Paris, le 4 septembre 2007
Madame,
J’ai longuement hésité à répondre aux mensonges et aux calomnies que, dans votre article publié le 28 août dernier sur le site Prochoix.org et intitulé « A propos de Mohamed Sifaoui et du général Nezzar » (1), vous avez énoncés à mon propos. Il y a toujours quelque chose de déconcertant face aux mensonges publics. Y répondre leur donne une publicité imméritée, se taire renforce le doute sur la personne incriminée : c’est ce dilemme qui rend le menteur pire que le voleur.
Je viens donc, par cette réponse, prendre à témoin l’opinion publique. Une opinion qui n’ignore pas, contrairement à vous, que mon seul « tort » est de m’être investi depuis des années pour la vérité et la justice dans mon pays – notamment en publiant en 2001, à La Découverte, mon livre de témoignage La sale guerre –, et certainement pas, comme vous le dites, pour « dédouaner entièrement les islamistes de leurs crimes » !
Au-delà des nombreuse erreurs factuelles contenues dans votre article, je regrette vivement la superficialité, voire la partialité, de vos informations. Elles me paraissent témoigner d’une méconnaissance certaine des réalités du dossier algérien en général et, en particulier, du cas de votre ami le journaliste Mohamed Sifaoui, dont vous louez le « magnifique portrait » diffusé par Arte le 28 août. Ces amalgames et ce manque d’objectivité sont d’ordinaire le fait d’une certaine « presse à sensation », à laquelle votre site me semblait ne pas appartenir. Quoi qu’il en soit, je tiens à porter à votre connaissance et, j’espère, à celle de vos lecteurs, les précisions et rectifications suivantes.
En premier lieu, il est erroné d’affirmer, comme vous l’écrivez, que Mohamed Sifaoui « a témoigné contre les éditions La Découverte lors d’un procès opposant cette maison d’édition au général tortionnaire algérien Nezzar » : il n’y a jamais eu de procès entre La Découverte et le général Khaled Nezzar. Mais il y a bel et bien eu, à Paris en juillet 2002, un procès où le général Nezzar m’a poursuivi en diffamation pour avoir dénoncé, dans l’émission télévisée « Droits d’auteurs », sa responsabilité comme ancien ministre de la Défense dans la terrible guerre conduite par l’armée algérienne contre la population civile, et pour l’avoir accusé d’être un lâche ayant fui ses responsabilités devant la justice française après qu’une plainte pour torture a été déposé contre lui à Paris. Un procès qu’il a perdu.
Ce qui est vrai en revanche, c’est qu’à cette occasion, c’est bien comme témoin de la défense du « général tortionnaire » que Mohamed Sifaoui a témoigné contre moi. Je vous renvoie sur ce point à un livre que vous n’avez à l’évidence pas lu : Le Procès de « La sale guerre » (La Découverte, 2002), qui retranscrit intégralement les minutes de ce procès d’une semaine. Vous y verrez, comme toute personne de bonne foi peut le faire, que les deux camps en présence n’opposaient pas, comme vous l’insinuez, les tenants « d’une thèse qui sert la propagande intégriste » aux généraux algériens.
Dans ce procès, comme le prouvent les témoignages des deux parties produits lors des audiences, les deux camps étaient en réalité beaucoup plus clairs : d’un côté, les partisans du général Nezzar, l’un des principaux organisateurs de la « sale guerre », qui estimaient que tous les moyens sont bons, y compris la torture généralisée, les exécutions judiciaires et les manipulations, pour « éradiquer » l’intégrisme islamiste (même s’ils se défendaient, contre l’évidence, de l’existence de ces méthodes, réduites à de simples « dépassements ») ; et de l’autre côté, ceux qui estimaient que la lutte démocratique légitime contre le fondamentalisme islamique ne pouvait se conduire au prix de violations des droits de l’homme constitutives de crimes contre l’humanité.
