’énergiques décisions, des plans de circulation, l’éradication programmée des bidonvilles, un système fiable et durable d’enlèvements des ordures, une vraie lutte contre le chômage et la pauvreté, l’application stricte de la Constitution et des lois quant au respect des libertés, de la vie privée, dans le champ religieux afin de mettre hors la loi les gardiens autoproclamés des mœurs et tous les terrorismes rampants ou affichés partout dans le pays. Dans ce dernier, la plus anodine averse prend des airs de catastrophe parce qu’on a oublié de faire ce qu’il faut à la fin de l’été, et il y avait la grande sieste annuelle du Ramadhan. Celle-ci n’a profité qu’aux commerçants, lesquels se gaussent des trémolos des responsables qui faisaient appel à leur compassion. Mamma Sonatrach plus représentée par un ministre que par P-DG dont on se demande s’il existe, cache toutes les misères, les trous financiers, le financement clandestin de partis et d’associations médiocres, du syndicat officiel… La grandiloquence des réserves de changes affichées chaque jour au fronton de la gouvernance ne diminue en rien la dépendance alimentaire qui va s’élargir encore plus, le volume des importations (y compris des pétards) le recul de notre foot, le classement honteux en matière de corruption et de liberté de la presse. La pauvreté, qui s’étale devant les yeux de ceux qui veulent voir, progresse. Elle est confiée à un département ambigu, faiseur d’annonces caritatives et distributeur de moyens de transport collectif et accessoirement des couffins de l’indignité. Des scandales financiers surgissent comme des champignons, indécents et mettant en exergue des cinquièmes couteaux, bons à brouiller les pistes et à faire illusion devant des gestions opaques, des chasses gardées dont BRC et Khalifa ne sont que les icebergs avant-coureurs.Contrairement à d’autres pays, ceux qui veulent avancer bien et vite, il n’y a aucun débat contradictoire permanent qui permettrait aux gouvernants d’écouter, de prendre du recul, de pratiquer l’autocritique en associant l’opposition, les élites, les jeunes, les experts indépendants où qu’ils se trouvent, de s’ouvrir aux syndicats représentatifs sans avoir peur d’une grève, d’une manifestation ou d’être pris à partie par des contribuables, des électeurs, des analystes et de faire de la pédagogie réactive et consensuelle.Dans d’autres domaines, il y a des sursauts et des honneurs saufs à souligner. Le refus de l’Algérie d’offrir une portion de son territoire pour servir de bases militaires aux insatiables appétits des Texans de la Maison-Blanche est légitime. Ce coup d’arrêt à l’hégémonie guerrière tous azimuts de Bush qui rêve de l’AFRICOM pour étendre son empire est à l’honneur du pays. L’Amérique est toujours à la recherche de somptueux bénéfices pour son complexe militaro-industriel. L’autre sursaut, pour l’honneur, est venu du RCD qui condamne le test ADN si humiliant et discriminatoire pour les «bicots nègres» dans le silence des partis de l’Alliance qui ne font pas de politique, laissant ce soin à l’administration du ministère de l’Intérieur qui sélectionne des candidats qui seront élus.
Djamaledine Benchenouf





Bonjour
Je vous prie de corriger la signature de l’article ci-dessus, “les honneurs sont saufs” qui est de Abdou BENZIANE et non de moi. Merci