De ces ceux camps, c’est le premier qu’a choisi votre ami Mohamed Sifaoui, dont vous dites, comme pour vous « dédouaner » qu’« on a le droit de penser que [son] témoignage, même bien intentionné, était une erreur ». Il aurait été plus honnête d’écrire que ces « bonnes intentions » étaient surtout le paravent d’un aval donné à des méthodes dignes des pires fascistes du XXe siècle.
Toujours à propos de ce procès, vous écrivez : « Chacun fait appel à des témoins. L’auteur de La Sale Guerre, par exemple, s’appuie sur le témoignage d’un ancien militaire converti à l’islam radical (qui fut son instructeur au sein de l’armée) : le capitaine Ahmed Chouchane. Mohamed Sifaoui, quant à lui, accepte de témoigner pour le Général contre SOUAÏDIA ». Outre que vous passez ainsi à la trappe bien d’autres témoignages en ma faveur que vous seriez bien en peine d’affilier à « l’islam radical », il s’agit là d’un curieux mélange des genres qui témoigne de votre part, Madame, d’une ignorance évidente des positions du capitaine Chouchane.
Vous semblez assimiler Chouchane à une sorte de terroriste international recherché par toutes les polices de la planète. Alors que c’est un homme posé et calme, résolument opposé à toute violence, politique ou individuelle (contrairement au général Nezzar). Je ne partage pas du tout ses positions sur l’islam politique (qui n’ont d’ailleurs rien à voir avec celles de l’islam radical), mais je suis en plein accord avec ce qu’il a dénoncé (et que vous semblez totalement ignorer) lors du procès : l’instrumentalisation de la violence islamiste par les chefs des services secrets de l’armée algérienne, le DRS. En mars 1995, ceux-ci contrôlaient déjà l’essentiel des Groupes islamiques armés (GIA) pour mener, prétendument « au nom de l’islam », une guerre contre-insurrectionnelle contre la population (si vous ne me croyez pas, je tiens à votre disposition toute la documentation qui le prouve abondamment). Les chefs du DRS ont alors demandé à Chouchane d’intégrer pour leur compte les rangs des GIA, afin d’éliminer les vrais opposants au régime (ce qu’il a refusé de faire, avant de s’exiler clandestinement).
Vous dénoncez également « la rumeur lancée par des journalistes français et les services secrets algériens contre Mohamed Sifaoui pour le discréditer [...], visant à le présenter comme un agent de la sécurité algérienne ». Là encore, vous semblez mal informée : comment « les services secrets algériens », en l’occurrence le service d’action psychologique du DRS, à l’époque dirigé par le colonel Hadj Zoubir, bien connu de Mohamed Sifaoui (demandez-lui quelles étaient ses relations avec ce colonel), aurait-il pu dénoncer un journaliste qui s’est toujours fait l’écho complaisant – comme il continue à le faire aujourd’hui – de la désinformation orchestrée par ce service ? Une désinformation visant, justement, à « discréditer » comme « pro-islamistes » tous ceux qui dénonçaient l’usage du chalumeau, de la gégène et de la balle dans la tête, usages organisés à l’échelle industrielle par les généraux algériens et le DRS ? Je doute très fortement que vous puissiez avancer la moindre preuve de cette prétendue mise en cause de M. Sifaoui par le DRS. Mais si je me trompe, je l’attends avec intérêt…
Mais surtout, ce qui « salit la réputation de ce journaliste », comme vous l’écrivez, ce n’est pas la « rumeur visant à le présenter comme un agent de la sécurité algérienne ». C’est tout simplement son comportement public, qui montre qu’il dispose nécessairement de solides accointances dans les plus hautes sphères du régime. Dans notre pays, personne n’ignore que les médias (et surtout la télévision d’État) et l’édition sont solidement contrôlés par le DRS, pour tout ce qui concerne les questions politiques et « sensibles ». Or, après la sortie de mon livre – alors que lui-même avait obtenu quelques mois plus tôt le statut de réfugié politique en France, justifié par les « persécutions » dont il aurait été l’objet à la fois de la part des militaires algériens et des islamistes –, M. Sifaoui a participé à deux reprises à deux longues émissions de l’ENTV, l’unique chaîne de télévision algérienne (le 14 avril 2001 et le 17 juin 2002), dont l’objet était de « dénoncer le complot » et les prétendues « affabulations » de mon livre. Et en 2002, M. Sifaoui a publié sur le même thème en Algérie un livre entier (La Sale Guerre. Histoire d’une imposture, Éditions Chihab), qui est un pur tissu de contrevérités, reprenant par ailleurs tout le discours de propagande du service d’action psychologique du DRS.
Cela, Madame, ce n’est pas une « rumeur », ce sont des faits, que vous seriez bien en peine de démentir (et que les auteurs pour Arte du « magnifique portrait » de M. Sifaoui se sont bien gardés d’évoquer). Avez-vous déjà vu un autre réfugié politique algérien témoigner pour l’un des fondateurs de notre dictature militaire ? Avez-vous connaissance d’autres personnes qui se disent persécutées par la dictature algérienne, réfugiés politiques, et qui ont été invitées à participer à une émission de la télévision publique ? Connaissez-vous d’autres réfugiés politiques qui auraient publié un livre dans le pays qu’ils ont fui, alors même que le régime persécuteur est toujours là ?
Vous dites que « Mohamed Sifaoui, plus que jamais enragé contre les intégristes et leurs alliés, s’oppose vigoureusement au régime algérien et à ses choix ». Qu’il soit « enragé », je veux bien, mais c’est en soutenant sans complexe la « rage » des généraux algériens, dont les armes contre les islamistes ne sont pas celles de la démocratie, mais la chignole, le chiffon, le chalumeau, la gégène. Quant à affirmer, comme vous le faites, qu’il « s’oppose vigoureusement au régime algérien et à ses choix », alors là, Madame, pardonnez-moi de vous dire qu’il s’agit d’un simple mensonge, démenti d’ailleurs par Sifaoui lui-même.
Dans l’émission de l’ENTV à laquelle il a participé en juin 2002, il avait affiché encore plus clairement que lors du procès Nezzar son soutien « vigoureux » au « régime algérien » : « Les islamistes ont essayé de nous complexer en nous disant la chose suivante : si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous et si vous êtes contre nous, vous êtes avec l’armée algérienne. Eh bien, oui ! Je leur dis oui ! Je suis avec l’armée algérienne contre vous ! » S’il y a une chose que l’on doit reconnaître à M. Sifaoui, c’est sa constance en la matière : avec parfois des nuances de circonstance, ce discours est la substance même des nombreux livres et reportages qu’il a multipliés depuis.
Vous relatez encore, à votre manière, le différend qui m’a opposé, avec mon éditeur François Gèze, directeur de La Découverte, à M. Sifaoui. Ignorant alors qui il était, j’avais accepté, quand je l’ai rencontré à mon arrivée à Paris en avril 2000, qu’il m’aide à rédiger le livre que je voulais écrire pour dénoncer les horreurs dont j’avais été témoin de 1992 à 1995 comme officier des forces spéciales de l’armée algérienne. C’est sur cette base, celle de l’écriture de mon seul témoignage qu’il m’aurait aidé à mettre en forme, que nous avons signé un contrat avec La Découverte.
Ce qui s’est passé ensuite n’est pas du tout ce que vous dites : « Mohamed Sifaoui a bel et bien retranscrit la dénonciation des manoeuvres de l’armée algérienne, mais il a également invoqué la part de responsabilité des islamistes. Ce que Gèze voudrait gommer. Ce que Sifaoui ne peut accepter (…). François Gèze le débarque purement et simplement du projet. Il fait réécrire La Sale Guerre de façon à ne retenir qu’une seule thèse manichéenne : l’Armée est responsable des massacres. »
C’est là encore une totale contrevérité. François Gèze n’a rien voulu « gommer » du tout et je veux le répéter encore pour la millième fois : c’est Mohamed Sifaoui qui a voulu manipuler mon témoignage à des fins politiques. En effet, dans la transcription de mes propos recueillis par magnétophone, il avait ajouté des passages entiers de son cru (dont la plupart n’avaient d’ailleurs rien à voir avec les islamistes) m’attribuant des relations de faits dont je n’avais jamais été témoin : si le livre était sorti en l’état, cela aurait été évidemment facilement relevé par le pouvoir algérien, ce qui aurait alors totalement discrédité tout mon témoignage sur les violations des droits de l’homme perpétrées au nom de la lutte contre l’islamisme (un islamisme dont mon livre, finalement publié comme je l’entendais, témoigne d’ailleurs assez que c’est pour moi un ennemi à combattre, mais pas avec ces méthodes).
C’est pour cette raison que j’ai demandé expressément à l’éditeur de contacter le journaliste (qui ne voulait plus me parler après l’avoir averti de ma décision d’arrêter notre collaboration sur le projet) pour lui faire part de ma décision irrévocable de rompre avec lui. J’ajoute que, outre la tentative de dénaturer mon témoignage, M. Sifaoui a conservé pour lui les droits d’auteur me revenant que les éditions La Découverte avaient versés sur son compte (et qu’il devait me reverser, comme nous en étions convenus, puisque, à l’époque, je n’avais pas encore de compte bancaire qui m’aurait permis de les toucher directement). Il m’a fallu le traîner devant la justice pour qu’il reconnaisse, en 2003, ne pas m’avoir reversé l’intégralité de mes droits d’auteurs.
Mais là n’est pas l’essentiel. Vous dites que « il n’est pas acceptable de voir des journalistes (Jean-Baptiste Rivoire) ou des chercheurs au CNRS (Vincent Geisser) tenter de salir la réputation de ce journaliste ». Mais ces hommes, trop rares d’ailleurs, ont simplement fait preuve d’intégrité : ils ne se sont jamais acharnés, comme vous le sous-entendez, sur M. Sifaoui, se contentant à l’occasion de faire état d’interrogations plus que légitimes sur les étonnantes coïncidences entre les analyses de ce journaliste très médiatisé en France et la désinformation organisée par le régime algérien.
Pour moi, ce qui « n’est pas acceptable », c’est de voir des gens, au nom de la lutte contre le « fascisme vert » de l’islamisme, soutenir ceux qui disent « Je suis avec l’armée algérienne », comme si cela ne voulait pas dire, depuis quinze ans maintenant, « Je suis avec les promoteurs de la torture, des disparitions forcées et des exécutions extrajudiciaires ». Si vous êtes vraiment sincère et démocrate, je vous demande, Madame, de soutenir ces mères des milliers de « disparus » aux mains de l’armée et du DRS, d’exiger du gouvernement algérien qu’il juge en toute équité les coupables, tous les coupables, les islamistes assassins comme les militaires assassins, pour établir enfin la vérité et la justice.
Sachez, Madame, que je ne suis pas un « islamiste » ou un idiot manipulé, comme vous semblez m’en accuser pour soutenir votre ami M. Sifaoui. Je suis simplement un patriote au service de mon pays, l’Algérie. Cette Algérie que j’ai voulu servir, comme soldat, avec honneur et droiture. Cette Algérie que j’ai préféré quitter pour ne pas mourir de honte devant mes compatriotes. Cette Algérie où je suis condamné à mort pour avoir dénoncé le terrorisme d’État. Peut-être auriez-vous préféré que je torture pour que je sois « démocrate » et « républicain » comme le général Nezzar et ses collègues ? Pardonnez-moi, Madame : je reste aujourd’hui révolté par leurs actes abjects, leur héritage salissant.
Habib Souaïdia
Source : Algeria-Watch





Toutes les informations à propos de Caroline Fourest et Mohamed Sifaoui sont les bienvenues.
Vous pouvez laisser un message su ce blog ou nous écrire : mecanopolis@zipolite.com
Les accusations de Habib Souaïdia et la mise au point de Mohamed Sifaoui
Habib Souaïdia nous a envoyé une demande de droit de réponse. L’ayant lu attentivement, ce droit de réponse se révèle truffé de contre-vérités et de tentatives de diffamation envers Mohamed Sifaoui. Nous avons donc choisi de ne pas relayer cette propagande, par ailleurs publiée sur internet, mais de répondre point par point aux tentatives de manipulation des faits. La mise au point est signée tantôt Caroline Fourest, tantôt Mohamed Sifaoui.
1- Habib Souaïdia se défend de vouloir dédouaner les islamistes de leurs crimes
SOUAIDIA nie vouloir “entièrement” dédouaner les islamistes de leurs crimes.
Précisions de Mohamed SIFAOUI : Lorsqu’on laisse entendre dans son livre, La sale guerre (La Découverte), que l’attentat perpétré le 26 août 1992 par les islamistes seraient l’œuvre de la sécurité militaire alors que les islamistes ont avoué ce crime devant le tribunal, que le principal accusé n’était autre que le directeur de cabinet de Abassi Madani, n’est-ce pas dédouaner les islamistes ? Attribuer l’attaque de la caserne de Guemmar ou 7 appelés sont tués aux… militaires, alors que le chef du commando n’était autre que le maire FIS de Guemmar, accompagné par deux anciens « afghans » n’est-ce pas là encore dédouaner les intégristes ? Inventer un massacre à Zaatria pour mieux l’attribuer aux militaires alors qu’aucun journal n’avait à l’époque parler de massacre dans ce village et que les villageois interrogés après la publication de la « sale guerre » ont tous nié — précisant que leur village n’avait jamais vécu de « massacre ». Il y a d’autres exemples : ils sont nombreux et ont même été relevés par le tribunal lors des procès qui nous ont opposés.
2- Habib Souaïdia prétend avoir relevé des erreurs factuelles en jouant sur les mots
SOUAIDIA a raison de préciser qu’il n’y a pas eu à proprement parlé de procès entre La Découverte et le général Khaled Nezzar. Mais un procès où le général Nezzar l’a poursuivi en diffamation “pour avoir dénoncé, dans l’émission télévisée « Droits d’auteurs », sa responsabilité comme ancien ministre de la Défense dans la terrible guerre conduite par l’armée algérienne contre la population civile”. Ce qui dit l’article de Caroline Fourest. Pour être parfaitement précis, les propos poursuivis ont entraîné un procès contre l’auteur de La Sale guerre et son éditeur, La Découverte, l’a couvert.
3- Habib Souaïdia défend son ami islamiste Chouchane
SOUAIDIA : “vous écrivez : ‘Chacun fait appel à des témoins. L’auteur de La Sale Guerre, par exemple, s’appuie sur le témoignage d’un ancien militaire converti à l’islam radical (qui fut son instructeur au sein de l’armée) : le capitaine Ahmed Chouchane. Mohamed Sifaoui, quant à lui, accepte de témoigner pour le Général contre SOUAÏDIA’. Outre que vous passez ainsi à la trappe bien d’autres témoignages en ma faveur que vous seriez bien en peine d’affilier à « l’islam radical », il s’agit là d’un curieux mélange des genres qui témoigne de votre part, Madame, d’une ignorance évidente des positions du capitaine Chouchane. Chouchane est un islamiste qui a reconnu son appartenance à l’idéologie islamiste et ses sympathies pour le FIS. IL est effectivement « posé » comme beaucoup d’islamistes. Vous semblez assimiler Chouchane à une sorte de terroriste international recherché par toutes les polices de la planète. Alors que c’est un homme posé et calme, résolument opposé à toute violence, politique ou individuelle (contrairement au général Nezzar).”
Précisions de Caroline FOUREST : Merci à Souaïdia de confirmer ce que j’ai écrit. Dommage pour lui, il ne sait pas la différence entre le mot “islamiste” et “terroriste”. On peut être “posé” et être une ordure, réactionnaire et liberticide. Le fait d’être adhérent du FIS est même un très bon signe dans ce domaine… Mais Habib Souaïdia, aveuglé par sa haine légitime envers l’Armée, trouve cette idéologie visiblement acceptable. Ce qui confirme exactement ce qu’on lui repproche : un deux poids deux mesures, intraitable avec les militaires mais complaisant avec les intégristes. Quand les deux tuent l’Algérie…
4- Habib Souaïdia se moque du monde (à propos du général Zoubir)
Caroline FOUREST : l’une des raisons m’ayant poussé à ne pas publier la lettre de Souaïdia en entier, outre qu’elle est interminable, c’est sa volonté systématique de faire passer des vérités pour des erreurs tout en distillant de parfaites contre-vérités, sans preuves ni début de preuves. Sans oser le dire clairement, il balaye le fait que les services secrets algériens eux-mêmes puissent — en plus des islamistes — chercher à discréditer Sifaoui : ” comment « les services secrets algériens », en l’occurrence le service d’action psychologique du DRS, à l’époque dirigé par le colonel Hadj Zoubir, bien connu de Mohamed Sifaoui (demandez-lui quelles étaient ses relations avec ce colonel : aurait-il pu dénoncer un journaliste qui s’est toujours fait l’écho complaisant – comme il continue à le faire aujourd’hui – de la désinformation orchestrée par ce service ? ” Il dit attendre ces preuves avec intérêt. Il lui suffirait pourtant de demander à l’un des relais bien connu de ce types de rumeurs à l’algérienne, Vincent Geisser, qui a reconnu devant les caméras de ARTE (à voir dans le documentaire “Un homme en colère”) tenir ces rumeurs des services algériens eux-mêmes. Amusant quand on sait Geisser, mais aussi Jean-Baptiste Rivoire & co accusent Sifaoui de mauvaises fréquentations simplement parce qu’il lui est arrivé, à lui aussi, de chercher des infos auprès de ces services. Mais à leur différence, Moamed Sifaoui a été condamné en Algérie pour avoir tenu des propos contre Bouteflika et sa politique…
Précisions de Mohamed SIFAOUI quant au général Zoubir : Le colonel Zoubir était jusqu’en 1999 (ou est toujours) le Directeur de la communication pour le DRS. C’est son service qui accordait les autorisations de tournage et qui fliquait les journalistes algériens ou étrangers. Je le connais comme le connaissent tous les journalistes algériens et la quasi-totalité des journalistes étrangers. Je ne pouvais avoir une quelconque affinité avec lui et inversement d’autant plus qu’il était pour les « islamistes modérés », c’est-à-dire un réconciliateur alors que j’étais plutôt dans le camp des éradicateurs. Pour la petite histoire, c’est lui – et son service – qui m’a monté un dossier pour me passer au tribunal et me faire condamner pour « outrage à chef d’Etat ».
Quant à ma mise en cause par les services eux-mêmes… Qui a écrit sur Internet : Mohamed Sifaoui est-il un agent des services algériens ? Aboud Hichem. Et qui est Aboud Hichem ? Un ancien capitaine du DRS, chargé lui aussi de la communication. Il est « réfugié politique », mais pour le besoin de son article contre moi, il cite des sources “sûres” au sein des services. Ainsi il y écrit : « Sur sa fiche, il est écrit “élément très entreprenant, instable et versatile” me confie une source sûre qui connaît bien son dossier ». Son article est inséré dans Algeria watch dirigée par Salima Mellah, une amie de François Gèze et auteure à la Découverte. Quelle coïncidence !
On oublie un point : pourquoi l’agent du « service psychologique » que je suis n’a pas étouffé un livre comme La sale guerre. Le titre est de moi. Pourquoi l’agent que je suis a-t-il hébergé Souaïdia à son arrivée à Paris ? Pourquoi l’agent que je suis n’a-t-il pas organisé la disparition de Souaidia avant qu’il ne soit connu ? Pourquoi l’agent que je suis a-t-il, au contraire, présenté Souaïdia à Gèze ? à Jean-Baptiste Rivoire ? Et à tant d’autres… Pour qu’il publie son livre contre les méthodes de l’armée algérienne ! Pourquoi l’agent que je suis a-t-il accepté d’écrire le livre qui allait mettre dans la gène le pouvoir algérien ?
5- Habib Souaïdia nie le “statut de réfugié politique” de Mohamed Sifaoui sous prétexte qu’il a participé, une fois, à une émission de la télévision algérienne
SOUAIDIA : “Avez-vous connaissance d’autres personnes qui se disent persécutées par la dictature algérienne, réfugiés politiques, et qui ont été invitées à participer à une émission de la télévision publique ?”
Précisions de Mohamed SIFAOUI : Je me suis laissé inviter par un journaliste de la télévision algérienne ayant pour nom Mourad Belkacem – qui était un de mes amis personnels. Il a été assassiné (dans des conditions non élucidées) en juillet 2002 après les deux émissions. Je sais que Mourad — qui avait été également mon collègue à la radio Chaine 3 — s’était battu pour m’inviter. Cela servait mes intérêts et si certains des patrons de la TV ont accepté, c’est tout simplement parce qu’il reste des anti-intégristes en Algérie. De plus, je pense que ma position contre LA DECOUVERTE servait alors ponctuellement les intérêts de certains clans du régime.
6- Habib Souaïdia profite de l’ignorance du contexte algérien des Français
L’un des derniers arguments de Souaïdia pour tenter de salir Sifaoui revient à lui reprocher d’avoir choisi l’Armée contre les islamistes (dont on a vu le bien qu’il pensait), dans un contexte où les journalistes algériens étaient décimés par les attentats islamistes…
SOUAIDIA : “Dans l’émission de l’ENTV à laquelle il a participé en juin 2002, il avait affiché encore plus clairement que lors du procès Nezzar son soutien « vigoureux » au « régime algérien » : « Les islamistes ont essayé de nous complexer en nous disant la chose suivante : si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous et si vous êtes contre nous, vous êtes avec l’armée algérienne. Eh bien, oui ! Je leur dis oui ! Je suis avec l’armée algérienne contre vous ! »
Mohamed SIFAOUI : cette phrase est bien entendu totalement sortie de son contexte. À cette émission, j’ai répété ce que j’ai toujours dit : en gros : si j’ai à choisir entre l’armée et les islamistes je choisis l’armée.
7- À bout d’arguments, Habib Souaïdia reconnaît que Sifaoui l’a aidé à rédiger la “Sale Guerre”
Mais comme il ne peut reconnaître que Sifaoui a ensuite été débarqué parce qu’il avait rédigé des passages mettant en cause l’Armée ET les islamistes, et non seulement l’armée, il invente un malentendu plus général visant à “dénaturer son témoignage”. Pire, il accuse Mohamed Sifaoui d’avoir voulu garder les droits d’auteurs (dûs en tant que co-auteur, même si son nom n’apparait plus sur la couverture, puisque le travail a été effectué !) Les tribunaux, saisis par Gèze et Souaïdia, ont d’ailleurs donné raison à Mohamed Sifaoui.
mardi 18 septembre 2007
Voilà une très pénible polémique entre deux anti-islamistes proclamés qui illustre l’ambiance délétère qui règne en Algérie où les attentats sont repartis de plus belle.
L’amnistie n’aura eu que l’effet d’un couvercle sur une marmite bouillante.
Leurs différences : l’un, Mohamed Sifaoui déclare que s’il a à choisir entre les islamistes et l’armée, il choisit l’armée, l’autre Habib Saouaïdia, ex-officier de l’armée algérienne, condamné et expatrié, a voulu témoigner des exactions et des méthodes des services spéciaux de l’armée qu’il a vus de près et qu’il condamne au nom du principe qu’on n’utilise pas les méthodes de l’ennemi, la terreur et les massacres.
Le tout sur fond de crise politique et sociale doublée de concessions aux intégristes dont l’influence isole un peu plus l’Algérie et bouche toute évolution démocratique et laïque.
Je me refuse, contrairement à Prochoix dont j’apprécie les apports par ailleurs, à faire de l’un des deux protagonistes l’incarnation du courage et de l’autre l’incarnation de la complaisance à l’égard des intégristes.
Surtout que s’y ajoute entre Sifaoui et Saouïdia une affaire de droits d’auteurs qui les a conduits devant les tribunaux alors qu’ils avaient entrepris de co-écrire le même livre !
Leur querelle publique a toutes les chances de faire doucement sourire dans les chaumières islamistes et gouvernementales.
René Fredon
JE CROIS QUE LA NOMEE CAROLINE EST PLUS ACHARNEE CONTRE MOI QUE SON CHER AMI NEZAR KHALED LUI MEME ET IL EST DE MON DEVOIR DE DECLARER CE QUI SUIS: JE N’AI JAMAIS ETE ACCUSER DE TERRIRISME OU D’INTEGRISME NI PAR LES AUTORITES ALGERIENNES NI PAR D’AUTRES SERVICES INTERNATIONAUX NI OFFICIELLEMENT NI OFFICIEUSEMENT ET JE NE CROIS PAS QUE QUI QUE CE SOI HOSE M’ACCUSER DE CA MAINTENANT OU DEMAIN.MEME LES SERVICES DE SECURITE MILITAIRES N’AURONT JAMAIS L’AUDASSE DE M’ATRIBUER TELLE ACCUSATION. QUANT A MA RECONVERTION A L’ISLAM RADICAL CE N’ETAIT QU’UN MONSONGE DU GENERAL NEZAR QUI A PERMIT A PLUSIEURS CAROLINES ON CHOMAGE DE PARLER D’UNE AFFAIRE QUE MEME LES PATRONS DE LA FRANCE HESITE D’EN PARLER. QUE TOTES LES CAROLINEES ET LES GENERAUX DU MONDE SACHENT QUE JE SUIS FIER D’ETRE MUSULMANT ET QUE J’ETAIS CONTRE L’INTERVENTION DE NEZAR KHLED ET JE LE SUIS ENCORE MAIS JE N’AI JAMAIS ETE RESPONSABLE NI DIRECTEMENT NI INDIRECTEMENT D’AUCUNE VIOLANCE CONTRE QUIQUONQUE ET JE NE LE SERAIS JAMAIS ET QUE CAROLINE SACHE QUE LES VRAIS ORDURES, REACTIONNAIRES ET LIBERTICIDES SONT CEUX QUI NE CESSENT D’ALIMENTER LE FEUX DANS LES MAISONS DES AUTRES.
Laissez moi dire a cette Caroline que le plus fameux Capitaine d’elite de troupes speciales Algeriennes qui a choisi d’etre condanne a mord pour ne pas salir ses mains par le sang des innoscents ne peux etre une ordure ni réactionnaire ni liberticide mais un homme de principes que meme les chers generaux de caroline n’avez l’audace de critiquer.Mais puisqu’elle se crois plus algerinne que Bouteflika et Belkhadem elle doit donc parler d’une autre Algerie que la notre celle de Belmhidi et Amirouche. La dite Caroline est peut etre mal informee et elle devait au moins consulter Sifaoui qui je suis sure qu’il est mieux informe qu’elle. Autrement une journaliste peut aussi etre une ordure,réactionnaire et liberticide.